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L'abbé Courtépée mentione : il est parlé du
château de Couches dès le XIIe siècle. en 1187, paréage de Philippe Auguste
avec les abbayes bourguignonnes. En mars 1264 : "nous Hugues, seigneur de
Couches, chevalier, faisons savoir que, afin d’accroître le fief que nous
tenons de l’illustre homme Hugues, duc de Bourgogne, notre seigneur, c’est à
savoir le château et la châtellenie de Couches, nous recevons en fief, dudit
seigneur duc, tout ce qui suit : c’est à savoir tout ce que nous avons,
pouvons et devons avoir à Nantoux, à La Verpillère, au Bouchat, à Anxin, à
Saint-Berain-sur-Dheune, à Vellerot, à Morey, à Baugey et à Fangey, ainsi
que dans les finages, les appendances ou dépendances des villages et
localités, tant en hommes, manses, terres, prés, bois, habitations, decimae,
coutumes, tertiae, tailles, vignes, redevances, revenus, justice et droits
seigneuriaux, qu’en toute autre chose. Item, comme il a été dit
précédemment, afin d’accroître ledit fief, nous recevons en fief du seigneur
duc susdit tout ce que nous avons et pouvons avoir dans la villa et le
finage de Saint-Jean-de-Trézy, tant en hommes, terres, manses, tailles et
coutumes, qu’en toute autre chose. De la même manière, nous recevons en fief
dudit seigneur duc tout ce que nous avons et possédons ailleurs ou dans les
villae et localités susdites, excepté ce que nous avons et possédons dans la
villa de Couches et que nous tenons en fief de l’illustre roi de France;
excepté ce que nous avons dans la villa et le finage de Chassey-Le-Camp et
que nous tenons en fief du seigneur d’Antigny-La-Ville; excepté ce que nous
tenons et avons dans la villa et la finage de Charrecey et que nous tenons
en fief du seigneur de Montagu; exceptés les fiefs et arrière-fiefs que
d’autres tiennent de nous. Or tous ces biens que nous tenons et avons reçu
en fief du seigneur duc de Bourgogne susdit, comme il a été dit ci-dessus,
nous tenons et promettons, par notre serment donné corporellement sur les
saints Evangiles de Dieu et sur tous nos biens, pour le seigneur duc susdit
et ses hoirs, de les défendre contre tous, pour le seigneur duc susdit et
ses hoirs, et de les garantir perpétuellement francs et quittes de toute
autre dépendance ou servitude. Nous renonçons aussi en ce fait, entièrement
et expressément, par la force du serment donné, en toute connaissance de
cause, à toute exception et action de tromperie, de peur, au bénéfice d’un
rétablissement de la situation antérieure, ainsi qu’à toute autre exception
et raison tant de droit comme de fait, qui pourrait être comptée ou
exprimée. Et nous voulons être contraints d’accomplir les choses dessus
dites auxquelles nous renonçons entièrement et expressément par la force du
serment donné. En mémoire, validité et témoignage perpétuel de tout cela,
nous demandons d’apposer le sceau de cour d’Autun ainsi que notre sceau sur
ces présentes lettres. Nous, official d’Autun, à la requête et demande du
seigneur Hugues de Couches susdit, en notre présence pour ce spécialement
constituée, nous avons ordonné d’apposer le sceau de la curia d’Autun ainsi
que le sceau d’Hugues sur le présent texte, en validité et témoignage de
tout ce qui précède. Donné et fait à Autun, l’année de Notre Seigneur 1264,
au mois de mars".
