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Première mention en 1019 lorsque Audin 1er
de Berzé "renonce en faveur de Cluny à toutes les revendications injustes
qu’il élevait dans plusieurs villae dont celle de Pierreclos". En 1140,
Hugues de Berzé, fils de Roland Brescentis, promet de donner à Cluny le
manse de Pierreclos, actuellement tenu par Paganus. En juillet 1266,
testament de Sibille, fille de feu Gui de Bagé, par lequel elle institue son
héritier universel Philippe de Savoie, évêque de Lyon, et madame Dauphine sa
mère pour héritière particulière en la troisième partie de tous ses biens,
et dans les fiefs de Brancedone, de Berziac, de la Sale et tous les autres
qui se trouvent au-delà de la Saone et en la terre de Pierreclos. En juin
1282, charte sous le sceau de l'official de Chalon, d'Etienne de Berzé,
seigneur de Pierreclos et de Hugues, seigneur de Berzé et de
Saint-Germain-en-Bresse, chevalier, par laquelle Etienne de Berzé donne à
titre de gagerie à Robert, duc de Bourgogne, en la personne de Pierre de
Châteauneuf, bailli de Montcenis et de Brancion, et du consentement de
Hugues de Berzé, ses châteaux, villes, terres et dépendances de Pierreclos
et tous droits mouvant du fief du sire de Berzé et de l'arrière-fief du duc
pour le prix de 240 livres tournois. En 1422, lettre d'Humbert de Grolée aux
échevins de la ville de Lyon. Les Bourguignons, maîtres de Mâcon, ne purent
défendre Pierreclos contre les Armagnacs qui tenaient la campagne sous les
ordres d'Humbert de Grolée, bailli de Mâcon, sénéchal de Lyon, et réussirent
à y pénétrer le 4 du mois d'août, ainsi que dans ceux de Vinzelles,
Chevignes et Germolles.
Le 26 mars 1431, compte de Mathieu Regnault Louis de Chalon, seigneur d’Arlay,
chargé par le duc de paiements à faire à plusieurs seigneurs et capitaines
qui étaient avec lui pour repousser Roderigue, et autres ennemis qui
occupaient les places de Masille, château et Pierreclos avec des forces
considérables pour entrer en Bourgogne. "A messier Loys de Chalon, prince
d’Oranges et seigneur d’Arlay la somme de deux cens francs monnoye royal a
present courant pour icelle somme tourner et convertir ou paiement de
certains cappitaines de gens d’armes. C’est assavoir des seigneurs de
Chastelluz, de Praelles, de Fontaine-Française, de Roland de la Guiche et
autres estans en la compaignie et avec mondit seigneur le prince pour
resister, alencontre de Rodrigue et autres ennemis et adversaire du Roy
notre sire et de mondit seigneur qui detenoient et occupopient les places de
Masilles, de Chasteau, et de Pierrecloux en grant puissance pour entrer et
dommaigier es pais de mondit seigneur pour et paie a lui par vertu des
lettres patentes de mondit seigneur le Duc sur ce faites, données à
Montcenis cy rendu avec quittance dudit monseigneur le prince requises par
icelles... audit Huguenin Coteneau, III gros pour avoir este devers ledit
monseigneur le Prince audit lieu de Bourgneuf pour parler à lui de bouche du
comine des ennemis estans à Pierrecloux ou il a este naguere prisonnier. A
ung bon homme qui est ale a Pierrecloux pour savoir le comine des ennemis
pour le rapport audit monseigneur le Prince VI gros".
En 1434, le château passe par mariage à Humbert de Rougemont. Le 4 novembre
1474, Philibert de Rougemont, chevalier, seigneur de Pierreclos, Bussy et
Bussières, est l'un des représentants de la noblesse aux états du Mâconnais.
