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Le premier seigneur d’Uxelles
fut sans doute le fondateur du château, Bernard 1er, dit le Gros. C’est ce
que nous apprend le livre des Miracles, de Pierre le Vénérable, dans la
Bibliolheca cluniasensis. Une charte de l’abbaye de Cluny, passée entre les
années 1031 et 1060, nous le montre alors faisant don à ce monastère de
coutumes qu’il avait au village de Montagny (Saint-Ithaire). D'après un
autre acte du cartulaire de Saint-Vincent de Mâcon, écrit entre les années
1031 et 1062, il relâche aussi au chapitre de cette ville les dîmes des
Condemines dans la paroisse d’Ameugny. Ces donations ou restitutions
partielles faites à l’église tranquillisaient insuffisamment l’âme de ce
seigneur, sans doute un peu pillard, comme bon nombre ne l’étaient que trop
à cette époque. D’après les conseils de l’abbé de Cluny, Bernard le Gros
s’achemina à Rome, pour demander le pardon de ses fautes. La mort le surprit
à son retour étant encore à Sutré, dans la province de Viterbe où il fut
enterré. Quelques années après, nous apprend la Bibliolheca Cluniacensis, le
prévôt de Cluny se promenant dans la forêt avoisinant Uxelles, le seigneur
défunt apparut tout à coup devant lui. Après s’être fait connaître, Bernard
déplorant tout le mal qu’il avait fait durant sa vie, principalement en
bâtissant son château, repaire de brigands, demandait au prévôt d’aller
trouver l’abbé de Cluny et de le supplier d’avoir pitié de son âme. Cette
légende montre l’extrême mécontentement qu’avait causé à Cluny l’érection du
château d’Uxelles si voisin de ses possessions. Bernard paraît avoir été
marié à une certaine Emma, dont il eut un grand nombre d’enfants dont
Josserand, mort jeune et enterré à Cluny; 2° Landry, qui suit; 3° Bernard,
moine de Cluny, dont il devint chambrier, puis grand prieur en 1110; 4°
Josserand, prit également l’habit religieux à Cluny; 5° Bernard, souvent en
différend avec Cluny; 6° Hugues; 7° Bompar; 8° une fille, mariée à Dalmace
de Gigny; 9° et 10° peut-être Milon et Eumar.
Landry 1er, seigneur d'Uxelles, entretient de bons rapports avec l’abbé de
Cluny, et lui cède quelques biens vers Taizé et Malay et s’engage à ne plus
molester les marchands et voyageurs qui traverseraient ses domaines. En 1100
il s’intitule fils et héritier de Bernard le Gros. Marié à une fille de la
maison de Malay, il en eut quatre enfants dont Bernard III, qui suit; 2°
Josserand; 3° Landry, chanoine; 4° Guy. Par un acte de 1116, il confirme,
avec son frère Landry, une donation de forêts faite au monastère de Cluny,
entre Cortambert et Bray. Bernard III, dit le Gros, aussi appelé Bernard d’Uxelles,
est déjà marié en 1100 avec Ermengarde, fille de Thierry, duc de Lorraine.
Il fit diverses donations à l’abbaye de la Ferté, et à celle de Cluny, donna
le clos de Mont, à Cortevaix. Mort avant 1145, on lui connaît deux fils:
Henri, l’aîné, meurt laissant pour héritier son frère Josserand, qui suit.
Les prétentions injustifiées de Josserand II en droits de justice, de gîte,
de chevauchée sur les biens de l’abbaye de Cluny le firent excommunier par
le pape Eugène III. Il laissa trois fils dont un autre Josserand, qui suit;
2° Humbert, chanoine archidiacre en l’église de Mâcon; 3° Hugues. Josserand
III, dit le Gros, se maria à Alix, fille de Guillaume, comte de Chalon. Ses
prétendus droits de justice, de garde et autres coutumes sur les biens de
l’église de Chalon, aux villages de Boyer et de La Rochette, amenèrent
l’intervention du roi Louis VII. Dans la suite, ce seigneur semble être
revenu à de meilleurs sentiments, car on le voit, en 1170, faire don à
l’abbaye de Cluny d’un village dans la forêt de Cron, et en 1172, à celle de
la Ferté, du moulin de Collongette, près de Lugny. Mort, avant 1198,
Josserand eut pour fils Henri qui suit, et Bernard. Henri II de Brancion
épousa Beatrix de Vignory, veuve de Dalmace de Luzy.
