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En 1312 il s’agit sans doute d’une forteresse adoptant
un parti pris architectural résolument philippien comme peut en témoigner le
plan général du domaine adoptant une forme quadrangulaire caractéristique
que vient compléter une ceinture de douves aujourd’hui encore en eau. A la
Renaissance, le site va connaître une période d’importantes transformations
qui va en partie modifier la perception primitive de l’ensemble. Le château
de la Chasseguerre est remis au goût du jour entre 1570 et 1590. Conservant
une vocation défensive affirmée avec la présence de par et d’autre de
l’entrée de deux bouches à feu, le portail se voit doté par ailleurs d’une
maçonnerie digne de souligner le rang social du propriétaire. Les blocs de
pierre de taille, disposés en guise de piédroits autour des portes cochères
et piétonnières, s’ornent de motifs sculptés tantôt losangés, tantôt
circulaires. Cette pratique, connue sous le vocable de décor vermiculé, est
relativement peu courante en Mayenne si l’on excepte l’exemple du château de
Bois-Froult à Lassay-les-châteaux.
Chassegayère en 1618, Chasseguière en 1645, l'étymologie du nom Chasseguerre
n'aurait rien à voir avec la guerre; elle dériverait du nom propre Chassegay.
Aujourd'hui, la Chasseguerre ne nous offre plus que les vestiges de son
château féodal édifié par Brandelis de Champagne: le portail monumental,
décoré de sculptures vermiculées, les servitudes qui ont su échapper à la
ruine du temps et le colombier qui se dresse à l'extérieur de l'enceinte de
l’ancienne citadelle. Du château proprement dit, il ne reste plus qu’une
tour à pans coupés où régnait l'escalier, la salle voûtée qui formait le
sous-sol du donjon et des caves. Du temps de son éclat, du jardin, on
accédait au château par une sorte de corridor. Son entrée, du côté du logis,
était protégée par une trappe appelée "la bascule de la Chasseguerre". Elle
fermait la seule issue d'un cachot dont le sol se trouvait une dizaine de
mètres plus bas. Un temps abandonné, ayant même servi de carrière de
pierres, Chasseguerre retrouve, à l’aube du XXIe siècle, une once de vie
grâce aux travaux engagés par des propriétaires passionnés. Ces derniers
s’attèlent à consolider les murs de l’ancienne forteresse et envisagent,
dans un proche avenir, de faire renaître les somptueux jardins renaissance
dont le tracé est encore aisément visibles dans la prairie située en
contrebas du château.
Brandelis de Champagne fut un terrible adversaire des ligueurs. Souvent mêlé
à de nombreuses affaires d'où il ressortait tantôt vainqueur, tantôt vaincu,
il devint gouverneur de Laval lors de la reddition de cette ville en 1589.
Le 10 avril 1590, il participait à une bataille au cours de laquelle Mayenne
tomba aux mains des royaux. Il fut battu à Craon, en 1592. Brandelis de
Champagne épousa la fille héritière du seigneur de Thuré, le 25 novembre
1588. Il décéda dans son château de la Chasseguerre "le jour de la Saint-
Simon et de la Saint-Jude", en 1619. Veuve de Brandelis III, Renée de
Feschal a entretenu de fréquentes relations avec Renée d’Averton, veuve en
premières noces de Jacques Humières. Il paraît que ces deux dames menaient
joyeuse vie soit à la Chasseguerre soit au château d’Averton. A la
Chasseguerre, la tradition veut qu'une tête de chien de chasse, sculptée sur
l’un des murs des servitudes, indique l’endroit exact où se trouve caché un
baril d’or mais ce trésor n'a toujours pas été découvert. (1)
château de la Chasseguerre 53640 Hardanges, tel. 02 43 04 52 05 ou 06 45 82
37 61, propose la location de chambres d'hôtes.
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