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Château de Cruzille (Saône-et-Loire)
 
 

         On trouve en 1262 un bailli de Mâcon nommé Hugues de Cruzilles, mais rien ne prouve qu'il ait été seigneur du lieu. Poncet de Lugny, en 1277, est le premier qui porte le titre de seigneur de Cruzilles. Un Jean, bâtard de Nanton, seigneur de Ruffé, a des Justiciables à Cruzilles, en 1311, au lieu de Collonge. En 1329, Jean de Nanton, chevalier, se qualifie aussi seigneur de Cruzilles dans une quittance qu’il donne au châtelain de Chalon. Antoine de Nanton, seigneur de Cruzilles, Nobles et Pizay, par sa femme Nicole de Marchamp, cité en 1370, eut Jean qui est dit mineur en 1409. En 1366 et 1380, Arduin de Nanton, chevalier, reprend de fief du duc de Bourgogne pour le château et la terre de Cruzilles. En 1449, Etienne de Nanton, donzel, est dit seigneur justicier de Sagy et Collonge mais à charge de fief au duc de Bourgogne. En 1473, il reconnaît tenir de ce même duc de Bourgogne, à cause de son comté de Brancion, le château de Cruzilles, Collonge, Sagy et partie des bois de Chapaize et du mont Saint Romain. En 1486, on trouve un Guillaume de Nanton, seigneur de Cruzilles, Pizay et Nobles, puis en 1503 c’est Louis de Nanton, marié à Françoise de Bellecombe Baneins, qui est seigneur desdits lieux et laisse la terre au suivant. Pierre de Nanton, écuyer, seigneur de Cruzilles, après son père, épouse Nicole de la Baulme, et leur fille, Françoise, se marie en 1547, à Gaspard de Saillant, fils de Charles, à qui elle porte Cruzilles. Françoise de Nanton meurt jeune sans enfants laissant ses biens à son mari. Ce dernier, à son décès, les lègue à son frère qui suit. Antoine de Saillant, seigneur de Cruzilles, donne, en 1560, l’aveu de 27 livres de rente. Après s’être d’abord destiné à l’Eglise, il épousait, dans le but de conserver sa maison et ses armes, demoiselle Claire de Bessey, sœur du sieur de Longecourt. Ce mariage n’ayant pas donné de postérité, Cruzilles passait à Isabeau de Saillant, sœur d’Antoine. La famille de Saillant était ancienne.

Elle a donné deux évêques à Mâcon, Étienne Hugonnet (1450) et Philibert Hugonnet qui lui succéda en 1471 et fut fait cardinal. Isabeau de Saillant, dame de Cruzilles, morte sans enfants malgré deux mariages successifs, laissait ses biens à Jean de la Borderie, son deuxième mari. Jean de la Borderie, seigneur de Cruzilles, se voyant sans enfants de son mariage avec une fille de Denizet, de la maison de Pressia, vendit Cruzilles. Françoise de Rubys, veuve d’un président au Parlement de Dijon, Claude Patarin, achetait Cruzilles 13.000 livres et 200 écus soleil, en reprenait de fief en 1557, et donnait, en 1560, l’aveu de 27 livres de rente. Après elle, la terre passait à sa fille, Denyse, qui portait Cruzilles à Nicolas de Bauffremont son époux. Nicolas de Bauffremont, seigneur de Sennecey et Cruzilles, était fils de Pierre de Bauffremont et de Charlotte d'Amboise. Grand prévôt de France (1572), ardent catholique, il combattait à Jarnac et Montcontour, mais ternissait sa gloire lors des massacres de la Saint-Barthélemy. Grand prévôt de France (1572), il est mort en 1582 en son château de Sennecey. Versé dans les lettres il a laissé une belle bibliothèque formée des livres les plus rares "en tous genres de siences et disciplines". De son mariage avec Denyse Patarin naquirent sept enfants, dont deux fils. L’aîné, Claude, allié à Marie de Brichanteau, eut la baronnie de Sennecey. Son frère Georges hérita de Cruzilles. Georges-Épaminondas de Bauffremont, seigneur de Cruzilles et Vareilles, marquis d’Alègre, capitaine de 50 hommes d’armes, prit, en 1581, le titre de comte de Cruzilles après avoir obtenu l’érection de cette terre en comté. En 1583, il acquit le gouvernement de la ville et citadelle de Mâcon du sieur de Gondras, charge dans laquelle il fut maintenu par le roi malgré l’opposition des échevins. Un des chefs les plus actifs du parti royaliste en Maçonnais, il voulut se faire remettre les clefs de la ville afin de contrebalancer l’influence de Mayenne. Les échevins refusèrent d’abord, mais durent céder devant les menaces du comte.