En 1186, il abandonnait, au profit de l’abbaye de la Ferté, ses prétentions
sur une terre à Lalheue, et en 1190, faisait don au chapitre de Chalon de
ses possessions à la Rochette, en présence des évêques d'Au tun, de Chalon,
de Mâcon, et du roi Philippe-Auguste s’acheminant vers Jérusalem. De son
union avec Beatrix de Vignory il eut cinq enfants dont Josserand IV, qui
suit; 2° Etienne, abbé de Cluny en 1230, mort en 1236 et enterré au prieuré
de Souvigny; 3° Barthélemy, évêque de Cinq-Églises; 4° Henri; 5° une fille.
En 1121 Josserand IV le Grand épousa Marguerite de Vienne, veuve de
Guillaume de Sabran, comte de Forcalquier, et fille de Gaucher de Vienne et
de Mathilde de Bourbon. Apparenté au comte de Flandre, de Chalon, de
Bourgogne, cousin de l’empereur d’Orient Baudoin, il fut un des personnages
importants de son temps. En 1214, il renonçait au profit de Cluny, à tous
les droits qu’il pouvait avoir au village de Saint-Hippolyte, autorisant
même les moines, s’ils le désiraient, à construire des fortifications dans
ce village. Dès lors l’on voit de meilleurs rapports s’établir entre Uxelles
et Cluny, un accord intervenir, en 1224, au sujet de Lournand, Massilly et
Souvigny, puis, en 1237, Josserand IV céder à Cluny le château fort de
Boutavent, situé en face de celui de Lourdon, la grande forteresse de cette
abbaye, ainsi que les villages de Bray et Cortambert. En revanche Cluny lui
abandonnait le doyenné de Beaumont-sur-Grosne et lui comptait 1.500 marcs
d’argent. En 1248, Josserand, suivi de son fils et de ses chevaliers,
accompagnait le roi saint Louis à la croisade d’Égypte, où il accomplissait
de nombreuses prouesses, tant contre les Turcs que contre les chevaliers
chrétiens qui pillaient les monastères, puis en 1250 il tombait mort à la
bataille de Mansourah à côté de son roi. Joinville, parlant de ce vaillant
chevalier, nous dit que lorsqu’il mourut il avait assisté à trente-six
batailles.
De Marguerite de Vienne, Josserand avait eu trois enfants dont Henri, qui
suit; 2° Pierre, qui fut seigneur de Visargent, de Vorms, de la Tour de Buet
et de Saint-André; 3° Aluis, femme d'Anseric de Sercy. De retour de la
croisade et sans doute en grande partie pour faire face aux grandes dépenses
nécessitées par cette expédition, Henri III de Brancion aliénait en 1256, au
duc de Bourgogne la terre et seigneurie de Sanvignes, pour 6.000 livres,
puis en 1259 les terres de Beaumont, la Perrière, Uxelles et Brancion pour
9.000 livres dijonnaises. Mort, avant 1266, on le voit, à l’exemple de ses
prédécesseurs, faire auparavant don (1257) à l’abbaye de Tournus du village
de Bonnay, et à celle de Cluny de partie de celui de Vitry. Marié une
première fois avec Héloïse de Luzy, Henri le fut en secondes noces à Fauque,
fille de Guillaume de la Perrière; avec lui s’éteignit la branche aînée des
le Gros, seigneurs de Brancion et d’Uxelles. Uxelles passait ensuite à
Anséric de Sercy, par les droits de sa femme Aluis de Brancion. Cet Anseric
se trouve mentionné pour la dernière fois, comme en étant le seigneur, le 7
mars 1264, dans une charte passée entre le duc de Bourgogne et l’abbaye de
la Ferté. Le duc Hugues avait bien donné dès 1263, Uxelles, ses dépendances
et sa châtellenie en fief lige à son féal Jean de Blanot, mais Anséric
détenait probablement le fief pour garantir ses droits en attendant que le
prix de vente dû aux héritiers d’Henri de Brancion, fût payé par le duc.
