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Sur le
territoire de Jublains, au milieu d'un décor champêtre rempli de charme et
de poésie, le château de Neuvilette, avec ses multiples tours coiffées de
toits pointus, nous fait penser à un de ces châteaux de contes de fées qui
illustrent les pages de nos livres d'enfants. De Neuvilette, au XVe siècle,
on écrivait: "C’est une belle terre et seigneurie, merchée et compousée de
terre, manoir, cloux de murailles, domaine, hébergement avec cour, jardins,
courtils, viviers, fuye en la clôture d'icelle". Mais lorsqu'il fut question
d'ériger la seigneurie en vicomté, le seigneur de Bourgon protesta
énergiquement; il assura que son vassal n'avait qu'un vieux logis mal
construit, composé d'un unique corps de logis et d’une salle basse où il
fallait descendre par une échelle de bois bien étroite. En dépit de ces
protestations, François 1er érigea le vicomté de Neuvilette en faveur de son
cousin, Bertrand de Caradreux (23 juin 1528). Il lui attribua également la
seigneurie de Lingé et il permit de construire, au lieu-dit Neuvilette, un
château avec pont-levis, tours, donjon, barbacanes "et toutes les autres
choses que doivent posséder les châteaux ou places fortes" de cette époque.
Neuvilette était loin de ressembler à une forteresse. Mise à part une tour
élancée, il ne présentait alors qu’un seul corps de bâtiment percé de
fenêtres et de lucarnes divisées par de forts meneaux. Au cours du XIXe
siècle seulement, il fut agrandi, à l’ouest, sur d'anciennes fondations. À
l’est, on lui ajouta la chapelle et les deux façades se virent dotées de
tours et de tourillons coiffés de toits effilés donnant à Neuvilette son
aspect baroque. La demeure épousa la forme que nous lui voyons aujourd’hui,
devenant tardivement une vraie maison seigneuriale.
Revêtus d’une luxuriante végétation, les vestiges de l’ancienne chapelle se
dressent à proximité des pelouses. Ce sanctuaire était plus ancien que
l'antique castel; des lettres papales, datées de 1518, y autorisait la
célébration des offices. Le pigeonnier découronné existe toujours et les
pelouses recouvrent des caves voûtées ayant pu appartenir au château
primitif. Dès 1160, on découvre un Gervais de Neuvilette qui servait de
caution entre Herbert Bérenger et le chapitre du Mans. Au XIVe siècle, les
Caradreux, membres d’une famille de chevaliers, devinrent les propriétaires
de Neuvilette, qu'ils conservèrent pendant deux siècles. Ils avaient pour
armes: "d'argent à trois léopards d'azur, 2 et 1, couronnés et langués de
gueules". Le seigneur de Neuvilette fut un des premiers adversaires des
protestants dans le Bas-Maine, bien avant leur prise d'armes, à une époque
où ils ne faisaient encore que rallier des adeptes à leur cause. A la suite
du mariage de Renée de Caradreux avec Francois de Champagne, Neuvilette
connut Claude de Champagne (1595), époux de Marie de Riants; René, né à
Jublains en 1595, devint chevalier des ordres du roi et baron de Roche-Simon
(Villaines-la-Juhel). Épouse de Christophe de Champagne, baron de Neuvilette,
Madeleine Robineau convertit Cyrano de Bergerac, son parent, et assista à sa
mort. Brandelis de Morel, seigneur d’Aubigny, fils de Ravaud de Morel et de
Madeleine de Champagne, devint ensuite propriétaire du domaine (1656-1666).
Neuvilette relevait de Bourgon "pour tout ce qui concernait le domaine", de
Mayenne pour la haute, moyenne et basse justice et de la couronne pour la
vicomté. (1)
château de Neuvilette 53160 Jublains, propriété privée, ne se visite pas,
visible de la route.
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