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L'actuel château d’Aix n’est
plus la maison forte (fortalicium d’Eys), des titres du XIVe siècle, car il
a été reconstruit au XVIe. Sa forme générale est celle d’un grand rectangle
entouré d’un très large fossé aujourd’hui à sec. Trois côtés de ce rectangle
sont occupés par les bâtiments; le quatrième est fermé par un mur très épais
dans lequel est percée la porte d’entrée et sur lequel on circule à la
hauteur de l’étage. Ce passage était naguère abrité par une galerie en
charpente s’ouvrant à l’extérieur par trois grandes arcades. Deux arches en
maçonnerie jetées sur le fossé aboutissaient à un pont-levis remplacé
aujourd’hui par une chaussée fixe. Un seul des angles du château, celui du
nord-est possède une tourelle, qui était couverte à l’origine d’un toit à
faible pente en tuiles creuses et semble faite pour l’ornement plus que pour
la défense. La cour intérieure est bordée au nord et à l’ouest d’un double
étage de galeries en bois supportées, au rez-de-chaussée par des piliers
prismatiques de pierre, à l’étage par des poteaux de bois armés de
contrefiches. Les chevrons sont peints en rouge sombre, avec filets blancs.
La première pièce, au rez-de-chaussée, en partant de l’extré mité de l'aile
gauche est la chapelle; elle a conservé son portail, qui est de marbre, mais
l’intérieur est entièrement démeublé. Ce n’est pas la chapelle primitive,
elle fut construite par Louise-Gabrielle Pérachon de Sénozan, à la place de
l’autre "mal située et indécente" Pierre Terrasson, custode de Sainte-Croix,
la bénit le 12 mai 1697, elle était alors "très richement ornée et
embellie". A l’angle nord-ouest de la cour, sous la galerie, on rencontre
une jolie tourelle d’escalier, dont la porte est surmontée de deux écussons
mutilés en 1793. Sur l’un deux on reconnaît les armes de la Bretonnière: de
gueules à cinq fusées d’or accolées en bande. On peut conclure de cela que
le château fut reconstruit autour de 1550 par Antoine de la Bretonnière,
époux d'Alise du Peschier, dame d’Aix, dont les armes se trouvaient sans
doute sur l’autre écusson.
Le plus ancien seigneur connu d’Aix est Antoine d’Aix, chanoine et maître de
chœur de l’église de Lyon, curé de Saint-Martin-la-Sauveté, qui transigea en
juillet 1292, avec le commandeur de Verrières, au sujet de la dîme de la
Sauveté. Hugués ou Hugonni d’Eys, damoiseau, figure aussi dans plusieurs
actes du premier tiers du XIVe siècle. Aix porte d'azur au lion d'or armé et
lampassé de gueules. Dès 1368, la seigneurie passa dans la famille de
Bonnefont. Jean de Bonnefont, seigneur d'Aix, épousa Marguerite Raybe de
Saint-Marcel, qui testa le 10 octobre 1393, laissant Jean, marié à Jeanne du
Pesché, d'où Jeanne, mariée à Jean de Sainte-Colombe de Saint-Priest, fils
de Josserand et de Marguerite de Polargues; 2° et 3° Falque et Artaude,
religieuses à Pouilly-les-Nonains; 4° Béatrix; 5° Agnès, religieuse à
Bonlieu; 6° Catherine; 7° Jeanne; 8° Armandon, moine de Pommiers; 9° Hugues,
moine de Savigny; 10° Guichard substitué par son père à son frère Jean. Vers
1441, Marguerite de Bonnefont porta Aix à Amédée Brun du Peschier, d'une
famille d’Auvergne. Alix du Peschier, sans doute leur petite-fille, le porta
à son tour, et successivement, vers 1536 et 1546 à ses deux maris, François
d Alègre (de gueules à la tour d'argent, accostée de six fleurs de lys d or)
et Antoine de la Bretonnière, seigneur d’Apchiat. Marie de la Bretonnière,
sa fille, le porta à son tour à son époux, Georges de la Chaise, en 1563.
Leur arrière-petit-fils, le célèbre père François de la Chaise, naquit à
Aix: "le 18 d aoust 1624, un dimanche, à 9 heures du soir, de mademoiselle
Renée de Rochefort, femme de Monsieur d'Ais, nasquit François de la Chaize.
Il fut baptisé a la chapelle d'Ais, pal Messire Coeffet, curé de
Saint-Martin. Son parrain fut François de la Chaize d'Ais, son oncle qui du
despuis c'et fect jésuiste, et le son filieu ausy, et sa marraine,
Philiberte Coton, dame de Gresolles. Dieu lui face la grâce d’estre homme de
bien. En témoignage de quoy, ledit sieur Georget de la Chaise d’Ais, son
père, à signé" (Livre de raison).
Guillaume de la Chaize d'Aix, avait épousé Jeanne-Marie Cotton, d'où la
parenté du Père Cotton et du Père de la Chaize. Renée de Rochefort, mère de
ce dernier était née le 18 mars 1601, de Pierre et de Françoise Morel.
François de la Chaise d’Aix fut père d'Antoine, père de Marie-Angélique,
mariée en 1724, à Hyacinthe-Louis de Pellevé, comte de Flers,
capitaine-lieutenant des gendarmes de Berry. Jacques de la Chaise d’Aix,
seigneur du But et des Périchons, épousa Catherine de Bardonnanche, fille de
Pierre et de Marguerite Réal. Georges-Antoine de la Chaise d’Aix, fils de
Jacques seigneur de la Chaise, Aix, comte de Souternon et
Saint-Germain-Laval, lieutenant-général des armées du Roi, vit ses biens
adjugés par sentence de la sénéchaussée de Roanne, le 7 septembre 1716, à
Louise-Gabrielle Pérachon de Sénozan, sa femme (de gueules à la fasce
d'argent, accompagnée de trois étoiles du même). Elle rendit hommage le 7
février 1721 et mourut le 27 août 1728 sans postérité, laissant Aix à son
cousin, Joseph de Monteynard, marquis de Montfrin, qui vendit le château,
terre et seigneurie d’Aix, à Alexandre de Gayardon, seigneur de Grezolles,
les 23 décembre 1730 et 3 janvier 1731. Le 7 avril 1731, Antoine de Gayardon
de Grezolles, fils d’Antoine-Alexandre, seigneur d’Aix en prêta hommage. Sa
veuve, Louise-Victoire de Bardier de Verseilles, en rendit hommage à
nouveau, au nom et comme tutrice de leurs enfants, le 28 novembre 1753.
Charles-Henri de Gayardon, comte de Grezolles, Aix, etc, capitaine
aide-major au régiment de Commissaire-général cavalerie, en prêta hommage,
le 23 décembre 1776. Au XIXe siècle, le château d’Aix fut vendu aux Germain
de Montauzan. Il fut ensuite acquis par Madame la baronne Camille de
Rochetaillée qui l’a fait restaurer avec un goût parfait, pour abriter un
orphelinat agricole, alliant ainsi avec le plus louable mérite, deux choses
sacrées: l’art et la charité. (1)
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