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Château de la Frédière à Pignols
 
 

 La maison de la Frédière se trouve au-dessous et tout près du petit bourg de Pignols, chef-lieu de commune et ancien chef-lieu de paroisse avant la Révolution. Cette maison, telle qu'elle est aujourd'hui, n'a aucune ressemblance avec nos anciens châteaux féodaux; elle représente une modeste habitation bourgeoise. Le petit fief, qui avait pris son nom, était un démembrement du comté d'Auvergne. Au milieu du XVIIe siècle, son propriétaire payait au comte, en redevances annuelles, vingt quartons de froment, huit quartons et deux coupes d'avoine, quatre livres d'argent et une demi géline. Ce fief n'eut jamais de siège de justice à aucun degré; il ressortit toujours au baillage de Vic-le-Comte. Une famille nobiliaire, qui a laissé très peu de traces dans notre histoire, avait pris le nom de ce fief. Au mois de novembre 1371, Jean de la Frédière (de Frodeyria), sergent de Jean 1er, comte d'Auvergne et de Boulogne, obtint des lettres de rémission du roi Charles V. Le délit qu'il avouait au monarque pour en être absous, était d'avoir servi, sous les ordres de Seguin, Badafol pendant qu'il occupait Brioude. Noble homme Gilbert de la Frédière (de Freydeyra), damoiseau, seigneur dudit lieu de la Frédière et du Vinhal, dans la paroisse de Pignols, fit aveu et dénombrement des terres qu'il tenait du comte d'Auvergne, le 7 novembre 1461. Guillaume de la Frédière, religieux de l'ordre de Citeaux, au monastère de Montpeyroux, près de Puy-Guillaume, fut nommé abbé de l'abbaye du Bouchet, par bulles de provision données à Avignon, le 1er février 1385 (nouveau style), la septième année du pontificat, de Clément VII. La famille de la Frédière portait "lozangé d'or et de sabls".

Au XVIe siècle, la Frédière appartenait à la famille Dupré ou Duclaux, de Vic-le-Comte. Benoit Dupré alias Duclaux, écuyer, sieur du Clos et de la Frédière, pannetier de la reine Catherine de Médicis, capitaine du château de Buron, vivait en 1570. Au siècle suivant, la Frédière appartenait à la famille de Faydit. Par acte du 2 novembre 1654, passé devant Jurie, notaire royal à Neschers, François de Faydit vendit le château et domaine de la Frédière, paroisse de Pignols, prés, terres, pacages, bois et généralement tous autres fonds et revenus appartenants et dépendants dudit la Freydière, à Alexandre de Gironde, prévôt et chanoine de l'église royale de Saint-Quiriace de Provins. Le 6 janvier 1660, Alexandre de Gironde et Jacques-Louis de Gironde, son frère, revendirent la Frédière à Charles Fouchier, prêtre et prieur de l'église paroissiale de Notre-Dame de Beaulieu en Velay et à Marguerite Fouchier, sa soeur, femme de François Tiolier, bourgeois de Clermont. La vente était consentie moyennant le prix de 3.300 livres pour le château et bâtiments avec environ trois septérées de terre y joignant et le pré appelé Mare, et 2.000 livres pour le surplus des héritages y compris les matériaux, qui y peuvent être pour servir aux réparations de ladite maison. Dans cette vente n'était pas comprise une vigne située dans la justice de Buron, au terroir des Courtioux sive d'Aussilhat, qui avait figuré dans la vente du 2 novembre 1654. Deux ans après Etienne Chamboissier, fermier des seigneuries de Vic-le-Comte, Laps et Mercurol, intentait un procès à Charles Fouchier pour le paiement du droit de lods et ventes, dû à la seigneurie de Mercurol à l'occasion de son acquisition de la Frédière. Cela confirme ce que nous avons dit plus haut, à propos du ressort juridique, car la seigneurie de Mercurol, dont faisait partie le petit fief de la Frédière, ressortissait du baillage de Vic-le-Comte. A une époque que nous n'avons pu déterminer avec précision, mais qui n'est pas de beaucoup postérieure à celle où nous sommes, la Frédière passa à la famille Ymonet.

Antoine Ymonet, né à Vollore, le 22 avril 1634, épousa le 3 février 1663, Etiennette Gras, fille de Fiacre et de Péronnelle ou Pétronille Bourighaud. Son mariage le fixa à Clermont. Il est en effet qualifié bourgeois de Clermont, et habitait dans une maison appartenant à sa femme, rue Forosan, paroisse de Saint-Genès. Nous lui connaissons sept enfants dont Gabriel qui suit; 2° Marguerite, baptisée le 27 juillet 1665; 3° Marie, née le 6 septembre 1666: 4° Marie, née le 8 décembre 1667; 5° Etienne, sieur de Cublas, continua la lignée à Vollore et dans les environs; 6° Antoine; 7° Marguerite, baptisée le 28 mars 1675. Antoine Ymonet fit son testament le 27 février 1686 et mourut peu après. Sa veuve, Etiennette Gras, fut inhumée le 6 février 1726. Après sa mort, quatre de ses enfants, Gilbert, Etienne et les deux Marie, soutinrent un procès devant le présidial de Clermont, à propos de la maison de la rue Forosan. Il paraît certain que le fief de la Frédière fut acquis par Antoine Ymonet. Gabriel Ymonet, sieur de la Frédière, né en 1664, épousa Marie-Angélique de Clinchant le 16 avril 1691. Leurs enfants, au moins les deux que nous leur connaissons, naquirent à Clermont. Gabriel Ymonet se retira ensuite à la Frédière où il mourut, et fut inhumé dans l'église de Pignols, le 2 juin 1735, à l'âge d'environ 72 ans, dit son acte mortuaire. Il est probable que sa femme était morte à Clermont, à un âge peu avancé. De leur mariage étaient nés Michel, baptisé le 22 février 1692, il continua la lignée; 2° Antoine, né le 23 décembre 1693; il ne laissa pas de descendance. Le 6 août 1759 il donna à Marguerite Ymonet de la Frédière, sa nièce, femme de Michel Bard, la moitié des biens qui lui revenaient des successions de son père et de sa mère. Cette moitié avait été vendue en 1759, à Jean-Baptiste Ymonet de la Frédière, frère de ladite Marguerite; mais les conditions de la vente n'ayant pas été tenues, le vendeur était rentré en possession.