Jean de Blanot, célèbre jurisconsulte du XIIIe siècle, était originaire du
village de Blanot en Mâconnais et fils de Durand de Blanot. Une charte du
Cartulaire de Cluny donne à ce dernier le titre de servius noster. En 1268,
Hugues IV notifiait cette donation d'Uxelles à divers seigneurs tenant fief
du duc en la châtellenie, donation qu’il confirmait encore dans son
testament de 1272. En 1278 Jean de Blanot passait comme seigneur d’Uxelles,
une transaction avec l’abbé de Cluny, Yves de Chassant, au sujet des terres
de Malais, de Cortemblin, d’Ougy et de Bissy. Par cet accord il fut décidé
que le seigneur d’Uxelles y aurait la blairie et certains autres droits,
tandis que l’abbé aurait la justice et les amendes de 60 sous.
Jean de Blanot s’allia à Isabeau de Montmoyen. De cette union sont issus
Pierre de Blanot, qui suit; 2° Agnès; 3° Jean de Blanot, damoiseau, sire de
Faulin (Grury); 4° Fauquette, mariée à Huguenin de Bourbon, seigneur de
Montperroux et de Montpalais près Grury. Pierre de Blanot apparaît dès 1289,
époque où il siège comme assesseur de l’abbé de Moissac au Parlement de
Toulouse, tenu par le roi Philippe le Bel. En 1293, il est sénéchal de
Poitou et de Limoges. En 1306, on le trouve aussi choisi par le duc de
Bourgogne, Hugues V, comme son arbitre dans un différend qu’il avait avec
l’évêque d’Autun. En 1310 il fut bailli de Mâcon, et exécuteur testamentaire
du duc Hugues V en 1314. Isabelle de Blanot, fille de Pierre, fut mariée à
Arthaud de Saint-Germain à qui elle porta Uxelles. Ce dernier testa en 1326
demandant à être inhumé au prieuré de Pommiers en Forez et mourut vers 1328.
Devenue veuve on la voit passer une transaction avec les habitants de Nanton,
au sujet des bois du Petit-Bragny le Nantonnais. En 1356, comme dame d’Uxelles,
elle recevait l’hommage de Guillaume Guenaud, de Chazelle, pour la
Grange-Devaux, sise à Besanceuil, et en 1365 donnait, avec son fils Jacques,
aveu et dénombrement au Roi pour leur seigneurie d’Uxelles. De l’union
d’Isabelle avec Arthaud de Saint-Germain sont issus six enfants connus dont
Arthaud, fils aîné; 2° Alise, mariée une première fois à Girard de
Montfalcon, et en second lieu à Jean de Lespinasse. En 1351, ce dernier
reçut d’Isabelle de Blanot pour le paiement qui restait de la dot d’Alise,
sa fille, les revenus de la terre d’Uxelles pendant trois ans. 3° Ayglantine;
4° Jean, mort jeune; 5° Agnès, mariée en premières noces à Guy de Dyo et en
deuxièmes à Guillaume de Beaujeu; 6° Jacques, né en 1328, reçut en 1354 de
sa mère la moitié de la seigneurie d’Uxelles, et acquit, en 1356, de Jean
l’Espinasse partie des droits de justice de cette terre.
