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Château d'Ozenay (Saône-et-Loire)
 
 

          Au XVIe siècle, la seigneurie d’Ozenay formait plusieurs parts. Une part appartenait aux Chassipol d’Uchizy. En 1515, Philibert Chassipol, l’ancien, est dit seigneur d’Ozenay. Françoise de Chassipol donne dénombrement pour sa seigneurie d’Ozenay de 40 livres. Devenue veuve, en 1551, elle épousait, en secondes noces, Jean de Chanay, capitaine de Tournus. Georges de Chanay, son fils, écuyer, seigneur de Gratayet Ozenay en partie, frère d’Anne, de La Chapelle-sous-Brancion, et mari de Lazare de Ferrières, testa le 30 mai 1595, instituant héritier son fils Georges; ses biens d’Uchizy étaient légués à sa fille Françoise, mariée, en 1596, à Jean de Loisy, seigneur d'Effondré. Son fils Philippe recevait l’hoirie de Jean de Chantemerle, seigneur de La Chapelle-sous-Brancion, son cousin du côté maternel. Une autre part d’Ozenay était, en 1531, à Pierre Monin, seigneur de La Chapelle, puis à Antoine Monin, son fils. Une troisième part était à Nicolas de Lyon, prévôt royal de Mâcon en 1562, et à Jean de Lyon, son fils. Peu après les terres d’Ozenay et Gratay passaient, en grande partie, à la famille Barthelot. Claude Barthelot, contrôleur pour le Roi de ses aides et domaines au bailliage du Maconnais, donnait, le 19 février 1603, le dénombrement de partie de ses seigneuries d’Ozenay et Gratay, lui appartenant, tant par droits successifs des feus Maîtres Nicolas de Lyon, prévôt et juge de la ville de Mâcon, Jean de Lyon, son fils, procureur du Roi audit bailliage, que par acquisition qu’il a depuis faite de Charles de Busseuil, sieur de Saint-Sernin, comme aussi par décret sur les veuve, enfants et héritiers de feu noble George de Chanay, coseigneur desdits Ozenay et Gratay, et encore de demoiselle Lazare de Ferrières, veuve dudit sieur de Chanay, et de Philiberte de Chanay, leur fille. Le sieur d’Ozenay, marié en 1574 à Pierette de Rymon en eut un fils, Philibert Barthelot, conseiller au bailliage de Mâcon, qui fut seigneur d’Ozenay, des Blancs et de Rambuteau.

En 1605, Philibert Barthelot épousa Marie Bulion, et en secondes noces, le 6 novembre 1632, Marie Dormy, veuve de Nicolas Bernard, seigneur de Châtenay. Du premier lit il eut un fils, Henri, qui suit, et deux filles: Marie, alliée à Claude Buchet, procureur du Roi au Bailliage, et Antoinette, femme de Thomas Chesnard, avocat en parlement. Henri Barthelot, seigneur d’Ozenay, Gratay et Rambuteau, conseiller secrétaire du Roi en 1646, maître ordinaire en la Chambre des comptes de Dijon, reprit de fief pour Ozenay et Gratay, le 26 juillet 1647, comme héritier testamentaire de Philibert Barthelot, son père, et acquit, vers 1660, de Jacques du Rousset, sa seigneurie de Dulphé, moyennant la somme de 10.000 livres. Par son testament du 17 décembre 1664, il laissait Ozenay à ses trois fils, Mathieu, Philibert et François. Il avait épousé, le 2 février 1648, Marguerite Chappuis, dame de Chassaigne et Villard. Mathieu Barthelot, fils aîné, lieutenant du Roi, à Chalon, reprit de fief le 16 novembre 1688 et 5 janvier 1701, de plusieurs cens et rentes situés, vers la seigneurie d’Ozenay, tant à La Chapelle-sous-Brancion, Collonge et Gratay que lieux circonvoisins; acquéreur pour le prix de 337 livres de Françoise Boyaud, veuve et donataire de Jean Pelletier, chirurgien à La Chapelle. Le 1er juin 1683, il achetait d’André de Meaux des Chanaux, pour 800 livres, des rentes nobles à Gratay, Ozenay, que Pierre de Meaux avait acquis, en 1610 et 1611, tant des chapelains de Saint-Georges de Mâcon, que de Jacob Conte. Mort en 1721, il avait testé, le 15 mars 1719, nommant héritier universel son fils Laurent né de son union avec Marie, fille de Jean Baptiste Pianello, chevalier, conseiller du Roi, et de Marie Besset, dame de La Valette. François-Laurent Barthelot d’Ozenay, fils et héritier universel, fut élu de la noblesse en 1730, 1736, 1742, et commissaire en 1733 à l’examen des nouveaux anoblis, il testa le 2 mai 1754, et mourut à Mâcon, la même année, laissant trois fils dont Philibert-Eléonore, qui suit, Jean-Baptiste-François, né en 1738, ancien officier d’infanterie, et Claude. Il avait repris de fief le 10 juillet 1722, de la seigneurie d’Ozenay, du fief de Gratay et de Montcrain.