Son château ayant été pris et en partie brûlé par les troupes de Louis XI
lors de leurs invasions en Mâconnais en 1471, il lui est signifié que ses
sujets de Pierreclos, Bussy et Bussières devront faire guet et garde à
Mâcon. En 1516, assignation devant le Parlement de Paris donnée à Antoine de
Rougemont, seigneur de Pierreclos, pour entendre déclarer que les habitants
de Pierreclos, de Bussy et Bussières doivent venir en temps de guerre, faire
guet et garde dans la ville de Mâcon. En 1562, prise de Pierreclos par les
protestants, le château de Pierreclos fut assiégé et pris par d’Entraigues,
chef des calvinistes, qui ravageaient le mâconnais. Montrosat, qui y tenait
garnison, fut amené à Mâcon, où il fut retenu prisonnier avec ses soldats
pendant plus d’un an. "La retraicte de Poinct occasionne Entragues à vouloir
estendre les limites de son territoire. Il assiège le chasteau de
Pierrecloux, contraint Morosat et vingt-cinq soldats qu’il y commandoit, de
se rendre à discretion; et les fait mener prisonniers à Macon. Sur ces
entrefaites Poncenat avec des suisses et français arrive à Mascon, en tire
les principales forces, assiège Tournus et s’en rend maistre; Tavanne
adverti que Mascon estoit à descouvert et qu’Entrages mesmes pour complaire
à Poncenat suivoit ses enseignes, part de Chalon avec quatre cornettes de
cavallerie et huict cents hommes, asseuré d’une pratique qu’il auoit tramée
dedans, cependant que ses ennemis poussez d’affections particuliers,
employent leurs armes ailleurs. Voicy plusieurs charettes à bœufs entrer par
l’intelligence et faveur du commis à garder la clef d’une porte. Elles
passent la première et seconde porte : à la troisième le premier bouvier
verse et par ceste ruse arreste les suivantes. Vingt hommes couchez sur le
ventre derrière une muraille du jardin proche de la porte accourent,
esgorgent quelques gardes, introduisent leurs gents renversent un corps de
garde, se font maistres de la ville, les soldats de Pierreclous sont
eslargis et sortant de prison couppent testes, bras et jambes aux
protestants, en jettent plusieurs dans la Saone, pillent leurs maisons et
rançonnent les plus aisez. Ainsi la Bourgogne revient à la dévotion des
catholiques".
Le 17 octobre 1587, dans son testament, Jean de Rougemont demande que son
héritier fonde une pension pour l'entretien d'un prêtre au château qui sera
chargé d'y célébrer perpétuellement 4 messes par semaine. Il demande aussi
que l'on fasse parachever et fermer la chapelle de Pierreclos, puis qu'on la
fasse sacrer de nouveau par l'évêque de Macon et la dédier au Saint-Esprit.
Le 13 juin 1643, Hugues de Rougemont donne à bail pour 5 ans au prix de 2100
livres à Guillaume Berrard, marchand de Fuissé, sa terre et seigneurie de
Pierreclos, consistant en chastel, jardin, colombier, prés, terres et bois,
moulin, tuileries, rentes portant laods, ventes, cens, servis, justice et
généralement toutes dépendances de la seigneurie, à la réserve toutefois de
la maison et héritage situés sur le territoire de Livigue et la rente due à
Fussé. "Nous Gardenote, furent présent hault et puissant seigneur messire
Hugues de Rougemont, baron de Chandé, seigneur de Pierreclos, Bucy et
Bussières, et autre place et haulte et puissante dame dame Isabeau d’Albon
sa compagne, lesquels scachant et bien advisé sans force ny contraincte
solidairement l’un pour l’autre et chascung d’eulx seul et pour le tout sans
division ont admodié et à ce tiltre remectent et promectent de maintenir
pour le temps et terme de cinq années prochaines et consécutives commenceans
au jour feste de Saint Jehan Baptiste prochain et à tel jour finissant
lesdites cinq années préalablement expirées à honorable Guillaume Berard,
marchand de Prissé et Claude Cormet sa femme ledit Berard présent et
acceptant a son proffict de sa femme et de leurs hoirs. Assavoir la terre et
seigneurie dudit Pierreclos concistant en chastel, jardin, collombier, prés,
terres et boys, molins, thuileries, rentes portant laodz ventes, cens,
servis, justice et généralement toutes dépendances de ladite seigneurie...".
Le 24 mars 1668, aveu et Dénombrement, reprise de fief, des terres et
seigneurie de Pierreclos par noble Jean Michon, comme acquéreur de dame
Isabeau d’Albon, veuve et héritière testamentaire de Messire Hugues de
Rougemont, par contrat reçu Roignard, notaire à Lyon, le 28 janvier 1665.