Arthaud et Jacques de Saint-Germain possédèrent d’abord par indivis la
seigneurie d’Uxelles, mais l’entente étant devenue difficile entre les deux
frères, ils choisirent une première fois, en 1341, Guillaume de Beaujeu pour
arbitre de leur différend, sans réussir à se mettre d’accord. Une seconde
tentative faite par Jean Phabery, doyen de Lyon, et Guillaume de
l’Espinasse, custode de la même église, en 1376, ne réussit pas mieux, enfin
le 11 novembre de cette même année, renonçant aux prétentions réciproques
pour lesquelles ils étaient en procès tant au Parlement de Paris qu’à celui
de Bourgogne ils tombaient d’accord en faisant deux parties égales de la
seigneurie d’Uxelles. Le 22 mai 1380 Jacques de Saint-Germain donnait le
dénombrement de la seigneurie d’Uxelles au duc de Bourgogne, et au mois de
juillet de la même année passait une transaction avec l’abbé de Cluny, au
sujet de la justice de Colombier, Champagny, Ougy, Seignes et
Bissy-sous-Uxelles. Mort avant 1395, ce seigneur laissait de son mariage
avec Catherine de Montjeu, deux filles: Isabelle, mariée à Hugues de Laye,
et Marguerite, qui le fut à Pierre de Semur. Les deux sœurs durent posséder
Uxelles par indivis. On les voit de concert soutenir un procès contre
Guillaume de Bresse, au sujet de droits de justice, et en 1427, recevoir
comme dames d’Uxelles, de Jeanne de Marcilly, la reprise de fief de la terre
de Colombier. Isabelle de Saint-Germain étant morte sans postérité, sa sœur
Marguerite hérita de sa part d’Uxelles et porta cette seigneurie à Hugues de
Trezettes, son second marit. De l’union de Marguerite de Saint-Germain avec
Pierre de Trezettes sont issus Pierre de Trezettes, qui devint
chanoine-comte de Lyon; 2° Claude de Trezettes, seigneur du lieu; 3° Pierre
de Trezettes, qui suit.
Par partage du 20 mai 1429, entre Pierre de Trezettes et son frère aîné
Claude, le premier eut dans sa part le château d’Uxelles et la moitié de la
terre de Torcy, et Claude, le château de Trezettes, la moitié de la terre de
Torcy et des biens à Talant et Confrançon. En 1428 ces deux seigneurs sont
au nombre des gentilshommes bourguignons mandés par le duc Philippe le Bon
pour aller combattre les Armagnacs. Pierre de Trezettes mourut avant 1449,
laissant de Jeanne de Marcilly, sa femme, deux filles: Marguerite de
Trezettes, qui suit; et Claudine de Trezettes, mariée en premières noces à
Jean de Tenarre, seigneur dudit lieu et de Janly, et en secondes noces à
Claude de Bussy, seigneur de Montjoy. Marguerite de Trezettes s’allia à
Aymard de Neuville auquel elle porta Uxelles. On leur connaît six enfants
dont Philippe de Neuville, qui suit; 2° Philibert de Neufville, marié à
Marguerite de Moroges. Il est qualifié seigneur d’Uxelles en 1478; 3° Jeanne
de Neufville qui eut successivement trois maris: Claude de Colombier, Guy de
Crèvecœur, seigneur dudit lieu, et Vincent Borrelier, conseiller du roi; 4°
Jacquette de Neufville; 5° Marie de Neufville; 6° Anne de Neufville.
Philippe de Neufville, écuyer, seigneur d’Uxelles, épousa en 1477 Louise de
Bernault. Comme il est qualifié seigneur d’Uxelles, en 1478, ainsi que son
frère Philibert ils durent posséder la terre par moitié. Mais en 1470, lors
des guerres entre Louis XI et Charles le Téméraire, le roi de France,
suivant de déplorables procédés de confiscation, alors que trop en usage
chez les vainqueurs, dépossédait Philippe et Philibert de Neufville, de
leurs biens, afin de les punir de leur attachement au duc et les cédait à
Arthaud de Saint-Germain, en récompense des services qu’il avait rendus à sa
cause. Les spoliés ne cédèrent point sans résistance. En 1479 on voit
Philippe de Neufville occupant Uxelles, où, au moyen de gens armés il était
entré de vive force. Malgré toutes les menaces, les exécutions, les arrêts
du Parlement, Philibert de Neufville s’y maintenaient encore au mois de juin
1488; mais le 20 juillet suivant, le château et la terre d’Uxelles, saisis
par ses créanciers, étaient vendus pour 3.500 livres à Jean de Cez.
