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L'orthographe du mot Sarlant a souvent varié. On a écrit Sarlan, Sarland,
Sarlanc, Sarlans, Sarlant, Sarlen, Sarlenc, Sarlem, Sarlent. Nous n'avons
rencontré qu'une seule forme latine de Sarlenco. Nous laisserons à de plus
érudits le soin de discuter l'étymologie, que nous avouons ne pouvoir
raisonnablement déterminer, pour passer immédiatement à l'histoire de ce
lieu. Sarlant ne fut d'abord qu'un Mas ou domaine appartenant au comté
d'Auvergne. Il en fut détaché à une époque incertaine pour constituer
l'apanage d'un personnage, que l'on croit être le fils naturel d'un des
comtes. En 1341, il possédait une maison d'habitation désignée sous le nom
d'hospitium, ce qui n'implique aucune idée de forteresse ou de château
féodal. L'agriculture proprement dite ou culture des céréales y était peu
avancée à cette époque. D'après l'aveu de dénombrement fait au comte
Philippe de Bourgogne, mari de Jeanne, comtesse d'Auvergne et de Boulogne,
les dépendances et appartenances du mas se composaient de vignes, prés,
garennes et pacages. Les propriétaires d'alors ne paraissent pas y avoir
fait leur résidence ordinaire. Ils avaient, maisons à Vic-le-Comte,
Châteauneuf (Mirefleurs), La Roche-Margnat (Roche-Noire). Il est probable
que leur préférence comme habitation était pour la capitale du comté ou pour
Châteauneuf. Le château actuel de Sarlan porte la date de sa construction.
Sur une pierre encastrée dans le mur en légère saillie, au-dessus de la
porte qui conduit dans la cour d'honneur, on lit cette inscription: "Nisi
Dominus oedificaverit domum, in vanum labora verurd qui oedificant eam,
1472". Il n'y a donc pas à se méprendre sur son âge. Mais nous aimerions à
connaître le pieux seigneur qui voulut faire graver sous ses yeux, sous ceux
de ses visiteurs et de ses descendants, ce premier verset du psaume LVIe,
affirmation de sa foi en l'intervention du créateur dans les événements de
ce monde et expression de sa confiance en la divine Providence.
Des renseignements généalogiques trop incomplets ne nous permettent pas de
le désigner avec certitude. Nous devons toutefois signaler la lourde erreur
imprimée dans le Grand Dictionnaire géographique et historique du
Puy-de-Dôme, qui attribue cette construction à Antoine de Sarlan, premier
sénéchal de Clermont. Ce seigneur, mort en 1586, n'élevait certainement pas
des édifices en 1472. Ce qui est vrai c'est qu'Antoine de Sarlan, serviteur
dévoué des derniers Valois, comblé par eux d'honneurs et de richesses, fit
placer leurs portraits dans les murs de la cour intérieure de son château,
où on les voit encore. Si nous avions à donner d'une manière probable le nom
du seigneur qui le fit bâtir, nous indiquerions Pierre de Sarlan, qui était
propriétaire dudit lieu en 1463. Edifié à une époque où les grandes luttes
féodales étaient terminées, où le souvenir des invasions étrangères était
déjà loin, ce château ne ressemble en rien aux sombres citadelles qui
couronnent les sommets de l'ancien comté d'Auvergne. Son assiette au bord
d'un large plateau rattaché à la vallée de l'Allier par des pentes douces,
est d'un accès facile et ne révèle aucune intention de défense contre une
armée. Son plan simple et régulier n'offre aucune des complications
inventées pour déjouer les efforts des assaillants et ralentir leur marche.
Son architecture n'a rien de militaire. Les larges ouvertures de ses façades
disent qu'elles ont été faites pour introduire la lumière dans des
appartements habités par des gens paisibles et non par des hommes bardés de
fer. Les tours rondes, qui flanquent ses angles, sont un ornement
architectural plutôt qu'un moyen de repousser l'agresseur. Le donjon
lui-même, si on peut appeler de ce nom une tour carrée placée à l'extrémité
d'une des façades, semble n'être là que pour donner un aspect plus
monumental à l'ensemble des constructions, ou comme une réminiscence de
l'art architectural qui avait présidé à l'édification des châteaux féodaux.
Nuls vestiges ne laissent soupçonner l'existence de fossés, de pont-levis,
de herse ou de tout autre barrière opposée aux envahisseurs.
Le plan du château représente à peu près un carré, dont trois côtés sont
construits autour d'une cour intérieure, et le quatrième fermé par une
grille qui donne accès dans les jardins et la garenne, nouvelle preuve que
nous ne sommes pas dans une citadelle. Une tradition orale, recueillie de la
bouche des derniers descendants de la famille d'Oradour, morts après 1830,
nous apprend que le château eut deux étages au-dessus du rez-de-chaussée,
dont l'un fut abattu pendant la révolution. L'absence de corniches et de
tout autre membre d'architecture aux arasements des murs indique en effet
que la toiture actuelle a été placée sur un édifice découronné. Pour
dissimuler la laideur de cet aspect ruineux, M. le comte de Douhet,
acquéreur du château après la disparition des d'Oradour, avait fait faire un
couronnement fantaisiste, composé d'arcs renversés avec des boules
d'amortissement sur les points de jonction. Cette singularité architecturale
a fait dire par de prétendus archéologues du pays que le château était bâti
à l'italienne. Nous avons entendu bien des fois le spirituel propriétaire
plaisanter sur cette inconcevable méprise. Comme toutes les anciennes
résidences seigneuriales, Sarlan avait une chapelle. Ce petit sanctuaire,
placé au rez-de-chaussée et ouvrant sur la cour intérieure, est encore
intact; il conserve son nom de chapelle; mais son emploi a été désaffecté.