Premièrement le chasteau et maison forte de Pierre Cloux avec son jardin,
aisances et appartenances accoustumé, avec la seigneurie en toute justice
haute, moyenne et basse mère, mixte et impère. Item la thuillerie despendant
dudit chasteau avec la terre y joignant qui est admodié trente livres. Le 8
novembre 1744, procès-verbal de visite de l'église de Pierreclos. "Nous nous
sommes transportés en la chapelle du château où s’est présenté messire
Aymé-Gabriel Michon de Ceanves, seigneur de la Paroisse, laquelle chapelle
est éloignée dudit château d’environ quarante pas, et entièrement séparée de
tout bastiment, construite sur le terrasse du côté de matin, laquelle a été
anciennement l’église paroissiale dudit lieu de Pierreclos et est a présent
échangé, et dont il ne reste plus que le sanctuaire qui est une coquille
voutée et le chœur sur le voute duquel est élevé le clocher qui subsiste
encore en son entier où il y a une petite cloche, le tout en bon état et
bien entretenue et forme ladite chapelle". les 23 et 24 août 1747,
procès-verbal d’inventaire au château de Pierreclos, et scellés apposés sur
les effets de la succession de défunt Aymé-Gabriel Michon, trésorier de
France au bureau des finances de la généralité de Lyon, seigneur de
Pierreclos.
Le 6 novembre 1793, (16 brumaire an II) inventaire des biens de
Jean-Baptiste Michon au château de Pierreclos. Dans la cuisine des
appartements dudit Citoïen Michon, à côté de laditte salle à manger un
endroit servant de passage pour aller à l’office. Nous sommes montés dans
une chambre au dessus de l’office. De là nous nous sommes rendus dans une
chambre sur l’escalier, nous sommes entrés dans un appartement, nous nous
sommes ensuite rendus dans une chambre vis-à-vis l’appartement. Dans un
corridor au dessus de l’escalier dans le corridor à côté de celui précédent.
De là nous sommes entrés dans une chambre à côté dudit corridor dans un
cabinet de toilette à côté de ladite chambre. Nous sommes ensuite entrés
dans une autre chambre ayant son entrée par le corridor ci-dessus décrit,
dans une chambre à côté de celle dont nous venons de parler. Enfin, à côté
de cette chambre nous avons trouvé sur la porte du dernier appartement les
scellés du Comité de surveillance apposés par les citoïens Lavenir, Lejeune
et Moretat. Nous sommes ensuite montés dans les appartements supérieurs,
entrés dans une chambre à l’usage des domestiques, dans un autre cabinet
ruineux, dans un grenier vis-à-vis des chambres, dans un petit cabinet à
côté dudit grenier. Nous sommes enfin montés dans une chambre dite de la
tour. Etant ensuite descendus dans une écurie, entrés de là dans une remise,
enfin dans une ancienne écurie... Enfin inventaire des papiers de Michon,
baux et acquisitions ventes.
Description du château de Pierreclos par Lamartine en 1805. La grille du
château avait un aspect majestueux. Une vaste cour d’honneur la précédait ;
puis une voûte haute et large, ouvrait passage sous des donjons inégaux, qui
laissaient voir un second passage; enfin, des parterres en plein soleil
fleurissaient autour d’un clocher de chapelle s’élevant à gauche sur une
haute terrasse ; puis cet espèce de cap, qui portait la masse du bâtiment,
s’abaissait tout d’un coup comme dans une décoration d’opéra et laissait
l’air le jour, la lumière inonder tous les angles de ces gothiques
constructions. En entrant dans la cour d’honneur, on admirait d’abord un
édifice moderne, régulier, non achevé et dont les ouvriers n’avaient pas
incrusté les fenêtres dans les pierres de taille. L’édifice, de ce côté,
était vaste et destiné apparemment à doubler et à remplacer le gothique
château composé de donjons de tours carrées, de hauts escaliers tournants,
de tourelles irrégulières, de toits aigus, de mâchicoulis, ayant l’aspect
d’un village aérien; le tout ensemble couvrait l’extrémité du cap, montait
et descendait en cours inégales depuis le rocher du sommet jusqu’au fond de
la vallée. Le haut formait une terrasse ovale sur laquelle s’ouvraient les
portes et les fenêtres des escaliers, des cuisines, des salles et des salons
du château habité. Les appartements, à l’exception d’un grand poêle en fonte
de fer, qui s’élevait en colonne torse dans un angle de la salle à manger,
et d’une vaste cheminée en marbre noir ébréché, où brûlaient, dans le salon
des arbres entiers, ressemblaient à des chambres récemment bâties et
incendiées de la veille. Le ciment même des maçons n’était plus uniformément
répandu sur le mur; ces murs semblaient de pierres brutes que la truelle du
badigeonneur n’aurait jamais touchées. Le feu avait léché évidemment les
peintures des plafonds qui portaient la trace de l’incendie à peine éteint.
