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Au sud-est de, Notre-Dame de Boisset, non loin du
vieux château de Pradines presque au bord de la voie ferrée de Lyon à
Roanne, le castel de Bussière, l’un des plus beaux monuments que la
Renaissance ait laissés en Roannais, étale l’ensemble harmonieux de ses
constructions. Deux belles tours rondes, deux pavillons carrés, des
tourelles à la flèche élancée, lui donnent une allure toute militaire.
Bussière fut le berceau de la famille de ce nom, dont la dernière héritière,
Jeanne de Bussière épousa en janvier 1524, Antoine d’Arcy, seigneur de la
Farge d’où Hector d’Arcy, seigneur de Bussière, marié à Marie de Frenier.
Leur fille Minerve porta Bussière, en 1596, à son époux Pierre de Rébé, qui
acquit la justice et rendit hommage, le 20 janvier 1604. Ils eurent deux
filles dont Claudine, mariée d'abord à Jean de la Franchise, seigneur d’Anglure;
puis à Guillaume d’Arias, seigneur de la Vallée; la seconde Benoîte, porta
Bussière à son époux, Antoine de Vaurion, fils d’Antoine et de Jeanne
Flachat. Les armes des Vaurion sont de sable an chevron d'argent. Antoine de
Vaurion avait cinq frères: Ponthus, époux de Bénigne de Cré- maux; Jacques,
chevalier de Malte; Louis; Pierre; et Antoine, chanoine de
Saint-Pierre-de-Mâcon. De Benoîte de Rébé, Antoine eut une fille, Diane de
Vaurion, mariée le 3 septembre 1656, à Guillaume de Sainte-Colombe, fils de
Renaud et de Claude d’Albon. Le 11 octobre 1663, au château de Bussière,
puissant seigneur messire Anthoine de Vaurion, chevalier, seigneur de
Montmeran, Bussière, Boisset et le Chastellard, et puissante dame
Anthoinette-Suzanne de Pastural, son épouse, passèrent quittance au profit
de puissant seigneur messire François de Pastural, seigneur de Tronchy et
autres places, pour reste de la dot constituée à ladite dame par son contrat
de mariage, 28 janvier 1653. Leur fille, Catherine de Vaurion, épousa vers
1670, Louis-Philibert de la Farge.
Le 3 septembre 1709, "dame Antoinette-Suzanne de Pastural, veuve de messire
Antoine de Vaurion, chevalier, seigneur de Bussière et Monmerand, demeurant
ordinairement à Roanne, laquelle de gré pour l’amitié qu’elle porte à
Messire Victor-Amédée de la Fage, chevalier, seigneur de Vaux, Fontange, les
Péronnes, élu de la noblesse du Mâconnois, son petit-fils, a cédé, quitté,
remis et transporté, audit seigneur des Péronnes, présent et acceptant,
toutes les prétentions et droits qu’elle a à exercer contre les héritiers et
bientenants de dame Eléonore de Noblet, sa mère, femme de René de Pastural,
écuyer, seigneur de Tronchy, en vertu de son testament contenant
substitution à son profit en cas de décès de François-André de Pastural, son
fils, sans enfants; le cas de ladite substitution étant arrivé au profit de
ladite dame de Monmerand.... ledit seigneur des Péronnes payera à ladite
dame de Monmerand la pension annuelle viagère de 50 livres". Claude de
Vaurion, marié à Gabrielle de Sarron, mourut en 1704, mais le 27 avril 1681,
on trouve déjà mention de Louis Oudaille, seigneur de Bussière, conseiller
du Roi, contrôleur du grenier à sel de Roanne. Les armes de cette famille
sont d'azur au chevron d'or; au chef d’argent, chargé de trois roses de
gueules. Charles Oudailles, seigneur de Bussière, épousa Diane-Louise
Bouchaud, qui se remaria en 1707, à Roger d’Arcy d’Ailly. Non loin de
Bussière était le relais de poste important de l'Hôpital, tenu en 1680 par
Jean-Ignace Blanchet, qui fut remplacé par Messire P. Denis, révoqué le 8
juillet 1724. L’année suivante, le relais était tenu par Messire Charles
Ferrier, ancien marchand de Roanne, reconnu par brevet royal, en date du 5
juillet 1725. Aussitôt la reconnaissance officielle dé son titre, Charles
Ferrier s’empressa de solliciter l'exemption des charges et la jouissance
des privilèges et franchises dont jouissaient les chevaucheurs.
