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Cette seigneurie, dépendante d'abord du comté
d'Auvergne, en fut distraite à l'époque des démêlés du comte Guy II avec le
roi de France, à la fin du XIIe siècle et au commencement du XIIIe. On sait
en effet que pour punir le comte de son infidélité à la couronne de France
et de ses excès envers son frère, Robert d'Auvergne, évêque de Clermont,
Philippe Auguste le dépouilla de toutes ses terres, dont une faible partie
lui fut rendue ensuite. Jusqu'au XVIe siècle, Saint-Georges releva en fief
de la couronne et fit partie du duché d'Auvergne. Sous Catherine de Médicis,
il fut de nouveau annexé au comté, nous ne savons par quel moyen; mais on
peut croire que ce fut à la suite des difficultés que le duc de Montpensier
suscita à cette princesse dans la jouissance du comté qu'il prétendait lui
revenir. Quoi qu'il en soit, Chabrol ne se trompe pas en faisant figurer
Saint Georges parmi les localités, qui de son temps, composaient le comté
d'Auvergne. Nous avons retrouvé plusieurs fois et hommages du fief de
Saint-Georges faits à Catherine de Médicis, à cause de son comté d'Auvergne.
Cette seigneurie n'eut jamais une grande importance. Dans la taxe des nobles
de 1693, son revenu était estimé à 600 livres. Elle fut érigée en baronnie
nous ne savons à quelle époque ni en faveur de quel personnage, mais on peut
croire que cette érection fut une des nombreuses gracieusetés que Catherine
de Médicis se plut à faire aux seigneurs de ses terres d'Auvergne. Un siège
de justice à tous les degrés y fut établi sous le nom de châtellenie, à une
époque inconnue. Le ressort de cette châtellenie ne s'étendit pas loin; nous
croyons que sa juridiction n'embrassait que le bourg de Saint-Georges et le
village de Ceyssat; le reste de la paroisse, spécialement Fontanet et Lignat,
ressortissait du bailliage de Busséol, comme ayant toujours été des
dépendances du comté d'Auvergne. Nous avons retrouvé le nom de quelques
châtelains, tous étrangers à la localité, ce qui prouve que Saint-Georges
n'était pas un pays fécond en jurisconsultes; l'absence presque complète de
bourgeoisie n'y favorisait pas le développement des carrières libérales.
Jean Laville, habitant à Cournon, remplit les fonctions de châtelain de
Saint-Georges, au moins de 1606 à 1629. Il eut pour successeur Philippe
Audigier, notaire royal à Mirefleurs, qui mourut en 1655. Gilbert Audigier,
fils du précédent et aussi notaire royal à Mirefleurs, fut nommé châtelain
par lettres de Bénigne de Rougier, seigneur de Saint-Georges, du 15 mars
1655. Philippe Simonnet, praticien à Mirefleurs et déjà châtelain de
Pérignat-ès-Allier, fut nommé, le 24 janvier 1683, par lettres en forme de
commission, pour le temps que durerait la saisie de la terre de
Saint-Georges, saisie opérée sur Achille de Rougier par ordre de Gabriel de
Laborie et de sa femme, Renée de Rougier. Il remplissait encore ses
fonctions en 1693, époque où la seigneurie fut adjugée à M. de Fredefont.
Philippe Montéléon, notaire royal à Mirefleurs, était châtelain en 1725. Les
autres officiers de cette justice étaient le lieutenant général, qui semble
n'avoir existé qu'à de rares époques; le procureur fiscal; les procureurs
postulants; le greffier. Mais la plupart du temps ces officiers, sauf le
procureur fiscal, étaient empruntés aux justices voisines, et n'étaient pas
en titre dans celle de Saint-Georges, où ils remplissaient seulement les
fonctions. Nous ne croyons pas qu'il y ait existé des notaires royaux; nous
connaissons seulement deux notaires ordinaires nommés par le seigneur.