Le 2 février 1271, arrêt du parlement de Paris ordonnant au bailli de Macon
d’exiger caution de quarante marcs d’argent pour mettre en liberté
provisoire Girard Bredi, accusé d’avoir maltraité et blessé le châtelain de
Couches. En janvier 1288, sentence arbitrale entre Hugues, seigneur du
château de Couches et le chapitre d’Autun au sujet des limites des justices
de Couches et de Perreuil. En novembre 1311 : "nous, Egidus de Malodusso,
seigneur de Montagny, chevalier, bailly du roi de France à Macon ; savoir
faisons que, comme nous avions fait saisir et mettre dans la main du roi et
dans la notre le château et la châtellenie de Couche, parce que le procureur
du roi disait et affirmait que le château et la chatellenie dessus-dite
était de toute antiquité du fief de notre seigneur le roi, et parce que
Etienne de Montagu, damoiseau, seigneur dudit château, au nom de sa femme,
dame desdits châteaux et chatellenie ou en d’autre nom, n’avait pas rendu
l’hommage à mon seigneur le roi de son château et chatellenie, et parce que
le même procureur disait que ledit château et chatellenie était tombé en
commise royale par défaut d’hommage. Cependant, l’an du seigneur 1311, le
jeudi de l’octave de la st martin d’hivers, en nos assises de Couches ont
comparu en justice devant nous ledit Etienne de Sombernon et Madame Marie sa
femme, dame dudit château de Couches et de la chatellenie. Et avec maitre
Pierre de Chalon, clerc et procureur du roi, en nom de procureur, a demandé
aux époux de répondre devant nous si lesdits châteaux et châtellenie de
Couche étaient et étaient tenu de fief de notre seigneur le roi ou non ; le
jour même, lesdits époux ont dit que lesdits châteaux et châtellenie étaient
et qu’ils les tenaient du duc de bourgogne, et ils ont niés qu’ils fussent
et qu’ils les tinssent de monseigneur le roi. Cependant, ils ont dit et
confessé que leurs prédécesseurs seigneurs desdits châteaux et châtellenie
les tenaient en fief du roi de France, avant la donation de la ville de
Couches et d’autres biens contenus dans les lettres du roi, faites par
monseigneur le roi à monseigneur Robert duc de bourgogne, assavoir : la
moitié du cens qui est dû communément en indivis sur les hommes de cette
ville à Monseigneur le roi et au seigneur du château; item trois parts du
péage et tout le droit qu’il y avait sur ledit péage; item trois part de
tout le gain du marché qui se tient à Couches au mois d’octobre en la fête
Saint-Germain; item tout le droit qu’ils ont sur le sel et sur la vente des
pots à Couches, et généralement tout le droit et gains qu’ils ont et
percoivent dans la ville et le bourg de Couches. A la réserve que si quelqu’autre
bien ou droit venaient à leur connaissance, que leurs prédécesseurs avaient
tenu ou auraient du tenir de Monseigneur le roi, ils le signaleraient.
Pourquoi nous le dit bailli de Macon, ladite saisine et main-mise royale sur
ledit château et châtellenie royale qui avait été nié être du fief de notre
seigneur le roi,nous l’avons levé jusqu’à ce que la justice du roi soit plus
amplement informée. Pour quoi lesdits époux ont présenté comme caution Odard
de Montagu, chevalier, qui a obligé tous ses bien en la main du roi et nous
avons demandé à Eudes de Fontaine, chevalier, de tenir en notre nom lesdits
châteaux et chatellenie au nom du roi et au notre, jusqu'à ce que ledit
couple puisse se présenter devant le roi ou sa cour aux prochains jours du
parlement de Paris, pour défendre leur cause. Fait sous notre sceau, l’an et
jour et lieu comme dessus".
