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A une courte
distance du château d’Ailly, au sommet d’une légère éminence qui domine la
plaine de Roanne, s’élève le joli petit manoir de Parigny, situé tout à côté
de l’église. Il attire les regards, grâce à sa tourelle Renaissance, au
pignon aigu,, et à ses belles fenêtres à croisillons qui sont arrivées
intactes jusqu’à nous. On remarque encore, adhérent à la muraille, un débris
de l’arc ogival qui formait le portail, donnant naguère accès dans la cour
du manoir. Au bas de tour circulaire, une porte aux superbes moulures, donne
accès aux étages supérieurs par un escalier en spirale qui existe encore en
entier. Cette porte fut longtemps la principale entrée du manoir, ses
linteaux sculptés se réunissent à la partie supérieure pour former un arc
aigu dont la pointe surmonte un écusson mutilé, mais cependant
reconnaissable, il porte une étoile, soutenue d’un croissant, et accompagnée
d’un chef chargé, d’une plume à écrire posée en fasce. On retrouve ce
blason, admirablement conservé, dans un cartouche qui décore le manteau
d’une immense cheminée de pierre dont les colonnettes, d’une rare élégance,
excitent l’admiration des visiteurs. Cette cheminée dont les moulures
s’enfoncent délicatement dans la muraille, décore le salon du premier étage.
Une autre, également du XVIe siècle, porte sur son manteau des attributs que
recouvre un épais badigeon, la pièce qu’elle décore sert aujourd’hui de
cuisine. Au rez-de-chaussée il en existe une autre, aussi massive, mais sans
ornements. Plusieurs pièces sont restées intactes avec leurs cheminées et
leurs solides plafonds. La solidité de la toiture du manoir, en carène de
navire, les croisillons de ses fenêtres, la simplicité de son architecture
lui ont permis de résister aux injures du temps et de faire revivre le style
d’une époque trop tôt disparue.
Guillaume de Parigny est cité comme témoin, en 1194, dans une charte du
cartulaire de Savigny; chanoine et comte de Lyon, puis précenteur de
l’église métropolitaine de Saint-Jean, il mourut en 1226, laissant par
testament, à l’église Saint-Etienne de Lyon, deux onces d’or ad tabulam
faciendam, et sept onces d’argent de rente, à lever sur la garde de Parigny.
Vers 1210, Humbert et Hugues de la Porte, dont les armes étaient d’azur au
lion d’or, seigneurs de Parigny, abandonnèrent au sire de Beaujeu ce qu’ils
possédaient en franc alleu au territoire de Parigny, le reprirent aussitôt
en fief, et jurèrent à Humbert de Beaujeu, hommage et fidélité en lui
abandonnant le droit de censive. A partir de cette époque, Parigny devint le
siège d’une prévôté. En 1601, Pierre Crozet, prévôt de Parigny, prêta
hommage pour une maison-forte audit Parigny. C’est vraisemblablement le
blason de ce personnage qui se lit aujourd’hui sur la cheminée. En 1283, le
prévôt de Parigny, était messire Guillaume; en 1357, il se nomme Hugonin. En
octobre 1293, le droit de suzeraineté sur Parigny, Ailly et autres terres
fut cédé par Jean, comte de Dreux et de Braine, et Jeanne, sa femme, fille
de Humbert de Beaujeu, à Louis, sire de Beaujeu. Du XVIe siècle à la
révolution, les de Sugny, d’Arcy d’Ailly et Bourlier d’Ailly, se titrèrent
de seigneurs de Parigny, mais d’autre part, les Tardy de Rhins ajoutaient à
leurs qualifications, celle de seigneur de la prévôté de Parigny. La vieille
demeure, qui appartenait à Madame la baronne Bourlier d’Ailly, sert de
presbytère. Le vénérable pasteur qui l’occupait depuis la fin du XIXe siècle
y reçut toujours avec une rare complaisance les admirateurs des splendeurs
du passé. (1)
manoir de Parigny 42120 Parigny, propriété privée, ne se visite pas,
visible de la rue.
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remercions chaleureusement M. P. Deysson pour les photos qu'il nous a adressées afin d'illustrer cette page.
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