Le premier seigneur de Saint-Georges, après la confiscation du comté
d'Auvergne, fut Guillaume de Cornon. Etait-il du nombre des capitaines qui
aidèrent Philippe Auguste dans ses guerres contre le comte Guy II, et
auxquels il distribua les terres et châteaux du comté après la victoire?
Saint-Georges, situé près de sa terre de Cornon, fut-il la récompense des
services rendus par lui à la royauté? C'est ce qui semble se déduire tout
naturellement de l'acte dé foi et hommage, dont nous donnons ici la
traduction: "A son très cher Seigneur Philippe, par la grâce de Dieu Roi de
France, Guillaume de Cornon salut et fidélité de service. Seigneur, sachez
que de vous je tiens Cornon et Anseridre (le Cendré) et Pentiac, et Saint-
Georges, et tout autre terre à moi appartenant, excepté le fief que je tiens
de l'évêque de Clermont et le fief Dauphin; et pour cela je suis votre homme
lige contre tous les vivants, à telle condition que vous ne me séparerez pas
de vous, et je resterai de droit dans votre cour, et où vous voudrez
m'envoyer; et je vous promets de bonne foi que je ne ferai ni paix, ni trêve
avec le comte Guy, si ce n'est par vous et par votre ordre; et cela je l'ai
juré pour vous au vicomte de Meaux et à M. Connétable d'Auvergne; je le
tiendrai, et afin que ce soit ferme et stable je l'ai confirmé par
l'apposition de mon sceau. Donné à Montferrand, l'an du Seigneur 1211, au
mois de décembre". Dans la seconde moitié du XIIIe siècle, la terre de Saint
Georges passa dans la famille de Saint-Babel, qu'on croit être une branche
de celle de Montboissier, par le mariage dé Gérald de Saint-Babel avec une
descendante de Guillaume dé Cornon, Eldine de Neyrat où peut-être de La
Vergne, fille ou petit-fille de Gaston II de Cornon-Gondole, seigneur de La
Vergne. Eustache de Saint-Babel, probablement fils de Gérald, figure comme
seigneur dé Saint-Georges de 1310 à 1317. Il portait assez indistinctement,
parait-il, le nom de Saint-Babel où de Saint-Georges, car dans un acte de
foi et hommage rendu à l'évêque de Clermont par Hélias vicomte de Ventadour,
et où il figure comme témoin, le rédacteur l'appelle seigneur Eustache de
Saint-Georges. Cet acte est du samedi après la fête des saints apôtres
Pierre et Paul, 1310.
Robert de Saint-Babel, seigneur de Saint-Georges, fit son testament le jour
après la fête des Rois 1322: le testateur vivait encore en 1332. Plus d'un
siècle et demi se passe sans que nous rencontrions un seul nom de seigneur
de Saint-Georges. Nous avons, il est vrai, durant cet intervalle, un
document où se trouve le nom de notre localité; mais ce document soulève
plus d'incertitude qu'il ne donne de lumière. En voici la substance. En
1366, Guillaume Roger, comte de Beaufort et d'Alais, vicomte de la Mothe,
après avoir émancipé son fils, marquis de Beaufort, tige des
Beaufort-Canillac, lui donna en contrat de mariage la châtellenie de
Pont-du-Château, la ville, château, forteresse et châtellenie de Monton, les
villes et lieux de Veyre, les Martres, Saint Martial, Saint-Alyre,
Chaslus-les-Bussicres, ses droits sur La Sauvetat, les lieux d'Enval, Lissac
et Benaud, les péages de Riom, Montferrand, Breuil, Veyre, Brancolie,
Saint-Georges et Dorat. Il confirma ces donations par son testament du 27
août 1369. Nous avouons ne pas bien comprendre ce mot péage de
Saint-Georges. S'il s'agissait du droit de circulation sur certaines denrées
ou marchandises, que pouvait-il être dans un pays jeté en dehors de toutes
voies de circulation? Du Cange nous dit que péage (pedagium) signifie
quelquefois cens prélevé sur les possessions des habitants d'un lieu; et
dans ce cas le bénéficier du péage serait le vrai seigneur usufruitier du
lieu. Mais ce sens est tellement exceptionnel que nous n'oserions affirmer
que les Beaufort-Canillac aient été seigneurs de Saint Georges. A la fin du
XVe siècle, la seigneurie de Saint-Georges avait passé dans la famille de
Bourbon Carency. Charles de Bourbon, fils de Jacques de Bourbon, seigneur
d'Aubigny, de Rochefort, de Busquoy et de Carency, et d'Antoinette de la
Tour d'Olliergues, était seigneur de Saint-Georges en 1495, époque où il fit
faire le terrier de cette seigneurie par Jailh, notaire. Il avait épousé le
18 avril 1493, Catherine d'Allègre, fille de Bertrand d'Allègre, baron de
Puisagut, seigneur de Busset, et d'Isabeau de Lévis. Charles de Bourbon
mourut à la fin de l'année 1503 où au commencement de l'année suivante. Sa
veuve fit faire deux fois le terrier de Saint-Georges, la première fois en
1504, la seconde fois en 1527.
