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Le château de Saint-Pierre-la-Noaille a dû être
construit au commencement du XVIe siècle. Il se signale de fort loin par le
dôme de verdure que forme un quinconce de marronniers séculaires, et par une
haute et puissante tour carrée, à comble aigu surmonté d’un lanternon de
guetteur. Cette tour, plus ancienne que les logis qui l’avoisinent, est
couronnée sur ses quatre faces par un hourd à demeure en charpente muni d’un
parapet de garde, formé de croix de Saint-André maçonnées, entre des
potelets verticaux. Ces potelets sont eux-mêmes assemblés avec les chevrons
du comble, qui recouvre ainsi tout l’ouvrage et en assure la conservation
parfaite, malgré la très forte saillie donnée au hourd pour commander le
pied des murs. La cour intérieure est bordée sur un côté par un portique à
piliers quadrangulaires, sans bases ni chapiteaux, séparant cinq baies
fermées d'arcs à trois cintres. Au-dessus règnent deux étages superposés de
ces loges ouvertes si commodes et si fréquentes dans les constructions
civiles lyonnaises de la Renaissance. Ils sont portés sur des colonnes de
pierre à fûts prismatiques. A signaler aussi le tympan ogival, à riches
moulures, d’une porte du rez-de-chaussée.
Pierre de Rochefort, chevalier, est seigneur de Saint-Pierre-la-Noaille en
1315. Le mardi après la Toussaint 1331, il fait hommage à Edouard de
Beaujeu, sauf fidélité au comte de Forez. Son fils Falcon lui succéda. Guy
de Rochefort, chevalier, sire de Saint-Pierre est mentionné les 1er
septembre 1374 et 16 septembre 1383. Yolande de Rochefort porta Saint-Pierre
à Simon de Ronchevol. Etienne de Ronchevol, seigneur de
Saint-Pierre-la-Noaille, fils de Guichard, fut père d'Antoine, dont
postérité éteinte chez les Damas; 2° Guillaume, chevalier de
Saint-Jean-de-Jérusalem; 3° Jean, marié à Nicole du Saix, dame du Poyet,
d’où Jacques, marié le 12 mars 1557, à Denise de Tenarre, d’où Minerve,
mariée le 7 décembre 1578, à François de Sainte-Colombe, fils d’Etienne et
de Huguette de Nagu; et Nunciade, femme de Guy de la Mure, seigneur de
Chamois. Jean de Ronchevol, seigneur de Saint-Pierre-la-Noaille en 1626,
avait épousé Philippe de Foudras de Courcenay. Philibert de Turin, seigneur
de Villeretz et Saint-Pierre-la-Noaille, épousa la veuve de Philibert Turin.
Simon de Franceschi, chevalier, seigneur de Villeretz, avait épousé Anne de
Turin, d’où Joseph, baptisé le 8 mai 1647, à Charlieu, où leur hôtel existe
encore. On y retrouve les armes des Franceschi: d’azur à la croix d’or
florencée, et celles des Turin; d’or au chef de gueules, chargé de trois
étoiles d’or.
Au XVIII siècle les seigneurs de Saint-Pierre-la-Noaille furent les Rolland
de la Duerie, qui portent d’or à la bande chargée de trois étoiles, et les
Le Court, dont les armes sont parti d’argent à la fasce engrélée d’azur,
chargée de deux fleurs de lys d’or; et d’or au palmier de sinople. En 1759
est mentionné Philippe Maret, seigneur de Saint-Pierre-la-Noaille, fils et
héritier d’André, médecin, et de Françoise Ducoing, qui l’était de Louise
Maret et encore de Philippe Maret, son grand-oncle, héritier de
Pierre-Laurent Maret. Philippe Maret épousa, le 10 mai 1756, Marie-Pierrette
Chappuis de la Goutte, fille de Claude et de Marie de Montillet, d’où
Guillaume Marest, seigneur de Saint-Pierre, né le 1er mai 1757, marié le 24
juin 1788, à Marie-Françoise Imbert-Colomès, fille de noble Jacques, échevin
de Lyon et de Catherine-Victoire de Colomès, et remariée à Henri-René, comte
de Montrichard, seigneur de Marchangy; 2° Michel Marest de Saint-Pierre,
marié le 30 avril 1793, à Charlotte- Victoire Bruyset de Mannevieux, fille
de Louis-Claude et de Jeanne-Thérèse Guérin de la Collonge, d’où
Marie-Virginie, mariée le 18 mai 1807, à Etienne-Horace-Gabriel de Sarron,
fils de Claude et de Françoise Pupil de Myons. Les armes des Marest sont
d’azur à la colombe d’argent soutenue d’un croissant du même; au chef cousu
de gueules chargé de trois coquilles d’or. Au début du XXe siècle, le
propriétaire était M. Marchand. (1)
Éléments protégés MH : le donjon Sud-Est à hourds, les façades et les
toitures du reste des bâtiments: inscription par arrêté du 17 juillet 1990.
(2)
château de Saint Pierre la Noaille 42190 Saint-Pierre-la-Noaille,
propriété privée, ne se visite pas.
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