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Besanceuil était un petit fief, situé au hameau de ce nom à Bonnay, sur la
valeur et l’importance duquel nous savons peu de choses. Comme
renseignements nous en sommes réduits au dénombrement donné à la chambre des
Comptes de Dijon, le 28 juillet 1770, par Antoine-Louis de Prisque, son
seigneur. Il déclare que ladite terre, en toute justice, consiste au château
et maison-forte de Besanceuil, entouré de murailles et de fausses braies,
avec une tour à chaque coin; que tous les habitants justiciables de ladite
seigneurie sont tenus d’y faire guet et garde, et que la rivière de Guye
appartient par moitié audit seigneur et au roi, à cause de sa châtellenie de
Cortevaix. En 1644 la ferme de cette terre et seigneurie, avec celle d'Angoin,
était d’un revenu annuel de 1750 livres, mais sous la réserve, pour le
seigneur du château d’Angoin, avec ses cours, jardins et aisances.
Besanceuil appatenait de toute ancienneté aux deTenay, alias Thenay, famille
originaire du Bugey. Jocerand de Tenay, vivant en 1280, était seigneur de
Vers et Besanceuil. Guillaume de Tenay, seigneur des mêmes lieux, passe,
vers 1460, ne transaction au sujet des dîmes, avec le curé de Saint-Ythaire.
Zacharie de Tenay, fils et héritier du précédent, a pour successeur
Guillaume de Tenay. Jean de Tenay, donzel, fils de Guillaume, fut panetier
de Charles le Téméraire, puis prêta serment à Louis XI, en 1472, avec les
autres nobles du Mâconnais. Allié à Catherine de Ladvieu il en laissait deux
fils, Amblard et Claude qui suit. Amblard, l’aîné, époux de Philiberte de
Bonnay, eut Saint-Christophe en-Brionnais, patrimoine de sa mère. Claude de
Tenay, écuyer, fut seigneur de Vers et Besanceuil. En 1510, par droit de
retrait lignager, il réclamait de Nicolas Louvain, seigneur de Nesles, "la
maison, tour, terre et seigneurie de Vers, autrement du Bois" vendu par son
frère Amblard à Demoiselle Huguette de Villaufant, dame de Saint-Seine.
Après débats et procès la partie de Vers assise au bailliage de Chalon lui
fut attribuée, et celle assise au bailliage de Mâcon demeura audit seigneur
de Nesles. A peu près à la même époque, Antoinette du Frenay, sa femme,
étant morte sans enfants il traitait avec Pierrette de La Bouttière, femme
de Jean de Livron, écuyer, nièce de ladite du Frenay et héritière de la
tierce partie de ces biens.
En 1516, nouvel accord passé entre Claude de Tenay et Jean Joly, prêtre
vicaire et amodiateur de la cure de Saint-Julien au sujet de certains droits
prétendus par ledit vicaire. Aimé de Tenay est seigneur de Besanceuil, Vers
et Vieil-Moulin en 1541; il devait être neveu du précédent et petit-fils d'Amblart
de Tenay. En 1560 il donne l’aveu de 88 livres de rente. On lui connaît deux
filles: Humberte, mariée à Claude Lenoble, seigneur de Cruzilles, dont elle
était veuve en 1576, et Philiberte mariée une première fois à Claude du
Molard, seigneur dudit lieu, et en secondes noces à Philibert de Mincé à qui
elle porta Vers et Angoin. La dame de Tenay testa le 23 septembre 1586, au
château de Vaux sous Targe, léguant ses biens à Aimée du Molard, fille de
son premier mari; elle laissait trois filles de ce premier mari et du second
trois fils dont Jean de Mincé, qui suit; 2° Louis de Mincé, seigneur de
Grenot, par sa femme Philippe de Rousset; 3° Philibert de Mincé, religieux à
l’abbaye de Tournus. Jean de Mincé, seigneur de Vaux sous Targe, Péronne,
Grenot et Besanceuil, épousa le 25 juin 1584 Aimée du Molard, sa sœur
utérine, fit renouveler son terrier vers 1608 et eut séance aux Etats du
Méconnais en 1614. On lui connaît deux fils et une fille: Philippe de Mincé,
qui suit, Charles de Mincé, et Anne de Mincé, mariée à Philippe de Foudras,
écuyer, seigneur de la Tour d’Ouilly. Philippe de Mincé, écuyer, seigneur de
Péronne, Besanceuil et Angoin, s’allia, par contrat de 1623, à Eléonore de
Marcilly, fille de Pierre de Marcilly, écuyer, seigneur de Cressy et du
Côté; mort jeune, sa veuve épousait vers 1632 François de Mincé, seigneur de
la Tour de Biaune, à Sologny. Philippe de Mincé n’avait laissé qu’une fille,
Philiberte, qui par son mariage, en 1645, porta Péronne et Besanceuil au
suivant.
