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En bordure de la route de Senonnes à La Rouaudière, à
environ un kilomètre de cette dernière localité, le château de la Huberderie
apparaît brusquement au promeneur qui vient de négocier les multiples
virages d'une petite route ombragée de campagne. La Huberderie fut, dès le
XVIIe siècle, la résidence des seigneurs de La Rouaudière. C’est un logis
flanqué, à l'un de ses angles, d'une tour ronde couronnée d’un toit pointu,
ancienne fuie dans laquelle les traverses supportant les échafaudages se
trouvent disposés par séries. À proximité d’une pièce d’eau, le portail
d'entrée donne accès à la cour carrée, entourée, sur trois côtés, par les
murs et les bâtiments du castel.
En 1232, la seigneurie de la Huberderie appartenait à Raoul de La Jaille,
membre d’une famille angevine qui portait "d’or au léopard de gueules, avec
5 crousilles d'azur en orle". À cette époque, l’église de La Rouaudière se
trouvait, dit-on, en fort mauvais état. Cette paroisse dépendant de La Roë,
les religieux mirent à profit l'édification du nouvel édifice, primitivement
dédié à la Vierge, pour le mettre sous le vocable des "Trois-Maries", au
grand mécontentement des habitants. La tradition raconte que, voyant leur
déplaisir, le seigneur de la Huberderie leur donna, à la Grossière, un coin
de l’un des champs du domaine afin qu'ils puissent, à leurs frais, élever
une modeste chapelle qu'ils dédièrent à la Madone. Le sanctuaire au clocher
pointu, à proximité de la ferme de la Petite-Grossière, pourrait
partiellement dater de la fin du XVIe ou du début du XVIIe siècle. Dédié à
Notre-Dame-de-toutes-aides ou Notre-Dame de la Grossière, il fut agrandi au
cours du XVIIIe siècle; il reçut sa bénédiction le 18 juin 1730 devant 2000
personnes.
Après la famille de La Jaille, la Huberderie vit se succéder Michel Alasneau
en 1598 et Philippe Jacquelot, mari de Marguerite Alasneau, seigneur de
Saultray et conseiller au parlement de Bretagne. Ce dernier reçut
l’autorisation d'ajouter "à sa maison de la Huberderie" des fossés et un
pont-levis qui n'ont pas laissé de traces. Ses descendants conservèrent le
domaine jusqu'au milieu du XVIIe siècle. À la suite du mariage de Louise
Jacquelot avec Jacques Pantin, seigneur de la Guère, la Huberderie échut à
cette nouvelle famille puis, au moment de la Révolution, elle fut séquestrée
sur Mélanie Hay de Bonteville, veuve de Jean-Pierre Pantin, et rendue à sa
fille Ursule, en 1797. (1)
château de la Huberderie 53390 La Rouaudière, tel. 02 43 70 85 12 ou 06 30
01 12 25, propose la location de gîtes, Hébergement/stages/formations et
séminaires.
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