|
A une courte distance de Sury-le-Comtal, de l’autre
côté de la voie ferrée, se cache, dans un fouillis de verdure, un agréable
petit château qu’une tour un peu prétentieuse distingue seule, à l’extérieur
du moins, des villas modernes. C’est le manoir d'Aubigny, plusieurs fois
reconstruit, berceau de la vieille famille forézienne des Henrys, d’illustre
mémoire. Un beau parc, agrémenté d’une pièce d’eau, augmente encore le
charme de cette demeure. Le 4 janvier 1367, dans la salle basse du château
de Montbrison, par devant Thomas Montaignon, de Marcilly, notaire public et
juré de la cour de Forez, en présence de frère Albert de Masengon, prieur de
Montverdun, de Jean de la Rullière, chancelier de Forez, conseiller du
comte, et de Grégoire Payen, notaire juré de la cour de Forez, résidant à
Sury, un acte fut passé en vertu duquel Renaud de Forez attribuait à Jeanne
des Sorbières, veuve du notaire Etienne Espéron, à sa fille Catherine
Espéron et à leurs héritiers à perpétuité, les redevances féodales perçues
par le comte sur la partie du territoire de Sury, à laquelle l’ancienne
villa gallo-romaine d’Albinus avait donné son nom. A "Marcillieu le
Chastel", le 6 mars suivant, le comte Jean II ratifiait la concession.
Catherine Espéron était alors mariée à Jean de Saint-Maurice, alias Raunel.
Devenue veuve, elle s’unit à Pierre de Rochefort, damoiseau, fils d’autre
Pierre, bailli de Forez. Les époux n’eurent aucun enfant. Pierre testa, en
1400, en faveur de sa nièce Béatrix de la Porte, et son mari, Jean Duchet,
de Sury, notaire juré de la cour de Forez. Jean Duchet, sieur d’Aubigny,
testa à Montbrison en 1411. Pendant près d’un siècle les possesseurs
d’Aubigny nous sont inconnus.
En 1500, nous le retrouvons entre les mains de noble Robinet Herme, qui en
sera possesseur jusqu’en 1530. Il appartenait à une vieille famille de Sury,
alliée aux Chirat. Sa fille Catherine épousa Etienne Taillefer, qui devint
ainsi sieur d’Aubigny (1530-1550). Etienne Taillefer testa le 17 mars 1545
et sa fille Claudine épousa Gabriel de Tréméolles, écuyer, seigneur de
Barges et Merlieu, puis d’Aubigny (1550-1590). Ni les Taillefer, ni les
Tréméolles n’habitèrent Aubigny, ils se contentèrent d’en percevoir le
revenu. Par le testament de Claudine Taillefer, le fief passa à la grande
famille de Chalancon. Gaspard de Chalancon, époux d’Anne de Rostaing, fille
de Pierre et petite-fille d’Antoine 1er de Rostaing, est seigneur d’Aubigny
en 1622. En 1650, cette même terre appartient à Christophe de Ransey de
Glestins (armes: D'azur au croissant d’argent), sieur de Chavanes, qui avait
peut-être épousé en premières noces une fille de Gaspard de Chalancon. C’est
sa veuve, Marguerite de la Garde, qui possède Aubigny en 1671 et c’est
d’elle ou de ses héritiers que Joseph Mathieu Henrys acquit cette seigneurie
en même temps, qu’à la date du 9 mai 1692, il rachetait de Ignace de la
Rochefoucauld, sieur de Sury, marquis de Rochebaron, la rente noble en toute
directe des bâtiments et maison d’Aubigny, prés et terres, moyennant la
somme de 15.000 livres. La famille Henrys, appelée aujourd’hui d’Aubigny,
sortait de la magistrature forézienne. André Henrys est notaire à Saint
Galmier de 1491 à 1505, plus tard Antoine Henrys est notaire à Néronde. Les
Henrys furent aussi capitaines-châtelains de la baronnie d’Ecotay, Antoine
Henrys remplit ces fonctions en 1615 et Claude Henrys, sans doute son fils,
en 1649. Claude Henrys (1525-1615) fut procureur du Roi en l’élection de
Montbrison et épousa Anne de la Veühe, puis Antoinette de la Grange, morte
en 1615. Claude Henrys eut trois enfants: Pierre; Claude, qui suit; Jean,
chanoine de N. D. de Montbrison.
