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Le 23 avril 1452, Etienne
Hugonet, évêque de Mâcon, reçoit à foi et hommage pour la prévôté de Vérizet,
et pour sa maison de Fleurville (Marigny), noble Louis de Vérizet, donzel.
Le 26 avril 1525, Philibert Pelez, notaire, achète de Louis de Vérizet la
prévôté de ce nom, puis une maison à Fleurville et des vignes au même lieu:
on le voit ensuite exposer dans une requête qu’ayant acquis de ce fait des
droits d’usage dans les bois ils lui sont contestés parles forestiers de
l’évêque. On lui connaît une sœur, Jacquemette, mariée à Jean Magnin,
bourgeois de Tournus. Autre Philibert Pelez, son fils, eut, après lui, la
prévôté et le fief de Marigny, pour lequel il donnait, en 1560, l’aveu de 34
livres de rente. Jean Pelez, son frère, époux de Jeanne Lapyat (1549),
avocat à Mâcon, puis juge de Tournus en 1562, se qualifie aussi seigneur de
Marigny et Pymont. Philibert Pelez testa le 22 août 1595, nommant héritier
son fils Zacharie, auquel il donne Marigny, avec tous droits, profits et
justice; à Jean, son autre fils, il remet une maison à Vérizet, avec jardin,
verger, prés et terres. Zacharie Pelez, seigneur de Marigny, lieutenant en
l’Élection, acquit le 1er juin 1596, de Pierre Chesnard qui était
cessionnaire de feu Jean Chandon, la moitié de la châtellenie de Vérizet,
soit la part appartenant au Roi, dont il reprit de fief, et le 20 juin 1601
et 19 janvier 1616 donna le dénombrement. En 1626 une sentence portait que
les habitants de Vérizet, Fleurville et Quin taine payeront à Zacharie
Pelez, savoir les maîtres et chefs d’hôtel qui tiendront bœufs arables, six
gerbes de seigle à la moisson, ceux qui ne tiendront bœufs, trois gerbes, et
tous tenant ou ne tenant point bœufs, six œufs de poule à la Noël, mais à la
charge, par ledit seigneur, de fournir deux blayers pour la garde des blés.
Quatre ans après, ces mêmes habitants, contestant audit sieur Pelez ce droit
de blairie, il obtenait une sentence qui lui confirmait. N’ayant pas
d’enfants de Françoise de Pise il choisit, pour héritière universelle,
Antoinette Bonnet, sa nièce, fille de Joachim Bonnet, médecin, et de feu
Henriette Hugaud.
Antoinette Bonnet épousa Jean Vincent, et lui porta Marigny, dont il fournit
le dénombrement le 16 juillet 1649. Mort en 1650, après avoir testé, il
laissait trois enfants qui vécurent peu. Antoinette Bonnet se maria alors en
secondes noces, par contrat passé à Mouy, paroisse de Prissé, à Girard
Perrier, avocat en Parlement. Par leur testament mutuel, daté de 1666, ils
demandaient à être inhumés dans l’église de Saint-Pierre de Mâcon, faisant
quantité d’œuvres pies, instituant pour héritiers universels Girard et
Vincent Perrier, leurs fils, par moitié. Audit Girard l’aîné, marié à Marie
Chanorier (1675), ils léguaient leur maison de Mâcon et leurs biens de
Prissé consistant en trois domaines, à Vincent le fief de Marigny, la
prévôté de Vérizet, ainsi que les biens de Viré et les prés situés en
Bresse. Quant à leurs deux filles, Hélenne et Anne, la première recevait le
domaine de Sancé, plus 7.000 livres, et la seconde, le vignoble d’Hurigny
avec une semblable somme, mais il était stipulé qu’au cas où elles se
feraient religieuses, cette somme serait réduite à 4.000 livres. Vincent
Perrier, seigneur de Marigny, reprit de fief pour cette terre et en donna le
dénombrement les 4 janvier 1678 et 1er mars 1679; marié à Jeanne de Pernaton,
fille de Claude de Pernaton, capitaine au régiment d’Entragues, et de Jeanne
de Mazilles de Vaubresson. Par son testament, du 23 février 1684, il léguait
la moitié de la seigneurie à son fils mineur, Jean-Baptiste, au nom duquel
sa mère reprit de fief le 4 juillet 1686, un quart à son frère, Girard
Perrier, élu en l’Élection, qui reprit de fief le 10 décembre 1686, un quart
à sa sœur Hélenne, mariée (1673) à Thomas Chanuet, conseiller du Roi à
Mâcon, au nom de laquelle il y eut reprise de fief à la même date. Girard
Perrier, seigneur de Marigny après son frère, élu en l’Election (1675),
acquit une charge de secrétaire du Roi près le Parlement de Dole.