"Voyez, disait, en montrant du geste ces vestiges, le comte de Pierreclos,
voyez les marques du passage des brigands ! Voilà la torche d’un tel, voilà
la pioche de tel autre, voilà la hache d’un troisième. Ah ! les scélérats,
je les connais bien, et je ne veux pas qu’on efface jamais à mes dépens les
souvenirs de ces horreurs !" Le château, en effet, avait été, en 1790, dans
la fameuse et inexplicable journée dite des brigandage, complètement ravagé
et à demi brûlé par des bandes de paysans des montagnes descendus des
villages forestiers au château de Pierreclos, sur le bruit de l’impopularité
du maître, haï du peuple. Le pillage et la dévastation avaient été complets
; la femme et les filles du comte, sauvées par des métayers fidèles, avaient
été conduites dans les bois qui environnaient la vallée ; le comte et ses
fils s’étaient abrités eux-mêmes avec peine et avaient juré de se venger. Le
fils aîné avait émigré le lendemain. Quant au comte, il était rentré
quelques temps après dans sa demeure délabrée, et avait continué à y vivre
jusqu’au jour où l’on était venu prendre les canons de sa terrasse pour les
conduire à Mâcon, en même temps qu’on emmenait toute sa famille dans les
cachots...
Sur un socle rocheux, à 450 mètres au sud du village, le château de
Pierreclos, aujourd'hui isolé, occupe l'angle sud-est d'un socle rocheux qui
domine d'une trentaine de mètres la rive ouest de la Grosne. Il est
constitué de deux corps de logis en retour d'angle au nord et à l'ouest
d'une cour carrée, flanqués de deux tours maîtresses au nord-ouest et
sud-ouest, et complété par une chapelle au sud et des dépendances à l'est.
L'entrée se fait au nord, face au village, par un porche plein cintre
moderne surmonté des corbeaux d'une bretèche. Le porche est dominé à l'est
par les communs, et à l'ouest par le corps de logis moderne, à deux étages
carrés sous toit en pavillon, qui ferme la cour haute au nord. A l'ouest, le
bâtiment en retour d'angle est également moderne. Il est flanqué de
plusieurs tours et bâtiments. Au nord-ouest, une première tour maîtresse,
basse et massive. Elle contient un rez-de-chaussée et deux étages voûtés,
plus un pseudo-étage de tir percé d'occulus. Cette tour vient s'appuyer sur
le logis, qui forme un angle rentrant dans le plan de la tour. Cette
disposition, et d'autres indices, montrent que cette tour n'est pas
antérieure aux XVIe siècle. Les tuiles glaçurées du toit de pavillon datent
du XXe siècle; les tourelles d'angle sont des ajouts du XIXe siècle. Au
sud-est, une seconde tour, plus étroite et plus haute, est constituée d'une
tour à fenêtre de tir qui a été surélevée de deux étages. Le quatrième étage
est percé de baies à accolade, et est surmonté d'une chaîne de corbeaux à
ressauts qui ont sans doute porté un mâchicoulis. Au milieu de la façade
ouest, une curieuse tour rectangulaire barlongue est peut-être une ancienne
tour-porche. La chapelle, dans l'angle sud-est de la cour, est constituée du
chœur d'une église romane, qui fermait sans doute la cour au nord. (1)
Éléments protégés MH : le porche d'entrée ; les façades et les toitures du
château, y compris celles du donjon et des tours sud et est ; le portail
avec les deux pavillons ; le soubassement des murs de terrasse et d'enceinte
; l'escalier à vis suspendu et l'escalier à vis du corps de logis principal
; les deux cheminées des cuisines du rez-de-chaussée ; la chambre de
Laurence avec son parquet; la salle des Gardes au 1er étage avec sa cheminée
et son plafond à la française ; les parties restantes de la chapelle :
inscription par arrêté du 21 décembre 1984. (2)
château de Pierreclos 71960 Pierreclos, tél. 03 85 35 73 73, ouvert
au public, visites et horaires voir le site du château:
http://www.chateaudepierreclos.com,
et location de plusieurs salles de réceptions pour vos mariages,
séminaires..
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