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Sur la rive gauche de la petite rivière de Rhins
non loin de l’endroit où s’élève aujourd’hui le château de Rhins, se
trouvait autrefois le petit manoir de Cozon, auquel l’ancienne famille
stéphanoise des Cozon avait donné son nom. Abandonné par les du Treuil, il
avait été restauré, en 1743, par le sieur Bigot de Clerbois qui s’y
installa, il servit ensuite de logement à des ouvriers verriers et fut
définitivement détruit à la fin du XVIIIe siècle. Hugues du Treuil, notaire
royal à Saint-Etienne, avait épousé Jeanne-Marguerite Cozon de Bayard, qui
testa le 20 avril 1688, léguant une partie de ses biens à Angélique Miraud,
sa fille, et de Louis Miraud, seigneur de Rhins, son premier mari, veuve
d’Emmanuel Tricaud, seigneur de Villon. Elle fait d’autres legs à ses
petites-filles, Jeanne et Françoise du Treuil de Rhins, et à son petit-fils,
Benoît du Treuil, lui substituant "pour une rente de 150 livres, qui lui
était dûe sur le port de Roanne", Antoine du Treuil, qui fut plus tard
seigneur de Rhins. Les armes des du Treuil sont d’azur au chevron d’argent,
accompagné en pointe d’une aigle d’or, tenant son aiglon et fixant un soleil
du même, mouvant du franc canton. Le nom du Treuil, jadis porté par un
tènement de Saint-Etienne, revit dans l’appellation d’une place de cette
grande et belle cité. Hugues du Treuil fut père de Jacques, qui suit; 2°
Benoît, marié le 1er octobre 1676, à Marie Marinier,; 3° Anne, mariée le 17
décembre 1665, à Antoine Blachon; 4° Marie, mariée le 10 août 1672 à Gabriel
Tézenas. Jacques du Treuil, président en l’Election de Saint-Etienne, épousa
le 16 décembre 1671 Charlotte Miraud, dont Jean-Benoît, qui suit; 2°
François; 3° Jeanne; 4° Françoise.
Jean-Benoît du Treuil, lieutenant civil et criminel de police à
Saint-Etienne, avocat à la cour des Monnaies de Lyon, seigneur de Rhins, fit
construire le château de Rhins avec le luxe et les goûts de l’époque, lui
donna ce nom à cause du voisinage de la rivière de Rhins, et s’y installa en
1698. L’habitation était des plus confortables, ainsi qu’en fait foi un état
descriptif des biens et meubles provenant de sa succession. Il avait épousé
Catherine Carrier, fille de Pierre, seigneur du Buisson et de Catherine
Praire, dont Jacques, seigneur de Rhins, marié le 7 mai 1744, et
Marie-Madeleine Picon, fille de Nicolas-François, et de Marie-Madeleine
Pellissier, dont deux fils, François et Jacques-François, dont la
descendance était représentée au XIXe siècle par Jules-Léon du Treuil de
Rhins, explorateur, né à Saint-Etienne en 1846, assassiné au Thibet, en
1894; 2° Antoine, seigneur de Rhins et bourgeois de Lyon, marié, le 29 avril
1733, à Claudine Rollin; 3° Anne-Charlotte, née le 1er décembre 1718. En
1720, Antoine du Treuil de Rhins, vendit Rhins à Louis Tardy, d’une famille
originaire du Charollais, fixée à Perreux au XVI siècle, et dont les armes
sont d’azur à trois étoiles d’or et un croissant du même en abîme. Louis
Tardy, l’acquéreur de Rhins (1673-1763), avocat en Parlement, succéda à son
beau-père dans l’office de conseiller du Roi, lieutenant en l’Election de
Roanne dont il est qualifié président, et écuyer en 1729 et 1735. Le 22
avril 1730, il prête hommage entre les mains de Jean-François Mignot,
seigneur de Bussy, lieutenant-général au bailliage de Beaujolais, pour sa
terre de Rhins, et prévôté de Parigny, avec ses appartenances et
dépendances, colombier, prés, terres, vignes et paquis, le tout situé en la
paroisse de Parigny en Beaujolais.
Il épousa, le 29 septembre 1711, Marie-Renée-Françoise Béraud, fille de feu
François, écuyer, seigneur de la Pinée et de Marie-Renée Courtin des
Molières, dont Benoît, qui suit; 2° Marie-Renée, mariée le 18 novembre 1737,
à Camille de Sirvinges, écuyer, seigneur de Sevelinges. Benoît Tardy,
seigneur de Rhins (1716-1763), écuyer, chevalier, épousa le 15 septembre
1744, Jeanne-Marie-Pierre de Saint-Cy, fille de Jean-Jacques-Pierre et de
Nicole de Vauville, elle eut 45.000 livres de dot, ce qui permit à Benoît
Tardy d’acquérir le 25 février 1751, de Jean-Baptiste de Nompère, seigneur
de Pierreffitte et Champagny, et de Jeanne Mathieu, son épouse, le domaine
des Etives, pour 15.000 livres. Les limites de la terre de Rhins furent
ainsi reculées jusqu’au petit chemin des Plaines à la rivière de Rhins. Il
en eut Jean-Jacques Tardy, seigneur de Rhins, mousquetaire du Roi, de1764 à
1768, arrêté sous la Révolution par ordre de Lapalus, enfermé dans la prison
des Ursules de Roanne, condamné à mort le 2 novembre 1793 et exécuté le
lendemain. Jean-Jacques épousa le 6 février 1769, Thérèse de Fermé, fille de
Louis-Marcel, conseiller du Roi et de Marie-Ursule Le Groing de Treignac,
dont Marc-Louis, marquis de Tardy de Rhins, réussit à passer en Suisse sous
la Révolution. Il revint plus tard à Rhins, qu’il agrandit et dont il fit
l’une des plus belles demeures du Roannais. Le 29 juin 1801, il avait épousé
Suzanne-Marie-Adèle Ramey de Sugny, morte au château de Rhins en 1808.
Marc-Louis, marquis de Tardy de Rhins, fut député, maire de Roanne en 1816,
et mourut au château de Rhins en 1807, laissant une fille, Thérèse de Tardy,
mariée en 1835, à Alphonse-Valentin Vaysse, vicomte de Rainneville, d’une
vieille famille de Picardie. Sa femme mourut au château de Rhins en 1885,
lui ayant donné Joseph, vicomte de Rainneville, prit part en 1870, à la
défense de Paris, à la tête d’un bataillon de mobiles, sénateur en 1876. Il
avait épousé une russe d’une grande beauté, Mlle Petrowovo, Joseph de
Rainneville quitta le pays. Le château de Rhins appartenait au début du XXe
siècle à M. Grosse. (1)
château de Rhins 42120 Le Coteau, accueille l'hôtel de ville aujourd'hui.
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