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Il est probable qu’à une époque très reculée, il
existait déjà à Saint-Maurice, une haute tour servant comme celles de
Chantois, du Verdier et de la Roche, de poste fortifié pour surveiller le
cours de la Loire, ou pour en protéger le passage. Le donjon actuel, posé à
l’angle sud-est d’une petite enceinte, en forme de quadrilatère irrégulier,
assise sur le sommet d’une falaise à pic, semble dater de la fin du XIIe
siècle. Ce donjon est un cylindre creux, bâti en grossière maçonnerie de
moellons, il n’offre aucune pierre taillée, aucun détail pouvant renseigner
sur son âge. Il n’avait d’entrée que par une fenêtre, terminée en dedans par
un arc plein cintre irrégulier, et au dehors, par un linteau de granit avec
arc de décharge, formé de trois pierres brutes cassées plutôt que taillées
en manière de claveaux. Sous cette fenêtre, élevée d’environ six mètres
au-dessus du sol, existent encore les deux trous carrés par où passaient les
poutres soutenant le plancher mobile, auquel on parvenait par une échelle.
Des arrachements, régulièrement disposés à l’intérieur, à deux hauteurs
différentes, indiquent la place des planchers d’étages. Il n’y avait pas de
voûtes, et ce détail important, rapproché de la forme cylindrique, confirme
l’âge que nous avons assigné à la tour, bien que l’absence d’appareil
régulier et de soin dans la bâtisse semblent lui attribuer une plus ancienne
origine. Les remparts de la petite enceinte qui contient le donjon, semblent
lui avoir été soudés maladroitement. Ils montrent aussi plus de soin dans
leur construction, du côté nord notamment, où tout un angle est monté en
blocs taillés, portant des trous de louve. On peut donc supposer qu’ils sont
moins anciens que la tour.
En 1020, plusieurs frères de la famille de Saint-Maurice, notamment Durand,
doyen du chapitre de l’Eglise métropolitaine de Lyon, sont possesseurs du
château-fort de Saint- Maurice et de ses dépendances. Durand, autorisé de
son frère Théotard, donne à l’abbaye de Savigny, deux pêcheries situées au
bas du château. Ce castrum fut ensuite inféodé au sire de Beaujeu, Guichard
II, dans la première moitié du XIIe siècle. En 1221, Hugues et Geoffroy de
Saint-Maurice délaissèrent par échange, à Guigon, comte de Forez, la terre
de Saint-Maurice. En 1222, le comte passa un accord, comme seigneur de
Saint-Maurice, avec Humbert VI de Beaujeu. Le 15 mars 1320, Guillaume de
Thiers et Agnès de Malmont laissèrent à leur fille Brunissant, les châteaux
de Saint-Maurice, Châtelus, Bussy et Saint-Germain; ils avaient une autre
fille, Contour de Thiers; toutes deux transportèrent leurs droits au comte
de Forez. Guichard d’Albon, seigneur de Saint-André et Ouches, reçut du duc
de Bourbon la seigneurie de Saint-Maurice, fief qu’il rétrocéda à ce prince
en 1499, moyennant d’autres terres. En 1543, la châtellenie de
Saint-Maurice, engagée à Jean d’Albon, seigneur de Saint-André, fut rachetée
par Charles IX, pour être unie au duché de Roannais, constitué en faveur de
Claude Courtier. Les la Mure, qui résidaient à Saint-Maurice et y rendaient
la justice, y exercèrent une autorité incontestée: c’est ainsi que
Jean-François de la Mure rendit hommage de Saint-Maurice, le 3 août 1753.
(1)
château
de Saint Maurice 42155 Saint-Jean-Saint-Maurice-sur-Loire, en son sommet,
une dalle a été aménagée, ce qui permet aux visiteurs de découvrir un
magnifique point de vue.
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