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Saint-Huruge portait autrefois le nom de Saint-Eusèbe
qui était le patron de son église. Guillaume Sauvage fait hommage, en 1266,
pour Saint-Eusèbe-sur-Guye. Au XIVe siècle, Saint-Huruge appartient aux de
Trezette, puis aux de Bernaut. En 1528, Jean de Traves qui avait
Saint-Huruge, par sa femme, Louise de Bernaut, fait la déclaration de ses
droits seigneuriaux: la justice haute, moyenne et basse, avec signe
patibulaire, "la quelle justice est de grant basty, extendue et circuité;
droit d’épave; droit de blairie, en telle manière qu’il n’est loisible ne
permis a aulcungs champoyer en la seigneurie du dict seigneur, sans luy en
payer blairie et redevance; banalité de moulin; item, la rivière de Guye est
bannale en toute la justice dudict Saint-Huruges, tellement qu’il n’est
loysible ne permis à personne y pescher à filetz, troubles et nasses, à
peine de l’émande"; puis c’est déclaration des maisons, terres, vignes,
prés, bois, etc, composant le domaine de la seigneurie; enfin les
reconnaissances des rentes, cens et servis, dus au dit seigneur sur des
fonds sis tant à Saint-Huruge qu’à Noireux, Aumont, Cray, Command, Corcelles,
Sigy, Saint-Ythaire, Curtil, Burnand, Burzy, l’Abergement, Joncy, etc.
Antoine de Choiseul-Traves, seigneur de Saint-Huruge, Dracy-le-Fort et
Givry, en partie, renouvelant les déclarations de sa terre déclare qu’il a
"justice omnimode de grand bastye, étendue, circuité avec signes
patibulaires, cens et servis en plus de dix lieux voisins". Dans sa reprise
de fief pour Saint-Huruge "à lui advenue à cause de ses prédécesseurs et
abintestats", il mentionne qu’elle consiste en une maison forte, avec
justice haute, moyenne et basse. Allié à Renée de Girard, veuve en 1560, il
en laissait une fille. Jean de Poudras, seigneur de Châteauthiers et Matour,
eut Saint-Huruge par les droits de sa femme, Jeanne de Choiseul-Traves. La
terre passait ensuite à René de Poudras, son fils, qui épouse en 1676 Dyane
de Thiars , fille de Claude de Thiars, seigneur de Bissy, qui en reprenait
de fief au mois de juin 1584.
Louis de Poudras, fils et héritier des précédents, allié à Marie de Pontoux,
dame de Maupas et de La Tour de Lux, possédait Saint-Huruge. François
Savary, chevalier, seigneur de Brèves, Artaix, Maulevrier, Curtil, baron de
Semur-en-Brionnais, acquit Saint-Huruge, en 1618, et obtint en 1620 des
lettres à rénovation de terrier. Mort en 1628, il avait vendu, en 1625,
cette terre à François de Thibaut, chevalier, capitaine de la compagnie des
gens de pied au régiment de Champagne, seigneur de Saint-Simon, Crépigny et
Saint Huruge, donnant le 27 mars 1625 le dénombrement de cette dernière
terre, dit qu’elle consiste en un château fort, avec droits de dîme sur tous
les laboureurs et autres habitants de Saint-Martin; qu’il a dans ses
dépendances la maison seigneuriale de Bragny, située au même lieu, les
métairies ou seigneuries de Buet, Bissy, Brenot et la métairie de Cray, sise
en la paroisse de Saint-Paul de Crée. Il a de même le fief sur la seigneurie
de Valescot, la huitième partie des dîmes de la paroisse de Sigy-le-Châtel,
et tous les sujets de Saint-Huruges. Les manants de Labergement et partie de
ceux de Burzy et de Saint-Paul-de-Cray sont tenus à faire guet et garde en
son château dudit Saint-Huruge. Par lettres patentes du mois de juin 1631,
la terre de Saint-Huruge était érigée en baronnie au profit de François de
Thibaut. Burzy avait été acquis par lui, la moitié de François du Rousset,
seigneur de Malfontaine, pour 4.000 livres, et l’autre moitié de ses sœurs
Adrianne et Françoise; il remit cette terre à son frère Gabriel, le 28 mai
1649. François de Thibaud mourut, en 1656. Le 31 janvier, le procureur du
Roi se présenta au château de Saint-Huruge pour mettre les scellés. La dame,
se disant héritière universelle, lui fit refuser l’entrée. François de
Thibaut et Philiberte de Marcilly avaient testé, le 31 septembre 1650,
élisant leur sépulture en l’église de Saint-Huruge instituant leurs
héritiers universels le survivant d’eux.
