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A quelques kilomètres à peine de Montbrison,
les ruines d’Ecotay projettent sur l’azur du ciel leur silhouette imposante
et superbe. Au clair de lune, les murs du donjon ressemblent assez à deux
statues et évoquent je ne sais quelle vision de légende et de poésie. Sur le
flanc du coteau que couronnent les ruines, presque au bord du ruisseau qui
en baigne la base, se voient les restes de la deuxième enceinte du château,
consistant en quelques pans de murs flanqués au nord des débris d’une
construction, qui paraît avoir été un poste d’observation. Cette partie des
ruines doit remonter au XIe siècle. Sur cette enceinte s’appuyait une
maisonnette, à demi écroulée aujourd’hui, dont la porte d’entrée porte sur
son linteau une petite croix. La tradition veut que ce soit la résidence du
chapelain. La pierre de la dîme et une pierre meulière qui gisent non loin
de là semblent attester que diverses habitations se groupaient entre les
deux enceintes. Un peu plus haut un mur de soutènement, relevé de nos jours,
supporte la terrasse, qui s’étend elle-même au pied du château. La première
enceinte, solidement assise sur le roc qui lui sert de base, trahit, par une
construction soignée et robuste, les premiers temps du moyen-âge, elle
paraît dater du Xe ou du XIe siècle. Quant au donjon, c’est une imposante
tour carrée de près de vingt mètres de hauteur: à l’intérieur, les pierres
en saillie rappellent seules les séparations des étages. Une pierre
enchâssée dans la muraille intérieure et à une certaine hauteur paraît être
un tombeau romain. Au pied du mur sud du donjon et à l’intérieur se voit une
excavation dont l’entrée est masquée par des pierres. D’aucuns prétendent
que c’est l’ouverture d’un souterrain dont le débouché se trouve à quelque
distance de là dans les buissons. Au pied du mur est du donjon, à
l’intérieur, se trouve la citerne d’un diamètre étroit au sommet, mais très
large à la base. Elle est à sec aujourd’hui, mais son volume était
considérable.
Plusieurs salles et caves voûtées, en partie effondrées se voient au pied de
la première enceinte, au nord. Le rocher qui sert de base au manoir a été
miné à l’est, pour l’agrandissement de l’église. Cette dernière a été
édifiée dans ses proportions actuelles vers 1840, mais on a conservé
l’ancienne abside. Sur le sol sont éparses quelques tombes seigneuriales et
à droite, au centre d’une verrière, se trouve un écusson, parti au premier
des armes de Chalmazel (de sable au lion d’or, le champ semé d’étoiles du
même) au deuxième de Lavieu (de gueules au chef de voir). En face de
l’entrée que précède un portique roman construit en 1860, par l’architecte
Favrot, sur les dessins de Viollet-le-Duc, on distingue, sur la partie
supérieure d’un quatre feuilles, le chef de vair des Lavieu. Là était une
porte donnant accès à la sacristie, jadis chapelle seigneuriale. Dans
celle-ci, au centre de la voûte à nervures, est sculpté un blason, parti des
armes de Jean de Lavieu et de celles de Marguerite de Balzac d’Entragues,
son épouse (d’azur à 3 flanchis d’or, au chef du même chargé de 3 flanchis
d’azur). On conserve dans cette chapelle une portion de rétable doré, à
statuettes, du XVIIe siècle. L’ancien bénitier carré, orné d’un écusson sur
chaque face se trouve dans le jardin du presbytère et voisine avec un
important fragment de cheminée du meilleur style qui provient à coup sûr du
château. La chapelle de la baronnie d’Ecotay avait été consacrée en 1217,
par Mgr de Chabert, archevêque d’Embrun, au nom de Renaud de Forez, et sous
le vocable de Saint Etienne. Deux siècles plus tard, on y joignit "la dévote
chapelle de Saint-Pancrace".
La première famille seigneuriale d’Ecotay, si nous en croyons la tradition,
serait venue d’Ecosse, et ce serait du mot latin Scotdium que dériverait
Escotay. Les premiers de cette maison portaient le nom de Chauderon, et les
armes d’or au chauderon de sable. Mais les seigneurs d’Ecotay blasonnaient,
d’argent au chef emmanché de sable de trois points. Baudoin Chauderon prit
part à la première croisade, en 1096 et fut tué sous les murs de Nicée, pour
la défense de sa foi. Arnould Chauderon était en 1092 témoin du comte de
Forez dans l’acte de fondation du prieuré de Sury-le-Comtal. Séguin d’Ecotay,
chanoine de Lyon, et troisième abbé de la Chaise-Dieu, prit une part
importante dans le mouvement de réformation religieuse au XIe siècle. Séguin
naquit au château d’Ecotay. La noblesse de son origine est attestée par son
biographe Bertrand, qui le dit, vir illustris, et par Hugues de Flavigny,
qui l’indique, natalibus clarus. Il mourut en odeur de sainteté le 15
juillet 1094. Hugues d’Ecotay fait des dons à l’abbaye de la Bénissons-Dieu,
en 1140. En 1144, Pierre et Gaudemar d’Ecotay en font au monastère de
Joursey où s’est retirée leur nièce Alix de Verrières. Pierre d’Ecotay, mari
de Ponce de Vernoille, était sénéchal de Montbrison sous Guy H. Bertrand et
Jarente d’Ecotay, fils de Guillaume, se désistent en 1213 de leur droit de
patronage sur Saint-Just en Jarez, au profit du couvent de Saint-Thomas.
