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Entre Margerie et Gumières s’étend une vallée
boisée dans le fond de laquelle, coule la Mare, qui entoure de deux côtés le
château du Rousset, lequel se dresse sur les rochers à pic dominant la
rivière, masqué à demi par des arbres séculaires. La silhouette imposante de
la grosse tour ronde domine l'ensemble des constructions dont les murs sont
soutenus, du côté de la rivière, par un curieux assemblage de pièces de
bois, incrustées dans la maçonnerie. On traverse la Mare sur une passerelle
branlante qu’avoisinent encore les débris de l’antique pont-levis. Une
avenue, plantée de vieux fayards, conduit au château. On entre dans une
première cour par un portail fortifié, aux armes des Damas, attenant à une
tourelle ruinée. On a alors devant soi la masse imposante des bâtiments: à
gauche, la partie occupée par le fermier; au centre le donjon; à droite le
château proprement dit. On y pénètre par une porte ogivale qui s’ouvre sur
un perron de sept ou huit degrés qui descend dans la cour intérieure,
carrée, étroite et sombre. A gauche divers écussons portent le monogramme du
Christ, à droite est le donjon et une autre tour qui renferme l’escalier. En
descendant quelques marches on se trouve dans une vaste pièce à demi
souterraine qui servait de cuisine et qui conserve sa gigantesque cheminée.
A la suite, on trouve des caves et des réduits souterrains. En s’engageant
dans l’escalier de la tour, on arrive devant une porte, aux belles moulures
taillées en plein granit, qui donne accès dans les pièces du
rez-de-chaussée. Une seule pièce conserve ses belles boiseries en pin du
pays, largement moulurées. Le donjon communique avec la tour de l’escalier
par une dalle jetée entre les deux. La partie supérieure renferme une
chambre voûtée fermée par une porte en fer, elle devait servir autrefois de
dépôt d’archives. Dans l’angle sud de la cour et au premier étage se
trouvait la chapelle dont il ne reste qu’une fenêtre à cintre surbaissé.
En 1342 Girin Lautons prête hommage du Rousset à Guy, comte de Forez, et le
renouvelle le 20 février 1358 à Louis, comte de Forez, pour la maison-forte
du Rousset, garenne, moulin, servis et dépendances. Floride Alleman, sa
veuve, prête hommage à Jean, comte de Forez, en 1362. Autre Girin Lautons
prête hommage à Jean, duc de Bourbon et comte de Forez, le 13 mars 1458.
Louis Lautons l’a prêté, le 16 août 1490, à Pierre, comte de Forez, pour sa
maison-forte du Rousset, cens, rentes, moulins, hommes, domaines, chasses,
ban en la rivière d’Anginet et d’Ozon. Cette famille porte de gueules au
lion d’or surmonté de trois aiglettes au vol abaissé du même. Elle avait été
précédée au Rousset par les La Bâtie et ce furent les de Sugny qui lui
succédèrent. Ces derniers portaient d’azur à la croix engrelée d’or. Antoine
de Sugny, seigneur du Rousset, épousa Antoinette de Sarron de Marcoux, dont
une fille, Antoinette, mariée le 21 février 1546 à Georges de Damas, auquel
elle apporta le Rousset. Georges était fils de Claude et de Françoise de
Changy. Ils eurent François, qui suit; 2° Anne, mariée le 2 juillet 1575 à
Jean d’Agnot, seigneur de Champrenard; 3° Hélène, dame de Peyrieu, en Bugey;
4° et 5° Claudine et Madeleine, religieuses à Salles; 6° Barbe, religieuse à
Montbrison. François de Damas, seigneur du Rousset, etc, testa le 12 mars
1592, ayant épousé le 20 décembre 1573 Melchionne de Nagu-Varennes, fille de
Philibert et de Jeanne Mitte de Chevrières, dont Antoine, souche des Damas
de la Bastie et de la Pilonnière, éteints en 1866 avec Antoine, comte de
Damas, marié à Marie-Anne de la Roche-Pon cié; 2° Joachim, seigneur de
Fontaines; 3° Georges, qui suit; 4° Jean de Damas du Rousset, député de la
Noblesse en 1591; 5° Claude, comte de Lyon, le 20 décembre 1599; 6°
François, seigneur du Breuil et autres terres en Dombes, testa le 16 août
1638, ayant épousé le 10 juin 1615 Anne Gaspard; 7° Louis; 8° Jeanne, mariée
à Claude de la Farge-Montcelard; 9° Louise; 10° Madeleine; 11° Bénigne,
mariée le 2 mars 1607 à Claude d’Albon.