Philibert-Éléonore Barthelot d’Ozenay, seigneur du lieu, de Gratay, Montcrain, Les Écuyers, ancien officier de dragons, reprit de fief le 20 décembre 1722, figura aux États du Mâconnais de 1766 à 1778, et devint lieutenant des maréchaux de France en Mâconnais. A l’assemblée de 1789 il fut représenté par Claude Barthelot de Rambuteau. Le sieur d’Ozenay ne fut point incarcéré, en 1793, à raison de ses infirmités. Sa femme, Geneviève Laroue, emprisonnée un moment, fut mise en liberté l’an III de la République, il en avait eu un fils, Jean-Baptiste, et une fille, mariée en 1778 au marquis de Penhoet. Lors des brigandages politiques de 1789, le château ne fut point épargné. Le 28 juillet, sur les quatre heures du soir, déclare le concierge, six brigands allèrent à la cure se faire remettre de l’argent, puis firent ensuite sonner le tocsin pour que les habitants vinrent leur aider à dévaster le château. On leur défonça un tonneau pour les faire boire, mais accrus des gens du voisinage, ils se mirent à saccager et piller l’intérieur jusqu’au lendemain, dix heures du matin. Le feu y fut mis trois fois, mais les gens de la maison réussirent à l’éteindre; il ne resta ni portes, ni fenêtres, ni meubles, quatre pièces de vin furent défoncées et bues et tout fut pillé. Parmi ces gens étaient un certain Roux qui fut pris et pendu et un Comby, de Mirande, qui se pendit dans un bois. Le château d’Ozenay est situé en bas du village, près de la rivière La Nathouse. Il se compose d’un corps de logis rectangulaire, flanqué de deux ailes. Celle du nord-est, comme le logis principal, du XVIIe siècle, l’autre, composée d’une grosse tour ronde, paraît remonter à l’époque romane, peut-être au XIIe siècle, si c’est véritablement la tour primitive d’Ozenay. A l’intérieur, se trouve une intéressante galerie de portraits de la famille d’Ozenay et de ses alliances, quelques-uns avec armoiries. Au premier étage, une grande salle, dite la salle des gardes, montre encore des tapisseries anciennes. Au XIXe siècle, le marquis d’Ozenay, marié à une demoiselle de Saint-Innocent, a fait apposer des blasons au-dessus de la plupart des ouvertures du château. (1)

Éléments protégés MH : le château en totalité (lieudit Le Bourg) : classement par arrêté du 18 novembre 1997. Le colombier ; les dépendances et le pressoir ; le jardin et l'ancien verger ; le miroir d'eau et son système hydraulique ; le pré dit "du colombier": classement par arrêté du 16 mars 2005. (2)

château d'Ozenay 71700 Ozenay, tel. 03 85 51 77 93, propose la location de chambres d'hôtes.

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 Château d'Ozenay Château d'Ozenay
 
 
 


(1)      Le Mâconnais historique. Seigneurs, châteaux, par François Perraud. Imprimerie Protat frères, Mâcon (1921)
(2)
   
   source :  https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/

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(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique
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