Michel Ymonet, écuyer, sieur de la Frédière, servit comme gendarme ordinaire de la garde du roi. Les documents du temps nous le montrent comme un homme violent, dissipateur et immoral. En 1733, Massillon écrivait: "Le sieur de la Frédière, dans la paroisse de Pignol, près de Vic-le-Comte, mène depuis long temps, une vie d'un homme sans moeurs et sans religion; il dérange et scandalise toute la paroisse. L'église et l'état sont intéressés pour que M. l'intendant le fasse avertir sévèrement et y apporte quelque remède". Son père lui-même ne semble pas avoir eu grande confiance en la sagesse de sa conduite. Par un acte passé à la Frédière, le 10 janvier 1732, il fit une donation considérable à sa belle fille. Et plus tard, ses enfants furent obligés de plaider contre lui pour entrer en possession des biens qui avaient appartenu à leur mère soit par la précédente donation, soit par son contrat de mariage ou par succession. Sous quelque aspect que nous le présentent les documents, Michel Ymonet nous paraît un personnage fort peu intéressant. Il avait épousé le 29 juillet 1712, Jeanne Haste, originaire du comté de Vermandois. Il en eut quinze enfants baptisés dans l'église de Pignols, dont Gabriel, né le 26 avril 1713; 2° Antoine, né le 20 octobre 1715; 3° Anne-Catherine, née le 25 octobre 1716, mourut le 29 décembre 1717; 4° Frédéric-Emmanuel, baptisé le 16 novembre 1717; 5° Etiennette, née le 26 novembre 1718; 6° Jacques, baptisé le 30 mai 1720, mort sans postérité; 7° Jean-Félix, né le 30 septembre 1722; 8° Gabriel, né le er avril 1725; 9° Charles, né le 21 avril 1726; 10° François, né le 12 mai 1728; 11° Jean, né le 7 août 1729, il fut appelé Jean-Baptiste dans la famille, il épousa Anne-Jeanne Morin, et lui donna les trois quarts de la terre de la Frédière, consistant en château, prés, terres, labourables, vignes et rentes; 12° Marc-Antoine, né le 1er novembre 1730, nous ne lui connaissons pas d'alliance; 13° Emmanuel, né le 29 mars 1732; 14° Antoine, né le 4 octobre 1733; 15° Marguerite, née le 3 décembre.

Marguerite Ymonet et sa soeur Etiennette prirent le nom d'Ymonet-Lancement dans un acte du 13 août 1788, où elles agissaient comme filles et héritières de feu Michel Ymonet Lancement de la Frédière, leur père, et en cette qualité comme collatrices de la vicairie des Lancement. Cet acte montre qu'elles étaient les deux dernières représentantes de leur famille. Mais dans aucun de ces actes le collateur ne prit le nom d'Ymonet Lancement, il est dit simplement Michel Ymonet, écuyer, sieur de la Frédière, ancien gendarme de la garde du roi. Le premier de ces actes nous montre que ce droit de collation était venu aux Ymonet par Etiennet Gras, car la vicairie y est appelée vicairie des Gras-Lancement, desservie dans l'église de Montferrand, en la chapelle de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle ou de la Visitation. De tout cela ne semble-t-il pas résulter que les Lancement et les Gras avaient disparu au milieu du XVIIIe siècle? La conclusion n'est pourtant pas rigoureuse, parce que l'acte de fondation aurait pu régler que le droit de nomination se transmettrait d'aîné en aîné de la famille, sans considérer si l'aîné était une fille ou un fils. Dans ce cas, il aurait pu exister encore des Gras et même des Lancement descendants des puînés de chaque famille. Mais n'oublions pas que nous sommes dans le domaine des suppositions. (1)

château de la Frédière 63270 Pignols, propriété privée, ne se visite pas, visible de l'extérieur. Château construit au XIIIe siècle, situé à 200 mètres au sud de l'église, en bordure du village. L'édifice présente un petit donjon carré de trois niveaux, élevé contre l'attaque. Cette tour bien appareillée date du début du XIIIe siècle et conserve une baie en plein cintre. Un logis de deux niveaux et demi sur trois travées est accolé en enfilade. Une fenêtre à modénature du XVIe siècle est installée dans une baie plus ancienne en plein-cintre. Les cheminées sont adossées à un retend délimitant une travée de chambres au pignon opposé au donjon; une colonne de latrines est adossée à ce pignon. Une enceinte basse à flanquement circulaire clôture une cour.

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 château de la Frédière 63270 Pignols  château de la Frédière 63270 Pignols
 
 
 


(1)   
             Fiefs et châteaux forts relevant de la comté d'Auvergne (capitale Vic-le-Comte) par le chanoine Jean-Baptiste Fouilhoux; imprimerie générale, 2 cours Sablon, Clermont-Ferrand (1926)

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