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Château de Champs à Mornand-en-Forez
 
 

     La propriété se compose de la maison de maître, formée d'un corps central encadré de pavillons en saillie côté est (chacun avec une porte vers la cour), délimitant une cour de communs fermée à l'est par un portail et deux petits bâtiments à façade concave. À l'ouest, la maison donne sur un parc rectangulaire clos de murs, en partie boisé. Au nord et au sud sont implantées deux basses-cours, communiquant avec la cour de communs par des portails en arc en plein-cintre; un cuvage est édifié dans le parc, à quelques dizaines de mètres à l'ouest de la basse-cour. Le château comprend un corps central de sept travées, avec cave à vin voûtée en sous-sol (accès sous l'escalier), rez-de-chaussée, premier étage et comble sous la toiture, double en profondeur. La partie sur cour est divisée en trois espaces: un escalier (tournant à retours avec jour, en pierre, avec rampe en fer forgé) dont la cage occupe les deux-tiers nord de cette partie et forme un vestibule axial, et deux pièces. La partie sur jardin est divisée en quatre pièces: dans l'axe, un salon ou vestibule de plan rectangulaire (avec poêle en carreaux de faïence bleue dans une niche en coquille), desservant au sud un grand salon et au nord une salle à manger (ces deux pièces ont une cheminée en pierre à linteau orné d'une coquille); l'angle nord-ouest est occupé par une petite chambre à alcôve. Des dégagements cloisonnés font communiquer le vestibule avec le bureau et la salle à manger avec l'escalier. À l'étage sont aménagées six chambres: celle au-dessus du vestibule a une alcôve et donne à l'ouest sur le balcon, celle au-dessus du grand salon a un cabinet attenant. Côté sud-est, un couloir assure la liaison avec le pavillon latéral, et dessert un escalier rampe sur rampe, en bois, qui monte au comble.

Les pavillons ont trois travées, un sous-sol (côté nord seulement: cave voûtée en berceau en anse-de-panier), un étage carré et un comble à surcroît. Le pavillon nord contient, au rez-de-chaussée, la cuisine (cheminée en granite: linteau droit sur consoles en accolade et piédroits droits; potager à six trous carrés sur un bâti en brique) avec évier dans une petite pièce attenante et une remise, à l'étage (accessible par le palier de l'escalier), six chambres distribuées par un couloir central, avec au sud-est un escalier (droit, en bois) vers le comble. La partie nord du pavillon sud comprend un vestibule puis une partie voûtée en berceau, occupée par une chapelle; la partie sud, séparée par un mur de refends continu, était occupée par est une remise et par une cave en sous-sol avec logement de cocher au-dessus, côté ouest, donnant sur la basse-cour sud. L'étage comportait une pièce de dégagement (avec un escalier droit, en bois, vers le comble) distribuant quatre chambres. Dans le comble de ce pavillon aurait été installée une magnanerie. Le portail de la cour est flanqué de deux petits bâtiments de deux travées, à usage d'atelier au sud, intégré à une habitation au nord. La basse-cour sud est délimitée par le pavillon sud à l'ouest et par une étable ou écurie à l'est. La basse-cour nord est divisée à l'est par un bâtiment comprenant un logement de fermier et une grange, construit dans l'alignement du mur de la cour du château. L'angle nord-ouest était occupé par un poulailler et un pigeonnier. Dans l'angle sud-ouest est édifié ce qui devait être un autre petit logement (actuellement remise à outils). Au nord-ouest ést édifié un cuvage. Il y a un puits dans chacune des basses-cours. (1)

Dès 1277, Champs est aux du Vernet. Louis du Vernet, seigneur de Grézieu et de Champs testa le jour de Saint Simon et Saint Jude 1360, voulant être enterré au cimetière de Savignieu, au tombeau de Jocerand du Vernet, son père. Il mentionne Huguette de Marzé, sa mère et Jean du Vernet, son cousin. Le dimanche après la fête de Saint André 1378, Huguette de Marzieu, dame de Grézieu et de Champs, testa à son tour, élisant sa sépulture au même lieu. Puis Champs passa aux de Nagu, dont les armes sont d’azur à trois losanges d'argent posés en fasce. Jean de Nagu, seigneur de Magny, épousa Jeanne de Gletteins, d’où Louis, 1430, marié à Philiberte de Bleynost, d’où Guyot de Nagu, seigneur de Varennes, marié à Eléonore de Ressin, d’où Louis, marié à Adrienne de Chaneins, d’où Hugues, qui testa le 9 octobre 1537, marié à Françoise de Saint-Romain, fille du baron de Lurcy et de Claudine de Talaru, d’où Philibert de Nagu, marié le 12 mai 1542, à Jeanne Mitte de Miolans. Jacques de Lévis, seigneur de Champs, fils de Claude de Lévis-Couzan et d’Hilaire de Lettres des Prez, épousa Louise de Rivoire. L’un des fils, Claude, épousa en 1638, Anne de Chanlecy, fille de Ponthus, dont postérité. Sa sœur Marguerite, porta Champs, à Louis de Saint-Priest, dont le neveu Gilbert de Chalus, le vendit avec Couzan, le 13 octobre 1656, à Jean de Luzy. Le 13 juillet 1779, Louis de Luzy, marquis de Couzan, vendait Champs à Bernardin de la Mure, moyennant 3o.ooo livres. Ce dernier en prêta hommage le 20 juin 1782. Né le 21 février 1723, mort le 28 mars 1789, il était fils de Durand de la Mure, seigneur de Magnieu et de Jeanne-Marie Granjon, et avait épousé, le 30 avril 1748, Madeleine Le Conte, dont Claude-Philibert; 2° Hubert; 3° Jeanne-Marie-Pierrette; 4° Marianne; 5° Jeanne-Marie; 6° Marguerite.

