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Château d’Audour à Dompierre-les-Ormes
 
 

     Les plus anciens possesseurs connus du fief d’Audour furent les du Ris. En effet Mathieu du Ris était seigneur d’Audour en 1388. Huguette du Ris, fille du précédent, s’allia à Jean de Fautrières et lui porta Audour. Leur fils Pierre, qui suit, hérita de la terre. Pierre de Fautrières, seigneur d’Audour en 1451, épousa Joséphine Paquier d’où naquirent deux fils: Eymard et Guillaume et une fille Huguette, qui le 18 novembre 1452 donna ses biens au dernier. Eymard et Guillaume de Fautrières, écuyers, sont seigneurs d’Audour en 147. Lors des guerres entre Louis XI et Charles le Téméraire, soutenant la cause du duc de Bourgogne ils ont leur château pris par les Français qui pillent ou dispersent tout ce qu’il renfermait et le brûlent. De plus une explosion de poudres survenu pendant l’attaque avait blessé grièvement la femme de Guillaume. Lui-même atteint dans trois parties de son corps avait dû payer une forte rançon pour recouvrer sa liberté. Voulant récompenser de si bons serviteurs, le duc Charles, par lettres patentes datées de Dole (26 février 1473), leur accorde les biens de divers hommes d’armes servant dans l’armée des Français. Puis pour bien garantir les nouveaux possesseurs en la propriété et jouissance du tout, le lieutenant général au bailliage fit apposer les panonceaux aux armes du duc sur les manoirs, près, terres, etc. Un acte du 13 août 1474 confirmait encore tous ces biens aux deux écuyers. Guillaume de Fautrières eut pour enfants Mathieu et Philibert cités de 1480 à 1511. Gaspard de Fautrières, seigneur d’Audour, en 1545, allié à Marie de La Cour, en eut deux fils, Philibert, qui suit, et Guy, à qui sa mère, devenue veuve, en 1574, faisait une donation de biens. En 1587 il y avait transaction et règlement d’hoirie entre les deux frères. Le 27 août de la même année Guy de Fautrières, maréchal des logis de la compagnie du duc de Mayenne, épousait, par contrat passé dans la maison abbatiale de Cluny, Georgette, fille de Jean de Salornay, seigneur du lieu qui lui apportait cette terre.

Philibert de Fautrières, seigneur d’Audour, Frouges, La Motte, eut séance aux États du Maçonnais en 1578 et figure, comme partie, dans diverses causes civiles plaidées au bailliage de Mâcon durant les années 1576, 158901 1596. Marié à Antoinette de Fondras qui testa le 20 août 1598, il en laissait deux filles, Jacqueline, qui porta ses biens à Jean de Lestouf, et Jeanne, mariée à Gaspard de Tenay, seigneur de Saint-Fons, Limas, Collonge et Maltaverne. Jean de Lestouf, seigneur d’Audour et Frouges, par son mariage avec Jacqueline de Fautrières (1590), fut aussi seigneur du Bois d'Oingt. Il figure à l’assemblée des États en 1614 et 1622. Sa femme en était déjà veuve en 1626. Leurs enfants furent Pierre qui suit, Françoise mariée à Hughes de La Cour, écuyer, seigneur de Moulin, et Philibert qui, vers 1621, passait une transaction avec sa mère. Pierre de Lestouf de Pradines, seigneur d’Audour, Frouges et La Motte, épousait, le 4 septembre 1641, Jeanne, fille de Pierre Austrein, seigneur de Jarnosse, d’Annonciade et de Gay, veuve de Christophe Damas, seigneur de Barnay. Dans le contrat Pierre de Lestouf reconnaissait avoir reçu de sa femme 25.000 livres pour payer ses dettes et finir ses procès. En 1645 ce seigneur adressait une plainte au bailliage contre une compagnie de cavaliers qui avaient exercé mille violences à Dompierre et dont deux officiers avaient été tués. Mort peu d’années après, sa veuve, son héritière, sous bénéfice d’inventaire, faisait en 1654 le partage de la seigneurie d’Audour avec Jeanne de l’Estouf, sa fille, mariée à Alexandre de Velaine, baron de Roncevay. La mère, remariée à Christophe Damas, seigneur de Barnay, eut les deux tiers de la seigneurie, et l’autre tiers, avec le château, échut au mari de sa fille Jeanne qui vint y résider.

