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Le château du Chesnoy est situé sur le domaine
appelé troisième Chenois. Nicolas Crocquet de Belligny en est devenu
propriétaire, le 11 décembre 1769, par acte notarié passé à Paris auprès de
Maître Amable Toussaint Delarue, notaire à l’Etude I, rue Poissonnière à
Paris. Il l’avait acquis auprès de Charles Davy de la Pailleterie,
gentilhomme normand du Pays de Caux, l’un des ancêtres d'Alexandre Dumas: le
père du romancier est en effet le dernier des Davy, marquis de La
Pailleterie, qui étaient propriétaires du château de Bielleville-en-Caux.
L’acte notarié donne une description précise du château en 1769 qui consiste
"en un grand corps de logis entre cour et jardin, flanqué de deux pavillons
parallèles, cour en demi-lune, dans laquelle sont des remises, bûcher et
grenier au-dessus, une grande grange en retour, écurie, logement de
domestiques, magasin, fournil, grande écurie, grenier au-dessus, verger au
bout duquel est une cave voûtée, cellier au-dessus et grenier, jardin dans
lequel il y a deux viviers, le tout clos de murs, formant avec la cour trois
arpents ou environ, au quartier Saint-Firmin, paroisse d'Amilly, etc., par
Charles Davy, marquis de La Pailleterie, et Marie Anne Tuffé, sa femme,...
(montant de la transaction: 50500 livres et droits divers)". Le domaine du
Chenois, d’une superficie de plus de 73 hectares, sur lequel est situé le
château du Chesnoy a, des années plus tard, appartenu à Madame Hyacinthes
Merles qui l’a revendu, le 29 septembre 1860, à Jeanne Marie Roux-Fedry;
grâce au legs des époux Roux-Fédry (1822-1898), la ville de Montargis en est
devenue propriétaire et y a créé, au nom de l’État, le 17 novembre 1886, une
école pratique d’agriculture. L’imposant bâtiment aux ouvertures ourlées de
brique date de cette époque. Aujourd’hui, le lycée Le Chesnoy-Les-Barres est
l’un des fleurons de l’enseignement agricole et l’un des plus grands
établissements de ce type en France. Le propriétaire actuel est la Région
Centre Val de Loire. Le château a été réaménagé à la fin du XIXe siècle pour
recevoir la direction de l'établissement scolaire. Il est situé dans
l’enceinte actuelle du Lycée agricole et jouxte les bâtiments scolaires.
Nicolas Crocquet de Belligny est né le 17 février 1718 à Saint Pierre le
Fort à la Martinique et y est décédé, le 7 juin 1800. Il appartenait à une
famille qui possédait de nombreuses exploitations sucrières aux Antilles
tant à La Martinique qu’à la Dominique. Son père Pierre Crocquet, Chevalier
de l’Ordre de Saint Louis, fut anobli le 9 novembre 1777, pour la "qualité
de ses services militaires ainsi que pour sa contribution au développement
de l’agriculture à la Martinique"; cet anoblissement a été étendu à tous ses
enfants et postérité, tant mâles que femelles, nés et à naître en légitime
mariage, etc... Les armoiries de la famille Crocquet furent réglées par
Antoine Marie D’Hozier de Sérigny, juge d’armes de la noblesse de France
comme suit: "Nous, en vertu de la clause dénoncée dans lesdites Lettres (de
noblesse) qui permet au dit Sr Pierre Crocquet et à ses enfants, postérité,
et descendants, de porter des armoiries Timbrées, ..., avons réglé pour ses
armoiries un Ecu d’azur à deux épées d’argent passées en sautoir, ayant
leurs gardes et poignées d’or, surmontées d’un soleil de même accosté de
deux étoiles aussi d’argent: le dit Ecu timbré d’un casque de profil orné de
ses Lambrequins d’or, d’azur et d’argent." Nicolas Crocquet de Belligny a
été premier capitaine commandant du quartier du Roseau à la Dominique, en
1754, puis fut nommé Conseiller au Conseil Supérieur de la Dominique en
1779. Il retourna vivre à la Martinique en 1783 lorsque la Dominique
redevint britannique. En juillet 1789, il fut conseiller assesseur au
Conseil Supérieur de la Martinique et fut élu député suppléant de cette île
aux Etats Généraux de 1789 mais il n’eut pas l’occasion de siéger. Nicolas
Crocquet de Belligny épousa, le 23 juillet 1742 à Saint Pierre de la
Martinique, Marie Catherine La Verge La Feuillet; ensemble, ils eurent 12
enfants dont deux se marièrent à Amilly: la première, Marie Louise Dorothée
Crocquet de Belligny qui a épousé, le 1er février 1772 à la paroisse
d’Amilly, Paul Augustin Save Dougny, chevalier, seigneur d'Ougny, ancien
chevau-léger. Un contrat de mariage entre les futurs époux avait été, au
préalable, "dressé au château du Chenoy, paroisse d'Amilly, province du
Gâtinais, chez Mr Crocquet de Belligny, écuyer, contrôleur ordinaire des
guerres, seigneur du Chenoy", le 25 janvier 1772, devant Me François Claude
Prévost (étude XX, place des Victoires à Paris). Ce contrat de mariage
indique que la dot de la future est de 80 000 livres et que le futur apporte
sa terre d’Ougny et ses dépendances, plus 50 000 livres. La seconde,
Catherine Rose Crocquet de Belligny qui a épousé, le 7 septembre 1772 à la
paroisse d’Amilly, Antoine Philibert de Chavanne, écuyer, lieutenant général
au baillage de Roanne. Les 10 autres enfants sont Pierre Nicolas Crocquet de
Belligny, Adrien Louis Crocquet de Beaubois, Jean-François Crocquet
Deshauteurs, Joseph Alexandre Crocquet Le Grand, François Marie Crocquet de
Neuilly, Marie-Michel Crocquet de l’Illet, Marie-Thérèse Louise Crocquet de
Belligny, Fortunée Crocquet de Belligny, Paul Crocquet de Montreuil et Marie
Nicolas Crocquet de Mondésir. (1)
château du Chesnoy 45200 Amilly, tel. 02 38 89 80 00, lycée Agricole.
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