De son côté, Philibert vendit sa seigneurie le 15 février 1489 à Henri de
Maillot, seigneur du lieu et de Jully, moyennant 1.000 livres. Le 13 mars
suivant, le sieur de Maillot passait son acquisition pour 3.500 livres à
Jean de Sercy, et ce dernier achetait encore, en septembre 1489, d’Arthaud
de Saint-Germain, tous ses droits sur cette terre pour 7.000 livres. Mais
dans ces diverses négociations Jean de Sercy n’avait été qu’un
intermédiaire, agissant pour le compte de Philibert Magnien, conseiller du
roi, receveur du bailliage de Mâcon, à qui il passait le 1er avril 1493
toutes ses acquisitions. Uxelles ne devait point rester longtemps la
propriété de Philibert Magnien, soit que les nombreux procès qu’il eut à
soutenir, ainsi que les grandes dépenses nécessitées par les travaux
exécutés au château l’aient mis dans une situation financière difficile,
soit qu’il n’ait pu, comme le rapporte Saint-Julien de Baleure, obtenir
l’investiture de son fief, n’étant pas qualifié de noblesse, toujours est-il
qu’un acte de vente de 1508 transportait à Claude de Sercy la propriété d’Uxelles.
Claude de Sercy, écuyer, seigneur d’Uxelles, était fils de Jean de Sercy,
seigneur du lieu, et de Claudine de Dyo. Il eut à régler plusieurs
différents pour arriver à la tranquille possession de cette terre, dont on
le voit reprendre de fief et en donner dénombrement en 1516. Marié à Anne,
fille de Jacques de Grolée, il eut trois enfants dont Philibert de Sercy,
seigneur du lieu et d’Uxelles vers 1540, mort accidentellement à Lyon; 2°
Catherine de Sercy, mariée à Pétrarque du Blé, seigneur de Cormatin; 3°
Jacqueline de Sercy, héritière d’Uxelles à la mort de son frère Philibert,
porta cette seigneurie à Antoine de Semur, seigneur de Trimont et de
Sancinier. En 1555 il est qualifié baron d’Uxelles et obtient des lettres
patentes d’Henri II, lui permettant d’en relever les fourches patibulaires
qui étaient tombées.
Jacqueline qui avait eu cinq enfants de son mariage avec Antoine de Semur
testa en 1570 et mourut la même année après avoir échangé, avec Catherine de
Sercy, sa soeur, la terre d’Uxelles contre celle de Cercy. Pétrarque du Blé,
chevalier de l’ordre du roi, baron d’Uxelles par les droits de sa femme,
Catherine de Sercy, possédait aussi les fiefs de Massilly, Cortambert, La
Roue et Monthélie. On le voit, en 1570, choisi avec le le baron de Sennecey
comme député de la noblesse pour réformer la coutume de Bourgogne. De son
mariage avec Catherine de Sercy naquirent onze enfants. La terre d’Uxelles
ayant été, comme nous l’avons vu plus haut, réunie à celle de Cormatin, par
le mariage de Catherine de Sercy avec Pétrarque du Blé, leur histoire reste
confondue. Pour la suite sur les seigneurs d’Uxelles il est préférable de se
rendre sur la page consacrée au château de Cormatin. Ce ne fut qu’en octobre
1811 qu'Uxelles fut détaché de Cormatin par la vente qu’en fit Étienne
Maynaud de Lavaux à M. Grippière de Montcroc. Ce dernier, l’année suivante,
passait le château et le domaine à M. Charles Hippolyte de La Chapelle, fils
de Charles-Gilbert de La Chapelle, marié en 1814 à Hélène de Taffu de
Saint-Firmin; d’où un fils, Charles-Henri de La Chapefle, né en 1815 et mort
en 1870. C’est lui qui fit démolir le vieux château d’Uxelles pour le
remplacer par la construction actuelle. En 1842 il avait épousé
Françoise-Gabrielle de Clavière, d’où six eufants, dont M. Charles-Hippolyte
de La Chapelle, l’aîné, marié à d llc Mar guerite-Hippolyte Neyrand, qui
était propriétaire du château au début du XXe siècle.
