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Le château d’Alosse, sur la commune de
Marcilly-en-Villette, est un exemple de ces châteaux solognots construits au
XVIe siècle puis remaniés au XIXe siècle. La demeure se compose,
actuellement, de quatre corps de bâtiments qui offrent un plan massé et
régulier: un corps central rectangulaire flanqué de deux pavillons carrés
qui ne sont pas placés dans l’alignement de ce dernier mais désaxés vers le
nord de telle façon qu’ils sont en retrait de la façade sud et en ressaut de
l’autre côté. L’ensemble est ponctué de quatre tourelles dont deux sont en
surplomb sur la façade septentrionale de part et d’autre des pavillons; les
deux autres, montant de fond, marquent la jonction du corps central et des
pavillons sur la façade opposée. La moitié occidentale est la seule à être
flanquée d’une tour carrée, placée en retrait des deux façades, ce qui vient
interrompre une symétrie parfaite. Cette bâtisse est construite en moellon
recouvert d’un parement de briques décrivant des losanges réguliers formés
de briques vernissées noires, ce qui incarne un motif très caractéristique
de la Sologne. La brique se trouve interrompue par l’emploi de la pierre de
taille pour les chaînages d’angle, les soubassements, baies, corniches,
perrons et balustres ainsi que par le bandeau horizontal qui marque, sur la
façade sud, la délimitation entre le rez-de-chaussée et le premier étage. De
hautes toitures d’ardoises viennent couronner le tout; chaque corps de
bâtiment ayant la sienne, ce qui anime fortement l’ensemble. La propriété
est également constituée d’une chapelle, d’un pavillon de gardien et de
communs. Un peu plus de la moitié occidentale du château, incluant les deux
tiers du corps central et le pavillon carré qui le flanque à l’ouest,
représente manifestement la partie la plus ancienne. Cette déduction
s'impose aux vues du changement d'appareillage des briques à l’est du perron
de la façade nord, ce que vient corroborer la distribution du sous-sol où un
mur porteur figure à l’aplomb de ce changement et correspond à l’ancien mur
pignon.
Cette habitation avait alors la modestie d’un petit manoir et remonte
certainement aux années 1540-1560 bien que les documents, tant manuscrits
qu’iconographiques, n’en fassent pas état avant la fin du XVIIIe siècle. En
effet, les lucarnes de la partie la plus ancienne ne sont pas sans rappeler
celles de l’hôtel Groslot d'Orléans de même que l'escalier en vis dans œuvre
très soigné, qui occupe l’angle sud-ouest du corps central, présente des
similitudes avec celui du château de La Morinière. Au regard d’une aquarelle
de la fin du XVIIIe siècle et d’une lithographie de Charles Pensée, il
semblerait que ce petit château ait conservé la même apparence pendant
quasiment trois siècles. Il n’aura fallu que deux hommes et six fois moins
de temps pour repenser le tout et en faire un château de plan massé et
régulier où tout relève de la symétrie. Les transformations ont été amorcées
en 1831 par Étienne de Mainville avec le comblement des douves et un début
d’agrandissement du château ancien. Vingt ans plus tard, la propriété est
vendue au baron d’Ailly, fils de Pierre Robert Bourlier d’Ailly,
mousquetaire du roi, chevalier de la Légion d’honneur et anobli par lettre
patente en 1820, le précédent propriétaire ayant préféré se faire construire
une nouvelle résidence sur une autre de ses terres (le château de
Cerf-Bois). D’après l’inscription encore visible sculptée sur une des
consoles du pavillon nord-ouest, les travaux furent rapidement lancés. En
effet, il est mentionné qu’en 1855 le baron Gabriel d’Ailly et Louise
Augustine Isabelle de Tavernost, mariés au château, ont restauré et agrandi
Alosse. Bien que la lisibilité des dernières lignes soit délicate, il
semblerait qu’il faille déchiffrer le nom d’un architecte lyonnais, un
certain Alexandre. Ces travaux se poursuivent jusqu’en 1887 comme l’atteste
l'inscription sculptée au-dessus de la porte du perron de la façade nord;
une dédicace sur laquelle vient s’accrocher un cartouche à enroulement en
guise de signature. Ce cartouche est orné d’un blason mêlant les armoiries
des familles paternelle (d’Ailly) et maternelle (Puy de Rony) du baron. Afin
de mener à bien tous ces travaux, Alosse s’est doté, au milieu du XIXe
siècle, d’une briqueterie dont l’usage n’était pour autant pas exclusivement
réservé au château. Parmi les transformations les plus significatives,
précisons que le baron d’Ailly inverse le rôle des façades faisant la
principale côté sud, il agrandit, pour ne pas dire qu’il double, la demeure
existante en ajoutant une travée au corps central ainsi qu’un pavillon
faisant le pendant de celui qui était déjà en place, et il met en valeur la
travée centrale grâce à un perron monumental que l’on retrouve sur les deux
façades avec, dans les deux cas, les armoiries familiales surmontant les
deux entrées. Les bâtiments de l’ancienne basse-cour sont transformés en
communs, le cours du Bourillon est élargi afin d'aménager une pièce d’eau
devant la nouvelle façade principale, un pavillon de gardien est construit
ainsi qu’une chapelle, en 1861, dans un style romano-byzantin. Même si le
petit édifice asymétrique de la Renaissance a disparu au profit d’un château
plus imposant, dominant une vaste pièce d’eau et privé de ses douves et
jardins, le nouveau château d’Alosse très harmonieux, d’une régularité
quasiment parfaite, parvient à conserver un charme certain. (1)
château d'Alosse 45240 Marcilly-en-Villette, propriété privée, ne se
visite pas.
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