En 1584, les partisans de la Ligue, tout puissants à Mâcon, s’adressent au duc de Mayenne, qui vient en la ville chercher à les réconcilier avec le comte et limiter ses pouvoirs. Mais Mayenne parti, la méfiance revient et l’on arme des deux côtés. Enfin l’arrivée, en la cité, de de Chabat, lieutenant du gouverneur de Bourgogne, avec des bataillons de Ligueurs en impose au seigneur de Cruzilles, qui, le 15 octobre 1585, se voit obligé de quitter la citadelle, que les habitants s’empressent aussitôt de démolir. 4.000 livres lui furent comptées pour le remboursement de son brevet de gouverneur. En 1586 et 1587, catholiques et huguenots s'arment, le comte de Cruzilles recrute des troupes dans son château, bat la campagne et l’on se plaint partout de ses ravages. Les habitants de Mâcon mis au courant de son entente avec les protestants arment leur ville et font bonne garde. En 1588, apprenant que le comte est à Lyon, ils mandent aux magistrats de cette ville qu’il s’y est rendu pour fomenter des troubles. Cruzilles est alors arrêté, mais peu après relâché, sur l’intervention du baron de Sennecey, son frère. L’année suivante, on voit de Bauffremont campé près de Tournus, avec ses troupes, afin de prêter appui aux habitants de cette ville, rangés dans le parti royaliste; mais deux fois attaqué par les troupes de l’abbaye qui avaient reçu des renforts, il est contraint de se retirer. Il s’en va alors assiéger divers châteaux voisins, contraignant les habitants des villages à lui fournir vivres et munitions. Devant les plaintes qui de toutes parts s’élèvent contre le comte, Nagu Varennes, gouverneur de Mâcon, part avec 2.000 hommes, bien décidé à réduire le château de Cruzilles. Abandonné en cours de route par les troupes de Saint Vidal, le gouverneur suspend un instant sa marche, qu’il reprend peu après ayant reçu des renforts. Le comte comprenant qu’il ne pourrait tenir devant ces forces supérieures se hâte de l’évacuer. Il y est aussitôt remplacé par les Ligueurs. Peu après, de Bauffremont reprenait ses courses et enlevait les châteaux de Vérizet et Berzé. Alors Nagu-Varennes bien décidé à délivrer le pays de ces bandes marche à nouveau contre son château où il arrive le 22 septembre 1589 avec 2.000 hommes et deux grosses pièces d’artillerie. Le comte sentant qu’il ne pourrait tenir dans sa petite forteresse, se retire, laissant le commandement au capitaine Leprin. Les défenseurs font d’abord bonne contenance, mais le 26 la grosse artillerie ayant pratiqué deux brèches les 40 à 50 hommes chargés de la défense, privés de nourriture et harassés de fatigue, ne peuvent opposer aucune résistance et se voient tous massacrés.