Le service religieux était fait tantôt par les prêtres de la paroisse,
tantôt par un chapelain spécial habitant au château. En 1660, le chapelain
se nommait Claude Anglade; il figure comme témoin d'un acte de procuration
donné par la comtesse douairière d'Oradour, Catherine de Seymiers, pour le
mariage d'un de ses enfants. En 1741, l'évêque de Clermont, en tournée
pastorale à Yronde, signalait l'absence de fondation pour les honoraires des
prêtres de la paroisse, qui remplissaient les fonctions de chapelain, et
ordonnait qu'il serait fondé une rente de huit livres à cet effet, sous
peine d'interdiction de ladite chapelle.
Au point de vue judiciaire; Sarlan fut longtemps un simple fief rural sans
juridiction à aucun degré, et ressortissant du bailliage de Buron. Mais en
1667, la terre et baronnie de Buron ayant été enlevée à la famille d'Oradour
et attribuée à Jacques Louis de Gironde par suite d'un procès, le parlement
déclara que Sarlan serait érigé en bailliage avec haute, moyenne et basse
justice. Le ressort du nouveau siège s'étendit sur la seigneurie du lieu,
sur celle d'Aubeyrat, sur le village de Fontcrépont et sur l'abbaye du
Bouchet. Depuis le moment où il fut séparé du domaine des comtes, jusqu'à la
Révolution, le fief de Sarlan a été l'apanage de deux familles, dont l'une a
succédé à l'autre par un mariage. La première de ces familles eut pour
auteur, dit-on, le fils naturel d'un comte d'Auvergne. Les uns attribuent la
paternité de ce personnage à Guillaume XII, d'autres à Jean II. Nos
renseignements généalogiques très incomplets nous obligent à une grande
circonspection pour ne pas avancer des choses fausses ou risquées. Nous les
donnerons sans trop, forcer les conclusions.
Baudin ou Baudein d'Auvergne est le premier seigneur de Sarlan dont
l'existence soit attestée par des titres authentiques. Il figure comme
témoin avec le qualificatif de miles dans un acte passé au château de
Vic-le-Comte, le 21 septembre 1321. Est-il la véritable souche de sa
famille? Nous le croyons sans oser l'affirmer. Est-il fils légitime ou
illégitime d'un comte? La réponse ne se présente pas sous une forme
absolument historique. Son nom patronymique d'Auvergne semble le rattacher
assez sûrement à la noble race des comtes, et son blason confirmerait au
besoin cette descendance; il portait de gueules à trois gonfanons d'or
frangés de sinople, tandis que les comtes portaient d'or au gonfanon de
gueules frangé de sinople. Cette différence, consistant à multiplier le
meuble et à intervertir l'ordre du métal et de la couleur, parait être une
simple brisure, quoiqu'elle ne soit pas tout à fait conforme aux règles
héraldiques, qui consistent à ajouter ou à retrancher aux meubles. D'autre
part, aucun document ne permet de le faire figurer dans l'arbre généalogique
de la famille des comtes, et ses descendants quittèrent leur nom d'Auvergne
pour prendre celui de Sarlan, ce qu'ils n'auraient certainement pas fait,
s'ils eussent été d'origine légitime. Il est donc probable que Baudin était
fils de comte, mais fils illégitime. Il mourut antérieurement à l'année
1341, de son mariage avec noble dame Béatrix il laissait cinq enfants dont
Jean d'Auvergne, qui suit; 2° Béatrix; 3° Marguerite; 4° Alazie; 5° Robert
d'Auvergne, dont le sort est inconnu, comme celui de ses trois soeurs. Jean
d'Auvergne, damoiseau, de concert avec sa mère, fit foi et hommage au comte,
tant en son nom qu'en celui de son frère et de ses trois soeurs, tous
mineurs, en l'année 1341. Les possessions, qu'ils reconnaissaient tenir en
fief, étaient une maison située dans le mas de Sarlan avec vignes, prés,
garennes et pacages appartenant à ladite maison; une maison à Châteauneuf (Mirefleurs);
une troisième maison à la Roche Margnat (Roche-Noire); et des cens dans les
châtellenies de Busséol, Ybois, Buron et Coppel.
