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Château de Grenod à Uchizy
 
 

     Perceval de Fétigny est le premier seigneur de Grenot dont le nom nous soit connu. En 1478 on le voit au nombre des nobles qui prêtèrent serment au roi Louis XI, après l’annexion du duché de Bourgogne à la France. On trouve ensuite Perraudin de Fétigny, dont la femme, Anne de Saix, fille de Boniface, veuve en 1502, nomme pour ses héritiers, par moitié, Guichard de Montrichard et Philiberte Tyard, fille de Claude Tyard, juriste, et mariée à noble Lébaud du Rousset, seigneur de Malfontaine. Par son testament cette dame léguait aussi, tant à l’hôpital de Mâcon qu’à celui d’Uchizy, "un lit de plumes, des moindres de ceux qui lui appartiennent, avec coussins, oreillers et deux draps". Antoine de Montrichard, seigneur de Grenot, en 1571, reçoit une donation de son frère, Philibert, sous-prieur en l’abbaye de Tournus. Philibert de Montrichard, écuyer, seigneur de Grenot, testa à l’abbaye de Tournus le 11 juin 1575. Il ne laissait que des bâtards de ses deux servantes, à chacun desquels il fit un legs, ainsi qu’à son frère Antoine, et instituait pour héritiers Bénigne du Rousset de Marfontaine, Philibert et Pierre de Mincé de Péronne, chacun pour un tiers. Philibert vivait encore en 1578. Bénigne du Rousset, seigneur de Marfontaine, Burzy et Grenot en partie, testa le 20 juillet 1596, à Marfontaine. Philibert de Mincé, écuyer, propriétaire du tiers de Grenot, ainsi que son frère Pierre, est seigneur de Péronne et Vaux-sous-Targe. Il fut marié à Philiberte de Tenay, dame de Besanceuil, qui testa le 23 septembre 1586. Louis de Mincé, fils de Philibert, ayant épousé Philippine du Rousset, réunit les trois parts de Grenot. Une sentence de 1609 adjugeait le tiers des dîmes de la paroisse de Burzy aux chapelains de la chapelle fondée en l’église Sainte Catherine du temple de Montbellet, sous le vocable de tous les saints, et condamnait ledit de Mincé à restituer audit chapelain tout ce qu’il a perçu en s’appropriant ladite portion de dîmes.

Louis de Franc, écuyer, fils d’autre Louis de Franc, seigneur d’Esserteaux et de Loize, et de Jeanne de Lugny, eut Grenot par son mariage en 1620 avec Jeanne de Mincé et fut la tige d’une branche cadette des de Franc, à la Salle de Manziat en Bresse. En 1657, une sentence du bailliage maintenait Jeanne de Mincé, sa veuve, dame de Grenot, dans le droit de nommer et présenter les chapelains de la chapelle de Notre-Dame et de tous les saints, fondée en l’église Sainte-Catherine du temple de Montbellet, malgré les prétentions contraires de René de Chérizet, chevalier de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, commandeur de Chalon. Du mariage de Louis de Franc et de Jeanne de Mincé sont issus trois enfants dont Jean de Franc, qui suit; 2° Louise de Franc; 3° Philiberte de Franc, mariée à Jean-François de Chambes-Villonneur. Jean de Franc, écuyer, seigneur de Grenot et de la SalIe-de-Mansiat, s’allia à Philiberte Dupuget. Ayant été imposé aux tailles pour cette dernière terre, il adressa, de concert avec ses deux soeurs, requête à l’intendant de Bourgogne et Bresse pour en être déchargé. Dans cette requête ils exposent qu’ils ont toujours vécu noblement, sans avoir jamais fait un acte de dérogation, que les armes de la maison de Franc sont trois chevrons brisés en champ d’azur et timbres, armes gravées tant sur le grand portail de leur maison d’Esserteaux, que dans l’église paroissiale de Vergisson, dont dépend Esserteaux, Eglise, où, ajoutent-ils, se voit aussi leur ceinture funèbre, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Lors de l’inventaire qui eut lieu, en 1674, à la mort de Jean de Franc, il est fait mention d’un sac dans lequel s’est trouvé un répertoire des titres de noblesse de la maison du défunt, et quantité de titres en parchemin et papiers de l’origine de cette famille. Ensuite de quoi Monseigneur l’intendant les renvoya de la recherche de la noblesse et les maintint en leur privilège.