Les Le Conte héritèrent des la Mure. Pierre le Conte, seigneur de Fontgrié (30 janvier 1690-11 mars 1764), conseiller du Roi, receveur des tailles en l’Election de Montbrison, était fils de Pierre, seigneur du Peyrat et d’Anne Béraud. Il épousa, le 4 mars 1722, Claudine Devaux, fille d’Hubert et de Catherine Barjon, dont Claude-Hubert,qui suit; 2° Claude-Philibert, seigneur de la Morye ; 3° Madeleine-Louise, mariée à Bernardin de la Mure. Claude-Hubert Le Conte (20 mars 1723-19 mars 1794), receveur des tailles, martyr de la révolution, épousa le 30 avril 1748, Marguerite de la Mure, sœur de Bernardin, dont Pierre-Etienne, qui suit; 2° Michel, seigneur de Villeneuve (8 septembre 1760-3 frimaire an V), marié le 9 juin 1789, à Gabrielle Souret, fille de Thomas et de Marie Seissier; 3° Claudine-Anne-Marie-Julie, mariée le 24 juillet 1781, à Michel-Pascal de Serres, fils de Jacques et de Jeanne Astruc; 4° Marie-Anne, mariée le 26 juillet 1782, à Antoine Terrasson de Fontfrède. Pierre-Etienne Le Conte, mort victime de la Terreur, épousa le 22 juillet 1783, Marie-Anne Roux de la Plagne, dont Hubert, qui suit; 2° Marguerite, mariée à Pierre-Clément-Marie Paye; 3° Madeleine, mariée le 13 avril 1812, à Claude-François-Marie Simon de Quirielle. Jacques-Jean-Marie-Hubert-Madeleine Le Conte, chevalier du Lys, marié le 1er juillet 1818, à Jeanne Périer du Palais, fille de Joseph-Gabriel et de Marie-Antoinette Montaigne de Poncins.

De cette union il eut Jean-Pierre-Etienne, (24 février 1822-26 octobre 1907), marié le 23 avril 1855, à Philippe-Anaïs Janvier; 2° Clément-Stanislas (24 août 1823-9 avril 1871), chef de bataillon d’infanterie; 3° Jean-Léon (2 décembre 1824-12 mars 1829); 4° Jean-Jules, qui suit; 5° Marie-Mélanie (26 septembre 1820, 11 octobre 1898); 6° Marie-Madeleine-Félicité (3 avril 1827-14 avril 1895); 7° Marie-Anne, mariée le 12 novembre 1860 à Philibert-Antoine-Emile Ravier du Magny, fils de Jean-Marie-Benoit et de Céleste Ravier du Magny. Jean-Jules Le Conte, né le 5 mars 1831, marié le 9 septembre 1861 à Anne-Victoire- Marie-Hortense Hue de la Blanche, fille de Claude-Anne-Victor et de Pierrette Courtin de Neufbourg, dont Hubert, qui suit; 2° Jean-Ernest; 3° Marthe-Marie-Madeleine; 4° Marie-Marguerite-Clémentine-Hortense, mariée le 9 février 1897, à Marie-Henri-Joseph-Anthelme Monroe dit Roe, fils d’Eugène et de Valentine-Georgette-Marie Turin; 5° Marie- Félicité-Françoise, née le 16 août 1875. Hubert-Marie-Hortense Le Conte, lieutenant de dragons, d'abord marié le 8 janvier 1895, à Marie Neyrand; puis le 1er décembre 1897, à Pauline de Riverieulx de Varax. De ses deux mariages il eut Pierre-Marie-Jules-Antoine; 2° Louis, né le 17 septembre 1898; 3° Etienne; 4° Pierre; 5° Jean; 6° Marie; 7° Marguerite. Les armes de cette famille sont d'argent à trois canettes ou merlettes de sable, 2 et 1; au chef d’azur chargé d'un lion passant d'or. (2)

château de Champs 42600 Mornand-en-Forez , propriété privée, ne se visite pas.


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source de la photo par satellite : https://www.google.fr/maps

 
 


(1)       source: https://patrimoine.auvergnerhonealpes.fr/dossier/IA42003330
(2)
       Les Châteaux historiques du Forez par Emile Salomon, Vol. II, Imprimerie de Normand, Hennebont, Morbihan (1916-1926)

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