La convenance des dates et des prénoms permet de lui attribuer comme enfants
Baudrin d'Auvergne, qui suit; 2° Jean d'Auvergne, figure dans les comptes de
la trésorerie de Jean, duc de Berry: "à Jehan d'Auvergne, chevaucheur, pour
faires ses frais et dépens d'aller de Husson à Ardre (Usson à Ardes) et à
Nonnette et dilec à Riom porter lettres hastivement de Mond. Seigr. au comte
Dauphin, le XXIXe jour du moys de novembre (1397)". Le paiement en question
lui fut fait au mois de janvier 1398. Baudrin II laissa le nom d'Auvergne,
porté par son père et son aïeul, pour prendre celui de Sarlan. Nous le
trouvons mentionné sous ce nouveau nom dans les comptes de la trésorerie de
Jean II, comte d'Auvergne, en 1387: "Reçu de Jehan Sissard, garde du
scellier de Châteauneuf, six muids onze sextiers de vin, qui furent baillés
à noble homme Baudrin de Sarlent pour cause de six sextiers émine de
vinaigre". N'ayant aucune preuve de filiation pour les personnages suivants,
nous les donnons dans l'ordre chronologique où ils apparaissent. Antoine 1er
de Sarlan fut compris dans l'armoriai de Guillaume Revel, en 1450. Morinot
de Sarlan, écuyer, figure dans cinq actes. En 1460, il fit aveu au comte
d'Auvergne pour une maison située à Châteauneuf et appartenant à sa soeur,
Anna de Sarlan. En 1462, il fit aveu et dénombrement pour ses propres
possessions relevant en fief du comté d'Auvergne. En 1469, il fut témoin de
la vente d'une maison consentie par Bertrand VII, comte d'Auvergne et de
Boulogne; cette maison, située à Châteauneuf, était attenante à l'hôtel
qu'il possédait en commun avec sa soeur, Anna de Sarlan. En 1486, étant
capitaine du château de Vic-le-Comte, il figura dans un arrangement où Jean
Poisson-Pacience s'engageait à relever une partie des murailles de la ville
pour employer la somme de 40 livres, qu'il devait à la luminerie. Au ban de
1485, il fit aveu et dénombrement pour noble demoiselle de Serve, dame dudit
lieu, à laquelle il ne fut rien imposé, parce qu'elle était vieille et
malade.
Pierre de Sarlan, qualifié noble, est mentionné comme propriétaire et
seigneur de la terre de Sarlan, dans l'aveu et dénombrement fourni au comte
d'Auvergne par noble homme Antoine de Serment, seigneur de Condat et en
partie de Fontcrépon, en 1463. Antoine de Sarlan était religieux cistercien
de l'abbaye du Bouchet, en 1496. Il figure dans un acte de procuration donné
par le couvent pour passer une transaction avec le comte d'Auvergne. Vincent
de Sarlan, convoqué au ban de 1488, "a affermé par serment qu'il tient à
cause dudit lieu de Sarlent XXV livres de rante; ordonné qu'il fera un
brigandinier en service". Vincent de Sarlan fut convoqué au ban de la
noblesse en 1543. Il était probablement frère du suivant. Antoine de Sarlan,
deuxième du nom, seigneur et baron dudit lieu, de Buron, Saint-Yvoine,
Authezat, Saint-Sandoux et en partie de Chaslus-les-Bussières, chevalier de
l'ordre du roi, conseiller de sa Majesté et de la reine mère, leur premier
maître d'hôtel, leur maître des eaux et forêts au comté d'Auvergne, leur
sénéchal et juge royal du comté de Clermont et d'Auvergne, naquit dans les
premières années du XVIe siècle. Dernier rejeton de sa race, il en a été la
principale illustration. Il fut successivement page du seigneur de Roche
Baron, de Jean d'Albanie, comte d'Auvergne, et gentilhomme servant du roi
François 1er. Il résulte d'un acte royal de 1585 qu'il dut entrer au service
de la cour en 1535, puisqu'il y est dit qu'on veut le récompenser des
services qu'il a rendus à la royauté depuis cinquante ans. Lorsque la reine,
Catherine de Médicis, fonda une maîtrise des eaux et forêts pour le comté
d'Auvergne, la baronnie de la Tour et la seigneurie de Lezoux, en 1548,
Antoine de Sarlan, qui était déjà son premier écuyer tranchant, fut nommé
maître des eaux et forêts, tout en conservant son ancienne charge. Le 15
avril 1550, il reçue de la reine un brevet, daté du château du Louvre, par
lequel elle lui assurait l'office de gouverneur du comté et de la ville de
Clermont, si elle rentrait en possession dudit comté et de ladite ville. Et
au cas où il plairait au roi d'ériger à Clermont un siège présidial de
bailli ou de sénéchal, le sieur de Sarlan remettrait aux mains de la reine
son brevet de gouverneur pour recevoir celui de bailli ou sénéchal.
