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Au pied du Montaigu, la route quittant Bais
dans la direction d'Hambers longe les douves du château de Montesson.
L'attention du voyageur, amateur de pierres chargées d'histoire, est attirée
par le châtelet d'entrée, pour le moins original, d'une demeure par ailleurs
d'une grande simplicité. Le château de Montesson est le berceau de la
famille d'ancienne noblesse, du même nom. Installée ici depuis 1370, elle a
gardé ce château jusqu'à la dernière décennie du XXe siècle. Au XIIIe
siècle, se trouvait là un hébergement où manoir dont il ne reste rien. Une
maison seigneuriale fortifiée est édifiée au XVe siècle, dont il reste un
corps de logis dans la cour du château. Ce logis très simple est de forme
rectangulaire, à un étage, coiffé d'une haute toiture. Il est doté, sur sa
façade, d'une tourelle ronde contenant un escalier de bois. À l'angle où la
toiture de cette tourelle rejoint celle du logis, subsiste une belle
gouttière en granit. Ce bâtiment plein de charme malgré son dénuement, a été
amputé lors de l'établissement des douves d'une partie de ses bâtiments, en
particulier à son extrémité gauche, de sa cuisine dont il subsiste en plein
air le puits et la grande cheminée. Devant ce logis passait un chemin pavé
qui franchissait de ce côté, sur un pont de bois mobile, le fossé défendu
par une tour dont il reste l'arasement. Il traversait la cour pour se rendre
à l'église de Bais dont les seigneurs de Montesson possédaient les droits de
fondation de la paroisse depuis 1643. Ce qui nous fait avancer que ce
premier logis devait être fortifié, c'est qu'en 1586, René de Montesson et
son épourse, Charlotte Percault, obtiennent du souverain Henri III, la
permission de "fortifier à nouveau leur maison seigneuriale de Montesson".
Cette expression indique que les précédentes défenses avaient disparu.
René II de Montesson fait alors creuser les douves dont le tracé va modifier
le vieux logis. Celles-ci sont alimentées par les eaux de ruissellement qui
traversent un bassin de décantation aménagé à cet effet. Des murs d'enceinte
et des tours sont édifiés dont il ne reste que celles du pavillon d'entrée.
Ce châtelet pour le moins original est constitué de deux tours dont ne
subsiste que celle de gauche, encadrant le pavillon central. Celle qui reste
entière est dotée de meurtrières horizontales nécessitées par l'emploi du
mousquet. Sa couverture à la forme d'une cloche étranglée. De sa jumelle, il
ne reste que le départ des murs. Le porche d'entrée, de belles dimensions,
est revêtu de pierres taillées en bossage et vermiculées du quintefeuille
des armes de Montesson. Il est surmonté d'un pavillon à deux étages avec des
croisées très classiques, coiffé d'une toiture à la forme renflée se
terminant par une courte crête droite horizontale. Les ardoises, de formes
différentes, sont disposées d'artistique façon. Les bâtiments d'habitation
et les communs qui le prolongent à gauche, sont d'une grande sobriété et ont
été remaniés au XXe siècle.
Un procès-verbal d'estimation des biens de Jean-Baptiste de Montesson, mort
en 1769, dressé le 26 juillet 1771, donne la description de la maison
seigneuriale de Montesson en ces termes: "deux corps de bâtiments au bout
l'un de l'autre distribués d'une salle avec cheminée, un cellier ensuite, la
cuisine à côté, deux chambres sur le tout, grenier dessus; un porche au
devant de la salle, deux petites chambres dessus, un petit escalier au
derrière de la salle, une tour au devant de la cuisine où est l'escalier, un
toit à porcs à côté de la dite tour la chapelle, le portail d'entrée en la
cour sur lequel il ÿ a un dôme, deux tours aux deux côtés, le pont au
devant. Sous le dôme sont deux chambres dont la dernière lambrissée; une
petite salle à droite en entrant, chambre dessus, un cabinet à côté dans une
des dites tours, une petite chambre au-dessus où sont les archives, une
autre petite chambre au-dessus, de l'autre côté à main gauche en entrant
sont deux salles ou chambres de présent avec cheminée, deux cabinets à côté;
deux chambres lambrissées dessus, deux cabinets à côté, deux écuries
ensuite, une sellerie entre deux, greniers dessus, en retour d'équerre en
face des premiers bâtiments est un autre bâtiment distribué d'une
boulangerie, deux caves dans l'une desquelles il y a une cheminée, trois
chambres sur le tout, greniers dessus; la cour enclose de murs et entourée
de fossés, le tout flanqué de trois tours et un pavillon, deux desquelles
tours servirent autrefois de fuye. Le jardin du château contenant environ un
Journal, au haut de la cour le fossé entre deux, le dit jardin en partie
entouré du dit fossé et autres fossés avec un réservoir au milieu d'iceluy".
Après que ce château soit devenu le siège d'un marquisat, en 1660, en faveur
de Charles de Montesson, il sera délaissé au profit de La Roche-Pichemer
C'est alors qu'il devient principalement une exploitation agricole.
Aujourd'hui ce château, sous l'impulsion de ses nouveaux propriétaires, M.
et Mme Mithouard, fait l'objet d'importants travaux de restauration. (1)
Éléments protégés MH : les façades et les toitures du logis du XVIIe siècle
; les murs de soutènement de la plate forme et les tours arasées, les douves
protégeant le jardin avec les ponts de pierre, l'assiette archéologique de
la plate-forme fortifiée ainsi que la charmille à l'extérieur des douves :
inscription par arrêté du 3 juin 1996.
château de
Montesson 53160 Bais, propriété privée, ne se visite pas. Visites libres des
jardins pour les journées du patrimoine.
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