Le 17 octobre 1444, "discrète personne Jehan Bonelin, marchand demourant à
Ostun aigé de 60 ans ou environ interrogé diligemment et secrètement examiné
par moy ledit procureur appelé, avec moy ledit notaire, dit et dépose par
son serment pour ce donné aux Saints Evangiles de Dieu, que puis ledit
traicté d’Arras dont cy dessus est faite mention, plusieurs capitaines et
gens de guerre du Roy en très grand nombre estre entrés en armes es pays de
Bourgogne, mesmement esdits bailliages par quatre ou cinq foys et entre les
autres y sont entrés les capitaines qui s’ensuit, ensemble leurs gens et
complices. C’est assavoir Brusac, Blanchefort, Mathelin, Chapelle, Antoyne
de Chabanes, Paule de Lestrat, Olivier de Cotiny, Olivier de Bion, le Bourg
de Penesart, Boniface de Vauspargne, et plusieurs autres, esquels pays ils
ont tenus les champs longuement, et entre les autres logis qu’ils ont fait
esdits pays. Ils ont estés logés par deux foys es faubourg d’Ostun et en
yceulx, comme ennemis mortels, ont portés plusieurs grands et inumérables
maulx et dommaiges auxdits subjets de mondit Seigneur et au pays. Et entre
les autres maulx ils ont prises, tant par force que par emblée esdits
bailliages et assaillies plusieurs bonnes et fortes places et ycelles
pillèrent et gastèrent et mesmement ont pris, puis ledit traicté, une belle
et forte place et chastel très bien gouvernée, laquelle ils ont pillée,
appelée Molin appartenant à noble homme Jehan de Busseul escuier et n’y ont
laissé ne, comme après feu, et l’ont grandement dommaigées et de plus de
deux milles escus comme l’ont dit. Item ont pris une autre place d’assault
assise esdit bailliage appelée Sauturnes, en laquelle ils ont semblablement
pillée et pris tous les biens des pauvres gens d’entour qui estoient
retraits léans et autres. Et en ycelle tuèrent ung très bon compagnon
laboureur et prirent le seigneur nommé Jehan Broichart et ly lièrent les
jambes d’une rourte et d’ung tortost et le meurtrissèrent tellement qu’il en
est mort et violèrent toutes les femmes qui estoient comme l’on dit. Item
ont pris et pillé le prieuré de Couches lequel est enclavé esdit bailliage
où il avoit également quantité de biens des subjets de mondit Seigneur
retraits. Prirent et emprisonnèrent le prieur et ycellui, avec plusieurs
autres hommes et subjets de mondit Seigneur emmenèrent prisonniers et mirent
à grosse rançon et le détinrent pour longtemps . Et tout ainsi que ont
acoustume de faire ne que feroyent ennemis mortels. Item ont assailli par
ung jour entier le chastel de Couches appartenant à Monseigneur de Coulches
assis esdit bailliage et tellement qu’ils prirent les murs en plusieurs
lieux tout comme ennemis mortels de mondit Seigneur et du pays. Ycelle
rançonnèrent et brûlèrent ung bon molin appartenant appartenant audit prioré
tout esdit bailliage".
L'abbé Courtépée mentionne : ancien château dont il ne subsiste plus que
trois tours et le murs de clôture, rebâti vers 1440 par Claude de Montaigu,
chevalier de la Toison d'Or. On y voit ses armoiries de Bourgogne en plein,
mi-partie de celles de la Tour-d'Auvergne, avec cette devise entourée d'une
cordelière : j'ai le corps déliéé. Grande chapelle de Saint Ruf voûtée, dont
le retable est un morceau précieux de plus de 150 figures en relief,
représentant les Mystères du Sauveur. On doit ce bel ouvrage à Claude de
Montaigu, chambellan de Philippe le Bon, dernier mâle des ducs de la
première race, et à Louise de la Tour, sa femme. Ils y ont fondé en 1469 un
chapitre qui fait maintenant l'office à l'église de Saint-Nicolas, jadis
léproserie. Il n'y a plus qu'un prévôt et deux chanoines. Ce château-fort,
qui tenait pour Louis XI, fut assiégé par Guillaume de Marcigny, du parti de
Marie de Bourgogne, en juin 1477. Ensuite le château fut pris et pillé par
Antoine du Prat, baron de Vitteaux en 1590 "ayant reçu advertissement de M.
de boligneux, seigneur de Meilly, que les troupes du baron de Vitteaux,
lequele n'avoit encore voulu faire sa soumission au roy, estoient en nombre
dans la vallée de Saint-Thibaud, où elles auroient surpris plusieurs
villages qu'elles auroient pillés et ravagés, et se délibéroient de
s'acheminer en ces quartiers, il fut unanimement décidé que les habitants
reprendroient les armes, feroient la garde aux portes et le guet au clocher.
Mais on n'en eu que la frayeur, car le 27 septembre elles passèrent sous les
murs, conduites par le capitaine Buchon, et ne s'arrêtèrent point. On apprit
plus tard qu'elles etoient allées surprendre les châteaux de Nolay et de
Couches, où elles commirent beaucoup d'excès".