Les dispositions conditionnelles de cet acte sont une allusion au litige
alors pendant entre la reine et l'évêque, à propos de la ville et du comté
de Clermont. D'après les arrangements survenus, au commencement du XIIIe
siècle, entre le comte Guy II et son frère Robert, évêque de Clermont, la
ville et le comté de ce nom avaient été attribués au prélat, qui en avait
joui ainsi que ses successeurs sur le siège épiscopal. Devenue seule
héritière du comté d'Auvergne et baronnie de la Tour, Catherine de Médicis
prétendit que si l'évêque Robert avait pu jouir en propriétaire du comté de
Clermont, en sa qualité de fils de comte, ses successeurs n'avaient pu le
tenir qu'à titre de dépositaires, et elle le réclamait comme faisant partie
de la succession de ses ancêtres. Lorsqu'elle en assura le gouvernement à
Antoine de Sarlan, le procès n'était pas encore terminé. Voilà pourquoi la
nomination de celui-ci était conditionnelle. Mais bientôt le parlement donna
raison à la reine, et au mois de juin 1551, un édit royal, daté de
Châteaubriant, démembrait la sénéchaussée d'Auvergne, dont le siège était à
Riom, pour ériger à Clermont une seconde sénéchaussée, dont le ressort
s'étendait sur toutes les possessions de Catherine de Médicis dans la
province. Conformément au brevet sus énoncé, M. de Sarlan fut le premier
sénéchal de Clermont. En cette qualité il fit enregistrer le 24 novembre
1556, les lettres patentes de la reine et de Henri II, son mari, relatives
aux privilèges accordés à la ville. Il se démit de son office de sénéchal en
faveur de son gendre, Jacques d'Oradour, qui fut nommé par décret royal
donné à Metz, le 13 avril 1569. Mais celui-ci étant mort avant lui, il
obtint du roi d'être de nouveau pourvu de cette charge pour la conserver
dans sa famille, et il la transmit à son petit-fils, Julien d'Oradour, qui
fut nommé par brevet de la reine du 21 février 1585, confirmé par ordonnance
du roi donnée à Paris le 16 mars de la même année. Ses fonctions judiciaires
n'empêchèrent pas M. de Sarlan de conserver un emploi à la cour.
De premier écuyer tranchant il devint maître d'hôtel ordinaire du roi et de
la reine mère, et en 1571, alors qu'il s'était démis de la sénéchaussée,
Catherine de Médicis lui fit donner la charge de premier maître d'hôtel de
leurs Majestés, charge dont il obtint de se démettre en faveur de son
petit-fils, Julien d'Oradour, qui en fut pourvu par brevet donné à Paris, le
13 février 1580. Ses descendants n'étaient pas seuls à bénéficier ainsi de
sa haute influence à la cour. Il l'exerça plus d'une fois en faveur de ses
amis et alliés. A une date, qui n'est pas certaine, mais qui doit
correspondre à l'année 1551, il avait fait nommer son cousin, François de la
Guesle, seigneur de la Chaux-Montgros et de Montfleury, à la charge de
gouverneur de la ville et comté de Clermont, dont il avait dû se démettre
lui-même pour devenir sénéchal. Lorsqu'il le vit incliner vers sa fin, il
eut encore la prévoyance de se faire assurer de nouveau la succession à
cette charge afin de la transmettre à qui bon lui semblerait. Catherine de
Médicis ne savait rien lui refuser. Elle lui adressa de Villers Cotteret un
brevet où elle déclarait qu'à la vacance de ce gouvernement, elle entendait
qu'il fît retour à M. de Sarlan, qui s'en était démis jadis, pour qu'il en
disposât à son gré. Après la mort du titulaire, il en fit investir son
beau-frère, autre François de la Guesle, seigneur dudit lieu et du Chariol.
Antoine de Sarlan mourut à la fin de l'année 1586. De son mariage avec
Françoise de la Guesle, fille de Jean il ne laissa qu'une seule fille,
Clauda de Sarlan, qui porta les seigneuries de Sarlan, Buron, Authezat,
Chalus-les-Bussicres en partie, Saint-Yvoine et Saint-Sandoux dans la
famille d'Oradour, par son mariage du 28 novembre 1557, avec Jacques d'Oradour,
chevalier, seigneur de Saint-Gervazy, Unsac, Segonzat, Bethel, Montcellet,
Boisse etc. Il servit d'abord dans la compagnie de M. de Randan, et fut
ensuite lieutenant d'une compagnie de cinquante hommes d'armes des
ordonnances du roi, commandée par le grand prieur d'Auvergne, Louis de
Lastic (1569).
Antoine de Sarlan donnait à sa fille 8.000 livres de dot, et la constituait
son héritière universelle, à moins qu'il ne contractât lui-même un second
mariage d'où il lui viendrait d'autres enfants. Jacques d'Oradour donnait à
son fils Jean la terre et seigneurie de Saint-Gervazy, dont il se réservait
la jouissance sa vie durant; et au cas où le nouveau ménage cesserait
d'habiter avec lui il lui donnait en jouissance la terre de Béthel. Ce
contrat portait les signatures suivantes: de Layre, de la Salle, Oradour, de
la Guesle, Chadieu, J. Compteur, A. de Sarlan de Chaslus. Le 28 octobre
1568, François de Montboissier, chevalier de l'ordre du roi, gentilhomme
ordinaire de sa chambre, seigneur et baron de Montboissier, Aubusson, le
Monteil, Boissoimelle, etc, céda gratuitement à Jacques d'Oradour la justice
haute, moyenne et basse, mère et mixte empire sur les lieux nobles et
domaines des Martinanches, Boisse, Teilhet, le Puy-de-Boisse, le Cros, la
Ripodie, le Mas, composés de maisons, fossés, granges, étangs, moulins,
garennes, prés, terres, bois. Dès lors, les Martinanches eurent un siège de
justice, dont le ressort s'étendit sur les lieux susnommés. Antoine de
Sarlan s'étant démis de sa charge de sénéchal de Clermont, Charles IX, en
considération des services qu'il avait rendus, donna cet office à son
gendre, Jacques d'Oradour. Le brevet de cette nomination fut signé à Metz,
le 13 avril 1569. En 1571, Jacques d'Oradour est qualifié maître d'hôtel du
roi et premier pannetier de la reine. Le 11 janvier 1574, Jacques d'Oradour,
agissant en son nom, au nom de Marguerite de Monmaur, dame de Sansat, et au
nom d'Antoine d'Oradour, son frère, chanoine de Brioude, vendit à puissant
seigneur Guyon de Belvezère, seigneur dudit lieu et de Jonchéres, la place,
fief et seigneurie d'Oradour, avec les dépendances et appartenances, justice
haute, moyenne et basse. Les descendants de l'acquéreur conservèrent
longtemps le fief d'Oradour. En 1686, Charles de Belvezer de Jonchéres,
écuyer, était seigneur d'Oradour et en partie de Meillaud et de Tourzel. Il
est appelé dans quelques pièces de procédure Charles d'Oradour, quoiqu'il
n'appartint à aucun titre à la famille, qui nous occupe.
