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Dès le IIIe ou IVe siècle, à la basse époque
romaine, une forteresse aurait existé à Collioure ou à proximité. En 462,
c'est elle sans doute qui est occupée par les Wisigoths. En 673, elle est
mentionnée castellum Caucoliberis. En 1145 apparaît dans l'entourage des
comtes de Roussillon un officier du nom de Berenger de Collioure, qui
pourrait être un châtelain. En 1207, le roi d’Aragon Pierre II donne aux
Templiers un terrain situé entre le "castrum" et la mer. Après 1280, lorsque
le château échoit au royaume de Majorque, il est agrandi et remodelé. Après
1344 interviennent de nouveaux travaux. En 1454, le roi Alphonse fait armer
le château de bombardes, ballestes (arbalètes), passadors (flèches ou
carreaux d’arbalète), polvere (poudre) et autre artillerie nécessaire. À
partir de 1462, Louis XI modernise la place. En septembre 1493, elle est
mise en défense par les rois d'Espagne. De 1503 à 1510, le gouverneur fait
démolir les maisons attenantes au château pour faciliter sa défense. Au XVe
et dans le premier tiers du XVIe siècle, les inventaires de l'armement
énumèrent des arbalètes à étrier à la "genovesa", des bombardes en fer, des
faucons, serpentines et couleuvrines, des pedreros (haquebutes), des
ribeaudequins et des pavois. En 1538, les fortifications sont complétées
après la visite de l’empereur Charles-Quint. En 1642, elles sont minées par
les troupes du roi de France. A partir de 1669, le château est modernisé (en
intégrant de très nombreux éléments médiévaux et du XVIe siècle) par
l'ingénieur Jacques Borelly de Saint-Hilaire. À cette occasion, la ville est
déplacée pour que l’on puisse former un glacis devant le front de
fortification. En 1679, le nouveau fort est critiqué par Vauban lors de sa
visite. Après cette date, les travaux se poursuivent sous la direction de La
Motte-Lamire jusqu’en 1681, et Rousselot jusqu’en 1704. En 1866, la place
est abandonnée par l’armée et, acquise en 1950 par le Conseil Général, elle
a été restaurée.
Le château est situé à l’angle sud-est de la forteresse des XVIe et XVIIe
siècles. Un grand donjon rectangulaire de la fin du XIIIe siècle flanque au
nord-est une enceinte formant un trapèze irrégulier délimitant une cour dont
le fond est une galerie d’arcades (comme à Perpignan). Le noyau primitif est
agrandi vers le milieu du XIVe siècle par le roi Pierre IV d'Aragon d’une
seconde enceinte de plan "triangulaire". Elle est flanquée sur le front
ouest de trois tours carrées ouvertes à la gorge; celle du milieu est une
porte-tour. Vers 1503/1510, cette enceinte est remparée, les tours sont
casematées et la contrescarpe est pourvue d'un boulevard. Vers le milieu du
XVIe siècle, sous Charles-Quint, la défense est complétée d'une galerie
d’escarpe et d'ouvrages extérieurs. A partir de 1668, l'enceinte est
renforcée, particulièrement au nord, et les angles sur le front ouest sont
précédés de bastions saillants à très courts flancs de retour obliques;
enfin, tout le front ouest est couvert par une demi-lune triangulaire à
traverse en tunnel (barbacane). Dans ses parties médiévales, la maçonnerie
utilise le schiste pour les murs, le marbre gris pour les encadrements. Les
parties du XVIe siècle sont en brique. Au XVIIe siècle tous les matériaux
sont utilisés: schistes, basalte noir et calcaire pour les encadrements et
chaînes d’angle, briques.
Le donjon-logis carré du nord-est, de la fin du XIIIe siècle, commande le
port; il a été dérasé en 1818. Le rez-de-chaussée, voûté d’arêtes, est de
plain-pied avec la cour. Les deux étages sont éclairés par des fenêtres
géminées restaurées. La cour est bordée au sud-est par un long bâtiment fait
de deux longues salies superposées (la haute est appelée Chambre de la
Reine). Les salles gardent quelques éléments de la fin du XIIIe siècle
(portes et fragments de fenêtres dans la façade). Elles ont été remaniées et
voûtées d’arête vers le milieu du XIe siècle. Au sud s'élève une autre
grande tour rectangulaire (le logis ouest n’est pas médiéval). Il est assez
semblable à son voisin. Il était lui aussi éclairé de fenêtres géminées. La
chapelle castrale occupe le côté nord de la cour. Une barbacane circulaire
équipée d’archères-canonnières est bâtie en contrebas du donjon à l’époque
de l’occupation du Roussillon par Louis XI (après 1463). Elle est absorbée
dans un ouvrage polygonal construit au début du XVIe siècle par le
maître-d’oeuvre espagnol Pierre Ciffre. La porte-tour carrée et son entrée
médiévale sont conservées; elles sont précédées sous Ferdinand-le-Catholique,
en 1523, par une barbacane pentagonale accolée appelée "corps de garde"
parce qu’elle est équipée d’une cheminée. L’énorme demi-lune triangulaire
qui défend l'accès sur le front de terre est réalisée par l'ingénieur
Jacques Borelly de Saint-Hilaire à partir de 1669. L'ouvrage triangulaire
possède une traverse en tunnel qui divise l'ouvrage en deux. (1)
Éléments protégés MH : le château avec ses défenses, escarpes et
contrescarpes : classement par arrêté du 14 novembre 1922.
château de Collioure 66190 Collioure, tel. 04 68 82 06 43, ouvert au public
toute l'année, juillet et août ouvert de 10h à 19h, les autres mois de 09h à
17h. Fermé le 01/01, 01/05, 15/08, 16/08 et 25/12
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