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Dans son indice armorial des familles de la Bresse
et du Bugey, Guichenon cite une famille Varanges en Maconnais qui a pour
armes d'or à quatre bandes d’azur. Une charte du cartulaire de Cluny, de
l’an 1266, mentionne un Étienne de Chaintré, damoiseau, dont les fils
Regnaud, Perraud et Philippe sont possessionnés à Varanges. Claude de La
Garde, écuyer, seigneur de La Garde et du Clairon, donne, en 1560, l’aveu de
30 livres de rente pour sa seigneurie de Varanges, et en 1578 il est aux
États du Mâconnais. Le 31 janvier 1555 il avait vendu, de concert avec
Jeanne de Foudras, sa femme, la prévôté de Cluny pour le prix de mille
livres à noble maître Guy, prévôt, licencié en droit, procureur général des
terres et seigneuries de Cluny. Puis le 12 avril 1558, c’était celle de
Ruffey qu’il avait aliénée, moyennant 750 livres, à maître Jean Bridet,
notaire et bourgeois de Cluny. Jean de La Garde, fils du précédent et
seigneur de Varanges, eut séance aux États du Mâconnais après son père. Il
avait épousé Barthélemie Raffin, veuve de Guillaume Barthelot. En 1590 pour
le dédommager des frais qu’il avait faits pour la Ligue, le Conseil de
l’Union lui fit remise des fruits de deux religionnaires de Cluny. Vincent
Bernard, capitaine de la ville de Mâcon, mort en 1614, est coseigneur de
Varanges en 1600. Jean-Baptiste de Locatel, seigneur des Ecuyers, époux de
Claudine Le Roux, en a aussi la co-seigneurie à la même époque. Ancien
lieutenant du seigneur de Berzé, il avait, par un accord avec l’abbé de
Cluny, obtenu des droits de pêche dans la Grosne. Varanges fut ensuite à
André Bernard, fils de Vincent, et à Vincent Bernard, frère d’André,
chanoine de Mâcon. Jean-Léonor de Gaspard de Marcilly, seigneur de Pommey,
acquérait la terre en 1641. Il avait épousé Chrétienne Buchet, dont il eut
une fille, Jeanne de Gaspard, qu'il instituait son héritière dans son
testament du 5 avril 1667. Jean-Philippe de Champier, comte de Chigy, devint
seigneur de Varanges par son mariage avec Jeanne de Gaspard. Issu d’une
famille du Forez, il figure aux Etats de Bourgogne. Mort en 1683, Varanges
passait, vers 1700, à son fils Georges-Melchior de Champier, comte de Chigy,
qui vendit Varanges, le 24 mai 1712, à Pierre Feuillot et mourut en 1738.
Après Théodore Feuillot, son fils, la terre passait à Christophe Feuillot,
bourgeois de Cluny, lieutenant de la maréchaussée. Marié à Christinne Jard,
il était aussi possessionné à Taizé, où, en 1760, il afferme un domaine au
prix de 300 livres. Théodore Feuillot fut le dernier possesseur féodal de
cette terre. Varanges était un fief simple, sans droits de justice. En 1760
c’était un domaine pour huit bœufs de labour, avec terres, vignes, bois,
moulin et colombier, affermé annuellement 550 livres. Dans un bail de 1762
le sieur Feuillot se réserve le moulin de l’Ecluse, le colombier, la
chapelle et la chambre au-dessus. De plus le fermier devait nourrir son
cheval, même ceux de ses amis lorsqu’il lui plairait d’en mener audit lieu.
Il devait aussi fournir 12 chapons, 24 poulets, 3 dindonneaux, 8 cannes, un
tonneau de pommes à choisir et la moitié des châtaignes provenant du
domaines. Lors des brigandages politiques de 1789, le 28 du mois de juillet,
en l’absence du sieur Feuillot qui s’était rendu en armes à Cluny, pour
défendre l’abbaye, une troupe d’environ 40 bandits, armés de fusils et de
bâtons envahirent le château. Ils se mirent aussitôt à tout casser, vitres,
meubles et quantité de figures de porcelaine, déchirant ou enlevant les
rideaux, le linge. Une caisse de six pieds de long sur deux de haut, remplie
d'une collection d’oiseaux, de quadrupèdes et autres animaux étrangers, fort
rares, composant un cabinet d’histoire naturelle, fut aussi brisée et
lesdits animaux déchirés et péris. Ils auraient, en outre, mis le feu au
château si on ne leur avait donné à boire et à manger, demandant, en
plusieurs fois, le maître et la maîtresse de la maison, pour les faire
brûler, disaient-ils, en même temps que leur habitation. Nous n’avons trouvé
aucun détail sur le vieux château que Christine Buchet, veuve d’Eléonore
Gaspard de Marcilly, faisait réparer en 1670. Au commencement du XXe siècle
c'est la propriété de M. Bernard de Valence de Minardière, ingénieur
agricole de l'école de Grignon, qui dirige là un important domaine de 400
moutons, 120 têtes de bétail de race et 6 mères-truies bien sélectionnées.
Cette exploitation nécessite l’emploi de 25 domestiques hommes, tous logés
et nourris dans des conditions parfaites. (1)
Les archives de Saône-et-Loire conservent sous la côte H, un plan du château
de Varanges et des terres à l'entour, qui le montre comme un pentagone
irrégulier, dont l'enceinte était ponctuée de trois tours rondes aux angles
sud-est, sud-ouest et nord-ouest. A la première de celle-ci s'accolait un
long bâtiment rectangulaire qui occupait tout le côté oriental, et que
prolongeait au nord un saillant moins large. Au nord et appuyé de même à
l'enceinte, s'élevait un bâtiment moins important que flanquait à son
extrémité orientale et à l'extérieur une tour carrée en saillie sur
l'enclos. Le logis principal comportait deux ailes en équerre; la première
dont le petit côté occidental était renforcé par la tour du nord-ouest; la
seconde aussi rectangulaire selon un axe nord-sud. Le côté méridional,
rectiligne, n'était occupé, dans le prolongement du logis, que par un
pigeonnier carré. Pillé et saccagé le 29 juin 1789 pendant les troubles dits
de la Grande peur, le château était en 1859 signalé comme démoli par la
matrice cadastrale, mais la destruction ne fut pas complète: la tour ronde
du sud-est coiffée d'une poivrière basse, et le beau bâtiment de dépendances
sous toiture à quatre pans qu'elle accoste ont été conservés sans grande
retouche. Le jardin à l'ouest du château est bordé au sud d'un fossé en eau.
(2)
château de Varanges 71250 Cortambert, propriété
privée, ne se visite pas.
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