Jacques d'Oradour mourut, vers 1580, laissant veuve Clauda de Sarlan. De
leur mariage étaient nés Julien d'Oradour, qualifié sieur de Saint-Gervazy.
Son grand père, Antoine de Sarlan, s'étant démis de la charge de premier
maître d'hôtel de Catherine de Médicis, il y fut nommé à sa place le 13
février 1580. Le 16 mars 1585, Henri III le nomma sénéchal de Clermont, en
remplacement de son même grand père, qui avait repris cet office après la
mort de Jacques d'Oradour, dans l'intention évidente de le lui transmettre,
lorsqu'il serait à même de l'occuper. Le 18 juillet 1584, une donation de
son grand père, passée au château de Sarlan, lui avait assuré toute la
succession de la maison de Sarlan, sauf la terre de Saint-Sandoux, donnée à
sa mère, et la terre d'Authezat, donnée à Jacques son frère. L'avenir
s'ouvrait brillant devant lui, mais la mort vint briser cette carrière à un
âge peu avancé. 2° Jacques II d'Oradour, qui continua la lignée. 3° Clauda
d'Oradour, dame des Martinanches, épousa François de Cistel, vicomte de
Montglandier, dont elle était veuve en 1634. 4° Jeanne d'Oradour mariée à
noble Jean de Pèllignières, écuyer, seigneur de Saint-Martin, par contrat du
11 février 1573. 5° Anna d'Oradour, demeurant au château des Martinanches.
6° Magdelaine d'Oradour, mariée à Jacques de Marillat, laissa une fille,
Anne de Marillat, qui épousa Charles de Gironde, et fut mère de
Jacques-Louis de Gironde. En 1667, celui-ci obtint un arrêt du parlement
ordonnant le partage à nouveau des terres de Buron, Sarlan, Saint-Yvoine et
Authezat pour lui en être délivré la huitième partie, formant la moitié du
quart des successions d'Antoine de Sarlan, de Marguerite de la Guesle, de
Clauda de Sarlan, de Jacques d'Oradour, père d'Anne, Julien et Marguerite d'Oradour.
Par suite de cet arrêt il eut la terre de Buron.
Jacques II d'Oradour, chevalier, seigneur et baron de Buron, Sarlan,
Samt-Gervazy, Authezat, etc, avait reçu en apanage la terre d'Authezat, par
donation de son grand-père, Antoine de Sarlan, du 18 juillet 1584. La mort
de son frère aîné, Julien d'Oradour, le fit baron de Buron, de Sarlan et de
Saint-Ger vazy. Il épousa le 10 août 1588, Magdelaine du Bost, fille
d'Antoine, écuyer, seigneur du Bost en Forez, et de défunte Françoise d'Aultérat.
Il figura comme témoin dans l'enquête faite au mois de juillet 1592, par
Benoit Cistel, trésorier général de France, pour apprécier les dépenses et
pertes occasionnées à la ville de Vic-le Comte par les deux sièges qu'elle
avait eu à soutenir en 1589 contre le comte de Randan, et en 1591 contre le
duc de Nemours. Son testament fut dicté en sa maison de Vic-le-Comte, le 27
septembre 1627, et il mourut cette même année, d'après le registre de la
confrérie du Saint-Sacrement, dont il était membre. Il laissa douze enfants
dont Pierre d'Oradour, qui continua la lignée; 2° Charles d'Oradour, qui fut
la tige des seigneurs d'Authezat et de ChasIus-les-Bussières; 3° Jacques d'Oradour,
entra dans l'état ecclésiastique, et le 4 mai 1628, étant au château de
Sarlan, il fit donation de tous ses biens à celui des enfants mâles de
Pierre d'Oradour, son frère; 4° Alexandre d'Oradour porta le titre de sieur
d'Oradour, quoique ce fief n'appartint plus à sa famille; 5° Jean d'Oradour,
seigneur et baron de Ségonzat; 6° Guy d'Oradour, écuyer, contracta mariage
le 28 août 1629, avec Jeanne de Lorme alias de Pagnat; 7° Anne d'Oradour,
religieuse au couvent de Saint Pierre de Blesle; 8° Jeanne d'Oradour, dite
de Sarlan, novice au monastère de l'Esclache; 9° Magdelaine d'Oradour,
religieuse avec sa soeur, Jeanne d'Oradour; 10° Magdelaine d'Oradour, était
encore novice au couvent de Saint-Pierre de Blesle, en 1621; 11° Marguerite
d'Oradour, novice au couvent de Saint-Pierre de Blesle en 1621; 12° Louise
d'Oradour, à qui son père avait constitué une dot de 15.000 livres, payable
à son mariage, épousa le 3 décembre 1634 Claude de Pouzols, écuyer, seigneur
de Gazard; 13° Un treizième enfant était né en 1607, du mariage de Jacques
d'Oradpur et de Magdelaine du Bost; mais il mourut en bas âge, après avoir
commencé ses études au collège de Billom, où il était entré le 19 avril
1614.