Bertrand se croisa contre les Albigeois et Jarente fut le père de Gaudemar,
marié à Jaquette. Hugues d’Ecotay était en 1240 doyen du chapitre de N.-D.
de Montbrison. L’obituaire de Saint-Thomas mentionne Etienne d’Ecotay,
prêtre, et Guillaume d’Ecotay. Gaudemar d’Ecotay, fils d’Hugues, chevalier,
entra, en 1203, au monastère de la Bénissons Dieu. Autre Gaudemar, vivait en
1230 et fut le père de Blanche d’Ecotay, mariée à Foulques Guerric, plus
tard bailli de Forez. Guillemette d’Ecotay, prieure de Saint Thomas, mourut
le 5 mars, avant 1298. En 1248 Bernard d’Ecotay suivit Guy V en Orient, en
qualité de chapelain. Bertrand d’Ecotay vivait en 1300 ét fut sans doute le
père de Pierre, qui vit en 1350. Le 16 mars 1313, Barthélemy du Vernet et
son neveu André accordent à Chatard et Hugues d’Ecotay, frères, fils de feu
Guillaume et de Flore, un délai de 10 ans, pour racheter les rentes que
lesdits frères et Flore, leur mère, et Poncie, leur aïeule, avaient vendues
audit Barthélemy.
Chatard paraît être le dernier du nom à Ecotay, dont il prête hommage en
1323, un an avant la cession faite à Hugues de Lavieu. Après lui nous
trouvons Catherine d’Ecotay, religieuse à Saint-Pierre de Lyon le 2 janvier
1375; Jaquette d’Ecotay, prieure de Ceyzérieu; Gabrielle d’Ecotay, femme de
Pierre du Bec de la Garde, mort en 1409. Le 9 juillet 1324, Renaud de Forez,
agissant au nom du comte Jean, fit cession à Hugues de Lavieu, d’Ecotay avec
son mandement et toutes ses dépendances, plus un bois, sous réserve des
droits de suzeraineté, en échange du château de Vaudragon et de Pizeys. La
famille de Talaru leur succédèrent à Ecotay, Claudine de Talaru porta la ba
ronnie, à la fin du XVIIe siècle, à son époux, Gaspard Hérail de la
Roue-Pierrefort. Les armes de cette famille sont écartelé aux 1 et 4, d’azur
à la bande d’or, accompagnée en chef d’un lion du même, aux 2e et 3e fascé
d’or et d’azur de 6 pièces, sur le tout d’or au chef de sinople. Un cachet
de 1682 porte coupé, fascé d’or et d’azur de 6 pièces, qui est la Roue, et
d’hermines plein, qui est Bretagne, parti de Talaru. Claudine n’eut qu’une
fille, Marthe-Gabrielle Hérail de la Roue-Pierrefort, née à Saint-Anthème,
au château de la Roue, le 16 septembre 1645. Elle s’unit à Joseph
Philippe-François-Hyacinthe de Saint-Martin d’Aglié, marquis de Rivarol,
d’une famille piémontaise qui portait écartelé aux 1er et 4e losangé d’or et
d’azur, aux 2e et 3e de gueules. De cette union deux enfants dont
Charles-Louis-Anne, maréchal des camps et armées du Roi, comte de Rivarol,
baron d’Ecotay, seigneur d’Usson, Montpeloux, la Roue, Beaufranchet, etc, né
le 15 septembre 1671, décédé à Ecotay le 13 février 1753; la deuxième fut
Claudine-Françoise-Marie-Anne, ondoyée à Lyon en 1678, baptisée à
Saint-Anthème le 28 mai 1689. Elle y épousa, par contrat du 27 juin et le
1er juillet 1700, François Ignace de la Vaissière, marquis de Cantoinet.
Après Louis-Anne qui en prêta hommage le 17 juin 1722, Ecotay passa à son
cousin, François-Joseph-Gaëtan de Saint-Martin d’Aglié, marquis de
Saint-Germain (1753), puis au fils de ce dernier, Charles-Emmanuel,
gentilhomme de la Chambre du Roi de Sar daigne, demeurant à Turin, qui y est
possessionné en 1783. L’année suivante, son neveu, le marquis de Galley, ou
Garez, lui a succédé. Le château, confisqué sur lui en 1793, lui fut rendu
sur sa justification de sujet sarde, mais il le vendit peu après à des
marchands de biens qui le cédèrent à leur tour à François-Jean-Mariede
Meaux, dont la famille le possèdait encore au début du XXe siècle, mais
c’est une ruine depuis bien longtemps. (1)
château d'Écotay 42600 Écotay-l'Olme, lieu-dit Ecotay, propriété de la
commune, visite des extérieurs uniquement, vestiges.
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