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Bâti sur le massif granitique de Saint-Quentin près Sauxillanges, contrefort
du parc régional du Livradois-Forez et lisière de la Toscane d’Auvergne, en
contrebas de l’église paroissiale (ancienne chapelle d’un château fort
aujourd’hui disparu), le Château des Terrasses est une construction
classique avec un corps de logis principal flanqué d’une tour carrée, un
toit terrasse et jardin d’hiver. La bâtisse est percée de hautes ouvertures,
des balcons en andésite (pierre de Volvic), venant rythmer l’ensemble. Les
façades enduites à la chaux blanche et la couverture en ardoises n’ont rien
de commun avec les maisons environnantes. La construction (bâtie sur une
maison plus ancienne) a été réalisée en 1830 (et agrandie en 1870) pour
répondre à la commande de M. Antoine Mage-Ainé. Les dépendances en surplomb
ont été démembrées dans les années 1960. Le caveau familial Mage-Ainé en
marbre de carrare sculpté par Dubreuil-Jeune est intégré au parc de la
propriété. Une source canalisée alimentant à l’origine la maison, traverse
désormais un bassin d’agrément. La forte déclivité du terrain présente la
maison sur trois niveaux côté village, mais quatre niveaux côté parc, et
permet une vue en contreplongée sur ce dernier. Paysagé certainement à
l’occasion de deux campagnes de plantation, le parc présente notamment des
essences exotiques ornementales très prisées de la fin du XIXe siècle et du
début du XXe siècle: calo-cèdre, platane, sapin d’Espagne (mort en 2019),
sapins bleus de Californie, mais également allées de tilleuls, saule
pleureur, érables Negundo. Il s’étage pour partie en terrasses et restanques,
de nombreux chemins offrant des points de vue sur Sauxillanges, le Cezallier,
le massif du Sancy et le sud de la Chaîne des Puys.
Personnalités: 1850-1890; une ascension sociale: La Famille Mage-Ainé est
originaire de Saint-Quentin. Pure réussite du Second Empire, Antoine
Mage-Ainé a fait fortune dans le tissage métallique (propriétaire d’usines)
. Si ses activités et sa fortune sont localisées à Lyon, Antoine Mage-Ainé
n’en n’oublie pas pour autant ses racines en dotant le village de sa
première école, en offrant un lustre liturgique, les cloches de l’église,
etc… et surtout en faisant construire Les Terrasses pour villégiature. Il
marque sa réussite et sa différence par le choix de codes esthétiques
spécifiques, contrastant avec l’architecture vernaculaire du reste du
village (toiture en ardoise non en tuile, façades enduites à la chaux
blanche non en pierres blondes semi-apparentes, balcons courants en pierre
de Volvic détourés de ferronneries ou de balustres).
1890-1960: un foyer intellectuel de créations et de rencontres artistiques:
La famille Augé-Laribé, installée à Paris, reprend cette propriété comme
résidence d’été. Sur deux générations, cette famille animera le lieu sous un
angle beaucoup plus culturel. La première période des Augé-Laribé aux
Terrasses est marquée par la musique à travers la figure d’André Messager.
En effet, Eugène Augé-Laribé marié à Marthe née Messager, sœur du
compositeur et chef d’orchestre André Messager (ami fidèle de Fauré et de
Debussy, élève de Camille Saint-Saëns). Tous deux sont très proches : Eugène
Augé-Laribé est le témoin du premier mariage du compositeur et dédicataire
d’une de ses œuvres, et Messager séjourne très régulièrement chez son
beau-frère aux Terrasses pour composer et se reposer en famille. Des pièces
sont écrites, reprises ou jouées au Château pour le plaisir des hôtes de la
Maison.
Madeleine Messager (fille du compositeur) et son époux Jacques-Henri
Lartigue (photographe et peintre) sont passés aux Terrasses dans les années
20 en cousins et voisin de villégiature (les Lartigue furent propriétaires
du Château de Rouzat, Puy de Dôme, au début du XXe siècle). La seconde
période des Augé-Laribé aux Terrasses est marquée par la littérature à
travers la figure de Michel, fils de Marthe et Eugène et neveu d’André
Messager (dont il écrivit une biographie). Homme érudit, spécialiste de
Proudhon et du monde agricole (il publia de nombreux ouvrages de référence),
il travailla et écrivit beaucoup aux Terrasses jusqu’à sa mort. Diverses
circonstances l’amèneront à faire se rencontrer aux Terrasses en 1926 Lucien
Gachon, Emile Guillaumin et Henri Pourrat. "C’est ainsi que le romancier de
la plaine (Guillaumin) et le romancier de la montagne (Gachon) croisent
leurs chemins", dixit Henri Pourrat dans L’Auvergne, les Limagnes, Edition
Arthaud avec lequel il entretint une relation suivie agrémentée de
nombreuses visites à Saint-Quentin. Il travailla sur différents projets
entre autres avec Alexandre Viallate.
château des Terrasses 63490 Saint-Quentin sur Sauxillanges, propriété
privée, ne se visite pas.
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