Pierre d'Oradour, chevalier, seigneur et baron de Buron, Sarlan,
Saint-Gérvazy, etc, épousa le 19 décembre 1642 Marie-Catherine de Seymiers,
fille de Léonard des Noyers de Seymiers, écuyer, sieur dudit lieu de
Seymiers, Montpeyroux, Voret, la Foresterie, baron de Saint-Mary et de
Saint-Poncy, et de Françoise de Seymiers. Pierre, dans son testament,
laissait à sa femme la tutelle de ses enfants et la jouissance de tous ses
biens, à condition de payer les pensions de son frère, Jacques d'Oradour,
prêtre, et de ses soeurs; constituait son héritier universel Louis-Timoléon
d'Oradour, son fils aîné; donnait à Charles d'Oradour, son fils cadet, la
terre et seigneurie de Saint-Gervazy et Unsac; faisait des legs en argent à
ses autres enfants et donnait 1500 livres à son filleul, noble Pierre Brun
du Boisnoir. Il nommait ses exécuteurs testamentaires Charles et Jean d'Oradour,
ses frères. Il mourut peu après laissant Louis-Timoléon d'Oradour, qui suit;
2° Charles d'Oradour, qui fut la tige des seigneurs de Saint Gervazy; 3°
Jean d'Oradour, écuyer, seigneur de Parent et de Pertus; 4° Jean d'Oradour,
sieur de Segonzat, inscrit au testament de son père pour un legs de 4.000
livres; mort sans postérité avant 1661; 5° Marie d'Oradour, à laquelle son
père avait assigné 8.000 livres de dot, entra au monastère de
Sainte-Scholastique de Billom, où elle mourut avant 1683; 6° Jean-Louis d'Oradour,
tige des seigneurs du Buisson; 7° Anne-Marie d'Oradour entra d'abord comme
postulante au monastère d'Esteil, de l'ordre de Fontevrault. Mais à la
fondation du monastère du même ordre à Vic-le-Comte, en 1647, elle obtint
l'autorisation de faire partie du nouveau monastère pour la consolation de
sa mère, qui était veuve et habitait Vic-le-Comte. Marie-Catherine de
Seymiers donna 3.000 livres pour la dot de sa fille et 3.000 livres pour
contribuer à la fondation du monastère .En 1688, Anne-Marie d'Oradour était
dépositaire ou économe de son couvent. Elle signait soeur Anne de Segonzat.
Louis-Timoléon d'Oradour, né en 1624, entra au collège de Billom, le 7
décembre 1633, à l'âge de neuf ans. Etant encore mineur, et procédant sous
l'autorité de sa mère, il contracta mariage, le 16 juin 1643, avec Gabrielle
de Lastic, fille aînée de feu Philibert de Lastic, seigneur et baron de
Siougeat et de Saint-Georges. Marie-Catherine de Seymiers donnait à son fils
10.000 livres en préciput sur ses biens personnels et la jouissance de la
seigneurie de Buron, se réservant pour elle-même la jouissance de la
seigneurie de Sarlan. Louis-Timoléon d'Oradour mourut à un âge peu avancé,
laissant Philippe-Joseph d'Oradour, qui représente la génération suivante;
2° Mathilde-Magdelaine d'Oradour entra au monastère des religieuses
bénédictines de Billom, où elle était prieure en 1670. Philippe-Joseph d'Oradour,
orphelin de bonne heure, eut pour tutrice sa grand-mère, Marie-Catherine de
Seymiers. Sous des prétextes qui nous sont restés inconnus, Jacques-Louis de
Gironde, petit-fils de Magdelaine d'Oradour par sa mère, Anne de Marillat,
se voyant criblé de dettes, demanda un nouveau partage des terres de Buron,
Sarlan, Saint-Yvoine, Authezat, réclamant la huitième portion qui revenait à
sa grand-mère sur les successions d'Antoine de Sarlan, de Françoise de la
Guesle, de Clauda de Sarlan, de Jacques, Anne, Julien et Marguerite d'Oradour.
