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Première mention le 25 octobre
1230, lorsque Jocesin et ses hommes avaient occupé et pillé les prieurés de
Leynes et de Saint-Romain. Jocesin et ses complices, transformèrent les
bâtiments des prieurés en repaires de brigands et de voleurs, y bâtissant
des châteaux et des forteresses où se réfugiaient tous les voleurs, pillant
les églises de Mâcon, Tournus et Cluny, et celles qui se trouvaient dans les
environs, et occupant leurs bâtiments par leur propre volonté :
"Excommunication du juif Jocesin. Comme l’abbé de Tournus s’est plaint au
légat pontifical Mgr Romain de Saint-Ange de ce que Jocesin, juif du comte
de Mâcon et ses hommes avaient occupé et pillé ses prieurés de Leynes et de
Saint-Romain, Aymon, évêque de Mâcon, sur l’injonction du légat, a averti
puis excommunié Jocesin ; mais comme, deux ans plus tard, celui-ci ne s’est
toujours pas amendé et qu’il occupe toujours les prieurés qu’il a fortifié
et grâce auxquels il pille la région, l’évêque demande à tous les clercs de
Mâcon, Lyon et Chalon de faire proclamer l’excommunication dans leur diocèse
contre Jocesin et contre tous ceux qui auraient commerce avec lui. Aymon,
par la grâce de Dieu humble serviteur de l’Église de Mâcon, à tous les
archiprêtres, prêtres et autres recteurs des églises établies aux diocèses
de Lyon, Mâcon et Chalon, salut et sincère charité dans le Seigneur. Si,
généralement, autant que nous le pouvons, nous sommes tenus de compatir à
l’affliction des églises, néanmoins, pour celles qui sont de notre
juridiction, il nous faut contempler leurs afflictions et leurs malheurs
avec une affection plus encore remplie de compassion, et réprimer par la
force ceux qui les affligent. C’est le cas avec Jocesin, juif du comte de
Mâcon, qui ne cesse d’infliger aux églises de Mâcon et de Tournus de graves
injures héréditaires; pendant longtemps il occupa par la force deux prieurés
qui dépendaient de l’église de Tournus, assavoir le prieuré de Leynes et
celui de Saint-Romain, qui sont établis dans notre diocèse. L’immunité de
ces lieux fut violée, toute dévotion au fils de Dieu fut dédaignée au profit
des coutumes juives et hérétiques, quand il occupa, par une hardiesse
sacrilège, avec ses complices, les biens ecclésiaux desdits prieurés qu’on
dit dépendre de l’abbé et de l’église de Tournus, ainsi que toutes les
redevances qui s’y trouvaient et les droits dépendants des prieurés, et il
les utilisait à son propre usage. S’ils avaient été de fidèles chrétiens,
ils ne se seraient pas associés au juif dessus-dit dans ce crime ; ils
auraient dû par tous les moyens l’interdire et l’empêcher par la force à
cause de la révérence de Dieu tout Puissant et de la Vierge Marie, dont les
cultes furent célébrés jour et nuit depuis l’antiquité dans les églises
desdits prieurés.
Et comme, pour ce motif, ils furent dénoncés par l’abbé et le couvent de
Tournus à Monseigneur R. de Saint-Ange, cardinal diacre, alors légat du
siège apostolique, celui-ci nous donna fermement pour mission, par ses
lettres patentes, que, par aversion desdits crimes et en faveur non
seulement de l’église de Tournus mais de l’ensemble de l’Église, nous nous
efforcions de contraindre le dessus-dit juif et ses complices à une juste
réparation, par des sentences d’excommunication et d’interdit, envoyées
comme menace, en alourdissant le poids de notre main par tous les moyens
comme nous le jugerions opportun. Et comme nous avons fréquemment averti
ledit juif pour qu’il répare ce qu’il avait témérairement entrepris en
offense à Dieu et en grave dommage envers l’église de Tournus, permettant en
même temps aux moines, chapelains et clercs de Tournus d’agir selon leurs
coutumes juridiques et pour le service de Dieu, et ledit juif fermant ses
oreilles comme un serpent à nos avertissements, nous avons donc fait
proclamer contre lui et ses complices une sentence d’excommunication et
d’interdit. Mais le dessus-dit juif et ses complices, résistant pendant deux
ans à ces sentences, dans le mépris de Dieu et de l’Église, transformèrent
les bâtiments des prieurés dessus-dits en repaires de brigands et de
voleurs, y bâtissant des châteaux et des forteresses où se réfugiaient tous
les voleurs, pillant les églises de Mâcon, Tournus et Cluny ainsi que celles
qui se trouvaient dans les environs, et occupant leurs bâtiments par leur
propre volonté. Comme donc il ne faut montrer aucune bienveillance envers la
malignité des hommes, voulant remédier à ce crime autant que nous le pouvons
et comme il nous l’a été demandé, nous vous demandons, par l’autorité
ci-dessus nommée, et nous vous enjoignons fermement de dénoncer et faire
dénoncer le fameux juif et ses complices, publiquement et solennellement,
dans vos églises, à chaque dimanche et fêtes, au son des cloches et à la
lueur des chandelles ; et tous ceux qui auront résidé dans ces prieurés avec
ce juif et ses partisans, et tous ceux qui lui auront apporté aide et
conseil dans quelque entreprise, seront tout-à-fait confondus avec ceux qui
ne craignent pas Dieu et ne craignent pas le péril de leur âme. Nous
espérons donc, en ceci et en autres choses, que, persévérant, avec l’aide de
Dieu, selon le devoir de l’office que vous avez reçu, le zèle de votre
sollicitude s’illustrera dans cette tâche et trouvera un accroissement chez
vos sujets et aussi chez vous et chez ceux qui entendront ou à qui cette
notice parviendra, de sorte que nous pourrons à juste titre nous féliciter
de votre zèle. Fait en l’octave du bienheureux Luc évangéliste, l’an du
seigneur 1230.