En 1590, on voit encore de Bauffremont réoccuper son château et en 1591 celui de Dulphé, mais Cruzilles et Bissy sont presque aussitôt repris par les Ligueurs pour retomber à nouveau, en 1593, aux mains des partisans du roi. Cette interminable lutte se poursuivant toujours, Georges de Bauffremont est battu et fait prisonnier entre Charolles et Paray, et ses bagages estimés 4.000 livres restent aux mains de l’ennemi. Poursuivant leurs succès, les Ligueurs, sous les ordres du marquis de Treffort et du comte de Tavannes, réussissent à rentrer dans Cruzilles. Enfin, le 29 août 1594, l’infatigable comte après avoir, aidé des sieurs de Champerny et de l’Isle, tué, blessé ou fait prisonnier un détachement de 150 Ligueurs, près d’Uchizy, tient encore la campagne jusqu’en 1596 où la paix se traite entre Mayenne et Henri IV. Georges de Bauffremont contracta deux mariages: la première, en 1579, avec Guillemette de la Mark, fille du duc de Bouillon, Albert de la Mark, dont il eut deux fils, François-Hercule et Henri-Alexandre, morts jeunes. Sa seconde femme fut René-Angélique d’Allègre, dont il eut aussi deux fils, René et Christophe-Melchior. René de Bauffremont, comte de Cruzilles, étant mort sans postérité, ses biens passèrent à Christophe-Melchior, qui, vers 1630, eut Cruzilles vendu à son préjudice, pour le prix de 24.000 livres, à Anne de Saulx, femme d’André de Grimaldi. Les enfants de ces derniers étant morts jeunes, le comté passa, par donation, à Claire de Saulx, fille de Charles de Saulx, vicomte de Tavannes, mariée, en 1647, à Charles-François de la Baume. Claire de Saulx est morte dame de Cruzilles, en 1701, après avoir repris de fief le 8 août 1673. De l’union entre Claire et Charles de la Baulme naquirent six enfants; entre autres Marguerite-Melchior, qui suit; Jacques-Marie, tué à Nerwinde, en 1693; Edouard-Esprit; Jacques-Philippe-Eugène; et Marie-Joseph.

Marguerite-Melchior de la Baume hérita des terres de Cruzilles, Brancion et Nobles, et mourut en 1714 célibataire, laissant tous ses biens à un de ses frères, Édouard-Esprit de la Baume, prieur de Saint-Germain-du-Bois, comte de Cruzilles, baron de Lessard, mort en 1721, fit héritier de ses biens Jacques Philippe-Eugène, son frère cadet, qui en donne dénombrement, en 1722 3, fit campagne contre les protestants révoltés des Cévennes, vint, en 1731, mourir à Cruzilles, où il fut enterré dans la chapelle des seigneurs. Marie-Joseph de la Baume-Montrevel, sa sœur, fut son héritière; baronne de Lessard, comtesse de Cruzilles, elle prenait possession de cette terre en 1732, et mourait célibataire à Tournus en 1749. Les scellés furent mises chez elle le 9 décembre. L’inventaire y signale un assez riche mobilier, tapisseries de haute lice et meubles antiques. Cruzilles échut ensuite à son petit-neveu, Florent-Alexandre-Melchior de la Baume-Montrevel qui fut comte de Cruzilles, baron de Labergement, Lugny, Lessard et brigadier des armées du roi. Député de la noblesse aux États-Généraux de 1789 il se réunit un des premiers au Tiers-État mais n’en fut pas moins une des victimes de la Révolution ayant été condamné à mort par le tribunal révolutionnaire le 7 juillet 1794. Restés longtemps indivis entre les héritiers de Montrevel, les biens de Cruzilles appartenaient, vers 1820, à Marie-Charlotte-Alexandrine de Lannoy, parente des Montrevel et épouse, en secondes noces, d’Hercule-Dominique de Tulle, marquis de Villefranche, pair de France. Ces biens passaient ensuite au fils de ce dernier, Adrien-Eugène-Gaspard de Tulle, capitaine de hussards, qui vendait une partie des vignes, prés et terres à divers particuliers, puis le château et le bois de Buis, pour 30.000 francs à Jean-Baptiste Chambord, de Mâcon, ancien membre du Conseil des Cinq-Cents, juge au tribunal civil de la Seine, mort à Cruzilles en 1837. Ils passèrent ensuite par héritage à Cornaline-Eugénie Chamborre, sa fille, épouse de Dominique Porcher, chirurgien; puis à Paul Barriaud, époux de Louise Porcher; à Madame veuve Abeille, née Alice Barriaud, leur fille au début du XXe siècle.

