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Le petit fief rural de Fontanet dépendait
féodalement du comté d'Auvergne et juridiquement du baillage de Busséol. Il
a donné son nom à une famille, qui a laissé peu de souvenirs dans nos
annales, et qui s'est éteinte au XVIIe siècle. Sa généalogie est rendue
impossible par le trop petit nombre de documents. Nous donnons les quelques
personnages, qui sont arrivés à notre connaissance. Hugues de Fontanet (de
Fontaneto) vivait dans le courant du XIIIe siècle. Le 5 juin 1266, il fit
plusieurs reconnaissances au Chapitre Cathédral de Clermont pour des
possessions dans les paroisses de Charmes et de Biozat, qui faisaient alors
partie du diocèse de Clermont, et qui sont maintenant comprises dans le
canton de Gannat (Allier). Astorgue de Fontanet, damoiseau, avait épousé une
femme du prénom d'Alexandra, qui était veuve en 1340. Le jeudi avant la
Toussaint de cette année, agissant en qualité de tutrice de ses enfants,
elle fit foi et hommage au Comte d'Auvergne pour une maison sise dans
l'enceinte du château de Busséol, et pour toutes les terres de Fontanet
situées dans le lieu vulgairement appelé Fontanet, délimitées par les terres
des hoirs de Hugues de Maunira, d'Etienne Astier, etc. Cette manière de
libeller la reconnaissance indique clairement qu'il n'y avait pas alors de
château à Fontanet. Deux enfants sont mentionnés dans cet acte féodal, mais
nous en connaissons un troisième, qui devait être majeur à cette époque.
C'étaient Jean qui fit un partage avec son frère Pierre, en 1380, dans
lequel partage figurait le quart de la dîme des quarterons de Mirefleurs; 2°
Pierre qui suit; 3°Bérald, mentionné avec Pierre dans l'acte de foi et
hommage de 1340. Pierre de Fontanet, damoiseau de la paroisse de Saint-André
près Busséol (Buceul), épousa, à une date inconnue, Marguerite de Neuville,
fille de Chatard de Neuville, damoiseau.
Le lundi avant la fête de Saint Mathieu, apôtre, en l'année 1356, ces deux
époux consentirent une vente à Révérend Père en Dieu Etienne, archevêque de
Toulouse, camérier du pape, représenté par son fondé de procuration, Robert
André, prêtre de la paroisse de Brenat, dans l'archiprêtré de Sauxillanges.
Cette vente, faite moyennant le prix de 300 livres, avait pour objet des
cens dus par un certain nombre d'habitants de Cébazat, consistant en douze
setiers de froment, douze gélines et vingt sols. L'archevêque faisait cette
acquisition pour servir de fondation à une chapellenie, qu'il avait établie
dans l'église du monastère de Saint-Alyre de Clermont. Comme ces cens
appartenaient à Marguerite de Neuville, son mari prenait l'engagement de lui
donner l'équivalent sur ses possessions de Pont-du-Château. Jean de Neyrac,
éeuyer, seigneur de Bellerive, fils émancipé de Guillaume de Neyrac, écuyer,
se portant caution de cette promesse, prenait l'engagement, au cas où Pierre
de Fontanet ferait défaut, de donner à Marguerite de Neuville cet équivalent
sur ses propres terres. Le titre de paroissiens de Saint-André, donné à
Pierre et à Barthélémy de Fontanet, indique qu'ils habitaient toujours leur
maison de Busséol, et que Fontanet n'avait pas encore de maison habitable.
Guillaume de Fontanet, damoiseau, fit des reconnaissances dans la seigneurie
d'Olliergues en 1396. Noble Robert de Fontanet, seigneur dudit lieu, épousa
Bompare de Flaghac en 1423. Il fit inscrire ses armes dans l'armorial de
Guillaume Revel, en 1450. Il est mentionné dans une reconnaissance faite au
comté d'Auvergne, le 12 avril 1462, par noble Jean Crespin de Bressoleyre,
du diocèse de Clermont. Antoine de Fontanet, chevalier, seigneur d'Aulhat,
appelé quelquefois Antoine d'Aulhat, paraît être tout à fait contemporain,
peut-être frère de Robert, qui précède. Il avait les mêmes armes, qu'il fit
aussi inscrire à l'armoriai de Guillaume Revel, en 1450. Par acte du 10
septembre 1466 il fit un échange avec le comte d'Auvergne. Comment était-il
devenu seigneur d'Aulhat? Nous l'ignorons. Y eut-il, à partir de cette
époque,, deux branches de cette famille l'une ayant la seigneurie de
Fontanet, l'autre la seigneurie d'Aulhat? Nous l'ignorons encore.
