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Le château de la Corée aurait été
construit pour Jean Perrin, châtelain de Montbrison, dans la deuxième moitié
du XVIe siècle. La partie qui semble la plus ancienne du château, une
ancienne salle située au coeur de sa moitié est, comporte des éléments
d'architecture (cheminée à piédroits et consoles de granite, porte à linteau
en accolade, ouvertures murées, murs épais et très talutés) qui pourraient
indiquer l'existence d'un édifice un peu antérieur. La moitié ouest du
château, flanquée de deux tourelles à l'ouest, a peut-être édifiée pour Jean
Perrin, fils du précédent, anobli en 1609 (sa dalle funéraire, datée de
1612, se trouve dans l'église de Champdieu), et son épouse Hylaire de Lévis:
on trouve leurs armoiries, accompagnées de la date 1605, au-dessus de la
porte donnant accès à la cuisine. Par la suite, l'édifice est remanié et
agrandi à l'est dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, avec réfection des
fenêtres de la salle occidentale, aménagement d'une grande chambre au
rez-de-chaussée, construction de dépendances au nord-est et du portail. Une
chapelle est sans doute édifiée à la même époque (date portée 1764 au-dessus
de la porte, selon les notes de Gras, porte haute et vantaux de la grande
salle du château de Chalain-d'Uzore); un inventaire en est établi en 1783.
En 1785, le château est racheté par Antoine Orizet, procureur au baillage de
Montbrison. Le classement parcellaire de 1810 donne quelques renseignements
sur la configuration du domaine, qui comprend une "maison ou château", une
"maison" (les dépendances), une chapelle, petit bâtiment adossé au château
au sud-ouest), un début d'allée tourné vers la route de Montbrison, deux
jardins au sud, bordés par le chemin joignant la route de Montbrison aux
hameaux du sud de Pralong, et un troisième au sud-ouest avec une petite mare
au sud-est et une grande "péchoire" au sud-ouest. A cette époque Antoine
Orizet se constitue un beau domaine dans la plaine du Forez, puisqu'il
possède également une ferme à Lot des Pierres et une autre, avec une
tuilerie aux "Buissonets" (Chalain-d'Uzore), ces sites étant reliés sur la
carte de Cassini (deuxième moitié XVIIIe siècle) par une allée bordée
d'arbres. Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, le château est divisé
entre deux propriétaires; les deux moitiés sont réunies, ainsi que les
communs, à la fin du XXe siècle. Le couronnement des tours a été remanié au
XIXe siècle, en particulier pour la tour sud-est, qui est peut-être une
création de cette époque. La chapelle a été totalement dénaturée. Salomon
représente une pièce d'eau au sud du château, qui n'existe plus.
Le château est construit sur un terrain en déclivité: sa partie nord
(occupée par des caves) est partiellement enterrée. Il est desservi par un
embranchement du chemin allant de la route de Montbrison aux hameaux du sud
de Pralong, qui longe sa façade au sud et le sépare du jardin sud. Cette
allée est fermée à l'ouest par un portail en bossage (parties en relief en
grès, parties en retrait en brique enduite), en arc en plein cintre encadré
de pilastres à chapiteaux doriques supportant un entablement à deux fasces
et une corniche moulurée, protégée par un petit toit en tuile plate. Un mur
d'enceinte, en moellon de granite et pisé, enferme les jardins du château,
situés à l'ouest (pourvu d'un puits à margelle circulaire monolithe en
granite) et au sud. L'édifice présente un plan massé, cantonné de tourelles
de plan circulaire aux angles nord-ouest, sud-ouest et sud-est. Il comporte
un sous-sol (sous la salle orientale) et des caves semi-enterrés voûtées au
nord, un étage carré et un comble à surcroît. Le logis est desservi par un
couloir axial contenant l'escalier principal (rampe sur rampe, en pierre),
qui dessert à l'ouest une salle (édifiée sur une cave, accessible par le
couloir), à l'est une chambre (avec cheminée en calcaire coquillé) et au
nord la cuisine.
La cuisine a une cheminée en granite à linteau monolithe droit (terminé en
crossettes et couronné par une corniche moulurée reposant sur deux fasces)
sur piédroits. Derrière la cuisine, au nord, se trouvent une pièce d'évier
et deux caves voûtées. Au nord de la chambre orientale se trouve une salle
pourvue d'une cheminée (en granite, linteau disparu, piédroits et consoles
obliques à tores, bases toriques) avec four à pain, autrefois pourvues
d'ouvertures sur l'extérieur (murées) et transformée en remise ouvrant sur
la cour de communs. Cette partie du château a été recloisonnée au XIXe
siècle et pourvue d'un escalier quart tournant en charpente (situé entre la
chambre orientale et la salle). Au nord de la salle est édifiée une cave.
Les bâtiments sont en pisé enduit (enduit d'imitation à faux appareil
visible sur la photographie du portail de 1903), avec des parties en moellon
de granite (et en brique pour le couronnement des tours); les encadrements
sont en granite ou en grès. Les toits sont à longs pans et croupes, en tuile
creuse (toits coniques en plaques de métal sur les tourelles ouest, en tuile
écaille pour la tourelle est), avec une génoise sur la façade ouest et une
corniche enduite sur la façade sud. (1)
château de la Corée
42600 Champdieu, propriété privée, ne se visite pas.
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