Jean-Baptiste Prisque, écuyer, seigneur de la Tourde Vers, Sennecé,
Besanceuil, étant fils de Guillaume de Prisque, eut encore partie d’Angoin
par traité (1647) avec Jacques de la Fage, troisième mari d’Eléonore de
Marcilly, dame de Péronne. En 1664 il fait un échange de dîmes à Angoin avec
le curé de Saint-Ythaire et le prieur de Perrecy. Lieutenant d’une compagnie
de chevau-légers au régiment du duc d’Enghien, puis capitaine, il se fait
remarquer dans la défense de Seurre contre les armées du roi. Mort le 1er
août 1684 il laissait trois enfants de Philiberte de Mincé, Armand,
Philiberte et Louise, cette dernière mariée à Henri Jaquinot, seigneur de
Planfort, avec lequel elle était séparée de biens en 1695. Armand de Prisque,
chevalier, seigneur de la Tour de Vers, Besanceuil, Angoin et autres places,
était aux États du Mâconnais en 1682 et 1688. Il avait épousé Marie le 22
novembre 1682, fille d'Albert-Honoré de Parthenay, seigneur de Pommerey et
Nicudey, avec laquelle il testait le 25 avril 1703 nommant pour héritier son
fils Louis-Marie de Prisque. Louis-Marie de Prisque, seigneur de la Tour
servile, Besanceuil et Angoin, reprenait de fief pour ces terres le 4 mai
1730, et était élu de la noblesse à Mâcon en 1748. Il épousa Huguette de Thy
dont il eut deux fils dont Antoine Louis, qui suit, et Etienne qui fut
capitaine de dragons. Mort en 1768 il a été inhumé à Besanceuil. Antoine
Louis de Prisque, seigneur des mêmes terres par héritage de ses père et mère
et en vertu de la déclaration d’Etienne de Prisque, son frère, qui s’en est
tenu à sa légitime par acte de 1768 7, en reprit de fief le 31 mai 1769 et
en donna le dénombrement le 28 juillet 1770. En 1789 Antoine de Prisque est
présent à l’assemblée des Etats du Mâconnais.
Au début du XXe siècle le Château appartenait à Madame Guichard. (1)
De l'ensemble construit vers 1383-1385 ne subsiste que le corps de logis
rectangulaire flanqué de trois tours quadrangulaires et d'une tourelle de la
première enceinte. Une tourelle d'escalier en vis fut accolée au corps de
logis en 1466. A partir de 1647, le château de Besanceuil est mis au goût du
jour: démolition et abaissement des murailles que d'étroits chemins de ronde
reliaient aux tours de ronde et construction du portail de pierre à bossages
de la cour. A la fin du XVIIe siècle, des aménagements intérieurs sont
réalisés, notamment la grande chambre du premier étage, faisant disparaître
les fenêtres à meneaux. Vers 1778, à l'emplacement du cimetière, est
construite une nouvelle aile et toutes les dépendances. Bâti au pied d'un
coteau, au nord-est du hameau, à côté de la chapelle romane, l'édifice se
présente comme un imposant corps de logis à deux étages carrés et un
demi-étage, sous toit à croupes. La façade ouest est entouré de deux tours
carrée en retour d'angle, plus hautes que le logis. La façade est, sur cour,
est garnie d'une tour carrée en retour d'angle au nord, et d'une tour
quadrangulaire au milieu de la façade. La tour carrée, couronnée d'un cordon
de corbeaux, atteste l'existence d'un hourd. La tour quadrangulaire est
couronnée d'une terrasse couverte d'une charpente. Le corps de logis est
prolongé par un pavillon à un étage carré vers le nord. Plusieurs pièces ont
conservé un décor ancien. Au rez-de-chaussée, le salon et la salle à manger
présentent des boiseries moulurées encadrant des peintures sur toiles du
XVIIIe siècle. Au premier étage, une pièce carrée est ornée de boiseries
encadrant des peintures mythologiques. Dans l'une des tours subsistent des
papiers peints.
Éléments protégés MH: le château, les communs, le pigeonnier et le sol des
cours: inscription par arrêté du 27 octobre 2008 (2)
château de Besanceuil 71460 Bonnay, propriété privée, ne se visite pas.
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