|
Le château de
Lalande est lié, dès l'origine semble-t-il, à celui du Boulvé et à un
lignage connu sous le nom de Séguier ou de la Siquayrie. Il est très
vraisemblable que les Séguier du Boulvé aient été les descendants d'une
famille de Gascogne connue au XIe siècle sous le nom de Lalande. Le
cartulaire de Moissac a enregistré des mentions de ces lignages dès le
milieu du XIe siècle. Le lieu-dit Lalande évoqué dans le nom de ce lignage
est sans doute celui qui se situe près de Valence-d'Agen, dans la vallée de
la Barguelonne. Sans doute les Lalande, chez qui le prénom Ségui est
récurrent, étaient-ils étroitement apparentés aux Boulvé, eux-mêmes liés
apparemment aux Durfort, présents également au milieu du XIe siècle à la
fois dans la région de Bélaye et dans les environs de Moissac. La récurrence
significative du prénom Séguy expliquerait le nom du lignage des Séguier
dont le fief de Lalande près du Boulvé serait né du transfert toponymique du
Lalande de la basse plaine garonnaise. Parmi les membres les plus notables
de la famille de Séguier, il convient de noter Guillaume Séguier, coseigneur
de Bélaye, présent à Avignon en 1325 aux côtés du cardinal Arnaud de Via et,
surtout, Pierre Séguier qui fut évêque d'Elne, fondateur d'une chapelle dans
la nouvelle église de Bélaye édifiée après 1353. Chacun des deux pourrait
avoir joué un rôle dans l'édification du repaire de Lalande, qu'une
canonnière archaïque permettrait de situer à la fin du XIVe siècle ou dans
la première moitié du XVe. Vers 1340, Jeanne de la Siquayrie transmit à son
mari, Bernard d'Orgueil, les repaires du Boulvé et de Lalande mais, en 1401,
leur héritier, Bertrand d'Orgueil, dans un hommage fait à l'évêque de
Cahors, notait que ses terres étaient encore au pouvoir des "Anglais". Le
château passe ensuite par alliance aux Montaigu. Le logis a été en grande
partie reconstruit dans la seconde moitié du XVIe siècle.
Les vestiges de l'ancien repaire sont aujourd'hui morcelés sur plusieurs
parcelles qui constituent le noyau du hameau de Lalande. Quatre ensembles de
bâtiments peuvent donc être individualisés parmi les vestiges encore
identifiables. D'autres se dissimulent très vraisemblablement derrière les
enduits des nombreux bâtiments modernisés qui sont actuellement implantés
dans le périmètre du site. L'ensemble esquisse un polygone dans les contours
duquel on croit percevoir les traces d'un site terrassé d'une cinquantaine
de mètres de diamètre. Les constructions médiévales dessinent deux espaces
adjacents suggérant une partition de l'ensemble en deux unités attenantes. A
une quinzaine de mètres au sud de la demeure reconnue aujourd'hui comme le
"château de Lalande", un bâtiment rectangulaire massé pourrait correspondre
à une ancienne tour féodale, autrement dit un donjon. Cinq mètres en
arrière, les communs du château actuel renferment les traces d'une salle et
de murs médiévaux qui appartiennent à un second logis et ceux d'un mur
d'enceinte qui le réunissait probablement au premier logis. Un peu plus au
sud encore, une courtine imposante, épaulée par un contrefort, est flanqué
sur son front nord d'un pavillon habitable.
L'actuel "château de Lalande" est un long bâtiment rectangulaire, flanqué à
son angle nord-est par une tour ronde et, sur sa face nord, par une seconde
tour de plus faible diamètre. Il comporte un niveau de soubassement voûté en
berceau plein-cintre et éclairé par quatre jours rectangulaires au nord, qui
peut être attribué dans son ensemble à l'époque médiévale ; on y accédait
par un large escalier droit accolé à l'élévation sud, côté cour. Deux portes
donnent accès au niveau de soubassement des tours : celui de la tour
nord-est est couvert d'une coupole aplatie et il était équipé d'une
canonnière battant le flanc oriental de l'édifice. Les étages résultent pour
l'essentiel de la reconstruction du XVIe siècle : ils conservent une
demi-croisée et des cheminées de la Renaissance. Au premier étage de la tour
nord-est ont été ménagées des bouches à feu à fente verticale.
De ce qui était peut-être une tour médiévale, seules deux élévations
extérieures ont pu être observées. Il s'agissait d'une construction de 7,80
m sur 9,60 m, qui ne comporte plus aujourd'hui qu'un étage. Un important
massif de maçonnerie, rampant, accolé à la base de l'élévation est, a pu
porter un escalier. Au centre du site, des structures médiévales aujourd'hui
partagées entre plusieurs bâtiments paraissent résulter du morcellement d'un
bâtiment originel unique, que la présence de cheminées et de fenêtres
permettent d'identifier comme un ancien logis. L'ensemble totalisait une
vingtaine de mètres de longueur pour une largeur variable de 5 à 8,50 m
environ et se composait de plusieurs volumes inégaux, dont certains ne sont
plus qu'à peine reconnaissables. Ils comportaient des parties habitables à
en juger par la présence de cheminées, de placards et d'une fenêtre à
remplage trilobé. Ce bâtiment central était solidaire d'un mur d'enceinte,
épais d'1,30 m environ, enfermant un espace quadrangulaire d'une vingtaine
de mètres de côté au moins. Le front ouest de l'enceinte, le mieux conservé,
présente sur l'extérieur un épais contrefort qui portait peut-être une
échauguette. Sur la face intérieure de la courtine, un grand arc rampant
indique l'emplacement d'un escalier, permettant sans doute d'accéder au
chemin de ronde. A l'est, un mur épais d'1,05 m a pu faire partie de
l'enceinte qui a en revanche entièrement disparu côté sud. (1)
château de Lalande 46140 Bélaye, propriété privée, ne se visite pas. Son
propriétaire actuel s'est efforcé avec succès de redonner au bâtiment,
longtemps abandonné, son allure noble d'antan...
Ce site recense tous les châteaux de France, si vous possédez des documents
concernant ce château (architecture, historique, photos) ou si vous
constatez une erreur, contactez nous. Propriétaire de cet édifice, vous
pouvez enrichir notre base de données en nous adressant des photos pour
illustrer cette page, merci.
A voir sur cette page "châteaux
du Lot" tous les châteaux répertoriés à ce jour dans
ce département. |
|