Après quelques années passées à l’Hôpital, il se rendit acquéreur des
seigneuries de Bussière et Boisset et résida au château de Bussière, mais il
garda son office jusqu’à sa mort en 1741. Le fils de Charles Ferrier,
seigneur de Bussière et Boisset et plus tard curé de Boisset, vendit la
charge de son père à Claude Billaud, fils et petit-fils de maîtres de poste,
époux d’Anne Donniol. Les armes des Ferrier sont d’azur à trois fers de
cheval d'argent. A la veille de la révolution, le dernier seigneur de
Bussière ne pouvait songer à vivre en bonne intelligence avec son voisin de
la Motte- Saint-Vincent. Nous avons sous les yeux un mémoire imprimé
"Réponse pour le sieur Courtin, seigneur de Saint-Vincent, chevalier de
l'ordre militaire de Saint-Louis, au mémoire imprimé du sieur Ferrier, curé
de la paroisse de Notre-Dame de Boisset". Les faits exposés valent la peine
d’être reproduits ici. "Le sieur de Saint-Vincent ne s’est point écarté
d’une réserve défensive très modérée, depuis dix ans qu’il est en butte aux
tracasseries d'un adversaire fougueux et violent qui, après avoir débuté
dans sa cure par intenter un procès criminel au père du seigneur de
Saint-Vincent, a eu l’imprudence de venir en civil, à l’entrée de la nuit,
insulter un militaire à la porte de son château, au mois de juillet 1768".
Le 28 avril 1773, le curé avait dénoncé Saint-Vincent comme coupable de
procédés et d’actions infâmes, le motif était la perception de certaines
dîmes.
Le mémoire, imprimé à Lyon, imprimerie d’Aimé de la Roche, aux halles de la
Grenette, en 1773 nous donne des détails précis "Le sieur Ferrier lui
observa avec modération que ces propos étaient de la dernière insolence, et
sur le champ le seigneur de Saint-Vincent lui appliqua un coup de cravache
sur le visage. Plusieurs témoins ont déposé que le seigneur de Bussière
avait dit au seigneur de Saint-Vincent: Vous êtes un insolent. Le sieur
Ferrier après avoir insulté son adversaire s’élança sur lui avant son tour,
sans perdre de temps comme un furieux, et le sieur de Saint-Vincent ne put
s’empêcher, surpris, de saisir le jabot de sa chemise qu’il déchira. Le
sieur de Saint-Vincent eut la lâcheté d’ordonner aux six ou sept laquais qui
étaient présents, d’écraser son adversaire. Ces malheureux tombèrent sur le
suppliant qui était seul et le maltraitèrent au point que quelques ouvriers
en eurent pitié, ils empêchèrent qu’on ne le laissât tout à fait sur la
place". M. de Saint-Vincent prouva la possession de la dîme par la vente
qu’en firent à ses auteurs les moines de Saint-Rigaud, curés primitifs de la
paroisse de Boisset. Forcés par le décret du concile de Latran de rentrer
dans leur cloître, ils nommèrent des prêtres séculiers pour desservir les
paroisses dont ils étaient curés, et se réservèrent les dîmes, transmises à
l’acquéreur, et aussi le patronage de la paroisse. L’affaire fit grand bruit
et dura. Au début du XXe siècle, le château de Bussière était la propriété
de M. Boudot. (1)
château de Bussière 42120 Notre-Dame-de-Boisset, propriété privée, ne se
visite pas.
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