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Château de Magneux Haute Rive (Loire)
 
 

         D'après le Répertoire chronologique des titres relatifs à la seigneurie de Magneux-Hauterive conservés au XIXe siècle dans les archives du comte Léon de Poncins (au Palais de Feurs), et l'analyse qu'en fait son auteur (sans doute Vincent Durand), deux édifices fortifiés auraient existé à Magneux-Haute-Rive: à côté d'un château comtal (castrum Magniaci Alte Ripei), peut-être situé à proximité de l'ancienne église, dont le comte Guy V donne la moitié à son cousin Guillame d'Acre en 1250, il y aurait eu un "fort" ( fortalicium Magniaci castri), vendu par Guy de Roannais au chapitre de Montbrison avant 1272, situé à l'emplacement appelé le Château Vieux. Aucune fouille archéologique n'a livré d'élément permettant de confirmer ces hypothèses et de clarifier les situations respectives de ces différents édifices et des droits qui les accompagnaient. T. Rochigneux dans le Forez pittoresque... avance qu'un "château, plus ancien encore, paraît avoir existé à proximité de l'église", mais sans donner de précision. En 1492, le duc Pierre II de Bourbon autorise Louis de la Bastie, dont la famille avait racheté la seigneurie du château de Magneux en 1378, à construire une maison forte à l'extérieur de l'enceinte de cet ancien château, délaissé, et à proximité de l'emplacement du château actuel. Vincent Durand a vu "une des portes de ce second château, dont une partie existe encore près du château moderne de Magnieux", portant les armes des La Bastie: il s'agit peut-être du linteau à accolade avec un écusson vierge remployé sur une porte de l'extension occidentale de la façade sud de l'aile sud. Cette maison forte est incendiée en 1538.

Le partage de la paroisse en deux seigneuries, la seigneurie principale dans la partie sud et celle du chapitre de Montbrison au nord, est à l'origine de conflits (en particulier de limites) entre le seigneur principal de Magneux et le chapitre (qui obtient la justice criminelle sur sa partie en 1372) qui perdurent jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. En 1619, le chapitre décide de vendre les "cens, rentes et justice", s'étendant sur une quinzaine de maisons de Magneux, à Pierre de la Mure. Deux ans plus tard, un procès l'oppose à Antoine du Bost, seigneur de Codignac, héritier des La Bastie, qui aboutit à la pose de douze grandes bornes de limite de justice en pierre, portant côté nord les armes des La Mure (écartelées: au 1 et 4, à trois fasces, au 2 et 3, à trois croissants) et côté sud les armes des La Bastie (une croix ancrée). En 1666, la seigneurie principale est octroyée à Christophe de Talaru, seigneur de Chalmazel; sa veuve Antoinette du Rosier la lègue à l'Hôpital Sainte-Anne de Montbrison. En 1675, le chapitre se lance dans un nouveau procès, contre Jean-Joseph de La Mure, petit-fils de Pierre de la Mure, pour faire annuler la vente de 1619. Il y renonce en 1684, et Jean-Joseph de La Mure parvient à réunir les deux seigneuries en achetant la partie de l'Hôpital de Montbrison en 1695. Le château et ses communs ont sans doute été édifiés pour les La Mure, dans le deuxième quart du XVIIIe siècle (une plaque de cheminée d'une chambre située dans l'aile nord des communs, à l'extrémité est, porte la date 1734).

En 1771, Durand de La Mure, petit-fils de Jean-Joseph, vend la terre et seigneurie de Magneux à Jean Hector Montagne, marquis de Poncins, mais deux ans plus tard, le chapitre de Montbrison revient à la charge pour faire annuler la vente de 1619 (et les actes suivants). En 1776 M. de Poncins revend le château et terre de Magneux à Jérôme Goyet de Livron, receveur des tailles à Roanne, mais en 1779, le bailliage de Montbrison déclare nulle la vente de 1619, ce qui annule également la vente de 1776. Un procès oppose alors le marquis de Poncins (et son acquéreur, qui a pris possession du bien) au chapitre de Montbrison. En 1784, la sentence de 1779 est confirmée, mais en 1787 le procès est encore en cours. Le Répertoire chronologique s'arrête à cette date. C'est peut-être la Révolution qui a mis un terme à la procédure au profit de Jérôme Goyet de Livron, qui est propriétaire du château et de ses domaines. En 1809, il avait vendu la propriété à Jean-Germain Cadrès, mais celui-ci s'étant révélé un acquéreur défaillant, il est exproprié et le château, avec les onze domaines qui exploitent ses 900 hectares, sont vendus par adjudication en 1813 à Benoît-Rose de Murard de Saint-Romain. Sa petite-fille, Jeanne-Marguerite, épouse Louis-Albert de Monteynard, puis une de ses parentes transmet le domaine à son époux, le comte de Roquefeuil; le château est resté dans ces deux familles jusqu'à nos jours. Des agrandissements et embellissements auraient été faits au château vers 1834 (décor du grand salon du rez-de-chaussée de cette période). Les élévations ont été remaniées, avec ajout de modénatures, le toit refait et certaines pièces redécorées dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Les plantations de l'avant-cour ont été dessinés par Guy Otin, architecte paysagiste à Saint-Etienne, en 1934.

