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Sur les bords de la
Loire, et non loin de Mably, on remarque une vaste et luxueuse résidence
qu’entoure un parc somptueux de trente hectares, entre le canal et la route
de Roanne à Briennon. C’est le château de Cornillon, édifié de 1823 à 1830,
par le comte Anglès sur le modèle d’une des villas italiennes de Frascati.
Il ne reste de l’ancien manoir qu’une tour qui paraît dater du XVIe siècle.
Au XIIIe siècle Cornillon appartenait à une famille qui en portait le nom.
Geoffroy de Cornillon n’eut qu’une fille, Alix de Cornillon, qui épousa en
1311, Guichard de Thélis, fils d’autre Guichard et de Mabile de la Coste.
Leur fils Jean de Thélis, seigneur des Farges et de Cornillon, mourut en
1387, ayant épousé Catherine de Bonvert, dont Guicharde, mariée en 1331, à
Guillaume Bec. Guichard de Thélis eut un fils Jean de Thélis qui dissipa et
aliéna une partie des biens que sa famille possédait au territoire des
Chambons, à Mably et à Vincie près l’étang de Cornillon. Il établit et fonda
une messe, chaque semaine à perpétuité, pour le repos de son âme et de ses
parents, ses prédécesseurs, pour être célébrée dans la chapelle de la maison
de Cornillon, érigée en l’honneur de saint Jacques. Il épousa en 1446 Marie
de Puttey, dont Louis de Thélis qui obtint en 1497, "pour lui et ses gens"
de Gaspard de Montrenard, écuyer, la permission de tenir un petit bateau au
gué du Verger, sur la rivière de Loire, entre les ports de Pouilly et d’Aiguilly,
afin de faciliter les relations entre sa maison de Cornillon et sa terre des
Farges. Louis avait épousé, en 1482, Marguerite de l’Estouf de Pradines,
dont Antoine qui suit; 2° Zacharie, qui renouvela vers 1510, les terriers
des seigneuries de Cornillon et des Farges et racheta à Charles de Boucé,
prieur d’Ambierle, la rente hypothéquée jadis sur le domaine de Cornillon,
par Guichard de Thélis; 3° Guillaume, marié le 9 mai 1519, à Françoise de
Rougemont; 4° Louise, mariée à Romain de Marliogues, seigneur de Sénoches;
5° Pierre, seigneur de Puttey, marié à Louise Moutrot; 6° Çlaude.
Antoine de Thélis, né en 1485, seigneur de Cornillon, épousa en 1522,
Huguette de Saint-Romain de Lursy, fille de Rollin et de Gilberte de Gayette,
dont Claude, religieuse; 2° Nicolas qui mourut vers 1560 et laissa Cornillon
à sa fille Péronnelle. Cette dernière épousa Louis d’Ogerolles, puiné de la
maison de Saint-Polgues, seigneur de Commières, capitaine commandant de 100
hommes d’armes, mais elle mourut avant lui. Il se remaria alors à Marguerite
des Serpens, et fut l'une des malheureuses victimes que le baron des Adrets
fit sauter en 1572, "du haut du grand donjon en bas", à Montbrison.
Marguerite des Serpens mourut à Commièrçs, en 1587, en carême; sa sœur,
Charlotte des Serpens, prieure de Saint-Thomas, mourut a Cornillon le 28 mai
1595. Louis d'Ogerolles avait eu deux fils, Antoine, tué en Flandre, et
Claude d’Ogerolles de Thélis, seigneur de Cornillon, marié le 12 avril 1587,
au château de la Lière, à sa cousine, Jeanne des Serpens, fille de Gilbert,
chevalier de l’ordre du Roi, baron de Gondras, etc. De cette union vinrent
Philibert-Claude; 2° François-Claude; 3° Jacques; 4° Alexandre; 5° Henri d’Ogerolles,
seigneur de Cornillon et des Farges, capitaine d’une Cie de deux cents
hommes d’armes, surnommé "Bras de Fer", se distingua au siège du château
d’Hérisson "ou monté par escaladé avec plusieurs autres, il a esté cause que
la garnison qui estoit dedans pour M. le duc de Gondé s’est rendue". Il
épousa, en 1626, Marie de Montconys, dont Jean-François-Claude d’Ogerolles
de Thélis, qui enleva Elisabeth de Saint-André; il fut condamné à mort et
ses biens confisqués en faveur de Camille de Neufville, archevêque de Lyon,
qui les rendit à la sœur du coupable, Suzanne d’Ogerolles mariée à
Jean-Edouard de Bays, seigneur du Colombier, maréchal de bataille des armées
du Roi.