Noble Annet de Fontanet, damoiseau, fit foi et hommage au comte d'Auvergne,
en 1460, pour un hôtel, grange, jardin, garenne, prés, situés à Linhac
(Lignât paroisse de Saint-Georges). Dans l'aveu et dénombrement de la
noblesse en 1488, "Annet de Fontanet, escuier, a afermé par serment qu'il
tient, tant en domaine que en rante le tout XXX livres: servira le roi en
brigandinier". Jean de Fontanet, écuyer, seigneur d'Aulhat, probablement
fils d'Antoine, fut capitaine d'Usson. Il se trouva compromis dans la
défection du connétable de Bourbon, et fut condamné à mort. Mais soit que
son innocence fût reconnue, soit à cause de son grand âge de soixante-quinze
ans, il reçut des lettres de rémission de l'année 1525. En octobre 1483,
étant dans son château d'Aulhat avec son frère Gabriel de Fontanet, ils
reçurent assignation à comparaître, le 28 dudit mois, devant la grande porte
de l'église de Chalandras, à l'effet de déposer dans une enquête, où
devaient figurer un certain nombre d'autres personnages. L'objet de cette
enquête était de savoir à qui appartenaient les dîmes des quarterons, et sur
lesquelles le curé prétendait avoir un droit exclusif. Le 13 juillet 1499,
il acheta de Louis d'Aubière la terre de Roche-Romaine, dans la paroisse de
Saint-Victor près Besse, qu'il revendit le 13 octobre 1526, à François de
Creste, seigneur de Courgoul et de la Garde. Il avait aussi acheté de
Guillaume de Puychalin, seigneur dudit lieu, une dîme de blé dans le
mandement d'Ybois; la date nous est inconnue. Dans le terrier de l'abbaye
duBouchet, dressé par Jean Arnaud (1505-1510) noble Jean de Fontanet fit une
reconnaissance pour un champ enclavé dans les terres de Fontanet.
Annet de Fontanet, seigneur dudit lieu, qui figure au ban de la noblesse en
1523, épousa Anne du Croc. Ce mariage dut avoir lieu vers 1540. Il paraît
avoir été sans postérité, car Guillaume du Croc, neveu d'Anne du Croc, porta
le titre de seigneur de Fontanet, ce qui laisse croire qu'il fut l'héritier
de sa tante, qui aurait été elle même héritière de son mari. Quoiqu'il en
soit la terre de Fontanet resta dans la famille du Croc, pendant au moins
trois générations. Le 26 décembre 1613, Renée de Ménetou d'Aulezy, veuve de
noble Guillaume du Croc, dame de Fontanet, et en cette qualité, collatrice
de la vicairie de Saint-Sébastien fondée dans l'église paroissiale de
Saint-Georges parles seigneurs de Fontanet, y nomma Michel Rougier, nouveau
curé de Saint-Georges. Par son mariage cette dame était nièce d'Anne du €roc
et d'Annet de Fontanet. Après elle, la seigneurie de Fontanet passa à
Gabriel du Croc, le quatrième de ses fils, chanoine de Notre-Dame de la
Cathédrale de Clermont, par suite d'un accord passé entre lui et ses frères,
Gaspard et Magdelon du Croc. Il disposa de cette seigneurie, l'année 1649,
en faveur de son neveu, Charles du Croc, fils de Gaspard et d'Isabeau de la
Goutte de Sàint-Pulgeant. Charles du Croc, chevalier, baron de Brumard,
siegneur de Saint-Polgue, du Croc et de Fontanet, chevalier de l'ordre du
roi, capitaine d'une compagnie de chevaux-légersau régiment de Sainte-Anne,
épousa le 8 juin 1660, Françoise de Besse de la Richardie, qui étant veuve
et tutrice de ses enfants, en 1682, réclamait leurs droits dans la,
succession de leur père et dans celle de Gabriel du Croc, prévôt du Chapitre
de Brioude. Leurs enfants furent Jean-Claude du Croc, baron de Brumard,
seigneur du Croc de Saint-Polgue et autres lieux épousa, le 20 février 1678,
Françoise de Berny du Coudray; 2° Claude du Croc, chanoine, comte de
Brioude; 3° Charlotte du Croc. A une date que nous n'avons pu préciser, mais
qu'on peut approximativement fixer vers 1680, la terre de Fontanet passa à
la famille de Fredefont. Le Nobiliaire d'Auvergne affirme qu'un membre de
cette famille en fit foi et hommage en 1683. Nous n'avons pu vérifier le
fait. Mais dans la taxe des nobles de 1693, Jean de Fredefont, président du
siège présidial de Clermont, fut déclaré exempt pour sa terre de Fontanet.
Ses descendants possédèrent Fontanet et s'en dirent seigneurs jusqu'à
l'époque de la Révolution. (1)
Le château présente l'aspect sévère des demeures construites au XVIIe ou au
début du XVIIIe siècle dans la région clermontoise, particulièrement par les
familles de la bourgeoisie ou de la noblesse de robe. Les façades des trois
ailes disposées en U sont régulièrement percées de baies à encadrement de
Volvic. Les portes d'entrée présentent un tympan gothique armorié pour
l'une, un encadrement à bossage en table pour une autre, ou encore une
pierre armoriée de 1706. A l'intérieur, les pièces conservent un ensemble de
cheminées, boiseries, sols et plafonds, dont la chapelle aux lambris de
style Louis XVI, et le salon Directoire. Les jardins, d'abord constitués
d'un parterre en terrasse accessible par un escalier monumental à balustres
de Volvic, ont été aménagés au XIXe siècle en parc à l'anglaise. A partir de
l'année 1726, les procès-verbaux des visites pastorales mentionnent, au
château de Fontanet, un oratoire privé, toujours trouvé en très bon état,
muni d'un calice, vases et ornements nécessaires pour dire la messe. Une
fondation de douze livres y existait au profit du curé de Saint-Georges, à
la charge d'une messe, le premier jour de chaque mois.
Éléments protégés MH : le château avec ses décors intérieurs comprenant le
grand salon Directoire, la bibliothèque, la chapelle Louis XVI, la chambre
au trophée et son parc avec l'escalier monumental du jardin en terrasse :
inscription par arrêté du 25 octobre 2007. (2)
château de Fontanay 63800 Saint-Georges-sur-Allier, propriété privée, ne
se visite pas.
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