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A courte distance de la gare de Villars, sur le bord de
la voie ferrée, on remarque à son allure antique et à ses tourelles
récemment restaurées, le petit château de Curnieu. De forme rectangulaire,
il est flanqué à l’une de ses extrémités, d’une tour qui renferme un vaste
escalier à vis, auquel on accède par une porte ornée de moulures élégantes
et surmontée de l’écusson des Mathevon de Curnieu. Les grandes fenêtres qui
avaient perdu leurs meneaux de pierre ont retrouvé leur air des anciens
jours. Un toit très plat, au forget saillant, couronne heureusement le
bâtiment principal que domine la tourelle d’escalier et auquel on a ajouté
récemment une petite tourelle dont la flèche élancée s’harmonise à merveille
avec l’ensemble des constructions. Les pierres ont revêtu une belle couleur
dorée. Le mur extérieur qui domine la voie du chemin du chemin de fer a un
léger fruit à la base, qui donne une impression de force et de solidité.
L’intérieur du château a été bien malmené, néanmoins on admire encore une
grande cheminée dans l’ancienne cuisine, et de vastes caves voûtées. A
l’angle du mur du jardin, une tour circulaire très élancée se dresse et
complète à merveille la physionomie de cette ancienne demeure, qui paraît
remonter au XVIe siècle. Il y avait cependant un château plus ancien, car le
23 septembre 1338 Poncet de Curnieu rend foi et hommage au comte de Forez
pour tout ce qu’il possède dans la châtellenie de la Tour-en-Jarez. Le fief
de Curnieu comprenait maison, jardin, cour patural et prés en la paroisse de
Villars, rente noble de même nom et rentes nobles de Reveux, Martinat,
Saint-Julien, Combes, la Garde, Jon zieux, Feugerolles, Sainte-Agathe et la
Bessée. Les de Curnieu étaient aussi seigneurs de Saint-Romain-Lachalm.
En 1287, Colomb de Curnieu est curé de Saint-Etienne. En 1363, Artaud de
Curnieu vendit à André de Mézères, au prix de 300 florins d’or, toutes les
redevances qui se percevaient dans le château bas de Dunières et dont il
avait hérité de Hugues Le Raton, chevalier, autrefois maître de la
seigneurie de Saint-Romain. François Dalmais, déjà seigneur de Curnieu, le 9
août 1499, acquit ce fief et toutes ses dépendances par contrats des 20 juin
1513, 28 mars 1538, 28 mai 1544, 25 juin 1559, 17 juillet 1574, et 18 juin
1575. Jean Dalmais, son fils, est qualifié seigneur de Curnieu dans un
terrier du 19 mars 1542. Le 23 avril 1613, Benoît de Pommey, seigneur de
Rochefort, trésorier de France, sur le vu de ces contrats et d’une foi et
hommage prêtée au seigneur de Saint-Priest, en 1279, par les prédécesseurs
du seigneur de Curnieu, fit main levée à Pierre Dalmais, seigneur de Curnieu,
de la saisie faite sur sa seigneurie à la requête du procureur du Roi. Les
armes des Dalmais sont d’azur au chevron d’or accompagné en chef de deux
étoiles du même et en pointe d’un croissant d’argent; au chef cousu de
gueules, chargé de deux roses d’argent tigées du même. En 1670, Jean
Mathevon, avocat, juge de Valbenoîte, capitaine-châtelain du marquisat de
Saint-Priest, valet de chambre de la Duchesse d’Orléans, châtelain de la
terre et baronnie de Feugerolles, Roche-la-Molière, Saint-Just-les-Velay,
vend à Hilaire de Saint-Priest de Fontanès, veuve de Pierre Dalmais, écuyer,
seigneur de Curnieu, un pré de 32 métairies, près de Curnieu, moyennant
1.200 livres. La même année il s’intitule seigneur de Curnieu. Il était fils
d’Antoine et d’Anne Cozon de Bayard, petit-fils de Laurent et de Jeanne
Javelle, arrière petit-fils de Benoît et de Jeanne Martin.
Benoît était fils de Pierre et d’Agathe Dixmes (mariés le 2 décembre 1584),
petit-fils de Mathieu, lui-même fils de Pierre et petit-fils d’André
Mathevon, qui légua en 1432 à l'église de Villars "10 écus pesant chacun 3
deniers". Le nouveau seigneur de Curnieu, anobli par Lettres Patentes de
1696, était né le 19 décembre 1629 et mourut avant 1705. Le 17 juin 1651, il
épousa Jeanne de Pléney, dont Louis, qui suit; 2Pierre, juge à Saint
Etienne; 3° Antoinette, mariée en 1674 à Pierre-François de Peysonneaux.