Isabeau de Bourbon, dame de Saint-Georges, fille de Charles et de Catherine
d'Allègre, épousa en 1516, François d'Escars, seigneur de la Vauguion, baron
de Sairit-Germain-sur-Vienne, maréchal et sénéchal du Bourbonnais, fils de
Gauthier de Péruse dit d'Escars, sénéchal du Rouergue, seigneur de la
Vauguion, et de Marie de Monberon. A leur contrat de mariage assistèrent
Anne de France, duchesse douairière de Bourbon, Charles, duc de Bourbon,
connétable de France, Suzanne duchesse de Bourbon. De ce mariage naquit Jean
d'Escars, prince de Carency, seigneur de la Vauguion et de Saint-Georges,
chevalier des ordres du roi, capitaine de cent hommes d'armes de ses
ordonnances, marié avec Anne de Clermont, mort le 15 mars 1595. Il avait
vendu la terre de Saint-Georges à Jean Rogier, écuyer, seigneur de Binet,
par acte du 15 mai 1573. Les archives du château de Saint-Georges
conservaient une liève faite pour Jean d'Escars. Ce nom Rogier a été écrit
assez indistinctement Rogier ou Rougier; la première forme est plus spéciale
au XVIe siècle, et la seconde plus habituelle au XVIIe. La particule,
légitime ou non, n'apparaît qu'après l'acquisition de la terre de Saint
Georges. Les origines de cette famille nous sont inconnues. Nous la trouvons
à Vic-le-Comte dans le courant du XVIe siècle. Pierre et Georges Rougier
étaient chanoines semi prébendés de la Sainte Chapelle de 1553 à 1562.
Robert et Michel Rougier, père et fils, consentirent une vente au chapitre
de la Sainte-Chapelle, en 1552. François Rougier, châtelain d'Enval, signa
l'acte de tutelle confiée à Peyronnelle de Layre, veuve de Jean de
Quinquampoix, seigneur d'Enval, pour la garde des personnes et biens de ses
enfants. Jean Rougier, écuyer, lieutenant général du châtelain du comté
d'Auvergne (1557), qualifié seigneur de Binet et de Ceyssat avant
l'acquisition de la seigneurie de Saint-Georges, prit ensuite les titres de
noble et baron de Saint-Georges. Nous ne serions pas étonné que sa terre
nouvellement acquise ait été érigée en baronnie par Catherine de Médicis
pour le récompenser de ses services judiciaires, d'autant que la fidélité
avec laquelle il remplissait ses fonctions avait failli lui coûter la vie.
