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Génetines tire
son nom des genêts qui poussent encore, en abondance, aux environs. La
première famille que nous y trouvons possessionnée en portait le nom.
Guillaume de Génetines dit de Charbonnières, rend hommage le 10 juillet
1334, en déclarant que ses prédécesseurs ont rendu hommage, comme lui. Il
testa le 5 janvier 1342, voulant être enterré au tombeau de sa famille, au
cimetière de Saint-Romain et donnant 8 deniers aux églises de Saint-Romain,
Saint-Just, Saint-Marcel, Champoly, Noirétable et Notre-Dame de l’Ermitage,
pour le luminaire. Il fit des legs à sa femme Catherine, à son fils Etienne,
moine de Cluny, à son fils Guillaume, dit Gomot, à ses deux filles, Béatrix
et Isabelle, religieuses à Pouilly-les-Nonnains, à ses deux autres filles,
Margone et Ysiote, désirant qu’elles entrent en religion également, il nomma
exécuteur testamentaire, son frère Philippe, moine de la Chaise-Dieu, enfin,
fit son légataire universel, Ponchon de Génetines, son fils aîné, lequel
rendit hommage au comte, le 7 mai 1342. Au XVe siècle, Guillaume de
Génetines, époux de Pétronille de la Chassagne, fit légataire universel son
fils Jehan, lui substituant Hugues d’Urgel. La substitution ne fut pas sans
effet, car Jehan mourut jeune, et Hugues d’Urgel devint seigneur de
Génetines pour une moitié, Pétronille de la Chassagne restant en jouissance
de l’autre. Hugues d’Urgel eut une fille, Marguerite, mariée à Rolet le
Mastin, seigneur de la Merlée. Veuf, ce dernier vendit Génetines à Guillaume
de la Forge, notaire et bourgeois de Cervière, fils de Pierre et de Philippe
de Vaux. Les armes de cette famille sont d’or à la hure de sanglier de
sable; au chef de gueules chargé de trois roses d’argent; à la bordure
d’azur, chargée de huit fleurs de 1rs d’or. Guillaume de la Forge, épousa,
le 6 août 1453, Marguerite Perrin, fille d'Antoine, châtelain de Montbrison,
dont Germaine de la Forge, mariée le 28 décembre 1479, à Simon Charpin,
homme d’armes de la Cie des gendarmes de Lyonnais, fils de Jean et
d’Isabelle de Meys.
D’un premier mariage avec Catherine de Brus, Guillaume de la Forge avait eu
une fille, Jeanne, mariée à Hugues de Meys, bourgeois de Donzy. Le dernier
de février 1493, Simon Charpin, par lui et Germaine de la Forge, sa femme,
exposa devant Pierre de Lestra, lieutenant pour le duc en la châtellenie de
Cervière, que la maison forte de Génetines "à cause de antiquité est tombée
en ruyne, tellement qu’il ny a debout en ung des quartiers d'icelle que une
maison, és autres quartiers ny sont que les murailles bien caducques et
ruyneuses et entend et propose ledit exposant moiennant laide de Dieu, la
réédiffier et reffaire forte, en la manière qu’elle estoit anciennement, et
pour ce nous a supplié et requis descendre sur le lieu... nous a monstré à
l’ueil entre aultres choses une grande muraillie haulte de ladite maison, en
laquelle a ung grand portail de pierre taillée et au dessus dudit portail a
monstré une grant pierre taillée estant audit mur et saillant hors ledit mur
environ ung pié et demy, et au plus près d'icelle pierre, et a cousté
austres deux pierres taillées rompues rez a rez dudit mur par lesquelles
pierres est clérement cogneu que anciennement estoit un marchicollis sur
ladite porte. Plus nous a monstré en ladite muraillie au plus hault, deux
canonières de pierres de faillie anciennement faictes. Et dit en oultre que
sur ledit portail avoit une tour deffensable quarrée en plusieurs pars
desdites muraillies avoit des crênaux et y avoit aussi des canonières,
marchicoulis et barbacannes que l’on ne veoit pas à présent pour ce que les
murailles sont en plusieurs lieux, tombées et abattues, mais pour en faire
apparoir a produit par devant nous en présence desdits prévost et greffier
dudit Cervière...".
Plusieurs témoins affirmèrent qu'ils "ont veu et sceu ledit lieu de
Génetines, estre de noble, ladite maison-forte et forteresse et ont veu en
icelle les marchicollis, canonières, créneaulx et aultres deffenses comme en
place forte, aussi la tour au dessus du portail, laquelle estoit deffensable
et laquelle, naguières est tombée". Jehan Brunelin, âgé de 70 ans déclara
avoir "payé les cens et servis dans ladite tour, et y avoir pris du blé. Il
y avait une chapelle dans ladite tour, comme est accoustumé avoir en places
fortes". Jehan du Mas et Antoine Grimardia, maîtres maçons et ouvriers
savent "ladite maison autrefois avoir esté forte, lesquels disent qu'ils
l’ont veue et visitée et cognoissent bien certainement que cestoit une
maison forte comme dessus est déclaré". L’autorisation demandée fut
accordée, le château fut relevé, et sauf les fossés, les murs d'enceinte et
le pont-levis, tout ce qui fut alors construit subsiste encore aujourd’hui.
