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Des seigneurs de La Salle (de Aulx) Gauthier et
Guichard sont cités en 1096, par Juénin dans son Histoire de Tournus. La
Salle était un arrière-fief du comté de Mâcon, pour lequel le comte devait
foi et hommage lige au Roi, comme le comte Girard fut contraint de le
reconnaître en 1172. En 1120, lors de la donation que Renaud, comte de
Mâcon, fait de son comté à Guillaume son frère, Hugues de Vinzelles et
Odelard de La Salle sont cités comme présents. En 1174, Seguin de La Salle
est témoin à Brancion d’un accord entre les moines de Tournus et Etienne de
Noblens, neveu de Guillaume de Noblens, au sujet du moulin et étang que ce
Guillaume, partant pour la croisade, avait donné à l’abbaye et que le neveu
contestait. On voit un bref du pape Alexandre III, daté de Latran, en 1179,
et adressé à l’évêque de Chalon contre les seigneurs de Chavanne, Ardouin de
La Salle et autres qui avaient fait quelques torts à l’abbaye de Tournus. En
1225, Ardoin, seigneur de La Salle, accorde à Bérard, abbé de Tournus, son
ami, exemption de péage, pour son abbaye, dans toute l’étendue de sa terre.
Guy de La Salle est un des seigneurs, tenant fief du duc de Bourgogne, à qui
ce dernier notifie la donation d’Uxelles à Jean de Blanot. En 1286, Humbert
de La Salle, donzel, lègue une part d’héritage à Aymon de Montbellet. Accord
passé, en 1353, entre l’évêque de Mâcon, Jean de Salagny et Guillaume de La
Salle, écuyer, au sujet de droits de pâturage dans les paroisses de La Salle
et Vérizet. Le 5 mai 1368, Girard de Vers, chevalier, seigneur de La Salle
(de Aulx) et de Senozan (Senosain) avoue tenir en fief et hommage son
château de La Salle, avec la grange dudit château et le gagnage qui y est
attenant; item, ses bois de La Salle, voisins des bois de Vezé; item le
péage du pont de la Mouge (de Mogé) sur terre, l’eau de la Saône entre le
bief du Chiervigne et la rivière de Mouge; item, une portion des grands
chemins de Mâcon à Tournus, avec les autres chemins de la terre de La Salle;
item, toutes les rentes assises en dedans des vieilles barres du château de
La Salle, tant sur les hommes que sur les autres revenus quelconques; item,
la justice de la terre dudit château, le tout valant, par an, 25 livres de
terre; item, le lieu appelé La Vieille-Bâtie (antiqua Bastia), paroisse de
La Chapelle-de-Guinchay, proche la Saône, avec le bois voisin; item, un pré
de 8 seitérées, avec le bois appelé de Gaicheloap; item, la pêcherie de la
Saône, près de laditeVieille-Bâtie, le tout valant, par an, 10 livres
tournois.
A la même date de 1368, Catherine de La Salle, damoiselle, avoue tenir en
fief et hommage les deux tiers du péage de La Salle qu’on lève sur terre, au
pont de La Mouge, depuis le lieu dit Dez le gué de la Roche jusqu’au lieu
dit A les barres du perlais Perron Buer, estimé valoir par an, 4 livres
tournois; item, le cours de la Saône depuis le lieu dit Dubiez du Chiervigne
jusqu’au lieu dit Au Bochier de Moge, asservisé 4 sous parisis l’an; item, 9
sous, 10 deniers parisis, une ânée de froment et 3 gélines de rentes et
servis à elle, dus vers le pont de La Mouge et le château de La Salle par
plusieurs ténementiers; item, la grange sise sous le château,de La Salle et
5 mitérées de terre labourable situées non loin de là, les quelles peuvent
valoir, par an, cinq muids de blé; item, 6 mitérées de terres appelées tepes
et peloux, situées autour dudit château, lesquelles pourraient valoir par
an, ùh muid de blé, si elles n’étaient en friches depuis le décès de leurs
ténémentiers, survenu au temps de la grande mortalité. En 1378, z0 avril,
Humbert de Bletterans, citoyen de Mâcon, avoue tenir en fief son péage dit
le péage de la Saule, alias de Moge; item, 40 sous parisis de rente acquis
par lui de Girard de Vers, chevalier, seigneur de La Salle sur le péage de
Mâcon. Lé péage passait ensuite, par suite d’une alliance, aux seigneurs de
Pierreclos, dont Philibert de Rougemont reprenait de fief le 9 octobre 1479.