Le château est implanté au sud du village de Magneux-Haute-Rive, un peu à l'écart. Il est précédé à l'ouest d'une avant-cour encadrée de communs, que jouxte une cour de ferme au nord et donne à l'est sur une terrasse avec emmarchement, puis sur un parc clos, bordé par un coude de la route départementale 6 au nord-est. L'avant-cour est fermée par un muret surmonté d'une grille à barreaux de fer forgé, avec un portail à piliers en bossage. Un allée est tracée dans l'axe, avec une demi-lune à son extrémité du côté du château; avant la construction de l'autoroute, elle se prolongeait au sud-ouest jusqu'à la ferme du Petit Sauvagneux. De l'autre côté du parc, l'allée axiale se prolongeait également vers le nord-est. Un petit ruisseau situé au sud-est est barré afin de former un étang, au sud du château. L'habitation se compose d'un corps central à un étage carré et un étage de comble aménagé dans la toiture brisée. Il compte sept travées, avec une travée centrale plus large, en léger ressaut et couronnée d'un fronton triangulaire; il est bordé de deux pavillons de deux travées en léger ressaut. L'édifice est double en profondeur, sans couloir. La partie sur cour est divisée en trois espaces: un escalier (tournant à retours avec jour, en pierre, avec rampe à barreaux droits en fonte) dont la cage occupe les deux-tiers nord de cette partie et forme un vestibule axial, et deux pièces (actuellement rangement et bureau).

Au rez-de-chaussée, le corps central comprend une vaste cage d'escalier formant vestibule, qui en occupe tout le quart sud-ouest. Ce vestibule dessert, au nord une salle à manger et à l'est, dans l'axe de l'entrée, un petit salon ouvrant sur le jardin. Le petit salon commande les deux pièces situées sur jardin, une chambre au nord et un grand salon au sud. Le pavillon sud comprend une bibliothèque sur cour et un billard sur jardin. Le pavillon nord comprend également une pièce sur cour et une sur jardin, séparées par un couloir reliant la salle à manger à l'aile nord des communs. A l'étage, un couloir central assure la distribution des chambres à partir du pallier de l'escalier. L'édifice est en pisé enduit, sans doute sur un soubassement maçonné en galet. Les encadrements sont en granite; les ouvertures ont des linteaux droits avec une agrafe, sauf les portes du rez-de-chaussée, en arc en plein-cintre. Des marques lapidaires sont visibles sur les pierres d'encadrement, les chaînes d'angle et le soubassement, une croix grecque à extrémités bifides. Les lucarnes qui éclairent le comble ont un encadrement en bois, avec linteau en accolade. La travée axiale et les angles des pavillons sont ornés de pilastres en bossage. Les toits sont à longs pans, avec des croupes sur les pavillons, en tuile écaille vernissée, sur une corniche moulurée enduite. Le jardin régulier de l'avant-cour est constitué de deux parterres rectangulaires de gazon ponctués d'ifs taillés, avec deux alignements tilleuls plantés devant la maison.

Le parc est une vaste prairie plantée de chênes, avec une allée circulaire sur le pourtour; il est clos de murs de pisé, avec un portail à l'angle sud-est, sur la route départementale 6. Une orangerie est implantée en bordure du parc, au nord-ouest. Il s'agit d'un bâtiment de plan rectangulaire en rez-de-chaussée, largement ouvert sur son côté sud par cinq portes-fenêtres (plus une porte piétonne à l'est). Les murs sont en pisé enduit; le côté sud est fermé par les piliers en granite qui encadrent les portes-fenêtres, avec un mur en brique en partie supérieure; les linteaux sont en arc en plein-cintre, en brique. Le mur de façade est couronné par un parapet ajouré en granite et tuile creuse posée en quinconce. Le toit (détruit) devait être à croupes, en tuile creuse. La chapelle a été édifiée en 1860 pour Benoît-Rose de Murard de Saint-Romain (Registre présentant les augmentations...), qui avait acheté le château de Magneux-Haute-Rive en 1813. Elle se trouve étonnamment loin du château, à 300 mètres à vol d'oiseau environ du portail de la cour; cet emplacement a peut-être été dicté par la construction, dans les mêmes années, d'une maison pour servir d'école communale et de logement à des religieuses enseignantes, financée par M. de Murard: les deux édifices sont implantés entre le château et le village, sur des terrains rachetés par M. de Murard (ils appartiennent en 1809 à Michel Lafond, qui y possède une grosse ferme, démolie pour laisser la place à ces nouveaux bâtiments).

