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Edifié dans le bourg de
Senonnes, le château du même nom est bien connu de tous les turfistes
mayennais ou angevins car son parc a été transformé en bel hippodrome
accueillant les trois spécialités: trot, plat et obstacles. Les communs du
château ont été convertis en pesage et guichets de pari mutuel. Construit en
schiste ardoisier du pays, le château de Senonnes dresse sa masse imposante
de couleur brun-mauve. Dans l'angle sud-est de sa cour, deux étagements
percés de portes, de fenêtres et de lucarnes, conservent un caractère
authentique. Un couloir, voûté en berceau et une tour, aujourd’hui isolée,
appartenaient au mur d'enceinte. L'abbé Angot décrit au début du XXe siècle
le château comme une masse imposante et sombre, situé dans le bourg, qui
s'en va en ruines, quoique habité en partie par le fermier. Daté des XVe et
XVIe siècles, le logis possède, gravées dans la pierre, les armes d’Adrienne
de Salles qui épousa Pierre de La Motte le 23 février 1645.
Vers 1105, Alard de Senonnes était témoin d'une acquisition faite par le
prieur de Quelaines. En 1322, la seigneurie appartenait à Olivier de
Tinténiac, seigneur du Plessis-Meslé, et mari de Béatrix du Matz. Elle échut
ensuite à Simon Le Poulcre, en 1413, à la suite de son mariage avec Perrine
de Tinténiac. Parmi les membres de cette famille originaire d'Anjou ou de
Bretagne, Frarçois Le Poulcre fut conseiller et maître d'hotel de Madame,
sœur du roi Charles IX, gouverneur d’Argentan, lieutenant des gens d'armes
de la compagnie du marquis de Boisy et Chevalier de Saint-Michel. Son
épouse, Jeanne du Fay, devint dame d'honneur de la Reine. Son fils,
François, servit comme capitaine d'une compagnie de 50 hommes d'armes.
""Chevalier de face" de l'empereur Maximilien, il reçut d’Henri III le
collier de Saint-Michel. Veuf d'Aimée Savary, François se remaria mais il ne
dut pas rencontrer la fortune car, en 1576, on le découvre incarcéré pour
avoir négligé de payer la pension de sa mère. Après avoir activement
participé aux guerres de Religion, il décéda en 1606 en laissant Senonnes à
sa soeur, Marie, qui prit pour époux Jacques de Sévigné, seigneur de
Champiré-Baraton. Sa fille unit sa destinée à celle de Jean de La
Motte-Baracé et le domaine échut à Pierre de La Motte, mari d’Adrienne de La
Salles.
Pendant la tourmente révolutionnaire, Senonnes appartenait à Pierre-François
de La Motte, condamné à mort par le tribunal révolutionnaire de Paris, le 7
avril 1794. Confisqué par l'Etat, le château fut restitué aux enfants de
Pierre-François en 1798. De 1850 à 1852, le marquis de Senonnes était maire
de la commune. Le château garde le souvenir de la belle Madame de Senonnes
qui y vivait au début du XIXe siècle. M. de Senonnes, émigré en Italie, y
avait épousé une dame de réputation bien peu vertueuse. De retour à Senonnes,
le châtelain s'empressa de la faire peindre par Ingres. Ce célèbre portrait
demeure une des pièces maîtresses du Musée de Nantes. Pour la petite
histoire, il faut noter que le tableau fut vendu avec les meubles du
château, après la mort de M. de Senonnes, à un brocanteur d'Angers qui
l’exposait régulièrement sur le trottoir. Un jour, un passant aperçut la
toile et reconnut Madame de Senonnes. "Tiens, dit-il, voila Madame de
Senonnes qui finit là où elle a commencé". (1)
Éléments protégés MH : le château et son terrain d'assiette archéologique:
classement par arrêté du 17 février 1988.
château de Senonnes, 20 rue Jean Boby, 53390 Senonnes, propriété privée, ne
se visite pas, bien visible de la rue.
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