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Le château actuel de Sugny fut construit par Noël
Boyer de Montorcier, en 1753, sur l'emplacement du vieux château, ainsi que
le prouvent les caves qui reposent sur des murs de 3 à 6 pieds d’épaisseur.
La partie ouest des murs d’enceinte de l’ancien château est relevée et
ornée, de distance en distance, par plusieurs pavillons carrés dont
quelques-uns existent encore et deux, entre autres, servent d’appui à la
grille de fer qui ferme, au soir, la cour du château. Ce dernier est une
grande construction carrée, composée d’un rez-de-chaussée et de deux étages,
encadrée à droite et à gauche par de beaux ombrages. La façade principale
est au levant. De grands jardins et de belles prairies s’étendent en pente
douce de cette façade jusqu’au bord de la Loire. Philippe de Sugny, fils de
Mathieu, a prêté foi et hommage le 14 avril 1330 de sa maison forte de Sugny.
Le 5 février 1414, Antoine de Sugny fils et héritier de Berthon et d’Arthaude
de Granval prête hommage pour Sugny et la Salle. En 1441 Antoine de Sugny
renouvelait l’hommage de Sugny, et en 1442, celui de la Salle. Il était
marié à Isabeau de Montégu de Champeix et frère de Morin de Sugny. De
concert avec elle il fonda en 1441, dans le couvent des Cordeliers de
Montbrison, une infirmerie joignant au chœur de l’église et la dota d'une
rente annuelle de 16 boisseaux de froment. Ils furent enterrés dans la
chapelle qu’ils firent construire à droite du même chœur, en 1449 et 1459.
Une pierre sculptée, aujourd’hui à la Diana, rappelle cette fondation, on y
retrouve le blason des Sugny: d’azur à la croix engrélée d’or. Mathieu de
Sugny, sans doute fils des précédents, fit don, le 7 novembre 1487, au
prieuré de Pommiers du quart de là dîme qu’il percevait sur les étangs
Darmey. A la même époque sont mentionnés Antoine de Sugny, seigneur de
Colombettes, et Louise de Sugny, femme de Girard de Semur, seigneur de l’Aubépin.
En 1536, Isabelle d’Hostun, veuve d’Antoine de Sugny fonde un service dans
l’église de Feurs. La famille de Sugny possédait aussi le Chevalard.
Françoise de Sugny, épousa vers 1620, Claude d’Urfé, qui fut quelque temps
seigneur du Sugny, mais dès 1628, la terre a fait retour à François d’Albon,
marié à Antoinette de Bigny, d’où un fils, Claude d'Albon. Gilbert-Antoine,
comte d’Albon, seigneur de Sugny, se maria à Paris, le 2 août 1644, à
Charlotte Le Bouteiller et en eut Charlotte-Catherine, mariée, en 1668, à
Christophe de la Barge, et Marie, qui s’unit en 1681 à Gilbert de Gadagne d’Hostun.
Dans le partage de la succession, Sugny échut au seigneur de la Barge, mais
en 1695, à la requête des créanciers des d'Albon de Sugny, la terre fut
saisie sur Marie-Jeanne de la Barge, fille mineure de Christophe, et la
vente eut lieu en faveur de Gilbert-François de Rivoire, marquis du Palais,
pour 120.000 livres. Les de la Barge, alliés aux de Rivoire, portaient
d’argent à la bande de gueules. Le 20 septembre 1716, le marquis du Palais
revendait Sugny à François Sabot, qui prit alors le nom de Sugny.
L’acquéreur était fils de François, seigneur de Pizey et de Jeanne Bernoud.
Les armes sont d’azur au pélican avec sa piété d’argent dans un nid d’or sur
un tertre de simple. François Sabot de Sugny (5 février 1684-20 avril 1770)
fut conseiller à la cour des Monnaies de Lyon et épousa le 11 juillet 1719,
Antoinette Hugalis, dont Jean-Baptiste (3 septembre 1721-3 novembre 1810),
conseiller en la cour des Monnaies, marié le 10 novembre 1755 à Marguerite
Delorme, dont Jacques-Antoine (1756-1831), marié le 1er septembre 1788, à
Françoise Maugier, dont Pierre (1789-1860), marié le 17 juillet 1821, à
Antoinette Gerphanion.