Philiberte du Puget mourut le 28 novembre 1681. Elle avait testé le 7 du même mois, instituant pour héritier Jean de Franc, son mari, dont elle laissait trois fils et une fille, et le 2 décembre suivant les scellés étaient posés au château de Grenot. François de Franc, écuyer, seigneur d’une part de Grenot, après son père, épousa Elisabeth Conte, fille d’Antoine Conte, conseiller du Roi, et de Françoise Morel. Marie-Anne de Franc porta l’autre part de Grenot à Marc-Antoine de Lavaur, écuyer, capitaine de cavalerie. La terre passait ensuite à leur fils, Pierre-Marie de Lavaur, écuyer, seigneur de Grenot, qui épousa Ursule-René Bergier, dont il eut entre autres Louis-René de Lavaur; 2° Jean-François de Lavaur (1762-1842); 3° Philiberte-Constance de Lavaur, religieuse aux Dames Sainte-Marie de Bourbon-Lancy; 4° Marie-Victoire, épouse de Jacques Dulac, notaire. Louis-René de Lavaur, seigneur de Grenot, fut garde du corps du Roi à la compagnie de Villeroy, puis chef de bataillon. Au début de la Révolution appelé à déposer devant la commission de renseignements sur les brigandages politiques de 1789, en Maconnais, M. de Lavaur déclare que "le 28 juillet dernier les flammes du château de Lugny le mirent en effroi, et le lendemain ayant envoyé un domestique savoir ce qui se passait au château de Chardonnay, son effroi redoubla lorsque ce garçon vint lui dire que les brigands étaient après le ravager et que quelques-uns d’eux lui mandaient d’enlever promptement ses effets parce qu’ils allaient venir ravager le sien, qu’au moment même il se transporta avec Madame de Grenot et leurs enfants chez le sieur Dunand, propriétaire forain à Uchizy ; que peu après un détachement de brigands vint effectivement insulter sa maison, mais y fit peu de dégâts; que de là la bande se répandit à Uchizy, où le déposant l’ayant rencontré ainsi que le curé du lieu, un homme de Saint-Gengoux lui demanda ses terriers, mais se contenta de recevoir un louis, la curiosité ayant conduit le déposant et le curé du lieu au château des Ecuyers ils le trouvèrent saccagé".