Un de ses successeurs nous apprend en effet que des délinquants peu
satisfaits de ses arrêts l'avaient précipité dans la rivière d'Allier. Le 19
février 1575, il recevait un certificat du maréchal des logis de la
compagnie de Mgr le duc de Savoie et des commissaires et contrôleurs des
guerres attestant qu'il avait assisté à la montre ou revue faite à la
Rochelle. Il mourut avant le 21 septembre 1576. L'inventaire des biens,
qu'il avait laissés, fut dressé par ordonnance du bailli du comté
d'Auvergne. De son mariage avec Jacqueline Deyre étaient nés Jean, qui
représente la génération suivante; 2° Jeanne, mentionnée comme morte sans
postérité dans l'acte de donation fait par sa soeur, Marie, à Anne Arnauld,
le 3 février 1596; 3° Marie, épousa noble Jean Arnauld, sieur de la Mothe,
conseiller du roi, trésorier général de France. Jean de Rougier, écuyer,
seigneur et baron de Saint-Georges, né vers 1563, était encore mineur à la
mort de son père. Le fief se trouvant en souffrance, comme on disait alors,
à cause de cette minorité, foi et hommage furent faits pour lui à la reine
mère du roi, à cause de son comté d'Auvergne, le 21 juin 1577. Une liève de
la seigneurie de Saint-Georges, extraite pour lui de son terrier, fût
affirmée par Viallàrd devant Bourlin, bailli du comté d'Auvergne, le 12
avril 1584. il comparut comme témoin dans l'enquête faite par Blaise Cistel,
trésorier général de France, en 1592, à propos des désastres occasionnés à
la ville de Vic-le-Comte par les deux sièges de 1589 et 1591, et des
indemnités que réclamaient les habitants: il ne parait pas avoir pris part
aux guerres de la Ligue, car pendant les deux sièges de la capitale du
comté, il était à Saint-Georges. L'humeur belliqueuse de son beau-frère, La
Mothe-Arnauld, n'avait pas déteint sur lui. De 1590 à 1597, il passa divers
actes avec les habitants de Saint-Georges à propos du four banal, des droits
de cuisson et de fournage. Une transaction délibérée par l'assemblée des
habitants, le 20 janvier 1597, et homologuée par sentence du sénéchal de
Clermont, le 26 mars suivant, mit fin aux difficultés.
Il fit son testament, par devant de Parades, notaire à Vic-le-Comte, le 30
septembre 1593; ensuite il épousait le 20 novembre 1593, Françoise de
Sailhans, qui était veuve en 1605. De leur mariage étaient nés Bénigne, qui
représente le degré suivant; 2° Antoinette, épousa par contrat du 16
novembre 1623, noble Pierre de Bourdeilles, sieur de Circou et de Couzances;
3° Antoine, sieur de Lignat, épousa le 5 avril 1629, Françoise Perrin, qui
était veuve en 1637. Ils ne laissèrent pas de descendance. Il parait qu'à
cette époque la sénéchaussée de Riom eut des velléités de faire rentrer
Saint-Georges dans son ressort. En 1619, Françoise de Sailhans, veuve de
Jean de Rougier, dut adresser au sénéchal une requête avec preuves à l'appui
pour établir que cette terre avait été séparée de sa juridiction et annexée
à la sénéchaussée de Clermont comme membre du comté d'Auvergne. Bénigne de
Rougier, seigneur et baron de Saint-rGeorges, eut quelques démêlés avec la
cour des Aides à propos de ses titres nobiliaires. Le 28 mars 1624, eut lieu
une enquête, dans laquelle comparurent huit témoins pour établir ses preuves
de noblesse. Nous ne connaissons pas l'issue de cette affaire. Il fut marié
en premières noces à Marie Papon; puis en secondes noces le 6 janvier 1635 à
Jeanne de Chanderasse de Creste. Du premier mariage vint Renée de Rougier,
qui épousa Gabriel de Laborie, sieur d'Eyssat. Leur fils, Charles de Laborie,
fut baptisé à Vic-le-Comte le 25 août 1665. Du second mariage de Bénigne de
Rougier naquit Charles Achille, qui suit. Bénigne fit son testament, le 13
janvier 1651, par lequel il donnait tous ses biens meubles à sa femme.
Celle-ci le voyant très malade, demanda l'inventaire de ces biens, qui fut
commencé, le 5 mai 1655, par Etienne Dalmas, notaire royal à Mirefleurs,
assisté du chevalier de Montfleury (Michel du Bost), de M. du Montel de
Gironde (Jacques-Louis de Gironde), de M. de Montfleury (François du Bost),
et de M. de Bourdeilles.