François Sabot de Sugny revendit sa terre, le 24 février 1720, à Jérôme
Phélypeaux, comte de Pontchartrain, de Maurepas, de Palluau, marquis de
Chefboutonne, etc. Le comté de Nervieu, qui comprenait Nervieu, Sugny,
Grégnieu, la Roche, la Beauche, le Chevalard, fut crée en sa faveur, en
avril 1720. Le comte mourut en février 1747, laissant pour héritiers: sa
veuve, Hélène-Angélique-Rosalie de Laubespine de Verderonne, à qui il légua
l’usufruit par testaments des 1er février 1739 et 31 août 1743; 2°
Paul-Jérôme, son fils, lieutenant-général des armées du Roi; 3°
Jean-Frédéric Phély-peaux, comte de Maurepas et Pontchartrain, ministre d’Etat;
4° Marie-Louise-Rosalie Phélypeaux, comtesse de Watteville; 5°
Hélène-Françoise-Angélique Phélypeaux de Pontchartrain, duchesse de
Nivernais, femme de Louis-Jules-Barbon Mazarini Mancini, pair de France,
grand d’Espagne, etc. Le 8 septembre 1751, un décret royal ayant prononcé la
désunion du comté de Nervieu, les héritiers vendirent les terres en détail
et le 8 septembre 1761, Sugny devenait la propriété de Noël Boyer de
Montorcier. Les armes des Phélypeaux de Pontchartrain sont d’azur semé de
roses d’or, au franc canton d’hermines. Noël Boyer était fils de Reymond
Boyer de Montorcier et de Marie Chassain de Chabet. Les armes des Boyer de
Montorcier et Sugny sont d’azur à la tour d'argent, maçonnée de sable, à la
fasce d’or brochante; au chef cousu de gueules, chargé de trois étoiles
d’or. Noël Boyer de Montorcier de Sugny (6 avril 1702-8 avril 1775) fut
conseiller du Roi au bailliage et épousa le 18 janvier 1753, Marie-Christine
Basset de Lestrat, dont Jean-Pierre Boyer de Montorcier de Sugny (27 juin
1731-16 brumaire an XIII), chevalier de Saint-Louis, épousa le 5 octobre
1765, Marianne-Claudine Montaigne de Jas, dont Jeanne-Pierrette, qui meurt
le 31 janvier 1844; 2° Jeanne-Marguerite-Noëlle, mariée à Henri-Saint-Ange
Sonyer de Lubac; 3° Marianne, mariée le 17 fructidor an III, à François
Servan; 4° Marie-Antoinette-Reine, mariée le 9 septembre 1801, à
Jean-Antoine-Noël Beaud de Brives, fils de Jean-Antoine et de Claudine de
Morandin.
Charles-Adrien Meaudre était le fils aîné de noble Jacques Meaudre, seigneur
de Champigny, Vinolz, le Verney, avocat en Parlement, et de Françoise Pirot.
Il assista à l’assemblée de la noblesse de Forez en 1789, fut incarcéré à
Paris sous la Révolution et sauvé par le 9 thermidor, puis membre du Conseil
des Cinq-Cents, député de Roanne. Il avait épousé à Sugny, le 20 février
1786, Jeanne-Pierrette Boyer de Montorcier de Sugny, dont
Annet-Jérôme-Camille Meaudre de Sugny, mousquetaire du Roi, chevalier de la
Légion d’honneur, fait héritier par le testament de son père du 1er
septembre 1832; conseiller général de la Loire, épousa le 29 avril 1824,
Antoinette-Azélie Bœuf de Curis, dont Annet-Louis, dit Anatole Meaudre de
Sugny, conseiller général, maire de Nervieu et Saint-Germain-Laval, épousa
le 18 avril 1864, Sabine-Sophie Prénat, dont Guillaume-Camille Meaudre de
Sugny, né le 28 février 1865, lieutenant-colonel d’infanterie, officier de
la Légion d’honneur, décoré de la croix de guerre, mort au champ d’honneur
le 28 janvier 1917; marié le 29 avril 1908, à Marguerite-Suzanne Mallat de
la Revelière, fille de Henry-Claude et de Marie-Françoise-Madeleine
Guignard, fille adoptive de son beau-père le marquis Jean de la Revelicre,
dont Louis-Jean et Annik-Diane. Les Meaudre de Sugny possesseurs au début du
XXe siècle de la terre de Sugny, descendent de Françoise de Sugny, dame de
Sugny, héritière de la maison chevaleresque de ce nom, et de Claude d’Urfé,
baron d’Entragues, seigneur de Grénieu, Nervieu, Sugny, du chef de sa femme,
lieutenant général du Roi au gouvernement du pays de Forez. (1)
château de Sugny 42510 Nervieux, propriété privée, ne se visite pas.
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Claude Moritel pour les photos qu'il nous a adressées afin d'illustrer cet
historique.
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