Georges de Damas de Sugny, seigneur du Rousset, etc, capitaine de 100 hommes
d’armes, épousa le 30 avril 1616 Anne Andrault de Langeron, fille de
Philippe et de Charlotte de Crémeaux, dont Claude, qui suit; 2° Claude,
auteur des Damas de Gignat et Tréquieu, éteints en Auvergne au XIXe siècle;
3° Bénigne, mariée à Christophe du Buisson, seigneur de Saint-Purgent, fils
de Balthazard et de Marie de Foudras. Claude de Damas, seigneur du Rousset,
etc, épousa le 5 juillet 1642 Huguette de Bécerel-Marillac, fille de Claude
et de Philiberte de Tenay, dont Roger-Joseph (1644-21 mars 1713),
chanoine-comte de Lyon, 23 janvier 1657; 2° Claude, mort le 23 mai 1714,
chanoine-comte le 4 juillet 1684; 3° Charles-Emmanuel; 4° Louis, chanoine de
Mâcon; 5° Claude, qui suit; 6° Claude, capitaine de vaisseau; 7° Bénigne,
chanoines de Neuville; 8° Catherine; 9° Marie. Claude, comte de Damas du
Rousset, vicomte de Lavieu, baron de Villars, seigneur du Rousset,
Beaucresson, Lavieu, etc, épousa le 9 mai 1679 Louise-Marguerite de Fondras,
fille de Jean et de Suzanne de Cohade de Villeneuve, dont Joseph-Roger qui
suit; 2° Abraham-Hector, qui suivra; 3° Claude-Marie, qui fut d’épée,
retraité en 1767; 4° et 5° deux chanoinesses de Neuville. Joseph-Roger,
marquis de Damas du Rousset, vicomte de Lavieu, etc, lieutenant des
vaisseaux du Roi, chevalier de Saint-Louis, épousa le 22 avril 1724, Marie
Marguerite de Tréméolles de Larges, fille de Claude et d’Anne de Maisonseule,
dont Claude-Marie, comte de Damas, seigneur du Rousset, Beaucresson, Lavieu,
etc. Il épousa le 25 février 1759 Gilberte de Drée, fille du comte Etienne
et de Jeanne de Siry de la Faye, et mourut victime de la Révolution, à
Feurs, le 28 décembre 1793; 2° Claude Charles, vicomte de Damas de Marillac,
né le 20 juin 1731, épousa le 28 avril 1773 Marie-Antoinette de
Montcalm-Gozon, fille du marquis Louis-Joseph et de Louise Talon du Roulay;
3° Paul-François, comte de Damas, né le 15 janvier 1736, capitaine au
régiment de Reauce, épousa Nicole de Conclais; 4° et 5° deux chanoinesses de
Neuville; 6° Suzanne, ursuline à Bourg ; 7° Nicole, religieuse à Mâcon; 8°
Anne, mariée le 10 novembre 1756 à son cousin germain Abraham de Damas.
Abraham-Hector, comte de Damas, né le 23 mai 1687, lieutenant de marine,
épousa le 25 avril 1725 Madeleine de Gaudemard, fille de Joseph et d’Anne de
Laurens, dont Joseph-Abraham, comte de Damas, chevalier de Saint-Louis, mort
le 25 février 1784. Marié le 10 novembre 1756 à sa cousine Anne de Damas,
puis le 10 février 1777 à Jeanne-Marie Gonon de Saint-Fresne, fille de Jean
et de Marie de Vis saguet. Du premier lit il eut Casimir, qui suit; 2°
Claude-Charles-Gilbert, comte de Damas, chevalier de Saint-Louis (24 février
1761-12 mars 1835); 3° Marguerite-Josèphe, née le 5 septembre 1757,
chanoinesse de Saint-Louis de Metz; 4° Marie-Alexandrine, chanoinesse de
Leignieu. Du second lit: 5° Athanase-Victor (30 août 1780-24 octobre 1811);
6° Catherine Antoinette-Artémise, 8 janvier 1778, reçue à Saint-Cyr le 24
septembre 1787. Casimir-Abraham-Claude-Marie, comte de Damas, né au château
du Rousset, le 20 mars 1759, mort en 1835, épousa Jeanne-Louise Henrys
d’Aubigny qui décéda en 1837. Il hérita du Rousset, de son oncle maternel,
et émigra à l’armée de Condé. Père de Claude-Marie-Gustave, qui suit; 2°
Clotilde, née le 1786; 3° Marguerite-Emi lienne-Charlotte, née en 1790; 4°
Marguerite-Mathilde, née en 1803. Claude-Marie-Gustave, comte de Damas du
Rousset (1780-1842), épousa Eugénie Le Vavasseur, dont Oscar, officier de
cavalerie, mort en 1896; 2° Joseph Louis-Alexandre (26 juin 1837-25 juillet
1887), officier de chasseurs à pied, marié le 23 mars 1868 à Emma-Céline
Faverotte, dont Robert, né le 20 septembre 1869; 3° Nicole mariée à M. Pérès
de Castéras; 4° la comtesse d’Argy. Après la Révolution le château du
Rousset passa au général de Richepanse, allié a une demoiselle de Damas,
mais il mourut dans l’expédition de la Guadeloupe, en 1802, et ses héritiers
vendirent le château à M. Morel, maire de Margerie-Chantagret, qui le céda à
M. Ardaillon. En 1842, il fut acquis de ce dernier par François-de-Paule,
comte de Sobiratz, né le 12 octobre 1765, qui avait épousé
Marguerite-Emilienne-Charlotte de Damas, fille du comte et de Jeanne-Louise
Henrys d’Aubigny. La maison de Sobiratz, originaire d’Aragon, est alliée aux
familles Navarin de Longchamp et Ollivier de Giraud. Ses armes sont d’or au
coq de sable perché sur une montagne du même. Le comte de Sobiratz n’avait
acheté le Rousset qu’à cause des souvenirs qu’il rappelait à son épouse,
celle-ci étant morte il le revendit aussitôt. Il a successivement appartenu
aux familles Moreau et Fontvieille, puis à M. Girerd, banquier à
Saint-Etienne, qui le revendit en 1870 à M. Midroit. (1)
château du Rousset 42560 Margerie-Chantagret, tel. 06 08 45 24 08,
Mireille Busseuil, ouvert sur rendez vous et aux journées du
Patrimoine.
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