De son mariage avec Marie Chanorier des Nuguets (1675) il eut Thomas
Perrier, de Marigny, sieur du lieu, échevin, en 1709, fut secrétaire du Roi
près le Parlement de Paris. En 1720 il passait un marché pour la
construction de prisons et de cachots au château de Vérizete. De son mariage
(juillet 1706) avec Marie-Humberte Dessaignes, fille de Georges Dessaignes
et de feue Henriette Paisseaud, il eut un fils, Girard Perrier, seigneur de
Marigny, qui épousait en 1738 Charlotte Moisson. Testant le 15 novembre
1755, il donnait à Humberte Dessaignes, sa mère, la jouissance de son bien
de Prissé et de son vignoble de Sommeré, et à sa femme, celle de tous ses
biens et propriétés, après le décès de sa mère, à condition de prendre la
tutelle de ses enfants et le soin de leur éducation. A Marie-Humberte, sa
fille, il léguait 30.000 livres; son fils, François-Charles-Marie Perrier,
était nommé héritier universel, mais lui substituait, au cas où il mourrait
avant l’âge de majorité, ou sans être marié, sa fille, Marie-Humberte.
François-Gharles-Marie Perrier, écuyer, fut le dernier possesseur féodal de
Marigny. Le 15 avril 1772, il recevait, moyennant 6.000 livres, confirmation
des lettres de noblesse concédées à sa famille, en 1775 5, avait séance, en
1781, dans la Chambre de la Noblesse, aux États du pays et reprenait de fief
le 25 avril 1785. Émigré à la Révolution, avec sa sœur Marie-Humberte, il
trouvait à sa rentrée en France tous ses biens vendus et allait mourir,
encore célibataire, dans un hôpital, en 1805. Le 24 juillet 1796, le château
et domaine de Marigny étaient vendus à Genty, de Mâcon. Lors de la loi du 27
avril 1825, qui accordait une indemnité d’un milliard aux Émigrés, la part
revenant à ses héritiers fut de 450.000 francs, dont moitié allait aux
demoiselles Chesnard de Vesvres, filles de Claudine Perrier de Marigny.
Comme beaucoup d’autres châteaux de la région celui de Marigny n’échappa pas
aux brigandages politiques du début de la Révolution.
Le 28 juillet 1789, dépose le concierge u château, une bande de brigands,
qui venaient de dévaster et brûler les châteaux de Malfontaine et de Vérizet,
se rendaient à celui de Marigny pour y commettre des dégâts; mais que sur le
bruit qui se répandit que s’ils trouvaient le déposant, ils le tueraient, il
courut se cacher dans une maison voisine et ne vit en conséquence rien, sauf
le nommé Claude Lapierre, de Châtillon-de-Viré, qui vint le chercher, le
menaçant de le tuer de son goyard, s'il ne remettait les terriers de M. de
Marigny; ayant répondu qu’ils étaient à Mâcon il n’effectua pas ses menaces.
C’est ce Lapierre et un nommé Cavier qui ont fait le plus de dégâts; à un
moment donné ils voulaient incendier l’habitation. Enfin la bande partit
pour Saint-Albain. En 1796, époque où le vieux manoir fut vendu comme bien
d’émigrés, il était inhabité et inhabitable depuis le pillage des brigands
politiques, en 1789. Il offrait "un corps de bâtiment d’ancienne
construction, ayant cinq pièces au rez-de-chaussée et greniers au-dessus,
caves dessous. Dans la cour était un grand bâtiment de cultivateurs, en
partie ruiné; il y avait jardin ayant une tour ronde qui servait de
colombier. Le tout, couvrant un espace de cinq coupées clos de murs,
flanqués de deux petites tours rondes aux angles de soir et de midi et de
soir et nord. Ce premier lot et 40 autres lots de terrains furent vendus
67.074 livres". On verrait encore au château de Marigny des oubliettes et
des prisons. Les remaniements et démolitions qu’a subi le vieux manoir ne
permettent guère d’en retrouver le plan primitif. Tout à fait à l’extrémité
nord de la construction se voit une haute tour hexagonale, d’un appareil
soigné et d’un bel aspect, quoique dépourvu de ses défenses supérieures;
c’est peut-être l'ancien donjon. Au centre se dresse un étroit corps de
logis de forme rectangulaire élevé de deux étages sur rez-de-chaussée. Ses
grandes fenêtres à meneaux, son énorme toiture, à pente rapide, rappelle
l’architecture de l’époque d’Henri IV. Vers 1880, l’intérieur a été aménagé
avec goût pour l’habitation. Au couchant, l’ancien enclos que mentionne le
dénombrement de 1580 existe encore avec sa ceinture de murailles, flanquée
de trois tours rondes à toits coniques. Vendue à la famille Chalot, de
Mâcon, l’habitation a depuis passé à M. Pitre, de Lyon, dont la veuve le
possèdait au début du XXe siècle. (1)
Éléments protégés MH : le château de Marigny en totalité : inscription par
arrêté du 16 septembre 1941.(2)
château de Marigny
71260 Fleurville, propriété privée, ne se visite pas, visible de
l'extérieur.
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