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Le bourg qui s'est développé à partir du noyau
initial du monastère, fondé en 909, n'apparaît que très tardivement dans les
textes. Le doyen du monastère aurait accepté la création d'une "commune" en
1253, mais nous ne sommes pas parvenus à identifier le document qui en
ferait état. Les premières mentions sûres n'apparaîtraient donc qu'en
1298-1299, avec des hommages rendus au vicomte de Turenne qui font état de
la "villa" de Souillac. Souillac figure néanmoins dans la liste des
communautés, représentées par un bayle ou le consulat, qui sont convoquées à
des assises en 1295, puis parmi les 15 consulats appelés en 1308 à Tours et
les 48 consulats du diocèse de Cahors faisant appel en 1311 de règlements
établis par l'évêque : bien que le mot "consulat" n'ait sans doute dans ces
documents qu'un sens général, la communauté des habitants avait au moins la
possibilité de se faire représenter.
Bourzolles était connu au XIIIe siècle sous le nom de Roquefort et avait
donné son nom à une branche du lignage des Lacassagne. Par la suite, au XIVe
siècle, la seigneurie de Bourzolles fut détenue par les Rignac sous la
suzeraineté des vicomtes de Turenne, puis par les du Bosc. Par son mariage
avec Mathilde du Bosc, Pierre de Coustin est devenu seigneur de Bourzolles
lors du dénombrement de 1486, qui mentionne la tour en ruines et le pech sur
lequel le castrum avait été édifié, ainsi que son colombier et sa garenne.
Le site est alors définitivement abandonné au profit du nouveau château
construit dans la vallée près de l'église. La branche de la famille prendra
le nom de Coustin de Bourzolles. Les détails constructifs encore observables
sur les vestiges de la tour permettent d'en situer l'édification au XIIIe
siècle.
Les ruines de la tour de Bourzolles occupent l'extrémité d'une colline
étirée, délimitée par la vallée de la Borrèze et par une combe. Le site,
isolé par un fossé taillé dans la roche, est assimilable à un éperon barré.
Une cavité naturelle s'ouvre au pied des escarpements qui délimitent le
réduit et que couronnent les vestiges d'un mur d'enceinte. Il ne subsiste
aujourd'hui que la face nord de la tour et l'amorce en retour des deux faces
contiguës. Il est vraisemblable qu'il s'agissait d'une tour de plan carré,
dépourvue de contreforts, de 6,38 mètres de côté avec des murs de près
d'1,40 mètre d'épaisseur. Plusieurs détails tels que le couvrement
caractéristique des embrasures à ressauts de coussinets, l'emploi du double
ébrasement ou celui de la fenêtre sans allège conduisent à rapprocher la
tour de Bourzolles des tours de Cardaillac. Les bandeaux en quart de rond
rappellent quant à eux ceux des tours de Jayac et de Miremont en Périgord.
château de Roquefort 46200 Souillac, lieu-dit Bourzolles, propriété privée,
ne se visite pas, vestiges.
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