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Le petit fief de la Rivoire faisait partie de la seigneurie de
Saint-Julien-Molin-Molette. A la limite du Forez et du Vivarais, son château
était en bonne place, au point où la route montant du Rhône et d’Annonay
bifurquait d’un côté vers Saint-Julien, de l’autre vers Bourg-Argental. Il
est difficile de le dire d’une façon précise qui furent les premiers
seigneurs de la Rivoire. On peut conjecturer toutefois que ce château et son
voisin du même nom, situé non loin de là en Vivarais, reçurent leur nom
d’une même famille, celle des de la Rivoire, branche cadette, croit-on, des
de Rivoire du Dauphiné. Jean de Rivoire est qualifié "noble et puissant
homme" dans son contrat de mariage en 1447, avec Jacquette de Chironnier.
Guillaume de la Rivoire, son fils, rend hommage de la Rivoire, en Vivarais,
en 1480, à Jacques de Tournon. Tous deux descendaient de Martin de la
Rivoire, vivant en 1275. Obligés d’aliéner leur terre de la Rivoire aux
Pichon qui en prirent le nom, les de la Rivoire devenus marquis de la
Tourette, comtes de Chadenac et barons de Vocance, n’en contractèrent pas
moins de belles alliances. Leurs armes sont Ecartelé aux 1 et 4 de gueules,
au lion d’argent, armé et lampasse de sable, qui est de la Rivoire, aux 2 et
3 d’or, au lion de gueules, qui est de Ginestous la Tourette. Le chef de
cette maison est Emmanuel de la Rivoire, marquis de la Tourette, conseiller
général de l’Ardèche, marié en 1884 à Marguerite Aubry. L’une des filles
issues de ce mariage a épousé le vicomte Maurice de la Croix-Laval, fils du
comte Marie-Antoine-Rémy et de Cécile de Noailles. Une branche de la maison
de la Ri voire, fixée en Velay, y était représentée en 1620 par Goye de la
Rivoire, femme de Pierre Bernard, sergent ordinaire de Monistrol. L’histoire
de notre fief de la Rivoire se confond un peu avec celle de Saint-Julien.
Selon le curé Seytres, historien de Bourg Argental, écrivant vers 1760, il
restait de son temps quelques vestiges du château de Malemotte, près de la
Rivoire. La maison-forte de la Rivoire remplaça peut-être ce château ruiné.
Il est rapporté d’autre part que lorsque le connétable de Bourbon, traqué
dans les montagnes d’Auvergne, vint passer le Rhône pour se réfugier en
Franche Comté, il prit logement à Saint-Julien, chez l’un de ses
gentilshommes, Aymar Harenc de la Condamine. Les biens de celui-ci furent
alors confisqués et le château de la Rivory, rasé.
Existait-il donc au hameau de la Rivory, au-dessus de Saint-Julien, un
château de ce nom, dont les ruines même auraient péri, ou bien s’agissait-il
du château de la Rivoire qui, après la confiscation, aurait été revendiqué
par ses seigneurs directs, les Gaste de Lupé, seigneurs de Saint-Julien?
Cette dernière conjecture serait peu vraisemblable, parce que les Harenc
continuèrent à se titrer seigneurs de la Rivory, dans le temps même où l’on
trouve la vieille famille annonéenne des Gaste de Lupé, en possession de la
Rivoire et des domaines contigus de la Pourretière et de Maimbœuf. Françoise
de Joyeuse, veuve de Claude de Gaste, aurait reçu ces domaines pour son
douaire, aurait fait construire la maison forte de la Rivoire, flanquée de
quatre tours et s’y serait fixée. "Le 20 mars 1575, dit Achille Gamon,
quelques soldats protestants de la garnison d’Annonay, s’emparèrent du
château de la Rivoire propriété de la dame de Lupé et y mirent garnison,
sous le commandement d’un ancien tailleur, le capitaine Pinet. François de
Mandelot, gouverneur du Lyonnais, et Christophe de Saint-Chamond firent
alors venir deux couleuvrines à Maclas, et le 25 mars, trois compagnies de
gens de pied investirent la Rivoire. Mais les réformés abandonnèrent sur la
nuict le lieu qui n’estoit tenable et, passant entre deux corps de garde, se
retirèrent tous en sûreté dans Annonay". Les catholiques mirent alors à la
Rivoire une garnison sous le commandement du capitaine La Gouionière.
Marguerite de Gaste et après elle sa fille Catherine de Meuillon, épouse de
Rostaing de la Baume de Suze, possédèrent la Rivoire, qui resta dans la
maison de Suze jusqu’en 1734, où elle fut adjugée avec la terre de
Saint-Julien à Christophe Bollioud des Granges, pour 60.000 livres. La
Rivoire suivra dès lors les destinées de Bourg Argental et passera par
alliance aux Bellet de Tavernost et Saint-Trivier. En 1825 le domaine de la
Rivoire fut acheté par M. Claude-VincentMignot qui y fit d’importantes
réparations, y éleva une construction nouvelle, mais ne put conserver qu'une
seule des anciennes tours. La Rivoiie était au début du XXe siècle la
propriété de sa petite fille, Madame Paul Giraud, née Anne Mignot. (1)
château de la Rivoire 42220 Saint-Julien-Molin-Molette, tel. 06 61 23 24 82,
propose la location de chambres d'hôtes.
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