Louis Mathevon de Curnieu, seigneur de Curnieu, docteur ès droits,
capitaine-châtelain de Valbenoîte, puis de Saint-Etienne et marquisat de
Saint-Priest, était né le 1er octobre 1657 et testa le 5 juin 1728. En 1698,
il acquit les rentes nobles de la Garde, Sainte-Agathe, Jonzieu, les Combes,
pour 5.215 livres. Le 15 octobre 1681, il épousa Claire de Colomb, dont
Jean-Baptiste, qui suit; Claude, mort en 1707, à 21 ans; 3° Claude-François,
mort en 1724; 4° Madeleine; 5° Agathe; 6° et 7° Thérèse et Antoinette,
religieuses à Sainte-Catherine; 8° et 9° Jeanne et Marthe, religieuses à
Joursey. Jean-Baptiste Mathevon de Curnieu, seigneur de Curnieu, avocat en
Parlement, juge de Saint-Etienne et marquisat de Saint-Priest, conseiller du
Roi, élu en l’Election de Saint-Etienne, (24 octobre 1688-11 mars 1743),
épousa, le 20 novembre 1725, Marie Vincent, dont Louis-Etienne, seigneur de
Curnieu, châtelain de Saint-Etienne et marquisat de Saint-Priest, né en
1733, marié le 12 septembre 1765 à Madeleine Palluat de Besset, sans
postérité; 2° Jean-Louis, seigneur de Curnieu et Sainte-Agathe, capitaine,
com mandant dans le Régiment de Beauce-Infanterie, chevalier de Saint-Louis,
né le 28 mai 1740; 3° Antoine, qui suit; Madeleine (25 mars 1731), mariée en
1754 à Pierre-André Thiollière.
Antoine Mathevon de Curnieu (22 mars 1741-7 mai 1807), auteur de poèmes
latins édités en 1818, sous le titre de "Lyrici Lusus". Il épousa à
Lisbonne, en février 1769, Marie-Jacquine Fleing, dont
Marie-Louise-Antoinette (25 mai 1772), mariée à M. Diogo Dittmer; 2°
Marianne-Thérèse (3 mai 1773), mariée à Jean-Baptiste Praire; 3°
Jean-Antoine-François (1775-1851), célibataire; 4° Jean Louis, qui suit.
Jean-Louis Mathevon de Curnieu, baron de l’Empire, chevalier de la Légion
d’honneur, colonel du 12e Régiment de Cuirassiers, né à Lisbonne le 29
juillet 1776, mort prisonnier de guerre à Witepsk, en Russie, le 2 février
1813, son cœur est dans l’église de Villars. Il épousa à Paris, par contrat
signé de l’Empereur et de la famille impériale, le 29 janvier 1810,
Adèle-Françoise Le Lièvre de la Grange, dame du palais de la reine de
Naples, fille de François-Joseph Le Lièvre, marquis de la Grange et de
Fourilles, lieutenant général des armées du Roi, commandeur de Saint-Louis,
et d’Angélique-Adélaïde Méliand, dont un fils unique:
Louis-Charles-Adélaïde-Henry Mathevon, baron de Curnieu, chevalier de la
Légion d’honneur, capitaine d’Etat-major, né à Celle (Westphalie) le 5
novembre 1810, mort au château de Beaurepaire, le 30 novembre 1871; auteur
de nombreux travaux sur l’élevage, il a laissé de plus un ouvrage
remarquable intitulé: "Leçons de Science hippique générale". Il épousa le 20
février 1837 Marie Thérèse O’Connor, fille de Valentin et de Monica Henchy,
dont une fille, Honoria Emilie Caroline, née à Neuilly le 22 décembre 1837,
morte à Paris, et la dernière de sa maison, le 11 avril 1887. Le 29 juillet
1861, elle avait épousé, au château de la Grange, Mathieu-Pierre-Etienne,
comte de Luppé, chevalier de la Légion d’honneur, fils de
Pierre-Charles-Joseph-Gaston, marquis de Luppé, chevalier de la Légion
d’honneur, et de Louise-Charlotte-Armandine d’Angosse. Les armes des
Mathevon de Curnieu sont d'azur au lion couronné d’or; au chef de gueules.
Mais le blason conféré au baron de l’Empire se lit d’azur au lion d’or,
adextré d’une étoile d’argent posée en chef; au comble de gueules, franc
quartier des barons tirés de l’armée, brochant au neuvième de l’écu. (1)
château de Curnieu 42330 Villars, propriété privée, ne se visite pas,
visible de la rue.
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