Simon Charpin, écuyer, testa le 2 février 1529, laissant de Germaine de la
Forge: Gaspard, qui suit ; 2° Marie, femme d’Antoine de la Tour, seigneur de
Vaudragon. Gaspard Charpin, seigneur de Génetines, lieutenant de robe courte
du bailli de Forez, testa le 3 janvier 1539, ayant épousé, le 24 septembre
1525, Jeanne d’Angérieux, fille d’Aimé, seigneur de St-Bonnet-les-Oules,
dont François Charpin, seigneur de Génetines, testa le 15 octobre 1569,
ayant épousé, le 3 juillet 1557, Gilberte Veyny d’Arbouze, fille de Michel
et d’Anne Bayard, dont Michel Charpin, seigneur de Génetines, testa le 29
juin 1604, ayant épousé le 17 septembre 1590, Léonore Le Long, fille de
Claude et d’Anne de la Goutte, dont Jacques; 2° Claude; 3° Anne, mariée en
1625, à Marc du Palais, seigneur de la Merlée. Jacques Charpin, seigneur de
Génetines, marié le 14 avril 1625, à Claude de Fay de la Tour-Maubourg,
fille d’Hector et de Marguerite de Chamblas, dont Jean, qui suit; 2°
Emmanuel, chanoine-comte de Lyon; 3° Hector-Jacques, chevalier de Malte en
1650; 4° Antoine, chevalier de Malte en 1650.
Jean de Charpin, comte de Génetines, dont hommage les 10 octobre 1670 et 23
juillet 1684, épousa le 3 novembre 1657, Marie de la Rivoire, fille de
Christophe et de Madeleine de Bonlieu, dont Emmanuel de Charpin, comte de
Génetines, marié le 31 décembre 1683, à Françoise de Belvézer de Jonchères
qui prêta hommage le 30 décembre 1718, d’où Jean-Gabriel de Charpin, comte
de Génetines, marié le 17 janvier 1719, à Claire-Françoise de la
Fare-Montclar, fille d’Antoine, marquis de la Fare et d’Engracie Alemand de
Mirabel. Il fut donataire universel de sa mère, par son contrat de mariage
du 14 février 1719. Deux ans auparavant la terre de Génetines avait été mise
en vente, il était dû 718 livres de cens et servis, depuis 1693, à haut et
puissant seigneur Monseigneur Louis, vicomte d’Aubusson, duc de la Feuillade
et de Roannais, pair de France, lieutenant-général des armées de Sa Majesté
à cause de sa châtellenie de Cervière. Le 8 mai 1717, Génetines était
acquis, pour 30.000 livres, par Françoise de Belvézer de Jonchères.
Jean-Antoine de Charpin, comte de Génetines dont hommage et dénombrement le
24 juillet 1733, chevalier de Saint-Louis, épousa le 23 avril 1730,
Louise-Hilaire de Loras, fille de Pierre-Gaspard et de Marie-Marguerite du
Palais, dont François-Régis de Charpin (1753-1828), comte de Génetines,
capitaine au régiment de Bourbon-cavalerie, lieutenant des maréchaux de
France pour Trévoux et les Dombes, vendit Génetines, le 23 décembre 1779,
pour 27.000 livres à Jean-Marie-Antoine de Ramey de Sugny, dont le
mandataire, Jean-Louis Cochard de Grandval, rendit hommage le 24 janvier
1780.
Jean-Marie-Antoine Ramey de Sugny (1746-1804), seigneur de Sugny, Genétines,
etc, puis préfet du Puy-de-Dôme, marié le 16 avril 1776, à Marie-Marguerite
Berthelon de Brosses, fille de Damien-Antoine et de
Marie-Claudine-Antoinette Alloués de la Fayette dont Marie-Antoinette,
mariée au comte Louis de Rochefort, fils d’Antoine et de Marguerite Gras de
la Bauche; 2° Antoine-François (1781-1832), lieutenant-colonel de cavalerie,
chevalier de Saint-Louis et de la Légion d’honneur; 3° Louis, chevalier de
la Légion d’honneur (1782-1820); 4° Vital-Marie-Gabriel Ramey de Sugny (29
août 1784-10 janvier 1856), vint habiter Génetines en 1828 et y fit les
réparations strictement nécessaires, car la révolution avait rasé les tours.