Suzanne épousa en secondes noces Claude de Damas, baron de Digoine, dont
elle eut un fils, Jacques, qui fut institué héritier universel de son père,
à la condition que s’il mourait sans postérité, les enfants du premier lit,
François et Charles de Bays, lui succéderaient, à la charge par eux,
d’ajouter à leur nom, celui de Damas. Suzanne d’Ogerolles, veuve de Claude
de Damas, a prêté hommage de Cornillon, le 7 mai 1674, et en a donné le
dénombrement, reçu le 23 septembre suivant. L’acte d’hommage établit que le
château de Cornillon était composé d’un pavillon et plusieurs chambres et
salles hautes et basses avec grande cuisine voûtée. En 1708, François de
Damas, seigneur de Cornillon et des Farges, abandonna tous ses biens à son
fils, Nicolas de Bays-Damas, marquis de Digoine, à l’occasion de son mariage
avec Barbe-Michelle Robert de Grangemont. Celle-ci ayant eu une dot
considérable, la fit hypothéquer sur les biens de son mari, si bien que dans
la suite, ayant obtenu contre lui séparation de corps et de biens, elle se
fit adjuger pour constituer son douaire, les terres de Cornillon, Commières
et Maltaverne, auxquelles elle ajouta la seigneurie de Mably, acquise du
marquis de Luzy-Couzan. Le 19 novembre 1719, elle vendit le tout à Messire
Gabriel Bonnot, trésorier des fortifications du Dauphiné, secrétaire du Roi,
pour 300.000 livres. Il en prêta hommage, le 20 août 1720, mais n’en jouit
que peu de temps, car après avoir versé 150.000 livres, la dame de Mably
contesta la validité de la vente et passa avec l’acquéreur "une transaction
par laquelle il est convenu que ladite dame rentrera en possession des
terres vendues à la seule condition que le sieur Bonnot demeurera déchargé
des 150.000 livres restant à payer sur ladite vente".
En 1737, la vicomtesse de Mably institua par testament, comme héritier des
seigneuries de Mably, Cornillon, Maltaverne, etc, son mari, Nicolas de
Bays-Damas, marquis de Digoine, qui les vendit, le 18 avrier 1740, à
Madeleine-Scholastique de Bazin de Besons, comtesse de la Feuillade, veuve
d’Hubert-François d’Aubusson; elle en prêta hommage le 14 mars 1754.
Cornillon appartint, au XIXe siècle, à la famille Anglès, qui porte d’or à
une quintefeuille d’argent au canton sénestre, placée au canton dextre,
depuis l’adjonction du franc canton de baron: échiqueté d’or et de gueules.
En 1867, Cornillon appartenait à Laurent-André-Marie Dugas de la Boissony.
L’auteur de cette branche des Dugas, Claude-Marie Dugas de la Boissony,
était le fils aîné de Joseph Dugas-Vialis et de Catherine Vialis. Il fut
conseiller secrétaire du Roi et épousa le 24 mai 1774, Agathe Crozet, fille
de Thomas et d’Antoinette Cayrel, dont Laurent- Louis-Claude, né le 17
novembre 1781; 2° Jacques-Antoine-Victor, né le 6 septembre 1783; 3°
Camille-Joseph, né le 16 juin 1785; 4° Catherine, née le 8 mars 1775; 5°
Marie-Antoinette-Jeanne, née le 9 août 1779, mariée le 30 novembre 1796, à
Jean Guigou, fils de François-Claude Guigou de Monplaisir et de
Jeanne-Marie-Claudine de Tournilhon; 6° Laurence, née le 25 floréal, an II,
mariée le 23 septembre 1811, à Thomas-Catherin Bouchârdier, fils de
Jean-Marie et de Jeanne Crozet. Le 2 décembre 1874, André-Marie Dugas de la
Boissony vendait Cornillon à Fernand Girodon, frère d’Alfred et de l’abbé
Girodon, et marié à Céline Vignon. Cette dernière légua le château à son
neveu, le capitaine Georges Vignon, marié à Mademoiselle de Fraguier, sœur
de la baronne Antoine de Meaux. (1)
château de Cornillon 42300 Mably, propriété privée, ne se visite pas.
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