Cette opération fut suspendue par la mort de M. de Saint-Georges, arrivée le
soir même du 5 mai; elle fut reprise, le 7 mai, aussitôt après les
funérailles. Parmi les objets inventoriés figurent les chartes des archives
du château de Saint-Georges. C'est grâce à cet inventaire, conservé dans nos
archives départementales, fonds du Présidial de Clermont, que nous avons pu
faire l'histoire de ce fief. Malheureusement, le notaire de Mirefleur était
un assez pauvre archiviste, qui n'a su faire l'analyse d'aucune pièce, se
contentant d'indiquer le titre des actes. Jeanne de Chanderasse de Creste,
veuve deBénigne de Rougier, vivait encore en 1667, époque où elle soutenait
un procès contre le Chapitre de Saint-Cerneuf de Billom, à propos de cens en
blé, que ce Chapitre possédait sur la seigneurie de Saint-Georges.
Charles-Achille de Rougier, écuyer, seigneur et baron de Saint-Georges, né
vers 1643, était mineur à la mort de son père. Selon la volonté exprimée par
Bénigne de Rougier, dans son testament, la tutelle fut confiée à Jeannne de
Chanderasse, mère du mineur. En 1669, Charles-Achille servait en qualité de
cornette dans le régiment des Chevau-Légers de Sa Majesté, commandé par M.
de Bauvize, dans la compagnie du sieur de Bernèze. Il mourut dans les
premiers mois de l'année 1675, sans avoir été marié, et avec lui s'éteignit
le nom de Rougier de Saint Georges. Il avait gravement compromis sa fortune,
déjà obérée par les dettes qu'avaient contractées son père et sa mère. La
terre de Saint-Georges avait été saisie en 1671, par Gabrielde Laborie pour
le paiement de 25.000 livres faisant partie de la dot, gains et avantages
matrimoniaux de sa femme, Marie de Rougier. Le 15 décembre 1693, par
jugement signé Dufour et Champflour, le présidial de Clermont adjugea la
terre de Saint-Georges avec ses dépendances et appartenances à Jean de
Fredefont, écuyer, conseiller du roi, président dudit siège présidial, "en
paiement de la somme de 38.255 livres et de 40 septiers de blé, à lui dus
tant en son nom particulier qu'en qualité de cédataire du sieur de Laborie
et autres créanciers, pour jouir de ladite terre à titre incommutable et en
disposer comme de sa chose propre, vray et loyal acquêt, avec défense à
toute personne de le troubler en ladite jouissance, à peine d'amande,
dommages et intérêts".
Jean de Fredefont, écuyer, sieur de Saint-Romain pendant la vie de son père,
puis seigneur de Saint-Georges, Fontanet, Sauvagnat, la Roche-Mirefleurs, et
en partie de la prévôté de Bulhon, débuta dans la carrière judiciaire comme
receveur des consignations en la sénéchaussée et siège présidial, secrétaire
du roi, maison et Couronne de France et de ses finances. A la taxe des
nobles de 1693, il fut classé parmi les exempts pour la terre de Fontanet,
une dîme de blé et de chanvre à Busséol, une dîme de blé et de vin à la
Rcche-Mirefleurs, le tout estimé à 500 livres de revenu annuel. Il avait
épousé, vers 1675, Anne de Ferrioles. Nous ne lui connaissons que deux
enfants: Jean, qui continua la lignée; 2° Pierre, écuyer, seigneur de
Sauvagnat, paroisse de Vinzelles, conseiller à la cour des aides, épousa
Jeanne des Girards, fille de feu Etienne, écuyer, seigneur de la Prugne,
conseiller d'honneur en la sénéchaussée et siège présidial, et de Jeanne
Carmantrand. En 1732, Pierre de Fredefont est qualifié seigneur de Sauvagnat
et de la Rochette, et seigneur de la Prugne à partir de 1737. Il mourut le
25 juin 1749. Jean de Fredefont, écuyer, baron de Saint-Georges, seigneur de
Fontanet, d'abord conseiller au siège présidial en devint président à la
mort de son père. Il épousa Jeanne-Joséphine de Chazerat, il eut neuf
enfants dont Antoine, qui suit; 2° Marie-Gabrielle-Cécile entra comme novice
au monastère de la Visitation de Clermont; 3° Pierre-Gabriel, baptisé dans
l'église de Saint-Genès; 4° Jean, baptisé le 25 mai 1714; 5° Michel-Claude,
né le 1er novembre 1715; 6° Gilberte, baptisée le 12 janvier 1721; 7° Anne,
née le 27 novembre 1723; 8° Jean-Amable-Guillaume, né le 9 août 1725; 9°
Antoine, né le 27 juin 1727, mourut le 25 septembre de la même année.