Le 16 septembre 1423, prise du château de Leynes par les troupes anglaises
(registre secrétarial de Jean Crochat). "Item vindrent a Mascon le comte de
Seffolks et le bailli de Alanson et en lour compagnie grant nombre de gens
d'armes et de archiers d'angleterre... Et le jeudi ensuyvant... alarent
aussi devan le chastel de Leyne, occupé comme dit est lequel chastel de
Leyne rendit obeyssance au Roy et furent amenes audit chastel de Mascon
troys des bonnes gens ganisons dudit lieu prisoniers". Le 14 décembre 1433,
fut assemblé le conseil de ville à Saint-Vincent ou a été décidé que
Monseigneur le duc de Bourgogne, "qui tient grande quantité de gens d’armes
en Bourgogne, vu et envoyer par deça en la ville et comté de Mascon,
sejourner et hyverner environ 50 piars, à la charge du pays, qui seroit la
totale destruction dudit pays, veu que la garnison de la Roche de Soluyteré,
ennemi et adversaire du Roy nostre sire et de Mondit seigneur, et aussi les
garnisons de Vinzelles, de Banneins, de Chevignes, de Loysie, de Leyne, de
Pierrecloux et d’autres ont détruit et détruisent tout le pays". En février
1471, agissement des troupes du roi Louis XI (registre secrétarial d'Antoine
de Lyon). "Pendant lesdites troupes au moyen desdits gens de guerre estans
en garnison en Mascon et des communes tant de Mascon que du pays furent
reconnues les places et forteresses des Tours, de Vinzelles, de Layne et de
Saint Sorlin, lequelles furent par lesdites communes brulees et pillees". On
voit, dans les registres secrétariaux de Mâcon que, le 19 mai 1471, les
habitants de Leynes, n'ayant plus à faire le service de ce château qui avait
été brûlé et démoli, furent tenus de venir monter la garde à Mâcon.
En 1563, le cardinal de Guise, abbé de Tournus, s'étant refusé à payer une
partie des sommes auxquelles les diocèses s'étaient imposés pour aider
Charles XI à réduire les Calvinistes, la terre de Leynes fut confisquée et
vendue en justice par-devant Jean Boyer, lieutenant général de Mâcon. Dans
l'Annuaire statistique et administratif de Saône-et-Loire en 1834 il est
mentionné : les abbés de Tournus avaient à Leynes un château qu'ils
fortifièrent sous le règne de Charles VI, et qui devint successivement la
proie des combattants pendant les guerres de Louis XI et de Charles le
Téméraire. En 1563, le cardinal de Guise, abbé de Tournus, s'étant refusé à
payer une partie des sommes auxquelles les diocèses s'étaient imposés pour
aider Charles XI à réduire les Calvinistes, la terre de Leynes fut
confisquée et vendue en justice par-devant Jean Boyer, lieutenant général de
Mâcon. En 1869 à Leynes, l'ancien château des moines est occupé par la
mairie et la salle d'école. Isolé sur un rebord de platean, à trente mçtres
au nord-ouest de l'église, l'actuel château de Leynes est composé de
plusieurs bâtiments disposés à l'intérieur d'une enceinte rectangulaire de
32 x 40 mètres. L'entrée se fait au nord, par une porte charretière qui
vient d'être restaurée, ouverte au milieu du petite côté de la courtine. Au
nord, cette courtine présente un angle saillant qui lui donne un aspect
polygonal. La courtine nord es cantonnée à l'ouest d'une tourelle ronde qui
a été quasiment englobée dans un épaississement de la courtine, et à l'est
par une tourelle rectangulaire. Dans la cour, le corps de logis principal
occupe l'angle sud-ouest. Il s'agit d'un bâtiment rectangulaire à deux
étages carrés sous toit à deux pans couvert de tuiles. (1)
château de Leynes 71570 Leynes, tél. 03 85 35 14 61, hébergement en chambre
d'hôtes et gîte.
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