Il épousa en 1809, Christine-Hélène Paulze d'Ivoy, fille de Christian et
d’Hélène Gaudin de Feurs, dont Marie-François-Joseph (14 septembre 1823-12
juin 1908), député, vice-président du conseil général de la Loire, marié le
3 janvier 1850, à Athanasie-Georgina Renouard de Bussière (18 septembre
1830-7 juillet 1904), fille de Théodore et de Marie-Louise Humann. Dès 1867,
il commença la restauration du château de Génetines, les plans ayant été
étudiés et dressés par le baron Frédéric de Bussière. Restituer le vieux
manoir en son état primitif était impossible, les murs d’enceinte
n’existaient plus, les fossés étaient comblés et le pont-levis détruit. A la
fin du XVIIIe siècle, deux longs bâtiments construits en équerre, l’un sur
la façade et l’autre du côté du nord, avaient été ajoutés au vieil édifice,
qui consistait en deux corps de logis séparés par une cour intérieure fermée
par la grosse tour carrée, dans laquelle ont été de tout temps les archives
et la chapelle, et par une autre tour, également carrée, à laquelle on
accédait ainsi qu'au corps de logis de l’ouest, par une galerie en bois. Une
tour hexagonale renfermait l’escalier principal, construit en granit. Deux
tours rondes flanquaient au midi les grands corps de logis: c’était le vieux
château.
On l’a conservé tout entier et on n’y a exécuté que les travaux de
consolidation et d’appropriation indispensables. Une des tours rondes,
lézardée de haut en bas, a dû être rebâtie. La tour de la chapelle, dont la
toiture avait été rasée, a reçu un couronnement de granit. Aux galeries
découvertes, on a substitué, à cause de la rigueur du climat, des couloirs
fermés. La chapelle, autrefois dédiée à sainte Barbe, a été rendue au culte
sous le vocable de la Sainte Vierge, le 3 janvier 1839. Les deux bâtiments
dont nous avons parlé, moins anciens, et qui ne présentaient aucun caractère
architectural, ne pouvaient être ni réparés, ni transformés, la construction
était défectueuse et les murs n’étaient plus solides. On les a démolis et
remplacés par les tours à six pans et le pavillon qui prolonge le corps de
logis dans lequel se trouvaient autrefois les appartements principaux. Les
travaux de restauration, suspendus en 1870, où Frédéric de Bussière fut tué
au combat de Ladon, furent repris en 1872 sous l’habile direction de M.
Michaud, de Roanne, qui restaura la chapelle, fournit les dessins relatifs à
l’ornementation du rez-de-chaussée, dressa les plans et surveilla
l’exécution de l’escalier que sculpta sous sa direction, M. Natale Decarlé.
On a conservé ce qui restait des vieux bâtiments et remis en place ce qu’on
a retrouvé des boiseries, meubles, tentures du temps passé et réussi à faire
de Génetines l’un des plus beaux châteaux du Roannais.
Marie-Jacques-Henri de Ramey de Sugny, marié le 9 août 1859, à
Louise-Isabelle Lebègue de Germigny, fille de Charles-Gabriel et de
Marie-Louise Humann, dont Joseph-Marie-Gabriel, qui suit; 2° Marie-François
(15 mai 1861-1er septembre 1893), marié le 2 mai 1891, à
Adèle-Marie-Catherine Renouard, fille de Jules-Léopold et de Marguerite
Delamotte; 3° Louis-Vital, 3 avril 1868, marié le 24 avril 1900, à sa
cousine, Jeanne-Louise de Jouvencel, fille d’Olivier et d’Isabelle Bonneau
du Martray; 4° Charles, né le 5 décembre 1872, officier de dragons; 5°
Marie, née en 1858, religieuse de la Visitation; 6° Marie-Louise (16 mai
1863-8 avril 1865); 7° Jeanne, née le 16 septembre 1866, religieuse
Saint-Vincent de Paul; 8° Marguerite-Marie, née le 15 avril 1876, mariée le
13 janvier 1898, à Armand-Hubert-Marie Michel, fils d’Edouard et de Léontine
van der Hcyden. Joseph-Marie-Gabriel, comte de Sugny, amiral, né le 15
février 1856, marié d'abord le 5 janvier 1887 à Elisabeth de
Montaigne-Poncins, fille du comte Gabriel-Léon et de Noémie Périer; puis en
secondes noces le 26 juillet 1902, à Adèle-Marie-Catherine Renouard, sa
belle-sœur. Du premier lit il eut Henri, mort au berceau; 2° Isabelle, née
le 10 août 1895; du second lit: Georgine, née le 2 juillet 1904; puis
Jean-Léopold, né le 5 février 1910. (Comte de Sugny: Le château de Génetines;
l'ancien Forez 1888; abbé Prajoux) (1)
château de Génetines 42430 Saint-Romain-d'Urfé, propriété privée, ne se
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