Description du château de Cruzilles:

Le château de Cruzilles se dresse sur un étroit monticule rocheux, où, grâce à des apports considérables de terre, a été aménagée une haute et vaste terrasse de l’aspect le plus imposant. Il se compose d’un grand corps de logis, de forme rectangulaire, flanqué de deux grosses tours rondes à ses extrémités; sa façade principale est tournée à l’orient. Jadis la cour intérieure, véritable terre plein élevé de vingt marches au-dessus de la première terrasse, était encadrée de toutes parts par des bâtiments, aux angles desquels bombaient quatre tours rondes. La ruine de l’aile occidentale a dû vraisemblablement commencer lors de nos guerres civiles de la fin du XVIe siècle. C’est alors que l’artillerie des Ligueurs battant avantageusement cette face d’une hauteur voisine, fort rapprochée du château et commandant toutes ses défenses, fit crouler une partie des murailles. Les démantèlements successifs, survenus peu à peu, achevèrent de désorganiser cette aile du château qui n’a jamais été rétablie dans son état ancien; depuis l’on s’est contenté d’utiliser, en bâtiments de service, les quelques murailles encore existantes. L’aile orientale, au contraire, bien moins exposée au choc des gros projectile de l’ennemi est restée à peu près intacte. Mais, pour l’accommoder aux besoins modernes, l’intérieur a subi bien des transformations. De grandes baies rectangulaires ont été ouvertes dans ses murs, à la place de ces anciennes fenêtres qu’un unique souci de défense avait percées rares et fort étroites. Un large et bel escalier, à pans droits, a été disposé dans l’aile septentrionale, pour desservir de grandes pièces avec planchers à la française fort élevés, mais se communiquant par enfilade, mode encore en usage sous le règne de Louis XIV, époque à laquelle semblent remonter ces remaniements.

Les deux grosses tours rondes de la façade quoique d’une élévation et d’un diamètre extérieur égal ne doivent point avoir été élevés simultanément; celle du midi nous paraît plus ancienne, la largeur de ses murs, 2,30 mètres à l’étage inférieur, la montre antérieure au XIIIe siècle, époque où les fortifications avaient cessé de ne se défendre que par l’extrême épaisseur de leurs murailles; tandis que la tour du nord a déjà cet étage inférieur voûté, celle du midi n’a encore qu’un simple plancher de bois qu’un ennemi peut incendier après y avoir pénétré, enfin tout l’ensemble de la construction est moins soigné dans cette dernière, sa base non élevée en talus ne montre qu’une muraille lisse, au lieu du bel appareil en bossage rustique de la première, de même la corniche qu’elle étale est du plus simple profil, au lieu d’être décorée d’une série de modillons. Malgré des murs recrépis, qui laissent bien imparfaitement étudier ces tours, toutes deux doivent être antérieures au XIVe siècle, et les embrasures pour le tir de l’artillerie à feu que l’on remarque, principalement à leur sommet, ont dû être ouvertes à la fin du XVIe siècle. Avec la fin des guerres de la Ligue se termine l’histoire militaire du château, il n’en est plus parlé jusqu’au mois de juillet 1789 où il est envahi par une bande de brigands politiques qui découvrent une partie des deux tours et brisent portes et fenêtres, ainsi que la rampe du large et bel escalier en pierre qui se voit encore aujourd’hui, dans son aile septentrionale. Heureusement tout à été restauré depuis. (1)

Éléments protégés MH: le château de Cruzille en totalité: inscription par arrêté du 9 décembre 1946. (2)

château de Cruzille 71260 Cruzille, institut médico éducatif, propriété de la Fédération des Oeuvres Laïques, visite des extérieurs uniquement, allée de tilleuls séculaires remarquable.

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(1)       Le Mâconnais historique. Seigneurs, châteaux, par François Perraud. Imprimerie Protat frères, Mâcon (1921)
(2)   
   source :  https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/

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