Emigré à la Révolution le seigneur de Grenot eut ses biens saisis et vendus. Un lot comprenant le château avec jardin, verger, maison de granger fut adjugé à trois habitants du lieu, un tonnelier, un cultivateur et un tailleur de pierre, qui se le partagèrent. Rentré de l’émigration on le voit, en 1815, lieutenant colonel de la garde nationale de Tournus, et mourut en 1822. René de Lavaur avait, en 1776, épousé Étiennette Dumoulin, fille de Louis Dumoulin, avocat à Cluny, dont il eut deux enfants dont Étiennette-Marie-Henriette, mariée à Jean-Anne Hervé, et Louis-Marie-Victor, époux de Marie-Alice de Montcroc. Le 2 août 1828 la commission chargée de liquider les biens des émigrés et de fixer le chiffre de leurs indemnités, alloua, après déduction du passif, 77.596 francs à Etiennette-Marie-Henriettede Lavaur, femme de Jean Hervé, alors seule fille et héritière du propriétaire dépossédé. Jean-François, dit de Lavaur de Chassipol, pour le distinguer de son frère, René de Lavaur de Grenot, eut en partage les biens fonds de la terre, mais put dans la suite rentrer en possession, soit par acquisition, soit par échange, des bâtiments du château, vendus sur son frère. Entré dans la carrière militaire il est garde du corps du Roi, en 1789, lorsqu’il reçoit une blessure au bras droit, à Versailles, aux journées des 5 et 6 octobre; lieutenant de gendarmerie en 1791, détaché à l’armée des Alpes en 1793 et 1794, détenu dans la maison de détention de Chalon, du 3 juillet 1794 au 4 janvier 1795, capitaine de cavalerie à Lyon en 1797, commissaire de police de Tournus, en 1811, maire de cette ville de 1826 à 1850, il est mort en 1842. Jean-François de Lavaur avait épousé, en 1797, Marie-Pierrette-Julie Vauge, fille d’un négociant de Lyon, dont il eut plusieurs enfants, entre autres, Barbe Célinie de Lavaur (1802-1883), mariée à Charles-Emmanuel de Grippière de Montcroc, notaire à Foissiat (Ain), seule héritière des biens de ses père et mère, en 1843. Sa fille Pierrette-Julie de Grippière de Montcroc fut mariée à Michel Charles Méziat, père de M. Francisque Méziat, propriétaire au commencement du XXe siècle. (1)

La terre de Grenot était une seigneurie sans droits de justice, ni directe. Son château qui paraît assez ancien, à voir l’épaisseur de ses murailles et la monumentale cheminée de pierre de son rez-de-chaussée, était autrefois entouré de fossés, avec cour fermée de bâtiments de quatre côtés. Il se présente aujourd’huicomme un château moderne. La façade principale, orientée au sud, présente un corps de logis, haut d'un étage et d'un petit étage de combles, percé de portes-fenêtres 'et de fenêtres rectangulaires; quatre dans la partie médiane, cantonnée ,de deux grosses tours carrées un peu plus élevées que le logis, coiffées de toitures à quatre pans. Un grand portail, accosté d'une petite porte en plein cintre, est ménagé dans cette même façade méridionale; tous deux sont timbrés, à la clé, de la date 1729, et débouchent sur un passage plafonné à la française qui donne accès à une cour intérieure. La grosse tout ouest fait saillie sur elle, alors que la tour Est est à l'alignement du logis principal, auquel est accolé un petit pavillon carré à usage d'office, haut d'un étage seulement. Une aile de communs prolonge la tour occidentale, et fait retour au nord de la cour intérieure, se terminant par un petit logis de type mâconnais, à galerie. Une archère murée se voit au rez-de-chaussée de la tour ouest; autre archère au pied de la tour Est, sous le passage, et à l'intérieur de cette tour, regardant vers l'extérieur (côté Est). Le rez-de-chaussée du logis d'habitation est occupé par trois belles pièces: salon, salle à manger avec grande cheminée sculptée d'un blason mi-parti (malheureusement bûché) inscrit dans un médaillon baroque à échancrures multiples, cuisine plafonnée de belles poutres. À l'étage, une grande chambre donne, à l'Est, sur un balcon fermé par une grille de fer forgé du XIXe siècle, avec initiales MC entrelacées. Quelques éléments peuvent avoir été réemployés d'un édifice antérieur: une fenêtre de l'étage, en façade, un jambage de porte Renaissance, et peut-être, les archères.

Éléments protégés MH: les façades et les toitures du château ; la cheminée du XVe siècle de la cuisine : inscription par arrêté du 29 novembre 1976. (2)

château de Grenod ou Grenaud 71700 Uchizy, propriété privée, ne se visite pas, visible de l'extérieur en lisière de la commune, dans la petite vallée de l'Ougie.

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 château de Grenod   Uchizy  château de Grenod   Uchizy
 
 
 


(1)       Le Mâconnais historique. Seigneurs, châteaux, par François Perraud. Imprimerie Protat frères, Mâcon (1921)
(2)
   
    source :  https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee

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(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique
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