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Le
château s'élève derrière un épais rideau d'arbres, au confluent de l’Ernée
et du Rollond. Le château de Pannard devrait sa construction à l'un des
membres de la famille des Nos, famille de chevaliers d'origine bretonne,
établie dans le Maine dès le XVe siècle. Construit en pierre de granit de la
région, ce château apparaît massif et austère. Il se compose d'un corps de
bâtiment principal et d’une aile en équerre. Les 31 fenêtres de la façade
atténuent un peu sa sévérité originelle. Cette demeure a subi plusieurs
cures de rajeunissement au cours de son existence. Outre son pavillon carré
situé dans l'angle nord-est, elle conserve des servitudes avec des
"pilastres cyclopéens". Les premiers seigneurs du fief: Pichot, Hugues et
Gaultier de Pannard se trouvent mentionnés, dès 1124, dans le cartulaire de
l'abbaye de Savigny. Sous la protection du roi René d'Anjou, ces châtelains
firent rapidement fortune. Vers 1460, le domaine appartenait aux Chauvigné à
la suite du mariage d’un de leurs membres avec Marie de Pannard. Unissant sa
destinée à celle de Catherine de Chauvigny, Ambroise de Mégaudais devint à
son tour dame de Pannard en 1511. En épousant, en 1602, Jean-Baptiste des
Nos, Marie de Mégaudais redonna à Pannard toute une lignée de seigneurs
auxquels le château doit sa construction.
Autrefois, la demeure était fière de pouvoir aligner une galerie d’ancêtres,
orgueil des seigneurs des lieux. Charles des Nos; qui est né à Pannard en
1678, commandait une compagnie de son nom au régiment de Lyonnais; son fils,
Philippe, fut tué au combat de Malaga en 1704. Gilles des Nos trouva la mort
au siège de Prague le 28 juillet 1742. Fils de Charles-René des Nos et de
Marie du Prat, Charles-Louis vit le jour en 1737. Il compte parmi les plus
illustres représentants de la famille. On le découvre lieutenant, capitaine
et commandant au régiment de Beauvilliers. En 1771, il est colonel au
régiment provincial du Maine puis colonel en second du régiment de Touraine
(1776), maître de camp du régiment d'’artillerie de La Fère (1780),
brigadier en 1781 et maréchal de camp en 1788. Epuisé par ses nombreuses
campagnes et surtout par ses blessures, le comte des Nos vint se réfugier à
Paris pendant la Révolution. Traduit devant le Comité de salut public, il
décéda le 29 octobre 1797. Son fils, Charles-Henri, enseigna aux gardes
françaises, émigra, reçut un brevet de capitaine le 10 février 1792, puis il
assista au siège de Maëstritch, à l'expédition de Quiberon où, après la
défaite, il récupéra une chaloupe à la nage. Il mourut à Munster en 1799.
Le château de Pannard conserve également le souvenir d’un comte des Nos mort
en 1680. Considéré à l’époque comme un original, il s'intéressa aux
souvenirs historiques d'Ernée et plus particulièrement à l’histoire de saint
Ernée. Il a tenté de démontrer que ce saint, honoré dans le diocèse d’Autun,
était un saint local ayant donné son nom à la ville. Il se proposait,
disait-il, de réunir en un volume, tous les documents locaux existant depuis
les Celtes. Le château a également abrité des religieuses puis à la fin du
XXe siècle il est devenu la propriété de l’Association du château de Pannard,
régie par la loi du 1er juillet 1901 ; elle y a installé une école ménagère
agricole. (1)
château de Pannard 53500 Ernée, Lycée d’Enseignement Professionnel Rural.
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