Antoine de Fredefont, chevalier, baron de Saint-Georges, succéda à son père
dans l'office de président du siège présidial. Dans le "Rolle fait par M. de
Ballainvillers, intendant d'Auvergne, des sommes qui doivent être payées en
exécution des édits du roi, du mois de mai 1749, de sa déclaration du 7
juillet 1756, et de l'article 3 de l'édit du mois d'avril 1763 le sieur
président de Fredefont était taxé à 525 livres, 2 sels, pour sa terre de
Saint-Georges, une directe à Saint-Julien, une dîme à Dreuil (La Roche-Noire)",
et cinq domaines qui ne sont pas désignés. Il était de beaucoup le plus
imposés de tous les seigneurs du comté d'Auvergne. Il épousa
Charlotte-Magdelaine Langlois. Ce mariage eut lieu vers 1736. Leur fille,
Jeanne-Charlotte, fut baptisée le 3 mai 1737. Ils eurent une autre fille,
dont nous ne connaissons pas le nom. Elles épousèrent, l'une un Jouvenceau
d'Allagnat, l'autre un de Cormeré. Pendant la Révolution, elles émigrèrent
toutes deux. Antoine de Fredefont mourut le 8 novembre 1791. Sa veuve vivait
encore en l'an VI de la République; elle était morte avant le 26 germinal an
VII (15 avril 1799); sous cette date fut vendue sa maison de Clermont,
"advenue à la Nation par la mort de la veuve Fredefont et l'émigration des
femmes Allagnat et Cormeré, ses filles. Les terres de Saint-Georges et de
Fontanet, qui appartenaient aussi à Charlotte-Magdelaine Langlois, comme
héritière de son mari, tombèrent dans le domaine de la nation pour les mêmes
motifs que la maison de Clermont. Nous n'en avons pas trouvé la vente. Mais
avant la mort de la propriétaire, les administrateurs du canton de
Mirefleurs s'en étaient déjà occupés. Le 24 messidor an V (12 juillet 1797),
le juge de paix du canton avait mis le mobilier de Fontanet sous la garde de
Jean Dousse, Antoine Duteil et Marthe Gony, anciens domestiques de Madame de
Fredefont. En l'an VI, la municipalité du canton estima ses propriétés sur
la commune de Saint-Georges à 450.000 francs, au lieu de 158.721, qu'elle
avait déclarés, et de 250.000 d'après l'estimation de 1790. Il semble que
l'administration guettait le moment de sa mort pour s'emparer de ses biens.
(1)
château de Saint-Georges-sur-Allier 63270 Saint-Georges-sur-Allier,
propriété privée, ne se visite pas, bien visible de l'extérieur. Le
château-fort est situé prés de l'église. Reste d'une enceinte quadrangulaire
d'environ 25 mètres de côté dont il subsiste deux flanquements circulaires
d'angle. L'un d'eux, à moitié effondré, est un donjon cylindrique d'environ
huit mètres de diamètre, au mur épais de 1,50 mètre. Un logis, pourvu à un
angle d'une tourelle circulaire sur tas-de-charge, est construit au XVIIe
siècle hors du tracé originel.
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