Peu après (9 mai 1512), ledit Philibert et son fils, Gaspard, l’aliénaient
pour le prix de 1.108 écus d’or à Pierre Laurencin, marchand de Lyon; le
bail à ferme avec les droits qui en dépendaient étaient alors d’un produit
de 600 livres. Ce péage dut faire retour aux de Rougemont puisque, en 1682,
il est vendu, moyennant 17.600 livres, sur les héritiers de dame d’Albon,
aux chanoines du chapitre de Saint-Vincent.
Au début du XVe siècle, le fief de La Salle allait aux nobles de Saint-Point
par suite d’alliance avec les de Noblet. Lancelot de Saint-Point, donzel, en
est le seigneur, en 1433. Claude de Saint-Point prêtait serment à Louis XI,
en 1478, pour sa terre de La Salle. En 1460, il avait été condamné à une
amende de 50 livres pour avoir fait procéder à l’arrestation d’une femme qui
n’était pas de sa juridiction. N’ayant point eu de postérité de Pernette de
Vergier, fille de Pierre de Vergier, seigneur de Dulphé et de Flacé, la
terre passa à son neveu, Philibert de Saint-Point, écuyer, seigneur dudit
lieu et de La Salle, époux par contrat du 16 mai 1518, d'Ancellis de
Chandieu, fille de Guillaume de Chandieu, en eut un fils, Guillaume qui eut
Saint-Point, et deux filles, Marie et Philiberte, qui eurent la seigneurie
de La Salle en partage en 1551. Marie épousa Aymé de Seyssel, seigneur de
Bourdeau et de Saint-Cassin, et Philiberte, Jean Louis de Balme, seigneur de
Verfey. En 1560, chacune de ces moitiés était estimée produire 50 livres
tournois de revenu annuel. Jacquesde Miolan, seigneur de Senozan, acheta en
1578, la première partie de la baronnie pour la somme de 4.833 écus d’or.
Marie de Seyssel eut une fille, Claudine, qui épousa en 1577, Pierre de
Dormy, baron de Beauchamp et Vinzelle, qui avait La Salle, saisie par un
créancier, puis vendu, en 1601, au préjudice de son fils, Claude Dormy,
héritier de sa mère. Claude Bernard, président de la Chambre des Comptes de
Dijon, acquéreur, revendit en 1659, au seigneur de Senozan, Marc-Antoine
Perrachon, déjà possesseur de l’autre moitié. Dès lors la terre réunie à
Senozan faisait partie de ce comté jusqu’à la Révolution. En 1762, la terre
de La Salle et les moulins de Dussauge et de La Roche étaient affermés pour
100 livres. En 1770, la ferme de cette même terre, avec château, monte à
2.130 livres.
Quant au vieux donjon de La Salle, il mesure 10 mètres 10 centimètres, sur
l’une de ses faces, et 8 mètres 25 sur l’autre. Ses murailles, qui ont une
épaisseur de 1 mètre 50 centimètres à la base, sont construites en moyens
appareils, irréguliers, mais régulièrement posés. Leur développement sur la
hauteur montrent, à l’intérieur, trois retraits successifs. La ruine de
cette tour est telle que l’on ne peut trouver trace de son ancien
aménagement; mais l’on remarque généralement partout l’emploi du bois à
l’exclusion de la pierre de taille, pas de restes de voûte ou d’escaliers de
pierre dans l’épaisseur de ces murs. Néanmoins ses défenses supérieures ont
conservé une rangée de belles consoles, faisant saillie sur ses quatre
faces. Elles supportaient une galerie en bois dont il ne reste rien. La
construction de cet édifice peut dater du XIe ou du XIIe siècle. (1)
Éléments protégés MH : le donjon et les vestiges qui l'entourent ainsi que
la chapelle : classement par arrêté du 20 décembre 1991. Le château ; les
deux dépendances ; le portail monumental : inscription par arrêté du 10
décembre 1990. (2)
château de La Salle 71260 La Salle, propriété privée, ne se visite pas,
visible de l'extérieur.
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