La chapelle est isolée sur une parcelle boisée. Elle est orientée, avec le portail principal à l'ouest et le choeur à l'est. Dans l'axe du chevet se trouve l'accès d'une crypte en étage de soubassement, qui contient les caveaux des familles Murard et Monteynard (les sépultures vont de 1862 à 1936). La crypte est voûtée d'arêtes (partie sous le choeur et l'abside) et en berceau (partie sous la nef). La chapelle comprend une nef de deux travées, une travée de choeur et une abside à trois pans, voûtées d'ogives retombant sur des colonnettes engagées à chapiteaux feuillagés. Les murs de la première travée de nef et l'abside sont percés de fenêtres à une lancette en arc brisé, encadrées de colonnettes à chapiteau feuillagé. L'édifice est construit en pierre de taille, en granite et en calcaire (pour les contreforts, les encadrements d'ouvertures et la corniche). La porte en arc brisé est encadrée de colonnettes et a un tympan sculpté (étudié) (vantaux en chêne, à grosses pentures de fer forgé à motif floral). Le toit est en ardoise, à longs pans et croupe polygonale.

Les communs bordent l'avant-cour et forment deux bâtiments de plan allongé, qui jouxtent les pavillons du château à l'est et communiquent avec lui. Ils sont en rez-de-chaussée avec comble à surcroît, sauf sur les deux corps de bâtiment plus bas et symétriques aux extrémités ouest. Au nord-est de l'aile nord, une petite cour est séparée de la cour de la ferme par un bâtiment et un muret. L'aile sud donne au sud sur une cour ouverte à l'ouest par un portail et une porte piétonne, avec un pigeonnier dans l'angle sud-ouest et une petite remise à l'est, avec un second portail, en fer forgé. Le bâtiment nord est édifié sur une cave voûtée en berceau en anse-de-panier, accessible par une porte double sur la façade nord; cette cave s'étend sur les deux tiers orientaux du bâtiment. Le surcroît et les ouvertures du comble sont uniquement du côté sud, sur l'avant-cour du château. Le rez-de-chaussée, double en épaisseur, est essentiellement à usage d'habitation. Il comprend un logement de gardien à l'est, séparé par une remise d'un second logement plus vaste, puis une pièce à usage de rendez-vous de chasse, qui a une porte sur la cour du château et une porte vers la cour de la ferme, dans laquelle se trouve une grande cheminée en grès, à linteau droit sur consoles en doucine et piédroits, est une vaste grange-remise.

Le bâtiment sud est simple en épaisseur, et composé d'une série de pièces voûtées qui communiquent entre elles et ouvrent pour la plupart vers la cour du château. Il comprenait, d'est en ouest, un couloir voûté, une remise voûtée en plein-cintre, une pièce d'habitation avec cheminée, couverte d'une voûte d'arêtes avec pénétrations, une remise à voûte d'arêtes, une grande remise à voitures de trois travées, voûtée d'arêtes sur piliers de granite, une sellerie voûtée en plein-cintre, une remise à voûte d'arêtes, une écurie à chevaux de trois travées, voûtée d'arêtes sur piliers de granite; dans la partie plus basse à l'ouest se trouve une seconde écurie à chevaux et remise. Trois portes ont été ouvertes dans la façade nord pour donner accès au comble. Un appentis sur piliers de briques était adossé au sud, au niveau de la grande remise de trois travées. Les bâtiments sont en pisé enduit, avec des encadrements en granite, à linteaux droits pour la plupart. L'aile sud présente quelques encadrements remaniés en brique, surtout du côté sud. Les toits sont à longs pans et croupes, à forte pente avec un égout retroussé, en tuile écaille. La petite remise ou étable au sud-est de la cour sur est édifiée en maçonnerie de galets, avec des encadrements en granite et un toit à croupes en tuile creuse; l'atelier de la cour nord-est a un toit à longs pans en tuile creuse. Un puits est adossé au mur sud du logement du gardien. (1)

Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château, des communs et du pigeonnier ; les pièces suivantes avec leur décor : le grand salon, le salon de billard avec papier peint du Second Empire et la salle à manger au rez-de-chaussée, la chambre avec décor du Second Empire au Sud de la pièce centrale située sur le parc au premier étage : inscription par arrêté du 11 mai 1981.

château de Magneux 42600 Magneux Haute Rive, tél, 04 77 76 10 64, location d'une salle pour vos mariages, cocktail, séminaire, et hébergement en chambres d'hôtes.

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source de la photo par satellite : https://www.google.fr/maps
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   source de l'historique : https://inventaire.patrimoine.auvergnerhonealpes

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