Dessertenne écrit en 1757 : "Couches est une chatellenie royalle. Il y a
encore une baronnie : de sorte qu’il y a plusieurs seigneurs. Les hameaux
qui dépendent de Couches sont le Château de Couches au midi distant d’un
quart de lieue". Dans l'Annuaire statistique et administratif de
Saône-et-Loire de 1869 il est écrit : château de Couches, dont les premiers
possesseurs furent les ducs de Bourgogne. Il a conservé, avec sa chapelle du
XVe siècle, trois de ses anciennes tours. La partie la plus considérable des
fortifications et les souterrains sont de date récente. Il appartient à M.
le comte de Louis de Montagu... En fond de vallée, sur un petit ensellement
rocheux qui le surélève au-dessus des prés inondables; à l'extrémité
orientale du village, le château de Couche est un vaste quadrilatère,
cantonnés de deux tours rondes au nord et d'une puissante tour carrée au
sud-est. Une belle chapelle gothique est plaquée contre la courtine nord,
dans l'angle nord-est. Un corps de logis symétrique a été bâti au XIXe
siècle dans l'angle nord-ouest. Une tradition non confirmée prétend que
l'entrée primitive se faisait par le sud, au-dessus d'un fossé aujourd'hui
comblé, qui séparait le donjon des communs. La tour maîtresse, dans l'angle
sud-est, se compose de quatre étages carrés sous toit en terrasse. Chaque
étage est éclairé par une baie par façade ; le rez-de-chaussée dessert
également une canonnière à fente de visée verticale à l'est. Le sommet de la
tour est couronné de corbeaux, qui devaient porter des mâchicoulis.
La circulation verticale se faisait primitivement par un escalier en-œuvre
près de l'angle nord-ouest, puis à partir du XVe siècle par une vis
d'escalier hors œuvre, attenante au premier escalier. La courtine orientale
est conservée sous la forme d'un mur de soutènement arasé à hauteur d'appui.
Au milieu de la courtine, une saillie triangulaire en plan semble attester
l'existence d'une ancienne tour carrée bâtie à 45°. Dans l'angle nord-est,
la tour ronde est bâtie sur un haut niveau voûté, que recouvrent deux étages
carrés. Les créneaux, très restaurés, existaient déjà avant les
reconstructions du XIXe siècle. L'étage de terrasse dessert également deux
bretèches. La chapelle, de belle facture gothique, possède un petit transept
au sud. Les deux tourelles qui encadrent le mur gouttereau sud sont des
adjonction du XIXe siècle. La tour nord-ouest est également médiévale. Elle
est couverte par un toit conique. En revanche, le bâtiment qui s'appuie sur
l'angle nord-ouest, et fait pendant à la chapelle, sont des constructions
modernes. Au milieu de la courtine ouest se distingue la façade d'un
pont-levis à flèche, avec porte charretière et porte piétonne à droite, le
tout flanqué de deux canonnières à ébrasement externe ovale. Il s'agit
peut-être d'une entrée primitive, mais il est possible que cet ensemble ait
été déplacé. Sur le cadastre de 1813, cette porte occidentale est précédé
d'une enceinte carré flanquée de tours rondes, dont il ne reste rien. (1)
Éléments protégés MH : le château en totalité, y compris les souterrains :
inscription par arrêté du 18 juillet 2009, modifiant l'arrêté du 12
septembre 1996. (2)
château de Marguerite de Bourgogne 71490 Couches. Tel : 03 85 45 57 99 ou 06
07 60 73 60, ouvert au public, visites individuelles en mai tous les
week-ends et jours fériés de 14h à 17h, de juin à fin septembre tous les
jours de 10h à 12h et de 14h à 18h, d'octobre à mi-novembre les week-ends et
jours fériés de 14h à 17h, et du 1er décembre au 16 décembre ouverture les
week-ends de 14h à 18h et du 17 décembre au 10 janvier ouvert tous les jours
de 14h à 19h. Visite pour groupes et entreprises toute l'année sur rendez
vous.
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