La dame de Marcilly reprit de fief de Saint Huruge le 19 juin 1669,
déclarant que cette terre avait été acquise de ses deniers dotaux. Sa
reprise de Burzy et Malfontaine date de 1673; son mari en avait hérité de
Gabriel de Thibaut, son frère. De leur union naquit une fille, Anne, mariée
à Nicolas d'Anglure, chevalier et comte de Bourlemont. Ils reprirent de fief
de la baronnie en 1679. Saint-Huruge passait ensuite à dame Scholastique de
Bourlemont, épouse de Louis d’Omaison, chevalier, comte de Chamarande,
premier maître d’hôtel de feue Madame la Dauphine. Le 18 mai et 12 juin 1693
il y avait reprise de fief pour la baronnie et la seigneurie de Saint-Hélène,
pour la dame d'Ornaison, en qualité d’héritière universelle de sa mère, Anne
de Thibaud, femme de Nicolas d’Anglure, chevalier. Victor-Amédée de La Fage,
baron de Saint-Huruge, par héritage de Scholastique d’Anglure de Bourlemont,
dont il était cousin, issu de germain, reprenait de fief pour cette terre,
le 25 juin 1722, puis pour celles de Burzy, Malfontaine et Valescot,
acquises, par lui, en 1718, du seigneur comte de Chamarande, pour la somme
de 22.300 livres. En 1709 et 1739, il est un des commissaires élus pour
examiner les titres de noblesse des gentilhommes qui prétendaient avoir
droit d’entrée dans les États. En 1744 il dénonce Joseph-Philibert de La
Fage, son fils, qui lui a adressé une lettre pleine d’insolence et a employé
les menaces pour obtenir de l’argent. Par son testament daté du 2 septembre
1743, il instituait Victor-Amédée, son petit-fils, seul héritier universel.
Victor-Amédée de La Fage, chevalier, marquis de Saint-Huruge, seigneur de
Saint-Martin, Burzy, Vaux-sous-Targe, était fils de Joseph-Philibert de La
Fage et de Jeanne Pagès de Vitrac. Le 11 novembre 1777, il épousait à Saint
Huruge Ambroise-Marthe-Andrée Mercier, fille d’un bourgeois de
Saint-Germain-en-Laye, actrice de passage à Lyon, connue à Paris sous le nom
de Laurence.
Son aïeul maternel, messire Pagès de Vitrac, avait d’abord mis opposition à
cette union, mais finit par y consentir après les sommations respectueuses
faites. Désapprouvé par ses proches on voit le marquis se plaindre vivement
de leurs procédés à son égard. Dans une plainte adressée à la justice du
bailliage, il dénonce M. de Thy de Milly, son parent, comme lui ayant
adressé une lettre, écrite et signée de sa main, qui contient un libelle des
plus diffamants contre sa réputation à lui et celle de sa femme, au point
qu'il traite cette dernière comme une malheureuse qui a été élevée et
entretenue dans de mauvais lieux et endroits de débauches, il va jusqu’à
dire qu’elle a mené une vie des plus déréglées. De son côté, Ambroise
Lemercier accuse ses trois belles-sœurs d’avoir obtenu une lettre de cachet
pour faire enfermer son mari, leur frère, dans la maison de Charenton.
Toutefois le bon accord entre les deux époux ne dura pas six mois: les
écrits du temps nous apprennent que venu à Paris pour ses affaires, le
marquis apprit aussitôt le passé équivoque de sa femme, en même temps qu’il
fut amplement éclairci sur sa conduite actuelle. De Saint-Huruge lancé dans
la vie politique se fit orateur populaire, agent de Danton, et finit en 1810
sa vie dans l’obscurité après avoir dissipé son patrimoine. Sa fille,
Claire-Sophie, vendit Saint-Huruge à Antoine Chaland en 1801,. Antoine
Chaland revendit le château au baron de La Houssay, et celui-ci, en 1818, à
de La Condemine. (1)
En fond de vallée, au sud-ouest du village, le château de Saint-Huruge,
installé sur la rive gauche de la Guye, entre la rivière et le village, est
composé de deux corps de logis parallèles à un étage carré sous toit de
croupe, d'apparence moderne, qui délimitent ensemble un noyau primitif de 30
x 33 mètres. Ce noyau, qui était vraisemblablement fossoyé, est flanqué de
deux tours circulaires de deux étages sous poivrière à l'est. La tour
nord-est est munie de deux paires de corbeaux (pour bretèche) sous la
corniche. L'angle nord-est du carré est flanqué d'une grosse tour
quadrangulaire de deux étages, accostée au nord-est d'une petite tourelle
d'escalier de plan rectangulaire. Cet ensemble seigneurial est précédé à
l'est par une cour rectangulaire barlongue, mesurant 78 mètres du nord au
sud et 56 mètres d'est en ouest. La basse cour était cantonnée de petites
tours rondes à poivrières et arquebusières verticales, qui sont conservées
au sud-est et sud-ouest. On pénètre dans la basse-cour par le milieu du
grand côté est, ouvert sur la route. L'ensemble château-basse cour occupe
l'angle sud-est d'un vaste pourpris carré de 150 mètres de côté, qui s'étend
entre la rivière à l'ouest et le chemin commun à l'est. La façade Est est
fermée par un mur, qui relie les deux tourelles de la basse-cour au sud à
une dernière tourelle d'angle au nord-ouest. (2)
château de Saint Huruge 71460 Saint-Huruge, propriété privée, ne se visite
pas.
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