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Le château de Luigné est bâti à proximité de
la route de Châtelain à Coudray, à deux kilomètres de cette dernière
localité. Luigné, habitation des XVIIIe et XIXe siècles, présente deux corps
de bâtiments en équerre. La chapelle est récente. Isolée du logis, elle
arbore un style néo-gothique flamboyant tout en conservant, en façade, les
armoiries des Déan, famille connue depuis le XVe siècle dans la région de
Château-Gontier. La terre de la Rouënerie ou de Luigné est mentionnée dès
1235 au cartulaire du Géneteil. On l’appelait "Luigné-Foucault" au XVIIIe
siècle. Vassale de Château-Gontier, elle vit défiler ses propriétaires suc-
cessifs dont Jeanne Hienri en 1253, les Fléant (1402-1453) et la famille de
La Genouillère. Pierre Charlot l’acheta en 1532. René Trochon possédait
Luigné en 1645, puis François Déan, époux d’Elisabeth Trochon, en 1663.
François Déan de Luigné réussit à obtenir du roi d’armes d'Irlande, un
certificat établissant sa descendance d'une "noble famille de ce royaume",
descendance qui "remontait avec une régularité et une symétrie parfaites"
jusqu’à Frédéric Déan, écuyer, mort le 15 octobre 1017. Devenu la propriété
de cette famille, Luigné garde le souvenir de Louise-Olympe Rallier de La
Tertinière qui épousa, le 24 janvier 1757, René-Emery Déan, seigneur de
Luigné. À cette époque, sa famille comptait deux fils: René-Toussaint et
Etienne-Thomas et trois filles: Catherine-Madeleine, Françoise-Olympe et
Louise-Aimée.
Madame Déan et ses trois filles habitaient le château de la Bossivière
pendant la tourmente révolutionnaire; elles y donnèrent asile aux prêtres
non assermentés de toute la région. Trahies par un homme qu'elles s'étaient
empressées de secourir, les quatre femmes et le vicaire de Contigné, qui se
trouvait ce jour-là en leur compagnie, furent arrêtés par les gardes
nationaux de Saint-Laurent-des-Mortiers, le 22 novembre 1793. Le tribunal
révolutionnaire condamna à mort le vicaire le 5 janvier 1794. Madame Déan et
ses filles furent transférées à la prison de Château-Gontier puis au
Calvaire d'Angers où elles subirent l’interrogatoire de Morin et de Ruffin,
le 25 janvier 1794. On fusilla la mère et la fille aînée, au
Champ-des-Martyrs, le 1er février 1794 et, le 31 mars de la même année, les
mêmes commissaires condamnaient les deux cadettes à la guillotine mais la
dissolution de la commission les sauva. Le château connut également Déan de
Luigné, maire de Coudray en 1884, décédé à Luigné en 1904. En mai 1985,
après les cérémonies qui accompagnèrent la béatification des martyrs
d’Avrillé, la demeure eut le plaisir de pouvoir réunir les 120 descendants
de Madame de Luigné. (1)
château de Luigné 53200 Coudray, propriété privée, ne se visite pas.
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