Claude Henrys, le célèbre juriconsulte, épousa, en 1618, Toussainte du
Besset, dont: Joseph, qui suit; Vital, sieur du Crozet, anobli en 1678;
Claude; Jacques, sieur du Montet et Grézieu; Catherine, mariée, le 8 octobre
1658, à Michel Chappuis; Marie, religieuse; Anne; Marguerite; Claudine et
Gabrielle, ursulines. Joseph-Mathieu-Léonard Henrys, capitaine-châtelain de
Châtelneuf, seigneur de Chavassieu, puis d’Aubigny, épouse Marie-Anne
Grandon, morte le 18 mars 1728, dont: Joseph- Léonard Claude Henrys, marquis
d’Aubigny, seigneur de Chavassieu et Mérignieu, 1er gentilhomme du prince de
Conti. Il mourut en 1740, ayant épousé, en 1722, Jeanne de Va renne de
Boisgiraud d'Augerand, dont: Joseph-François, marquis d’Aubigny, né en 1724,
qui écrivit avec son sang, son testament sur le champ de bataille;
Jean-Baptiste, qui suit; Marie-Anne et Françoise-Antoinette. Jean-Baptiste
Henrys, marquis d’Aubigny, il rendit hommage le 9 août 1753, marié, en 1759,
à Ursule Bridet des Myards. Il rebâtit Aubigny, plus tard brûlé en partie au
moment de la Révolution. Père de quatre enfants dont Philippe, né en 1760,
mort jeune; Gabriel Oswald, qui suit; Louise-Jeanne (1764-1837), mariée à
Abraham-Marie, comte de Damas du Rousset; et Marguerite-Jeanne-Pierrette
(1766-1839), mariée, en 1796, à Claude-Louis Fropier. Gabriel-Oswald Henrys,
marquis d’Aubigny (15 juin 1767-5 octobre 1825), épousa, le 25 septembre
1805, Marie-Henriette Mogniat de Lécluse, dont: Oswald (1807-1848);
Hector-Casimir, qui suit; Gaston-Antoine, comte d’Aubigny (7 juillet 1816-18
juillet 1888) épousa, le 3 février 1845, Geneviève-Joséphine Nelly de Rey
naud de Villeverd.
De ce mariage naquirent Raymond-Marie-Armand (6 mars 1846-27 février 1882);
Paul-Joseph-Casimir, né le 7 décembre 1847; Amaury-Louis-Marie né le 30
novembre 1850, marié, le 22 septembre 1885, à Gabrielle-Marie-Louise Goury
dont Joseph, 27 novembre 1889; Anne-Marie, 19 août 1886; Anne, 4 mai 1888;
Henry-Oswald Marie-Joseph, 3 octobre 1855, marié, le 30 juin 1891, à
Anna-Gérardina de Kuyper, dont Gérard, 25 octobre 1892; Antoinette, 15
juillet 1894; Henriette, 21 décembre 1900; Ennemond-Marie-Joseph (3 octobre
1868-30 janvier 1871); Louis Marie (15 septembre 1819-27 mars 1888), marié,
le 19 août 1848, à Adèle Claret de Fleurieu; puis en secondes noces le 27
septembre 1856, à Blanche-Jeanne-Marie Goupil de Beauval, dont
Ferdinand-Louis, 1860, marié, le 15 juin 1886, à Louise-Alix de Ranst de
Berchem de Saint-Brisson, dont Emmanuel, 25 juillet 1894; Oswald, 1er
novembre 1898; Elisabeth, 10 octobre 1891; Alix, octobre 1902. Roger-Pierre,
1863, marié, le 22 juin 1889, à Marie-Louise Claret de Fleurieu, dont Louis,
1891; Edouard, 1899; Viva, 1890, mariée, le 19 octobre 1912, au comte de
Chaumiels de Lacoste; Blanche, 1893; Marguerite, 1894; Henriette, 1895;
Chantal, 1896; et Odette, 1902. Hector-Casimir Henrys, marquis d’Aubigny
(1809-5 avril 1874), marié, le 10 janvier 1838, à Joséphine-Louise, comtesse
de Sayn-Wittgenstein-Berlebourg, dont Edgar-Marie-Antoine (1841-15 avril
1910), marié, le 16 octobre 1873, à Alice-Marie Nathalie de Witte;
Ludovic-Jules, qui suit; Mathilde-Marie-Caroline 27 janvier 1839, mariée le
6 novembre 1858, à Henri-Charles-Marie de Séguin-Pazzis. Ludovic-Jules
Henrys, marquis d’Aubigny, né le 1er mars 1842, ministre plénipotentiaire,
marié le 17 septembre 1878, à Euphrasie-Marie Guyenema. Les armes des Henrys
sont d’azur au griffon d’or, rampant à dexte d’une tige de trois épis de blé
d’or, feuillée du même et posée en pal. Ils ont écartelé à une époque
récente des armes des Henrys du Lyonnais: d’argent au cœur de gueules chargé
du nom de Jésus d’or à l’antique, au chef d’azur chargé d’un lion passant
d’argent, lampassé et armé de sable. En 1888, le marquis d’Aubigny a vendu
la terre dont il porte le nom. Aubigny appartenait au début du XXe siècle à
M. Vallat, de Saint-Etienne, marié à Mademoiselle Combier. (1)
château d'Aubigny 42450 Sury-le-Comtal, propriété privée, ne se visite pas.
Ce site recense tous les châteaux de France, si vous possédez des documents
concernant ce château (architecture, historique, photos) ou si vous
constatez une erreur, contactez nous. Propriétaire de cet édifice, vous
pouvez enrichir notre base de données en nous adressant des photos pour
illustrer cette page, merci.
A voir sur cette page "châteaux
de la Loire" tous les châteaux répertoriés à ce jour
dans ce département. |
|