|
Le château féodal mentionné en 1253 appartenait à la
famille de Lugny au XVe siècle. En 1636, le bourg et le château furent
brûlés par les troupes de Gallas. Denis Languet, procureur général était
seigneur du lieu dans la deuxième moitié du XVIIe siècle. Pierre Espiard
Humbert qui hérita de la seigneurie en 1724, entreprit de remplacer l'
ancienne forteresse par le château actuel. Il le fit construire entre 1724
et 1766, date de son décès. Selon F. Vignier, l'édifice subit d'importantes
transformations vers 1830. Première mention en mars 1253, copie de la charte
d'affranchissement des habitants d'Allerey par Pierre, seigneur dudit
Allerey, et Marguerite, sa femme, "le dimanche des Bordes, jour des
calendes... que lesdits habitants d'Allerey, Port de Chauvort et autres
lieux en dépendans, sont retrayans de la motte et château d'Allerey, et
tenus en conséquence à la curée, entretien et réparation des fossés, basse
cour et autres menus emparemens". L'espace contenu dans la motte d'Allerey
fut partagé entre plusieurs seigneurs en 1321. En 1503, Claude de Lugny,
chevalier, seigneur de Ruffey et de Nanton, confesse tenir au bailliage de
Chalon sa maison fort, terre et seigneurie de Ruffey en fief du Roi et ce
qu'il tient es paroisses de Saint-Julien et de Gigny avec leurs dépendances
en toute justice avec son droit de pêche en la rivière de Sône depuis la
rivière de Grosne jusqu'au biez de Nantouses. Plus ledit de Lugny, confesse
tenir du siège épiscopal de Chalon sa maison forte, terre et seigneurie d'Allerey
en toute justice et déclare que l'état de sa maison qu'il a à entretenir est
composé ordinairement de 26 personnes tant gentilshommes, damoiselles que
autres. Le 20 décembre 1658 reprise de fief de la terre et baronnie d'Allerey
et seigneuries de Saint-Gervais, Courcelles, et Port de Chauvort par Denis
Languet, conseiller du Roy. Les terres d'Allerey, le Port de Chauvort,
Courcelles, Neuvelle et Saint Gervais en Vallière sont en toute justice et
sont guettables au château d'Allerey.
Description en 1724 de la motte forte d'Allerey avec son triste château
chancelant sous les arbres qui l'environnaient : sur un monticule informe de
terre sablonneuse, paraissait une espèce de château à quatre croisées de
face, accolé d'une tour qui renfermait le degré et qui tomba sous les yeux
du nouveau seigneur, sans doute pour lui faire le salamalec. Le fermier, qui
occupait le soi-disant château, sonna l'alarme et se crut écrasé. Mais la
grange seigneuriale et le pressoir gité plus loin, ne marquèrent pas de
faiblesse quoique leur construction ne fut que de terre glaise, couverte à
paille. Au lieu du jardin, on voyait autour de ce monticule d'étroits fossés
tous boueux, semés d'épines, revetus de crapauds, qui avec un petit pont
fermaient hermétiquement le pourpris du seigneur. Trois rues et le cimetière
cotoyaient lesdits fossés, celui qui joignoit la maison par derrière servoit
de latrines... L'échec et mat de la tour convainquit pleinement le nouveau
seigneur du peu de solidité du château dont on murmurait dans le voisinage.
L'abbé Courtépée décrit en 1780 "aujourd'hui à Louis-Auguste-Sacharie
Espiard-Humbert, ancien conseiller au Parlement, dont le père a bâti le beau
château d'où l'on jouit de la vue la plus agréable et la plus variée". En
1839 cee village, qui était défendu par une forteresse, fut brûlé en 1636
par Forkak, général des Croates. Canat de Chizy en 1878 : sur les bord de la
Saône, à Allerey, on en reconnaît encore les fossé à l'est du village. (1)
Le site se trouve à cinquante mètres au nord de l'église paroissiale. Il ne
reste rien du château féodal, remplacé au XVIIIe siècle par un château
classique. Il est composé d'un avant corps central entre deux corps latéraux
moins élevés, flanqués aux extrémités de corps perpendiculaires en avancée
sur les deux façades. L'avant corps central et les ailes ont deux étages,
les corps latéraux en ont deux aussi, ces derniers et les ailes sont
couverts de toits brisés. Les façades de l'avant-corps central sont
couronnées d'un fronton triangulaire, en pierre de taille, orné d'armoiries.
Les portes axiales sont précédées d'un escalier à deux volées parallèles sur
la façade antérieure, à deux volées convergentes sur la façade postérieure.
Le garde-corps des fenêtres en fer forgé possède les armoiries des Espiard
sculptées sur le fronton antérieur et des Menthon (de gueules au lion
d'argent à la bande d'azur brochant) sur le fronton postérieur. Les
intérieurs gardent leur disposition d'origine. Les boiseries et la
décoration en général ont été remaniées sous Charles X. L'escalier d'honneur
a été remplacé au XIXe siècle par un escalier en bois. L'ensemble est
complété par deux bâtiments de communs et un parc. En avant du logis, les
deux bâtiments des communs, identiques, sont situé en vis à vis. Celui de
droite était destiné aux domestiques, l'autre abritait les écuries. Ils
comprennent un rez-de-chaussée de plain pied à cinq ouvertures en
plein-cintre, celles des extrémités étant en légère avancée ; ils sont
couverts d'un toit à longs pans à croupes.
Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château et des communs
; la terrasse ; le portail et l'allée menant au château : inscription par
arrêté du 27 octobre 2008.
château d'Allerey 71350
Allerey-sur-Saône, propriété privée, ne se visite pas.
Ce site recense tous les châteaux de France, si vous possédez des documents
concernant ce château (architecture, historique, photos) ou si vous
constatez une erreur, contactez nous. Propriétaire de cet édifice, vous
pouvez enrichir notre base de données en nous adressant des photos pour
illustrer cette page, merci.
A voir sur cette page "châteaux
de Saône-et-Loire" tous les châteaux recensés à ce
jour dans ce département. |
|