Pierre Damas, seigneur de Vertpré et Bernay, jouissait, en 1664, des deux tiers d’Audour par les droits de sa mère. Claude-Hippolyte Damas, chevalier, seigneur d’Audour, Frouges, La Motte, eut encore Tramayes par acquisition en 1703. En 1682 il avait eu séance aux États du Mâconnais. Son alliance fut avec Etienette de Bergier dont il eut, entre autres enfants, Jean-Éléonor de Damas qui suit et plusieurs filles dont cinq d’entre elles se firent religieuses. Le testament du seigneur et de la dame d’Audour, fait au château dudit lieu, leur résidence habituelle, est du 8 juillet 1700. Ils élisent leur sépulture en l’église de Dompierre, au tombeau de leurs prédécesseurs, donnent mutuellement pour l’aumône des pauvres justiciables de leurs seigneuries, 200 mesures de seigle; à Regnaud Damas, leur fils, 30.000 livres pour tous droits paternels et maternels, y compris les droits qu’il pourrait prétendre aux bagues, joyaux et augments desdits seigneur et dame. A Marie-Anne Damas et Marie Damas, leurs filles, à chacune 8.000 livres. Au cas où elles seraient religieuses ils leur donnent à chacune une pension de 300 livres par an et une pièce de vin. A leurs filles Jeanne et Anne Damas, religieuses professes au couvent de Saint-Pierre de Lyon, une pension de 20 livres tournois, sans y comprendre les pensions qui leur ont déjà été faites et celle de 60 livres ci-devant accordée à Jeanne-Hippolyte, leur fille, religieuse professe en la ville de Paray. Au résidu de tous leurs autres biens ils se sont nommés héritier universel le survivant des deux. Au cas où les testateurs viennent à décéder sans enfants procréés en légitime mariage leurs hoiries demeurent substituées au sieur Regnaud Damas, leur autre fils, mais le substitué sera tenu de donner 400 mesures de seigle aux pauvres de Dompierre. Jean-Éleonor de Damas, chevalier, eut aussi les terres d’Audour, Frouges, etc, dont il reprit de fief le 5 août 1722. Ce seigneur épousait, le 13 février 1705, Claudine Barthelot de Rambuteau, fille de Philibert Barthelot d’Ozenay.

En 1707 il est maintenu en possession de droits honorifiques en l’église de Tramayès, malgré des prétentions contraires de Jean-Joseph de Berthet, seigneur de Gorze. Vers 1725 on le voit, avec François du Rousset, seigneur de Malfontaine, nommé commissaire pour examiner les preuves de noblesse des gentilshommes qui prétendaient droit d’entrée dans les États. Par son testament daté du 16 mars 1737 Jean’de Damas élit sa sépulture en l’église de Dompierre voulant qu’il soit fait un annuel de messes, pour le repos de son âme dans un couvent de religieux mendiants au choix de sa femme, donne 200 livres ou 200 mesures de seigle aux pauvres des paroisses de Dompierre et Tramayes, ratifie la constitution dotale faite à Marie, sa fille aînée, mariée au marquis de Digoine, sur laquelle il a été payé 24.000 livres. Lègue à sa fille cadette Marie Claudine de Damas 12.000 livres, lègue à sa femme l’usufruit de tous ses biens, reconnaissant de plus que sa vaisselle d’argent lui appartient, nomme héritier universel Mathieu Damas son fils; enfin il prohibe absolument la vente de ses meubles, après son décès, tant ceux qui sont dans ses châteaux d’Audour et de Tramayes que dans sa maison de Mâcon. Mathieu Claude, comte de Damas, chevalier, marquis d’Audour, seigneur de Dompierre, Tramayes, La Motte, eut aussi Poncie, Coutouvres, par sa femme Marie d‘Arcy, de la Varenne. Vers 1760 un arrêt du Grand conseil condamne messire Claude-Mathieu Damas à restituer aux religieux de l’abbaye de Saint Rigaud la terre et seigneurie de Monnet, avec toutes ses dépendances, dont il s’était indûment emparé. Peu après ces religieux se voient contraints de reprendre l’instance contre lui et le font de nouveau condamner à se désister en leur faveur de ladite terre de Monnet. Ses reprises de fief pour ces terres sont du 13 mars 1777 et 17 février 1789. En cette dernière année il fut représenté en l’assemblée des États par M. Barthelot de Rambuteau. Thérèse Damas, sa fille, mariée au comte de Dortan, en 1769, morte à Audour en 1825, a eu Roseline, mariée au comte de Forbin. En 1814, lors de l’invasion autrichienne, M. Gustave de Damas d'Audour défendait Cluny à la tête de 600 volontaires. Le château d’Audour qui était, en 1856, à M. le comte de Marcellus, est, en 1904, la propriété de M. le comte de Dortan de Gaufridy, ancien officier à l’armée, actuellement agronome distingué. Cette grandiose construction a été é levée à la moderne, au XVIIIe siècle, par Mathieu Damas qui y a érigé une chapelle sous le vocable de la Vierge. (1)

Éléments protégés MH: les façades et les toitures du château: inscription par arrêté du 27 octobre 1971. (2)

château d'Audour 71520 Dompierre-les-Ormes, propriété de la commune, visite des extérieurs uniquement.

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Crédit photos : GdeLaB sous licence Creative Commons
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(1)      Le Mâconnais historique. Seigneurs, châteaux, par François Perraud. Imprimerie Protat frères, Mâcon (1921)
(1)   
   source :  https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/

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(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique
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