Par un arrêt du 7 septembre 1667, le parlement fit droit à sa demande. La
terre et château lui furent cédés, sous la réserve que la seigneurie de
Sarlan ne dépendrait plus da bailliage de Buron. A partir de cette époque,
Sarlan devint siège de justice haute, moyenne et basse. Philippe-Joseph d'Oradour
épousa le 13 décembre 1665 Antoinette Roussel, fille de noble André Roussel,
écuyer, seigneur de la Bâtisse et de Châteauneuf, et d'Hélène Benoist. Il
mourut à Vic-le-Comte, le 7 juillet 1676, de quelques blessures qu'il avait
reçues, le 10 mai, dans la maison de Geraud Malye, bailli d'Enval et de
Buron, et fut inhumé à Yronde.
Philippe-Joseph d'Oradour laissa trois enfants en bas âge dont
Philippe-Joseph d'Oradour, seigneur et comte de Sarlan, il épousa, à une
date inconnue, Charlotte-Marguerite Poisson, et mourut sans laisser de posté
rité; 2° Jeanne-Françoise d'Oradour, restée célibataire, posséda la terre et
seigneurie de Sarlan par indivis avec sa soeur, après la mort de
Philippe-Joseph. Elle fit son testament, le 6 mai 1746, en faveur de sa
soeur et de son cousin, Charles-Gilbert d'Oradour, seigneur de Saint-Gervazy
et mourut quelques jours après; 3° Marie-Marguerite d'Oradour resta
célibataire comme sa soeur, et comme elle porta le titre de dame de Sarlan.
Nous avons retrouvé un grand nombre d'actes de donation consentis par elle.
Le 5 mai 1746, elle disposa en faveur de son cousin, Charles-Gilbert d'Oradour,
de tous ses biens immeubles représentant la moitié de la terre et seigneurie
de Sarlan, et consistant en justice haute, moyenne et basse, château,
bâtiments, domaine de Sarlan, domaine de Praboury, dans lequel il n'y avait
point de bâtiments, la pêche sur la rivière d'Allier, bords et bordages dans
toute l'étendue de la justice, une directe, sur les habitants du village de
Fontcrépon, paroisse d'Yronde. Fait au château de Sarlan, par devant Pierre
Guyot, notaire, en présence de Louis Charreyre, marchand tanneur de
Vic-le-Comte. Le 16 juillet 1746, ayant hérité de sa soeur, elle donna à son
même cousin la part, qu'elle avait recueillie dans cette succession. Le 20
juillet 1751, elle dicta cinq actes notariés. Toutes ces dispositions ne
devenaient exécutoires qu'après la mort de la donatrice. Nous croyons
qu'elle ne survécut pas longtemps et avec elle s'éteignit la branche aînée
de la famille d'Oradour.
Charles-Gilbert d'Oradour, chevalier, seigneur de Saint Gervazy, Unsac,
Segonzat, Escoularoux et Sarlan, épousa le 28 novembre 1728 Marie de
Bosredon. Après la mort de ses cousines, Jeanne-Françoise et Marie
Marguerite d'Oradour, dames de Sarlan, il entra en possession et jouissance
de cette seigneurie. En 1766, sa veuve habitait le château de Sarlan avec
ses enfants. De leur mariage naquirent onze enfants dont Magdelaine-Claudine
d'Oradour, baptisée le 26 mai 1730; 2° Maurice d'Oradour, baptisé le 8
février 1732, mort à Sedan en 1752; 3° Françoise-Jeanne d'Oradour, baptisée
le 9 août 1733; 4° Hubert-Florimond d'Oradour, baptisé le 10 avril 1735; 5°
Marguerite d'Oradour, baptisée le 5 avril 1736, entra au monastère de la
Visitation de Billom; 6° Jeanne-Marguerite d'Oradour, baptisée le 4 avril
1736; 7° Jeanne-Marguerite d'Oradour, baptisée le 2 avril 1737, mariée à
Pierre de la Chassaigne; 8° Charles-François d'Oradour, qui représente la
génération suivante; 9° Marie-Fleurine d'Oradour, baptisée le 3 juillet
1740; 10° Marie-Agnès d'Oradour, baptisée le 24 avril 1742; 11° Louise d'Oradour,
née le 27 juillet 1743. Charles-François d'Oradour, naquit au château de
Saint Gervazy, le 15 mars 1739. Parvenu à sa seizième année, il fut agréé
par le roi pour être élevé comme page de la Grande Ecurie, sous le
commandement de son altesse Mgr le comte de Brienne, grand écuyer de France.
Ses titres de noblesse furent révisés par Louis-Pierre d'Hozier, chevalier,
juge d'armes de la noblesse de France, conseiller du roi en ses conseils,
commissaire de sa Majesté pour lui certifier la noblesse des écuyers, des
pages de sa chambre et de ses écuries. Le certificat est signé du 27 mai
1755. Charles-François comte d'Oradour, seigneur de Saint-GerVazy et de
Sarlan, épousa Marguerite-Marie du Bourg de Saint Polgue, fille de
Just-Henri du Bourg, comté de Saint-Polgue en Forez, et de
Henriette-Françoise de la Roche-Aymon.