L’ancien château d’Uxelles, en grande partie démoli vers 1855, était en un
lamentable état de conservation, en 1812, lorsqu’il fut acquis par M. de La
Chapelle. Cet état d’abandon était évidemment dû à ce que ses propriétaires
ne l’avaient point habité durant plus de deux siècles. Des vues et desseins,
encore existants, ont permis à MM. Jeanton et Martin de reconstituer le plan
de l’ancien manoir. C’est de leur étude que nous avons extrait les quelques
détails que nous en donnons. Le vieux manoir se composait de deux enceintes.
La première de forme elliptique, était formée par une muraille de plus de
2,65 mètres d’épaisseur, garnie de parapets et de créneaux et sur laquelle
était un chemin de ronde; extérieurement existait un large et profond fossé.
Deux portes fortifiées et surmontées chacune d'une tour carrée donnaient
accès à l’intérieur de la première enceinte. Dans cet intérieur se trouvait
une grande cour renfermant une chapelle, dédiée à saint Georges et des
bâtiments. Ces bâtiments, servant de communs, étaient adossés à droite et à
gauche de la grande porte d’entrée. La seconde enceinte de forme elliptique
comme la première, était fermée d’épaisses murailles flanquées de tours et
de contreforts. Partie de ces contreforts étaient reliés entre eux, à la
partie supérieure, par des arcatures en plein cintre, qui soutenaient un
parapet garni de mâchicoulis et de créneaux; partie, destinés à soutenir
l’exhaussement du mur étaient simplement de forme rectangulaire. On entrait
dans cette enceinte par une porte cintrée, surmontée d’une grosse tour
carrée qui se trouvait à cheval sur la muraille. Au-dessus de cette porte il
y avait des ouvertures pratiquées pour y passer des madriers afin d’établir
une galerie ambulante de défense. Une fois entré dans cette enceinte on
pénétrait dans une petite cour, bornée par un donjon pentagonal de sept
étages, la tour Saint-Michel et divers bâtiments.
Venait ensuite la cour d’honneur, limitée au nord par une partie très
étroite de bâtiments; à l’est par des constructions de forme rectangulaire,
flanquées extérieurement d’une tour carrée, dite tour du pigeonnier; au midi
par un corps de logis avec tour d’escalier, et à l’ouest par deux bâtiments
adossés aux murailles. Comme époque de construction, la grosse tour ronde,
située à l’extrémité sud-ouest de la seconde enceinte, paraît être par son
aspect et sa position, le donjon primitif d’Uxelles, élevé vers 1050. La
première enceinte, les murailles de la deuxième enceinte, le donjon
pentagonal, la tour du pigeonnier doivent dater du milieu du XIIe siècle.
Les bâtiments d’habitation formant les côtés sud et ouest de la seconde cour
intérieure et la tour de l’escalier paraissent être les constructions
élevées par Philibert Magnin vers 1514. Le château actuel élevé en 1835,
d’après les plans d’un architecte de Versailles, M. du Thil, l'a été sur
l’emplacement d’une partie de l’ancienne cour d’honneur. Il est construit
sur une butte d'une cinquantaine de mètre, qui offre une vue panoramique
exceptionnelle sur la vallée de la Grosne. Le sommet de la butte est entouré
d'une muraille enfermant un espace de 110 x 130 mètres; une porte bouchée
est encore visible à l'ouest. Au centre de l'enceinte, le château moderne
est bâti sur une surélévation, qui pourrait être le vestige d'une motte. (1)
château d'Uxelles 71460 Chapaize, tel. 03 85 50 16 71, domaine vinicole.
Nous remercions chaleureusement la propriétaire pour sa gentillesse et
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