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Le château dit "du Bastit" ou de "Taillefer" constitue l'une des pièces
maîtresses du patrimoine castral médiéval du Lot. Paradoxalement, l'édifice
et le lieu n'ont laissé que très peu de traces dans la documentation. Selon
Jacques Juillet (1975), Taillefer aurait fait partie au début du XIVe siècle
(1315), des possessions de la commanderie des templiers du Bastit du Causse
(de Gramat). L'auteur admet que l'origine de l'édifice reste énigmatique et
émet l'hypothèse qu'il pourrait résulter d'une donation des seigneurs de
Loubressac (vers 1151) ou de ceux de Miers. Le rebord de falaise sur lequel
le château fut édifié aurait été connu sous le nom de Roc de Saint Lazare,
ce qui le conduit à supposer la présence d'une ancienne léproserie, et
expliquerait la présence d'un ancien bassin récemment détruit, au revers de
la porte d'entrée, à droite (gassin des ladres). Pendant les guerres de
Religion, la forteresse fut investie par les troupes protestantes de
Bessonies et Duras. Les religieuses présentes dans les lieux furent, d’après
la mémoire collective, attachées dans des sacs avec des chats et précipitées
dans le vide. Une chapelle dédiée à Notre-Dame était, semble-t-il, attenante
au château. L'appellation de "château de Taillefer", communément utilisée
pour désigner l'édifice, est en réalité celui d'une ancienne famille
bourgeoise de Martel qui aurait donné son nom à un hameau (ancienne borie)
situé sur le flanc ouest du site. L'utilisation abusive de ce toponyme pour
désigner le château résulterait d'une confusion avec un autre château
(disparu ?) qui dominait la Dordogne au-dessus de Gluges (commune de Martel)
et que Champeval mentionne sous le nom de Taillefer. La carte IGN et les
plans cadastraux mentionnent le lieu-dit sous le nom du Bastit, toponyme qui
paraît renvoyer à celui de la commanderie des templiers du même nom,
implantée au sud ouest de Gramat, à laquelle le château est supposé avoir
appartenu. Les ruines conservées peuvent remonter au XIIIe siècle.
Les ruines du Bastit occupent l'extrémité d'un éperon dont la corniche
rocheuse domine la vallée de la Dordogne à l'est de Gintrac (rive sud). On
accédait au château par une rampe creusée dans la roche, qui constituait un
fossé sec le protégeant au sud, du côté du plateau. Les vestiges de
l'édifice permettent de restituer un vaste corps de logis rectangulaire,
accosté à l'est et à l'ouest de deux bâtiments secondaires en "bas-côtés",
ou bien de cours étroites. Sur le front sud, l'élévation du logis se
présente comme un épais mur-bouclier, épaissi à son angle oriental par un
massif de maçonnerie en éperon qui flanquait l'accès principal dont
subsistent la trace de l'arc et les tableaux. Le rez-de-chaussée est divisé
par un mur de refend transversal. La pièce nord était équipée d'une
cheminée, à hotte pyramidale portée par un cadre de bois, et d'un évier qui
permettraient d'y reconnaître une cuisine, d'un placard et d'une niche qui
pouvait correspondre à un deuxième évier ou à une archère; l'élévation
orientale conserve, près de l'angle nord-est, une petite baie en lancette
couverte d'un linteau échancré en arc brisé, voisine d'une grande fenêtre
dont ne subsiste que le départ. Une porte ménagée dans le mur de refend, et
qui était équipée d'une barre de fermeture, donnait sur la pièce sud où il
était possible de s'enfermer. Cette pièce, un peu moins grande, disposait de
deux autres portes, également munies de barres, l'une à l'est, l'autre à
l'ouest. Son élévation sud est constituée par le mur-bouclier d'une
épaisseur considérable (plus de deux mètres), en fait évidé par une
importante cavité voûtée en berceau, silo, citerne ou fosse de latrines, qui
n'était accessible que par une trappe depuis la grande niche d'archère de
l'étage. A l'étage, la grande niche qui dessert l'archère cruciforme,
dépourvue d'empattement, est couverte d'un berceau brisé et son sol se
trouve à une quarantaine de centimètres au-dessus de celui de la salle sur
laquelle elle n'ouvrait que par une porte à feuillure extérieure. À sa
droite, une porte semblable ouvre sur une niche étroite desservant une
seconde archère semblable à la première. La grande salle de l'étage était
équipée d'une cheminée, appliquée au mur nord et superposée à la cheminée du
rez-de-chaussée: elle à conservé les chapiteaux de ses piédroits et une
partie de ses tablettes latérales. De part et d'autre apparaissent les
vestiges d'une baie couverte d'un arc brisé et ceux d'un couloir de latrines
en chicane. Les élévations latérales montrent les vestiges d'une porte
contre l'angle sud-est, près du portail d'entrée du rez-de-chaussée, et à
l'ouest ceux d'un tableau appartenant peut-être à une fenêtre et d'une fente
de jour à appui à gradins. (1)
château de Taillefer 46130 Gintrac, ruines surplombant la vallée de la
Dordogne, visite des extérieurs.
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