A l'époque de la Révolution, M. d'Oradour resta en France. Au mois de
juillet 1792, il fut dénoncé par Jean Ytier et Julien Mareuge, conseillers
municipaux de Saint-Gervazy, et sergents des grenadiers de la garde
nationale, comme ayant tenu des propos contrerévolutionnaires, en disant à
M. Viallard, curé de la paroisse, que dans six mois la constitution serait
renversée par les émigrés, qui porteraient à Paris un rude coup. Arrêté par
ordre de la municipalité, il fut consigné dans sa maison, sous la garde de
deux sentinelles. Mais il s'évada la nuit, en descendant par une fenêtre à
l'aide de ses draps de lit, et prit la fuite dans la direction d'Issoire,
espérant sans doute pouvoir gagner son château de Sarlan. La garde nationale
de Saint Gervazy se mit à sa poursuite, l'arrêta, le 25 juillet, aux
environs d'Issoire, et le conduisit au district de cette ville, qui le fit
reconduire à Saint-Gervazy pour instruire l'affaire. Nous ignorons la suite
de cette affaire. L'année suivante, M. d'Oradour se trouvant en résidence au
château de Sarlan, se rendit au bourg d'Yronde, dans la matinée du 8 octobre
1793 (18 brumaire an II) pour demander, à la maison commune, le décret qui
portait que, dans les trois mois qui suivraient sa publication, tous les
titres féodaux seraient déposés entre les mains des municipalités pour être
brûlés. Il dit qu'il pouvait bien avoir chez lui quelques-uns de ces titres.
Ces simples paroles, entendues sans doute par quelque terroriste du lieu,
devinrent le motif de son arrestation, dans la soirée du même jour; il fut
incarcéré le lendemain dans la maison de réclusion de Billom, avec ses deux
filles, Henriette et Julie d'Oradour. Lorsque le comité révolutionnaire du
district fut appelé à donner son avis sur les détenus, en vue du décret du
représentant du peuple Musset, qui devait régler le sort de chacun d'eux, il
déclara que le citoyen d'Oradour, frappé comme père de deux émigrés, ne
devait pas être mis en liberté. Quelques jours après, 28 vendémiaire an 3
(20 octobre 1794), Musset décidait que Doradour de Sarlan, ayant toute sa
famille à Clermont, serait transféré dans la maison de réclusion de cette
ville. Mais il fut relâche faute de preuves.
Le comte d'Oradour mourut au château de Sarlan, le 19 avril 1820 et fut
inhumé dans le cimetière d'Yronde. Il laissait à ses enfants une succession
assez modeste, après avoir été pourtant dans une situation de fortune
considérable. En 1772, il avait acquis de son cousin Antoine d'Oradour, les
seigneuries d'Authezat, la Vernède et Lambre, moyennant le prix de 362.971
livres. Pendant la révolution il réclamait au comité de surveillance un
contrat en anglais passé en sa faveur, lui accordant une grande quantité de
terre en Amérique, dans la nouvelle Virginie. Mais il parait que sa femme
avait les deux défauts, qui défont rapidement les grandes fortunes, l'esprit
processif et le goût du luxe. Ils eurent trois enfants dnt Just-Henri comte
d'Oradour, chevalier de l'ordre de Saint Louis, né en 1773, entra très jeune
dans l'armée, mais la révolution vint interrompre sa carrière. Il mourut
célibataire, au château de Sarlan, le 25 août 1833, ayant rempli les
fonctions de maire de la commune d'Yronde-et-Buron, pendant d'assez longues
années; 2° Jeanne-Marie, connue en famille sous le nom de Henriette, née le
31 mars 1777 au château de Sarlan; 3°, Jeanne, appelée en famille Julie, née
au château d'Authezat le 2 juillet 177. Elle épousa, en 1799, Michel
Rochette de Lempdes, et mourut après quelques années de mariage, laissant un
fils, Maurice Rochette, qui mourut en 1821. Dernier survivant de sa famille,
Just-Henri comte d'Oradour, eut pour héritier testamentaire Henri Petit, son
cousin et filleul, mineur d'âge à la mort du testateur. Le château et
domaine de Sarlan furent vendus en son nom à M. le comte
Louis-Barthelemy-Isaac de Douhet de Romananges. Au début du XXe siècle, le
propriétaire était M. Esbrayat, par acquisition de Madame Julie-Charlotte
Bingham, comtesse de Douhet, épouse de M. Guillaume Ferdinand, comte de
Douhet, député en 1851 et 1871, sénateur inamovible en 1875. (1)
château de Sarlan 63270 Yronde et Buron, propriété privée, ne se visite pas,
visible de l'extérieur. situé à environ trois kilomètres au sud-ouest du
bourg, en bordure du plateau dominant la vallée de l'Allier. Enceinte
quadrangulaire avec deux flanquements circulaires et un flanquement carré
d'angle: un donjon quadrangulaire, pourvu d'un avant-corps, occupe le
quatrième angle. Au-dessus de la porte du logis, une inscription (extraite
du psaume LVI) signale que le logis a été reconstruit en 1472. Ce logis
autrefois à deux étages au-dessus du rez-de-chaussée a été abaissé d'un
niveau et un nouveau couronnement à été réalisé après 1830.
Ce site recense tous les châteaux de France, si vous possédez des documents
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constatez une erreur, contactez nous. Nous remercions chaleureusement
Monsieur Sylvain Serres pour les photos qu'il nous a adressées afin
d'illustrer cette page.
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