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Dominant la vallée du Lendou, situé au cœur
du Quercy Blanc, le château de Ramps était peut-être, à l’origine, une
"villa romaine" (c’est-à-dire une grande ferme d’exploitation avec maison de
maître), eu égard aux vestiges du site: tuiles à croches, tessons de
mosaïques, cimetière gallo-romain... Un repaire a sans doute précédé le
château médiéval. Dès le XIIe siècle, il est fait mention des seigneurs de
Ramps. En 1176, Guillaume de Lolmie, seigneur de Ramps, signe une charte à
Montcuq. En 1255, Dame Ginette de Ramps apparaît dans le registre du Grand
Inventaire de Castelnau. Car les terres font partie de la vaste baronnie des
Castelnau-Montratier. Au XVIe siècle, Jean-Jacques de Lolmie, alors seigneur
des lieux, se convertit au protestantisme, comme seront nombreux à le faire
les nobles du Quercy. Sa demeure va devenir le point de ralliement du parti
huguenot dans le bas Quercy. En 1579, ainsi que l’atteste une pierre
conservée dans les murs, Jean-Jacques de Lolmie renforce la défense de son
château. À la tête d’une troupe nombreuse, il va mener alentour une guérilla
tenace. En 1587, Ramps est la dernière place forte détenue par les
protestants dans la région. Son seigneur, qui a combattu au côté d’Henri de
Navarre, trouve la mort cette année-là, probablement à la bataille de
Coutras. Sur ordre du roi, le maréchal de Matignon, alors gouverneur de la
Guyenne, fait le siège de Ramps et s’en empare. Bien qu'ayant promis à la
veuve de Jean-Jacques de Lolmie de ne pas démolir la forteresse, en échange
de sa reddition, le maréchal est obligé de procéder à un démantèlement
partiel, les États du Quercy s’étant opposés à sa charitable décision. En
1588, l'étage supérieur de la demeure et le donJon sont arasés.
Au début du XVIIe siècle, Ramps, qui est devenu la propriété de la famille
d’Astorg de Laussac, sera reconstruit tel qu’on peut l’admirer de nos jours.
En 1668, les d’Astorg vendent le château avec droit de retour aux chanoines
Réguliers de Cahors. En 1779, ceux-ci seront dépossédés de leur acquisition
après un procès devant le parlement de Toulouse. Les d’Astorg récupèrent
leur bien et traversent l’époque tourmentée de la Révolution sans dommage.
Ils portaient "D'or, au faucon au vol plié; au chef d'azur, chargé d'un
croissant d’or montant, accosté de deux étoiles de même". En 1816,
descendante de la famille, Marie-Élisabeth de Foix, épouse au château,
Alexandre Clément, baron de Montaigu. La même année, la demeure est vendue.
Depuis lors, Ramps a connu différents propriétaires jusqu’à son rachat par
son hôte actuel, qui s’est attaché avec bonheur à faire revivre les vieux
murs du logis. Pendant la dernière guerre mondiale, le château servit de
refuge au maquis local. Le bâtiment que l’on peut voir aujourd’hui est donc
l’œuvre de reconstruction édifié au XVIIe siècle par les d’Astorg de
Laussac. Il est élevé à l’emplacement de l’ancienne forteresse, démolie
pendant les guerres de Religion. Seuls le puits et la tourelle d’angle en
encorbellement pourraient être des vestiges de la forteresse. La demeure,
d’allure sobre et dépouillée, consiste en un corps de logis rectangulaire à
deux niveaux, flanqué de trois bretèches d’angle, et d’une aile en retour
d’équerre, légèrement plus basse, cantonnée par l’échauguette en
encorbellement. Le grand escalier double qui menait, à l’extérieur, au
premier étage de cette aile, a été supprimé, et une porte a été percée au
rez-de-chaussée. À l’exception d’une demi-croisée simple, située au-dessus
de la porte d’entrée, les ouvertures ont été agrandies et modernisées. (1)
château de Ramps 46170 Castelnau-Montratier-Sainte-Alauzie, propriété
privée, ne se visite pas.
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